MASSACRES DU CHATELET
Le Gh^telet était Fantique tribunal de la Prévôté et Vicomte de Paris, et avait, comme juridiction civile et criminelle, précédé le Parlement. C'était une justice seigneuriale tenue, au nom du roi, par un officier portant le titre de Prévôt de la Ville, Prévôté et Vicomte de Paris. Le temps avait peu à peu étendu ses attributions ; et le Chàtelet possédait en 1789 cinq genres de juridictions : le Parc civil, tenu par le lieutenant civil ; le Présidial, tenu par un lieutenant particulier; la Chambre du conseil, où se jugeaient les affaires de rapport, tenue par un lieutenant particulier ; la Chambre criminelle, tenue par
le lieutenant criminel; et V Audience de police, tenue par le lieutenant général de police ^
Le Ghàtelet était supprimé, comme tribunal, depuis environ une année, à Tépoque des massacres ; ses bâtiments existaient encore, ainsi que sa prison; et deux de ses anciennes salles servaient alors aux tribunaux de première instance et d'appel du premier arrondissement de Paris '. La démolition du Ghàtelet, requise par Manuel, procureur de la Commune, le 8 septembre, fut opérée après les mas-
sacres '.
Les bâtiments du Ghàtelet, situés sur la place actuelle de ce nom, entre le Pont-au-Ghange et la rue Saint-Denis, faisaient exactement face à cette dernière. Ils étaient compris entre la rue Trop va qui dure , du côté du quai ; la rue de la Joaillerie, au sud-est ; la rue de la Triperie, à Test ; et la rue Pierre-à^Poisson, au nord , encore existante il y a cinq ans. Au bas de cette dernière, avant d'arriver à Teau, était placée la Morgue , séparée du marché au Poisson, à l'est , par la diagonale du Ghàtelet.
G'est seulement la prison du Ghàtelet, couvrant une grande partie de la place actuelle du Ghàtelet, qui fut démolie ; les bâtiments du Ghàtelet, proprement dits, séparés de la prison par la rue Saint-
I Almanach royal de 1789, p. 398 et suivaDtes. s Almanach national de 1793, p. 336, 337. ' Moniteur du 9 septembre 17^
Leutfroy, existaient encore, il y a cinq ans, quoique un peu modifiés et appropriés à d'autres usages : ils formaient tout l'Ilot compris entre le quai de la Mégisserie, la place du Gh&telet et la rue Pierre-à-Poisson. La Chambre des notaires de Paris y avait pris la place de Tancien Syndicat des notaires du Chàtelet.
Ce fut dans la soirée du â septembre que la prison du Ch&telet fut attaquée. Elle ne contenait que des voleurs.
Par quelle combinaison monstrueuse des maîtres sanglants de la France, les malfaiteurs furent-ils compris dans regorgement général, organisé en vue des prêtres, des nobles et des royalistes?
Ce fut uniquement dans le but de dérouter Fopinion publique, et afin de faire croire & un soulèvement spontané et tumultueux de la populace, laquelle aurait tout confondu et tout égorgé dans remportement de sa fureur. Au fond, Danton, la Commune et leurs complices, voulaient seulement déblayer, par un vaste égorgement, le terrain politique conquis par le pouvoir insurrectionnel du 10 août; les voleurs du Ch&telet, de 1\ Conciergerie, de Bicètre, du Cloître Saint-Bernard et d^ la Salpètrière furent massacrés uniquement pour la mise en scène, et pardessus le marché.
Cette explication est la vérité même; elle ressort du témoignage de tous ies contemporains bien in-
formés^ et elle est évidemment au fond de la scène suivante, dans laquelle les auteurs des massacres révèlent leurs affreux secrets.
« Le 3 septembre, dit Prudhomme, environ vers six heures du soir, Théophile Mander, homme de lettres, vice-président de la section du Temple, me pria de l'accompagner chez DantoUi ministre de la justice, pour l'aider à le conjurer, au nom de l'humanité, de faire cesser les horribles massacres. Malgré ma répugnance à retourner dans cette maison, connaissant le courage et les grands moyens oratoires de Théophile et sa probité, je consentis à l'accompagner.
a Nous trouv&mes rassemblés tous les ministresi Roland seul excepté; là, vinrent encore Lacroix, président, et les secrétaires de l'Assemblée législative ; Petion, maire de Paris; Robespierre, Camille Desmoulins, Fabre d'Églantine, Manuel et plusieurs membres de la commission dite du 10 août. Les présidents et les commandants de chacune des qua^* rante-huit sections s'y étaient rendus.
« Sur les sept heures et demie du soir tout le monde s'étant assis dans le grand salon du ministre de la justice, la présidence decette réunion fut accordée à Danton, non par un scrutin, mais pour abré^ ger, car les moments étaient orageux. Ce ministre était vêtu d'un habit de drap écarlate.
Ci On agita la grande question d'aviser aux moyens
de sauver Paris, et d'en éloigner le roi de Prusse, qui n'en était pas à soixante lieues. Verdun venait d'être pris par les Prussiens. Servan, ministre de la guerre, n'arriva que bien tard : il y parut accablé d'inquiétude ; le seul Danton montra de la fermeté.
