TOME III
la destinée dans les yeux de sa mère et dans les prières de sa tante. La présence de ces deux beaux (enfants entre ces deux princesses émut les gardes nationaux postés dans les appartements et porta jusqu'aux larmes Tentliousiasme des volontaires campés dans la galerie des Carraches. Le maréchal de ^fouchy et les ministres engagèrent le roi à fortifier par sa présence ces Ijonnes dispositions, et à passer en levue toutes les forces que le dévouement à sa personne ou l'obéissance à la loi réunissaient autour du château. Quoique les troupes fussent peu nombreuses et peu résolues, combien de fois l'aspect d'un prince faisant appel à une poignée de défenseurs , dans les extrémités de sa fortune, avait-il multiplié leur nombre par leur élan et retourné le sort !
Mais pour répandre cette électricité morale dans des masses, il faut en avoir en soi-même le foyer. Les héros seuls communiquent l'héroïsme. Louis XYI n'avait rien, ni dans la parole, ni dans l'âme, qui put enflammer une multitude. Elle cherchait en lui im roi, elle ne trouvait qu'un père de famille. L'extérieur même de l'iiomme enlevait tout prestige au roi. Si les bataillons indécis avaient vu sortir, avec le jour, des portes de son palais, un prince à cheval, jeune, fier, bouillonnant d'ardeur, prêt à jouer sa vie avec cette fortune qui favorise la jeunesse; si un \ ieillard découvrant son front eût étalé ses cheveux blancs devant son peuple et fait appel à la pitié ,