TOME II
» ront ! Que deviendront nos pauvres enfants ? » Souvent ses femmes la surprenaient dans les larmes, l/une d'elles ayant voulu lui présenter une potion ralmante dans une de ces crises de douleur : « Lais- » sez là, » lui répondit la reine, « ces médicaments » inutiles pour les maux de Tàme; ils ne me peuvent » rien. Les langueurs et les spasmes sont les mala- » dies des femmes heureuses. Depuis mes malheurs » je ne sens plus mon corps , je ne sens que ma des- » tinée; mais ue le dites pas au roi. »
Quelquefois cependant l'espérance prévalait sur l'abattement dans cette âme. Le ressort de la jeunesse et du caractère la relevait de ses pressentiments. Forcée parla crainte des attroupements des faubourgs et des surprises nocturnes de quitter son appartement du rez-de-chaussée, Marie-Antoinette avait fait placer son lit dans une chambre du premier étage entre la chambre du roi et celle de ses enfants. Toujours éveillée longtemps avant le jour, elle avait défendu qu'on fermât les persiennes et les rideaux de ses fenêtres, afin de jouir des premières clartés du ciel qui venaient abréger la longueur de ses nuits sans sommeiL
Une de ces nuits de juillet où la lune éclairait sa chambre, elle contempla longtemps le ciel avec un