<c Théophile Mandar, naturellement orateur, osa interrompre la délibération ; il était alors neuf heures et demie du soir; il dit à Danton : — « Toutes les « mesures de salut extérieur sont-elles prises? — Oui. « — Occupons-nous donc à l'heure même de Tinté- « rieur. )>Et, élevant la voix, il proposa d'assembler sur-le-chaij[np toute la force armée ; il demanda que les citoyens présents se formassent en autant de groupes qu'il y avait de prisons où l'on massacrait, n exigea et conjura pour que chacun de ces groupes, composé de citoyens bien connus, se charge&t, soit par le seul ascendant de l'éloquence et de la raison, soit par tous les moyens de l'autorité , réunis à la force, de faire cesser à l'heure même ce torrent de sang qui« disait-il, souillerait pour jamais la gloire du nom français. Sa proposition fut écoutée avec beaucoup d'intérêt ; mais tous les citoyens ne purent y prendre une part égale, tant on était effrayé sur l'issue des grandes mesures qui venaient d'être prises. Danton les regardant froidement, leur dit : a Sieds-toi : c'était nécessaire »
a Je me retirai aussitôt avec Théophile Mandar
dans une seconde pièce, où étaient Lebrun, Clavière, Grouveliey secrétaire du conseil exécutif; Petion, maire de Paris, et Robespierre, officier municipal, y vinrent aussi. Plein de son idée, Théophile prit Robespierre et Petion à part, et leur fit cette seconde proposition. Danton et Servan vinrent alors dans c^tte seconde pièce, mais le premier se livra tout entier à ce que disaient Lebrun et Clavière ; Servan se retira pour aller donner des ordres.
a Théophile dit : a Robespierre , te souviens-tu ce que, le 17 août, tu prononças à la barre de TÂs- <c semblée législative un discours au nom de laCom- « mune? Tu demandas, sous peine cT insurrection, a que Ton organisât le tribunal qui devait juger les <c accusés dans Taffaire du 10 août? — Oui. — Tu «c n'as pas oublié que Thuriot écarta la proposition, a par la seule raison qu'elle était accompagnée a d'une menace ; il observa que tu avais parlé de a l'insurrection comme d'une chose qui dépendait a de la volonté de la Commune et qui était A tes a ordres? — Je m'en rappelle, dit Robespierre, tu a vins à la barre de l'Assemblée, au nom du jury a d'accusation ; Thuriot fut interrompu , tu improa visas une harangue très-véhémente ; tu obtins la a création du tribunal dont j'avais sollicité l'établis- « sèment. — Ainsi, dit Mandar , tu pteux jauger de a mes moyens oratoires. — Oui , tu obtins les honi( neurs de la séance ; bientôt tu fus rappelé à la
c( barre. Hérault de Séchelles était à la tribunei ta (( demandas la modification de «jaelques articles du <c décret. Au fait I — £h bien I Si M. le maire de ce Paris et toi êtes de mon avis , Lacroix, président « de r Assemblée législative , et les secrétaires sont a de Tautre côté , nous allons les prévenir ; si (c demain vous consentez à m'accompagner à la a barre de rAssemblée, je prends sur moi de pro- « poser à TAssemblée d'imiter les Romains dans ces <c temps de crise qui menacent la patrie ; et afin Q( d'arrêter sur-le-champ , à Tbeure même , ces <c effroyables massacres qui se conmiettent dans les « prisons , je demanderai qu'il soit créé un dictaa teur : je motiverai ma demande; ma voix retentira <( comme un tonnerre ; oui , pour faire cesser ces <c épouvantables massacres, j'aurai l'audace de le «c proposer : il ne le sera que pour vingt-quatre Ci heures , il ne sera tout-puissant que contre le (K crime ; la dictature arrêtera le sang , et les massa-
«cres cesseront Ils finiront à l'instant même.
a — Garde^t^en bien , Brissot serait dictateur ! — « 0 Robespierre , lui dit Mandar, ce n'est pas la « dictature que tu crains , ce n'est pas la patrie que (( tu aimes I C'est Brissot que tu hais. — Je déte&ie u la dictature et je déteste Brissot. » Petion ne proféra pas une seule parole.
tt Nous nous retirâmes avec la douleur de n'avoir pas entendu prononcer un mot sur les massacres..,.
Tous les ministres étaient parfaitement d'accord pour laisser continuer les égorgements ^ »
Voici la liste des prisonniers tués au Gh&telet ; elle est précédée et suivie du procès-verbal du commissaire de la section du Louvre, duquel elle tire son authenticité :
« L'an mil sept cent quatre-vingt-onze, quatrième de la liberté, premier de Tégalité, le dimanche seiBe septembre, neuf heures du matin, nous, commissaire de la section du Louvre, assisté du secrétaire-greffier provisoire, en conséquence de l'arrêté pris par le comité général des quarantehuit sections, réuni à la Maison commune, en date du dix du présent mois, nous sommes transportés ès-prisons du ci-devant Ghàtelet, où étant, nous y avons trouvé les sieurs Louis-Christophe Agyi membre du Conseil général de la Commune, et Étienne-Henry Delaunay, aussi membre du Conseil général, lesquels nous ont représenté ledit arrêté pris par le Conseil général, et nous ont requis de procéder à la reconnaissance et levée des scellés, d'emporter les effets étant tous ioeuz au comité de
1 Prudhommej Histoire impartiale des Révolutions , lome III, p. 259» 260, 261, 262, 263 et 264.
notre section, de faire le relevé des registres da concierge de ladite prison, et de faire la mention des particuliers morts et de ceux qui se sont évadés de ladite prison, ce à quoi nous avons procédé de la manière et ainsi qu'il suit^ savoir : d
(Suit le procès-verbal relatif à la levée des scellés et aux déclarations des guichetiers, relativement aux effets trouvés dans la prison et appartenant aux 'Victimes des massacres.)
