LIVRE DIX-HUITIÈME. tf
» s'il résiste à vos décrets, c'est qu'il se juge assez » puissant sans les moyens que vous lui offrez pour » maintenir la paix publique. Si donc il arrive que » la paix publique n'est pas maintenue, que la » torche du fanatisme menace encore d'incendier le » royaume, que les violences religieuses désolent » toujours les départements , c'est que les agents de » l'autorité royale sont eux-mêmes la cause de tous » nos maux. Eh bien! qu'ils répondent sur leur tête » de tous les troubles dont la religion sera le pré- » texte! montrez dans cette responsabilité terrible le » terme de votre patience et des inquiétudes de la » nation!
)) Votre sollicitude pour la sûreté extérieure de » l'empire vous a fait décréter un camp sous Paris. » Tous les fédérés de la France devaient y venir le » 1 4 juillet répéter le serment de vivre libres ou de » mourir. Le souille empoisonné de la calomnie a » flétri ce projet. Le roi a refusé sa sanction. Je res- » pecte trop l'exercice d'un droit constitutionnel » pour vous proposer de rendre les ministres respon- » sables de ce refus ; mais s'il arrive qu'avant le ras- » semblement des bataillons le sol de la liberté soit » profané, vous devez les traiter comme des traîtres. » Il faudra les jeter eux-mêmes dans l'abîme que » leur incurie ou leur malveillance aura creusé sous » les pas de la liberté ! Déchirons enfin le bandeau » que l'intrigue et l'adulation ont mis sur les yeux
» du roi , et montrons-lui le terme où des amis pei- » fidcs s'efforcent de le conduire.
» C'est au nom du roi que les princes français sou- » lèvent contre nous les cours de l'Europe ; c'est pour » venger la dignité du roi que s'est conclu le traité » de Pilnitz ; c'est pour défendre le roi qu'on voit » accourir en Allemagne sous le drapeau de la ré- » bellion les anciennes compagnies des gardes du » corps ; c'est pour venir au secours du roi que les » émigrés s'enrôlent dans les armées autrichiennes » et s'apprêtent à déchirer le sein de la patrie ; c'est » pour se joindre à ces preux chevaliers de la pré- » rogative royale que d'autres abandonnent leur » poste en présence de l'ennemi, trahissent leurs » serments, volent les caisses, corrompent les soldats » et placent ainsi leur honneur dans la lâcheté , le » parjure , l'insubordination , le vol et les assassi- » nats. Enfin le nom du roi est dans tous les déh sastres.
» Or, je lis dans la constitution : Si le roi se met à » la tête d'une armée et en dirige les forces contre la » nation, ou s'il ne s'oppose pas par un acte formel à » une telle entreprise exécutée en son nom , il seia » censé avoir abdiqué la royauté. C'est en vain que » le roi répondrait : Il est vrai que les ennemis de la » nation prétendent n'agir que pour relever ma puis- » sance ; mais j'ai prouvé que je n'étais pas leur » complice : j'ai obéi à la constitution , j'ai mis des