LIVRE VINGT ET UNIEME. \i
municipalité devint, dès onze lieurcs du soir, le comité dirigeant des mouvements du peuple et le gouvernement de rinsurrection. Pétion, dans un état d'arrestation simulée, pour sauver en lui la pudeur de la loi, ne prit plus part aux actes de la nuit.
Le commandant-général Glandât, homme confiant et qui répondait toujours hardiment du roi au peuple et du peuple au roi, acheva ses dernières dispositions sur la foi des ordres que Pétion lui avait signés comme maire de Paris. Glandât envoya cinq cents hommes avec du canon à THotel-de-YiUe pour garder le passage de l'arcade Saint- Jean, par laquelle devait déboucher la colonne du faubourg Saint-Antoine. Il plaça également un bataillon avec deux pièces de canon au Pont-Neuf pour disputer le passage de ce pont aux ^Marseillais, les refouler dans le faubourg Saint- Germain et les rejeter vers le Pont-Royal, où le canon du pavillon de Flore les foudroierait à leur apparition. A ces dispositions, bonnes en elles-mêmes , il ne manquait que des troupes solides pour les exécuter. A peine ^Mandat avait-il donné ces ordres, qu'un arrêté de la municipalité l'appela à l'Hotel-dc- Ville pour venir rendre compte de l'état du château et des mesures qu'il avait prises pour maintenir la sûreté de Paris.