<c Ce fait, et après avoir vaqué à ce que dessus, nous avons laissé les habits^ linges et autres bardes, appartenant aux prisonniers qui ont été tués, attendu qu'ils étaient dans une malpropreté qui ne permettait pas de les emporter, à Teffet d*ètre nettoyés et de suite portés au comité de ladite section, et avons remis et indiqué la vacation à demain, huit heures du matin , à Feffet de constater le décès de chaque prisonnier, constater leurs nom, surnoms, âge, qualités, profession , pays de naissance et demeure, et nous nous sommes retirés après avoir été, de ce que dessus, fait et dressé le présent procès-verbal, et avons signé avec les sieurs Âgy et Delaunay, commissaires, le secrétaire-greffier, et le sieur Soudin, gardien desdits scellés, d
Ont en effet signé, sur la minute que nous avons sous les yeux, MM. Agy ! Delaunay 1 Soudin ! Gausi !
secrétaire-greffier provisoire, et Le Maire^ com-^ missaire.
« Et le lundi dix-sept septembre mil sept cent quatre-vingt-douze, quatrième de la liberté^ premier de Tégalité, neuf heures du matin, nous, commis- , saire de la section du Louv][*e, assisté du secrétairegreffier provisoire, en conséquence de Tindication à ce jour, lieu et heure portés en notre procès-verbal du jour d^hier, nous sommes transportés ès-prisons du Chàtelet, où étant, nous y avons trouvé lesdits sieurs Agy et Delaunay, commissaires de la municipalité, en présence desquels nous avons reçu la déclaration du sieur Nicolas-Joseph Watrin^ concierge desdites prisons, lequel, après serment par lui fait de dire la vérité, nous a dit qu^autant que le désordre a pu ]e lui permettre, il a recueilli les noms de ceux qui ont été mis à mort par le peuple, desquels prisonniers les noms suivent ^ : »
Datei N**. Noms et prénoms. des écroos*
i Ambroise (Nicolas). 4 déc. 1791.
2 Arnaud (Etienne). 23 sept. il9i.
3 Amoud (Pierre- Joseph). 6 sept. 1791.
4 Aubert (François). 13 juin 1792.
5 Auvret, ou Auvray (Edme-Charles). 28 juill. 1792.
< La liste contenue au procès-verbal ne portant que les noms et prénoms des Tictimes sans autre indication, nous crojons devoir dresser cette liste par ordre alphabétique, et y ajouter la date de Técrou et tous les autres renseignements que nos re« cherches nous ont procurés.
6 Babf (Jean- Joseph). 4 janv. 4793.
7 Bayette, ou Baillet (Charles). 3 dëc. 1791.
8 Beaumetz (Pierre-André) ^ i4 août 1792.
9 Belair (François). U férr. 1792.
10 Belhomme (Louis). 6 octob. 1791.
11 Bellanger (Jean-Baptiste). 9 août 1792.
12 Bellanger (Pierre). 19 août 1792.
13 Bel]oy (Jean-Baptiste)^ 5 août 1791.
U Benoist (Jean-Baptiste). 21 nor. 1791.
15 Benoist (Jean-Charles). 2 avril 1791.
16 Bcrlucy (Edme-Jean). 20 juin 1791.
17 Berthelier (Louis-Michel). 3 juilL 1791.
18 Bertholini (Augustin). 28 août 1791.
19 Bertrand (François). 27 avril 1791.
20 Bcssan, ou Bessault (Antoine). 28 déc. 1791.
21 Billai^ (Jean-Baptiste). 20 févr. 1791 .
22 Bilot (Nicolas-Charles). 20 déc. 1791.
23 Bionon (Pierre). 9 juin 1791.
24 Boby (Charles). 4 janr. 1792.
25 Bonnard (Joseph). 6 déc. 1791.
26 Bordier (Simon) '. 23 dot. 1791.
27 Bosse (Pierre). 12 sept. 1791.
A Doreur, tans domicile. (Cette indication se trouve an procès-verbal , 5* page, l'* colonne.)
* Le prooès-Terbal qui nous sert k dresser cette liste ne porte point le nommé Bordier (Simon) au nombre des victimes ; il le place au contraire, suivant la déclaration de Watrio, au nombre des prisonniers qui furent mis en liberté par le peuple; mais Bordier se retrouve au nombre des victimes sur une liste trouvée dans les Papiers de Pefion, maire de Paris, et que la Bibliothèque impériale possède aujourd'hui, section des manuscrits, S. F. n. 3274. Cette liste , provenant des Papiers de Pêtion , est la copie littérale d*Un état des Victimes, dressé par le Comité d'exécution, certi6é par Jourdeuil et Duffort, et déposé aux ArchiveM de VHétel de ^iUe»
Le registre d'écrou porte en regard du nom de Boroibr eetl« mention : mie à mort par le peuple le 3 septembre, £n présence de ces deux témoignages, nous croyons devoir placer Boanitâ Simon) au nombre des victimes.
