‹ Histoire des GirondinsChapitre 28 sur 194 · LIVRE DIX-NEUVIÈME. til · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-NEUVIÈME. til

» 011 n'en oublie qu'une et eelle-là sullirait à elle » seule pour rendre Tordre h l'empire et la sécurité » à la nation. C'est l'union de tous ses enftmls dans » une mèrae pensée, c'est le ra{)proclienicnt de tous » les membres de cette Assemblée, exemple irrésis- » tible qui rapprocherait tous les citoyens! Et quoi » donc s'y oppose? Il n'y a rien d'irréconciliable » que le crime et la vertu. Les honnêtes irons ont un » terrain commun de patriotisme et d'honneur, où » ils peuvent toujours se rencontrer. Qu'est-ce qui )) nous sépare? Des préventions, des soupçons les » uns contre les autres. ÉtoufTons-les dans un em- » brassement patriotique et dans un serment una- » nime. Foudroyons par une exécration commune la » république et les deux chambres!... »

A ces mots, l'Assemblée entière se lève, le serment sort de toutes les bouches , des cris d'enthousiasme retentissent dans la salle et vont apprendre au dehors que la parole d'un honnête homme a éteint les divisions, confondu les partis, rapproché les hommes. Les membres des factions les plus opposées quittent leurs places et vont embrasser leurs ennemis. La gauche et la droite n'existent plus. Ramond, Vergniaud, Chabot, Vaublanc, Gensonné, Basire, <^.ondorcet, Pastoret, Jacobins et Girondins, constitutionnels et républicains, tout se mêle, tout se confond, tout s'efface daans une fraternelle unité. Ces cœurs lassés de divisions se reposent un moment de

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la haine. On envoie un message au roi pour qu'il jouisse de la concorde de son peuple. Le roi accourt. Il est enveloppé de cris d'enthousiasme. Son àme respire de meilleures espérances. L'émotion arrache à sa timidité naturelle quelques mots touchants qui redoublent les transports de l'Assemblée. « Je ne fais » qu'un avec vous , » dit-il d'une voix où roulent des larmes. « Notre union sauvera la France. » Il sort accompagné jusqu'à son palais par les bénédictions de la foule. Il croit avoir reconquis le cœur des Français. Il embrasse la reine, sa sœur, ses enfants, il voudrait pouvoir embrasser tout son peuple. Il fait rouvrir en signe de confiance le jardin des Tuileries, fermé depuis les attentats du 20 juin. La foule s'y précipite et vient assiéger de ses cri& d'amour ces mêmes fenêtres qu'elle assiégeait la veille d'insultes. La famille royale crut à queUpies beaux jours. Hélas! le premier dont elle jouit depuis tant d'années ne dura pas jusqu'au soir.

L'arrêté du département qui suspendait Pétion de ses fonctions , apporté à la séance du soir, fit revivre les dissensions mal étouffées. Un sentiment, quelque doux qu'il soit, ne prévaut pas sur une situation. La haine s'était détendue un instant , mais elle était .dans les choses plus que dans les cœurs; elle vibra .de nouveau avec plus de f(jice.

Le peuple accompagna de cris de mort le directoire du département que l'Assemblée avait apj)elé

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