‹ Histoire des GirondinsChapitre 61 sur 194 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

lie HISTOIRE DES GIRONDINS.

A la réception de cet arrêté, Mandat hésite enfrc^ ses pressentiments et son devoir légal. D'après la loi la municipalité avait la garde nationale sous son autorité et pouvait appeler son commandant. 3Iandat, d'ailleurs, ignorait que cette municipalité, changée violemment par les sections , n'était plus qu'un comité d'insurrection. Il consulte Rœderer, qui, dans la même ignorance du changement opéré à l'Hôtelde-Ville, lui conseille de-s'y rendre. Mandat, comme averti par un présage intérieur, cherche des prétextes, invente des excuses, tente des délais. Il se décide enfin à partir. Son fils, enfant de douze ans, s'obstine à l'accompagner. Mandat monte à cheval , et, suivi de son fils et d'un seul aide-de-camp, il se rend par les quais à l'Hôtel-de- Ville. Il monte les marches du perron. Son âme se trouble à l'aspect de ces visages austères et inconnus. Il comprend qu'il a à répondre devant les conspirateurs des mesures prises contre le succès de la conspiration. — « Par » quel ordre, » lui dit Huguenin, « as-tu troublé la » garde du château? — Par l'ordre de Pétion, » répond en balbutiant l'infortuné Mandat. — « Montre » cet ordre. — Je lai laissé aux Tuileries. — Depuis » quand cet ordre a-t-il été donné? — Depuis trois » jours; je le rapporterai. — Pourquoi as-tu fait mar- » cher les canons? — Quand le bataillon marche les )) canons le suivent. — La garde nationale ne re- » tient-elle pas de force Pétion au château? — Cela

Page 1