â8 Bouchet (Edme). 4 dëc. 1791,
S9 Bourdillon (François) *. 19 avril 1791.
30 Bourdin (Pierre). 24 mai 1791.
31 Bourgeois (Claude-Antoine). 13 octob. 1790. 39 Bourier (Claude-François) '. 90 août 1799.
33 Boursier (Thomas). 15 nov. 1791.
34 Bouton (François- Amable). 0 nov. 1791.
35 Bouvée, owBourcé (Nicolas-Aubin). 99 avril 1791.
36 Bressan (Yalentin). 13 sep. 1791.
37 Brulard (Remy-Antoine-Guillotin) ». 10, août 1799.
38 Burel (Jean-Baptiste). 97 déc. 1791.
39 Buret, <m Burel (Antoine). 16 juin 1799. » Bussy (Jacques). Voyez Culoteau.
40 CaiUtc (Jean). 17 déc. 1791.
41 Callot, ou Cailiot (Pierre). 5 mai 1791. 49 Chapelle (Philippe). 4 déc. 1791.
43 Chapuy (Pierre). 4 janv. 1799.
44 Charlemagne (Jean, (ft< Saint-Jean)\ 17 sept. 1791. 48 Charost (François) ^ 99 mars 1791.
et 93 juin. 1791.
46 Chenet {Nicola^tanislas). 11 nov. 1791.
47 Chesne (Jean). 9 déc. 1791.
48 Chinox (François). 4 janv, 1799.
49 Choiselat (Charles) >. V' juin 1799.
50 Christot<Loais-Al6xandre). 99 juill. 4799.
51 Clément (Joseph-Louis). 93 avril 1790.
1 laacrit tout le non dm Boeoillon.
9 On le trouve CDOore «ont le nom de DoftAiiftB {Pitrrê).
s Auteur drematique Agé de vingi-six ans, natif de Reims. (Cette annotation se trouve au procès-yerbal du commissaire de police.)
* Nous n'avons trouvé sur les registres d'ëcrou que le nommé Charlemagne (Joieph) , tué dans les massacres.
> Choiselat est compris, dans le procès-verbal du 17 septembre 1793, parmi les prisonniers mis en liberté par le peuple; mais le registre d'écrou porte, en regard de son nom, la mention : mi$ à mort par U p«vpU, U 3 Beptmnhr«; il est de plus compris dans la liste trouvée dans les Papier» de PeHon,
52 Collet (Jacques) '. 3 mai 4790.
r 53 GoUot (Antoine). 30 sept. 1791.
54 Constant (François). il août 1791.
55 Cosme (François). SO octob. 1790.
56 Courcy, oti Courey (Honoré). 9 sept. 1790.
57 Couverset, ou Couversac (Joseph). 2 juiil. 1791.
58 Culoteau ( Jaopies - Charles ) , dU
Bus8y>. 2juiU. 1791.
59 Dallamp (Gabriel). 6 mars 1791.
60 Darécart, ou Dërécart (François) \, 28 août 1792.
61 David (Louis) \ 28 août 1792.
62 Delachapt (Jean-Aimé). 6 juin 1791.
63 Demortreux (Jacques) *. 15 octob. 1790.
64 Deméromont (Louis-Étienne). 3 janv. 1791.
65 Desmaisons (Joseph). 13 mars 1791.
66 Desmarets (Pierre). 6 sept. 1791.
67 Desmontreux (Pierre). 23 juill. 1790.
68 Desrazoirs (Charles- Joseph) « 7 sept. 1791.
69 Dubarcq (Jean-Baptiste). 6 sept. 1791.
70 Dubaux (François). 8 août 1792.
71 Dubois (Louis). 2 nov. 1790.
V Lo registre d'écrou porte rindicatioii de mort; puii, en tout pBtito caractères, on a écrit le mot ici» comme pour démentir la première indication; mais nous pensons que le mot «et s'a|>plique plutôt à un transfèrement que l'on a rayé après une réintégration.
t II est inscrit sur le procès-verbal du commissaire de la sec* tion du Louvre et sur le registre d'écrou sous le nom de Joequ€$ BussT ; mais un jugement rendu par le tribunal de première instance de la Seine, le 25 brumaire an XIII, a ordonné la rectification du nom tel que nous venons de l'indiquer ci* dessus.
> Agé de vingt-huit ans, cordonnier de Clermont-en-Beauvoi* ais. (Ainsi indiqué dans le procès*verbal du commissaire de police de la section du Louvre, 5* page , 2* colonne.)
* Boulanger, âgé de trente-quatre ans, natif de Mâcon. (Voir le premier procès-verbal ci-dessus mentionné, 5* page, S* colonne.)
• Même observation qu'à Collet (/ar^uet).
72 Dubuc, ou Du Bucq (Pierre).
26 nov.
73 Dubuisson (Louis).
15 nov.
lA Dudoit (Antoine).
23 avril
75 Duhet^ ou Duet (Louis).
31 octob.
76 Dumets, ou Dumetz(Ciiarles-Loui8)*
77 Dumont (Louis).
3 mai
78 Duny (Qaude).
21 sept.
79 Durand (André).
3 janv.
