‹ Histoire des GirondinsChapitre 68 sur 194 · LIVRE VINGT ET UNIEME. ICI · texte numérisé non relu

LIVRE VINGT ET UNIEME. ICI

« qu'on nous livre passage à travers le château et le » jardin pour aller présenter le vœu du peuple au » corps législatif, nous ne voulons point faire de mal. . » Nous sommes tous des citoyens comme ^ ous ! Nous » ne voulons point attenter à la liberté de TAssem- » blée, nous voulons lui rendre au contraire cette » liberté étouffée sous les conspirations de la cour! » Après un dialogue fiévreux entre ce jeune liomme d'un côté et les magistrats de l'autre , aux coups répétés qui ébranlaient la porte, et au mugissenieiU de la multitude grossissant derrière le miu' , le département se retire et l'heure prépare seule le dénoûment.

La reine prévoyant que ce dénoûment arriverait aveq le jour, qu'il serait sanglant, et ne voulant pas que l'assaut du château, le fer des Marseillais surprissent ses enfants dans leurs lits, les fit réveillei", habiller et conduire auprès d'elle à cinq heures du matin. Le roi et la reine les embrassèrent avec un redoublement de tendresse, comme on étreinl plus fortement ce qu'on craint de se voir arracher. Le Dauphin était insouciant et folâtre comme son âge. Cette heure inusitée de son lever, cet appareil militaire des appartements, du jardin, des cours, anuisaient ses yeux : l'éclat de ces armes lui masquait la mort. Sa sœur, plus âgée et plus mûre, comprenait

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