‹ Histoire des Girondins et des massacres de SeptembreChapitre 17 sur 54 · SECTION DES QUATRE- NATIONS · texte numérisé non relu

SECTION DES QUATRE- NATIONS

« Il sera délivré de la paille au porteur, pour couvrir les cadavres, a Ce 3 septembre 1703.

« Signé : Possien, commissaire ; PiTTEL, commissaire. »

Au bas est écrit :

« Neuf bottes de paille • . »

« RelaHon d# AT. Vahhé Sieard, p. 116.

* État det fraU faits par la section des Quatre-Nations dans Us journées des 2, 3 eM septembre dernier, d'après l'autorisation du Conseil général de la Commune, avec les pièces à Vappui; cote 6/45, n. 51. — Pièce u. 60. {Dossier des massacres de septembre. — Archives de la Préfecture de police,)

Deuxième bon :

« Bon pour douze bottes de paille, pour le comité

de la section des Quatre-Nations .

<x Signé : LECLERCy comn^issaire.

« 3 liv. 12 s. Reçu le montant ci-dessus.

« Signé : veuve Deoouin.

« Ce 5 octobre 1793'. »

Troisième bon :

(( Bon pour douze bottes de paille, pour le compte

du comité, pour couvrir les cadavres qui se trouvent

dans la cour. Le deux septembre mil sept cent

quatre-vingt douze, Tan quatrième de la liberté, et

le premier de Tégalité .

u Signé : Prudhomue et Sandot .

« 3 liv. 12 s. Reçu le montant ci-dessus.

a Signé : veuve Dedouin.

c( Ce 3 octobre 1792*. »

Quatrième bon :

<c Du 4 septembre 1792.

« Bon pour douze bottes de paille.

« Signé : Harléb, commissaire; Barbot.

ce Reçu le montant ci-dessus, 3 liv. 12 sous.

a Signé : veuve Dedouin, le 31 octobre 1792». »

1 État des frait faiti par la section det Quatre-Nations dans les journées dês 3, 3 et 4 septembre demiery d'après l'autorisation du Conseil général de la Communef anee les pièces à VapptU; cote 6/45, II. 51. — Pièce n. ^.{Dossier des mtusacres de septembre.— -Archives de la Préfecture de police.)

' Ibid., pièce n. 60.

* Ihid., pièce n. 54.

Ces pièces comptables, preuves irrécusables de la véracité de l'abbé Sicard, sont restées enfpuies soixante ans, d^abor^ au comité civil de la sectioq des Quatre-P^^ations *y ensuite aux Archives de la mairie de Paris, enfin aux Archives de la Préfecture de police, où les originaux existent encore ; et il ne faut rien moins, nous en convenons, que de pareils témoignages, pour croire aux horreurs dont ces pièces retracent le souvenir.

Ce qui est encore peut-être plus froidement monstrueux que ce lit de paille, préparé à Tavance, et sur lequel on amenait les prisonniers pour les égorger, c'est Tair de fête et l'empressement de cannibales que les oisifs du quartier, hommes et femmes, apportaient à cette boucherie. L'abbé Sicard nous a déjà dit, pour l'avoir vu, qu'on avait apporté autour de ce lit, des bancs pour les dames et pour les mes* sieurs. Eh bien ! ces bancs ne suffirent pas, et il fallut encore illuminer les tètes coupées !

<c J'ai dit que les dames du quartier de l'Abbaye se rendaient en foule aux scènes d'horreur qui se passaient dans cette malheureuse enceinte. On imagine^ quelles dames c'étaient. Eh bien ! ces mêmes dames firent demander au comité, où j'étais, qu'on

1 Aimé Jourdan, dans ta Déclaration faite le 20 prairiâl an III» disait : « Je finis ici ma déclaration ; le surplus n'aurait rapport qu'aux comptes ; ils ont été rendus dans le temps ; la section les possède, avec les pièces kTappui. > 'Déclaration du citoyen Jour datif p. 153.)

leur procurât le plaisir de voir tout à leur aise les aristocrates égorgés dans la cour da comité. Pour iaire droit à la demande^ on plaça un lampion auprès de la tète de chaque cadavre, et aussitôt les dames jouirent de cette exécrable illumination S d

Sur ce point, comme sur celui du lit de paille, préparé d'avance à des hommes encore vivants, le témoignage- de Tabbé Sicard est irrécusable ; car voici le mémoire de Bourgain, chandelier, qui fournit les lampions :

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