80 Durand (François-Nicolas).
22 déc.
81 Duranda (Gratien), dU Berger.
ier octob.
82 Elsenay (Jacques-Jean).
29 août
83 Kngé (Louis-Marie).
9 no?«
84 Fabre (André).
27 nov.
85 Fabre (Gaspard).
8 août
86 Fauguel (François) *.
16 octob.
87 Fauquet (riharles-François) '.
20 juiU.
88 Fauvet (Jean-Jacques).
20 févr.
89 Fayard (Pierre).
25 octob.
» Fleury (Augustin). Voyez Pampin.
90 Fleury (Germain).
28 déc.
91 Fouchet (Jacques) *.
20 avril
92 Fouqiiet (Denis-François).
17 août
93 Foumel (Aymard).
9 sept.
94 Frémont (Qaude).
21 mai
95 Gailot, dit Sommet (Jean).
3 août
96 Gauthier (Jean-Baptiste).
16 août
97 Genisson (Louis).
2 sept.
98 Gerval (Jean-Jacques).
20 août
^ Colporteur de parfumerie, demeurant à Paris, rue Saini- Honoré, au coin de celle Saini-Nicaise. (Ce renseignement se trouve consigné dans le procès-verbal du commissaire de la section du Louvre, 6* page , 1*^ colonne.) ^
* Même observation qu'à Jacques Collet.
> Un jugement du tribunal du 5* arrondissement de Paris, en date du il messidor an II , a ordonné la réformation du nom de Fadqubt, inscrit sur le registre d'écrou sous le nom de ForQUZT, ou Faulqubt.
^ Le nom de Fouchet ne se trouve pas sur len listes do Petion.
90 Girard (Pierre) \ 47 déc. 1791.
100 Gonichon (Gilbert). 38 déc. 4791.
401 Gosset (Charles-Iiouis). 5 juiil. 4791.
102 Graindesel (Pierre). 25 juin 4791.
103 Gravier (Mathieu). 23 juill. 4791.
104 Grublet (Louis). 16 octob. 1791.
105 Guesnard (François). 93 avril 1790.
106 Gueudrel (Jean -Baptiste) *. 46 sept. 4792.
et 30 mai 4792.
407 Guillemain (René). 4«' août 4792.
408 Gûiliot (Laurent-Urbain) ». 6 janv. 4792.
409 Hënaud, ou Enos (François). 7 juilL 4792.
410 Hervy (Pierre). 3 mai 1792. 111 Houdard, ou Oudard (Jean-Antoine). 10 sept. 4791.
412 Houdin, ou Oudin (Denis). 15 aoàt 4792.
413 Houroux (Etienne) *. 9 déc. 1T91. lU Jacob (Antoine). 28 juta 4792.
115 Jacob (Nicolas). 7 nov. 4791.
116 Jarier, ou Jarrië (René-Louis). 29 juill. 4792. 417 Julien (Jean-François). 46 août 1791.
. 448 Julien (I^ouis-François). 20 mars 4791.
119 Kergain^ ou Quergain (Jean). 17 juill. 4791.
420 Labarre (Pierre)». 42 janv. 4792.
421 Labarre (Pierre). 4791.
422 Lahaye (Jean). 7 sept 4791.
423 La Morlière (François-Adrien). 2 août 4791.
' Le registre d'écrou ne porte pas la mention de mort»
* Venant de Bicétre.
* Marchand forain, âgé de Tingt-aiz ans. (Cette indication ne ee trouve pas au procèi-Terbal.)
* Le nommé Houroux ne figure pat anr les liâtes de Petion. •
* Imprimeur en lettres, âgé de quarante ans, demeurant au coin de la rue du Puits. Labarre se trouve inscrit avec les antres renseignements, par un renvoi placé après le nom du nommé Piquet, sur le procès-verbal du commissaire de police de la section du Louvre, S* page, l'* colonne. Ce renvoi est de la même écriture que le corps du procè^-verbal.
124 La Motte-Duchesne (Biaise-Louis) *.
10 juin ]
125 landois (Louis-François).
2 mars \
126 Lavoinier , ou Lavonnier (Jean -
Baptiste).
16 dëc. i
127 Lecomte (Jean- Pierre-François).
6 juin i
128 Lecoq (Barthélémy).
9 noT. i
129 Le Demez (Claude-Louis) *.
Î7 juyi. '.
130 Lefevre (Jean-Baptiste).
24 octob. '.
131 Legris (Nicolas).
28 déc. '
132 Lemaigre (Léonard).
3 oct. '
133 Lemoine (Michel- Marin).
23 août
134 Leroy (Louis-Jean-Baptiste).
30 août
135 Leroux (Pierre).
2 août '
136 Lexceilent (Claude-François).
5 juin. '
137 Ii>!xcellent (Henri).
138 Linant (Jean-Pierre).
2 déc.
139 Mainhoumel (Nicolas)'.
29 nov.
140 Manteau (Eustache-François).
20 avril
141 Marcant (Denis).
31 déc.
142 Mariette (Jacques).
31 juin.
143 Martin (Jean-François).
7 août '
144 Martin (Louis-Augustin).
12 déc. '.
145 Martin (Pierre).
3 déc. '.
146 Martin ville (Joseph).
2 déc. i
147 Mathieu (François) *.
18 juin, i
148 Mathieu (Jean).
20 juin ]
149 Mathieu (Joseph) *.
15 déc. i
150 Médard (Joseph).
23 fév. ]
1 Ou Ducbesnb-La Motts, ainsi qu*il est écrit sur le livre d'écrou.
^ Agé de vingt-neuf ans, éventailliste, de G ray-en -Brie. (Cette indication se trouve au prpcès-verbal du commissaire, 5* page, 1" colonne.)
s II est connu sur le registre d'i^crou sous le nom ci-deâsus et sourf celui de Dolmnville [Alexandre).
* Le registre d'écrou ne porte pas la mention : morf,
• Ce nom ne se trouve» pas sur les livres provenant des Papiers de Petion,
ir>
I5i Mënard^ oti Mesnard (Pierre).
i52 Ménil (Michel).
453 Menson, ou Menesson (Jean^ulien)'.
454 Mercy (Henri).
155 Mëricourt (Michel-Dominique).
156 Mestre, ou Lemaitre (Jean-François).
167 Minguet (Pierre) \
158 Molière (Joseph) *.
159 Momme (Edouard, dit Jackson).
160 Monier (Marins) ^.
161 Morlot (Louis-Antoine).
162 Moulin (Nicolas).
163 Moutot, ou Mouton (Etienne).
164 Muguet (Jean-Baptiste).
165 NoUent, ou Laine (Pierre).
166 Pampin (Guillaume) *.
167 Pâques (Pierre-Antoine-Victor).
168 Pai^ (Edme-Germain) *.
169 Paris (Noël).
170 Pascal (François) '.
171 Pelletier (Jean).
172 Pelletier (Louis) ^
96 sept.
5 août
34 mai
18 oct, 90 août 31 déc.
98 mai
97 sept.
30 avril
19 octob.
16 janY.
9 sept.
94 mai 93 avril
3 août 19 mars 19 juin.
96 noY.
19 août 15 dëc.
1« août
t Inscrit lur le livre : MjtNNBSON.
* Inscrit sur le livre d'écroa avec l'orthographe HAUfOuir. s Le nom est écrit: Mollikr sur le registre d'écrou.
* Le registre d'écrou ne porte pas la mention : mort,
* Un jugement du tribunal du deuxième arrondissement de Paris), en date du 15 février 1793, a ordonné la rectification du nom de Augustin Flburt, et de le remplacer par ceux de (hùllaumt pAMPiN.
* L'orthographe du nom indiqué par le registre d'écrou est :
ParrB'
1 Le procès-verbal du commissaire de la section du Louvre U compte au nombre des prisonniers mis en liberté par le peuple, tandis que les listes provenant des Papiers dt Pêti^n le portent au nombre des victimes. Le registre d'écrou contieni en marge et en regard du nom la mention : Mis à mort f«r le fsu^Uy If 3 siptemhrs.
* Même observation qu'à Jacques Collet.
173 Peret (Pierre) '. J3 juin 091
174 Peirier (Pierre). U nui 1792.
175 Perrault, tmPerrol(FrançoU)'. 3 mai 17flO.
176 Petit (Pierre). Miept. 1791.
177 Picard (Pierre). 4 ayril 1791.
178 Pierron (François). 17 dëc. 1791.
179 Piquet (Jean-Joiepb) ". %i nor. 1791.
180 PitoiD (Sébastien-Edme). IS Mpt. 1791.
181 Porte (Mathieu) *. S tnan 1791.
182 Potleret(Hatburin). 48 inill. 1791.
183 Pottier (Joseph) '. 6 aoai 1791.
184 Pouilly (Nicolas-FranEoii) *. 17 juill. 1799.
185 Pi^Tot (Nicolas). 12 dée. 1791.
186 Prévôt, ou Provot (François). 20 mai 1791.
187 Puteau (Claude-Robert). 30 avril 1792.
188 Quentin (Antoine). 32 octob. 1791.
189 Queruelle (Alexandre). 7 man 1791.
190 Raimond (Pierre- Etienne). 20 août 1791.
191 Rembeveau (Antoine). 0 déc. 1791.
192 Renard (Pierre). 30 octob. 1791.
193 Robert (François). 34 déc. 1791.
194 Hochet (Jacques). 2 août 1791.
195 R<%ot, OH Rougeon (Pierre). 6 mars 1791. 106 Rousseau (Louis) \ 33 Aée. 1792.
197 Rousseau (Nicolas). 1" sept. 1793.
> fa se rit kvec l'orlbographe Ferrej sur le livre d'écrou.
> Héme obiervstion qa'li Jtequa* Coll«t.
■ Il De *e trouve pfti sur les lielei qui provienoent dei Papitri
* Même obserTitioQ qu'à Jacqnei Collef.
■ lQ«crit sous le nom da Poiliera sur le livre d'écrou.
* Agi de oinqnanta eni, ouiiinier, de Rnba^-aD-firie. (Ce ren* .:...,aT.....i a.i ^n-n.iani. •!■ nTn^ï>.ws rbil du contoiMeire de
jveniDt dei Papitn it il double emploi ivec innicr eit Igé de quinie icéire est du mime Ige,
198 Roussel (Pierre) K 499 RuCQer (Jean-François).
MO Salabi7 (Philippe) K 9(M Santuari (Jean-Suzanne).
M2 Seigneur (Pierre-Charles).
903 Simonet (Antoine).
904 Six, dit Saint-Omer (Noël-Joseph).
905 Taitly (Victor).
906 Tarré, ou Tarret (Martial).
907 Taté (Jean-Baptiste) '.
908 Thierry (Jean-Baptiste).
909 Thionyille (Jean-Baptiste).
910 Thomas (Antoine-François).
911 Tissot (Alexandre).
919 Tremblaux (Etienne).
913 Trezel (Jean-Baptiste).
914 Vandermasen (LDuis-René).
915 Vantalon (François).
916 Vauvillat, ou VauTilliers (Edme).
917 Verdier (François).
918 Yèze (Pierre).
919 Victor (Jean- Alexandre).
16 août 19 juin
95 juin
96 août
17 déc.
11 août 30 noY.
96 noT.
16 octob.
99 noT.
94 mars
19 mai
9 sept.
14 noY.
99 mars
8 juin
97 août 19 déc.
9 juin 4 aTril
Nous devons joindre à cette liste les quatre noms qui suivent, inscrits sur le registe d'écrou , avec la mention commune à toutes les victimes de cette prison : mis à mort par le peuple, le 3 septembre, et qui ne figurent pas dans le procès-verbal du commissaire de la section du Louvre :
du même lieu, et le registre de la prison porte qu'il a été transféré du Chàtelet le 33 janvier 1792.
t Venu de Bicôtre le 36 août 1793, où il était détenu.
s Agé de 31 ans, chirurgien , natif de Rofet (Yonne). (Celte indication se trouve consignée au procès-verbal du commissaire de la section du Louvre, page 5*, l'* colonne.)
* Il ne figure pas sur les listes trouvées dans les Papiers de Petion,
1 Duban (Pierre) *. 27 dëc. 1791.
2 Germain (Edme) *. i6 nov. 1791.
3 Morange (Samuel). 12 octob. 1791.
4 Villard (Louis). 23 août 1791.
Le total des victimes de cette prison est donc deâ23.
Liste des prisonniers mis en liberté.
Nous reprenons le procès-verbal du commissaire de la section du Louvre, à la vacation du 17 septembre ' :
a Nous déclare ledit sieur Watrin que, quant à ceux qui ont été mis en liberté, il en a également recueilli les noms autant que sa mémoire a pu le lui permettre, attendu que le peuple seul, sans ordre, a opéré dans ladite prison. »
Suivent les noms de ceux qui ont été mis en liberté :
1 Martin (Jean-Baptiste).
2 Thibaux (Nicolas).
3 Prélat (Etienne).
4 Racine^ ou Ramme (Barthélémy).
5 Pinget (Joseph).
6 Ber^^mid (Lambert).
7 Léobard (François).
i II 86 trouve sur les listes proTenant des Papiert de PeHan.
^Idem.
s Pages 5 et 6 du procès- ver bal. {Archives de l'Hâiel de ville
lié Paris, registre D, d. 78.)
8 HeusBer (Jean-Geoi'ges).
9 Chastellier (Michel).
10 Àubry (Jean-François).
11 Flë (Charles-Jacques).
12 Honoré (Barthélémy), nègre.
13 Gage (Joseph), dit litalien.
14 Dufour (Charles-François).
15 Dion (Pierre), dit Lavigne.
16 Boulard (Joseph).
17 Saunier (Louis).
18 Lire (Louis).
19 Cotteray (Martin).
SO Dallëgre (Ambroise).
21 Soupe (Eustache).
22 Berner (Pierre).
23 Tellier (Léonard).
24 U Guet (Jacques).
25 Ion, ou Yon (Guillaume).
26 Broche (Jacques-André).
27 Giroux (Jean-MaximilieA).
28 Rouillé (Pierre-Alexis).
29 Delassalle (Joseph-Auguste).
» Bordier (Simon)*.
30 Tremon (Jean-Baptiste).
31 Maurice (Jean-Claude).
» Pascal (François) *.
32 Avenel (Jean-Pierre).
33 Dumas (Pierre).
34 Molière (Claude-François).
35 Paguet (Léonard).
36 Trécourt (Joseph).
37 Ducroc (Jean -Joseph).
38 Duval (Louis-François).
* Le registre d'écrou porte la mention : Mit à mort pmr U
p9ttplêt le 8 iepiêmhré,
* Idem,
99 Philipponeau (Jacques).
40 Dollé (François).
» Choiselat (Charles)'.
41 Sauyanon (Pierre).
42 Simonet (Antoine).
43 Darenne-Vaudricourt (Antoine).
. 44 Bonard (Pien-e) *•
48 Naudet (Henry).
46 Renaudin (François).
47 Alègre (Jean-Baptiste).
48 Glasson (François).
49 Catre (Jean-François).
50 Mdsiin (aaude).
51 Léger (Pierre-Gabriel).
52 Marchand (Jean).
53 Girault (Claude- Jean).
54 Auge (Pierre^Rigobert).
tt Ce fait,*— continue le procèg-verbaly— avons ensuite fait comparaître par-devant nous le sieur Pierre Soudin, gendarme national; Michel-Louis Nécart, Antoine Dehay^ François Desrochers, Joseph Yassel, Etienne Daude, Jean-Baptiste Plé, tous six concierges de la prison du oi-devant GhÀtelet. Lesquels, après avoir pris connaissance des noms de ceux qui ont été mis à mort et de ceux qui oqt été mis en liberté, nous ont déclaré, après serment par eux fait de dire la vérité, qu'ayant été présents à l'enlèvement desdits prisonniers, tant pour être mis à mort que pour
* Le registre d'écrou porte la mention : Mm à mort par le peuplé, U 3 iêptêff^hre,
s Agé de quarante ans, né à Perse j en Normandie.
être mis en liberté, les noms de ceux inscrits au présent procès-verbal sont véritables.
a Ils nous ont déclaré en outre, — c'est le procèsverbal qui parle, — savoir :
a Le sieur Yassel, qu'il lui a été pris, lorsqu'on le conduisait à la Ville, son portefeuille, dans lequel étaient un assignat de cent livres, sept de cinq livres, un billet de vingt sols et un de dix ; — une montre en or de forme ancienne, à laquelle pendaient une chaîne d'acier et une clef de cuivre ; deux mouchoirs de Rouen marqués J. V., et un chapeau ; et que, par suite des mauvais traitements qu'il a essuyés, on lui a déchiré un habit de drap Silésie gris qu'il avait sur le corps ; qu'étant au corps-de-garde du Pont-au-Change, on lui a retiré l'habit d'uniforme qu'il avait sur le corps, lequel habit ne lui a pas été rendu, ainsi que son sabre ; qu'on lui a même dit, depuis ce temps, que son habit avait été volé au corps-de-garde ; que , lorsqu'on le conduisait à la Ville, le peuple, en, voulant lui arracher la vie, menaçait en même temps le sieur Watrin, concierge, de l'amener à la Ville, mais qu'ils le tueraient avant de monter ;
<K Ledit Desrochers, qu'on lui a volé une veste, un gilet de soie rayée , une paire de bas de coton à côtes ;
u Ledit Daude, qu'on lui a également volé deux chemises et un chapeau neuf, et un fusil qu'il avait, auquel il manquait un chien ;
<c Ledit Deshayes, qu'on lui a également volé son chapeau et sa canne.
a Et nous ont tous déclaré qu'on leur avait volé, dans un tronc qui leur était commun et qui n'avait pas été ouvert depuis le mois de janvier, une somme d'environ quatre cent cinquante livres, provenant des avances qu'ils faisaient en commun, et dont ils déposaient le montant aussitôt qu'ils l'avaient reçu, et de gratifications qui leur étaient accordées tous les trois mois par la Compagnie de charité , et de pourboires ; qu'on leur a volé, en outre, deux cochons en vie et quatre lapins; nous observant encore que pluâeurs citoyens se sont transportés chez les sieurs Robin, Genty et Gochin, marchands de vin, et y ont pris pour trente livres cinq sols de vin, qu'ils ont fait apporter au Chàtelet, dans le guichet, et l'ont bu pendant la nuit du 2 au 3 de ce mois, et dont lendits marchands de vin ont présenté les mémoires auxdits guichetiers, qui ne doivent pas payer ce qu'ils n'ont pas bu.
« Quant au sieur Watrin, il nous a déclaré que le peuple s'est porté dans toutes les parties de la prison ; qu'on y a cassé les différents meubles qui les garnissaient ; qu'on lui a volé beaucoup de draps qui étaient dans les lits, déchiré des couvertures qui garnissaient les lits au point qu'il vient d'en vendre cent vingt-huit pour la malheureuse somme de quatre cents livres ; qu'on a aussi enfoncé la porte de sa
cave et bu son vin ; que quoiqu'il ait été menacé à différentes reprises de perdre la vie, et qu'une partie du public lui ait conseillé de sortir, il à constamment resté à son poste ; qu'en présence de M. Panis, l'an des administrateurs au département de policoi survenu à l'effet de mettre l'ordre, on est venu prévenir le comparant qu'un particulier, qui était dans les guichets, s'était armé d'une bouteiUe avec laquelle il a dit qu'il allait lui fendre le crâne ; que lui, oom* parant, étant descendu, avait demandé quel était celui qui l'avait menacé ; un particulier à lui in* connu répondit : C^est moi ; que lui ayant demandé s'il le connaissait et s'il lui avait fait du mal, ledit particulier lui a répondu qu'il ne le connaissait pas, qu'il ne voulait lui ôter la vie que parce qu'il venait d'apprendre qu'il était le concierge.
« Nous observant, ledit sieur Watrin que le lundi 3 de ce mois, MM. les officiers municipaux, au nombre de deux, se sont transportés dans ladite prison, et après une exacte perquisition taiie en icelle, ont attesté sur son registre qu'il n'existait plus un seul prisonnier dans ladite prison^
ce Et ont lesdits sieurs Watrin et les sosnonmiés signé.
<c Signé sur la minute du procès-verbal ; Watrin, Déroché, Plé, Soudin, Yassel, Daude.
« Ce fait, après avoir vaqué à ce que dessus depuis
liadite heure de neuf jusqu'à celle de trois heures sonnées, tant à la réception des déclarations du sieur Watrin et des guichetiers et du gardien Soudin qu'à Tarrangement des bardes et effets des prisonniers qui ont été mis à mort, nous avons fait enlever six malles remplies de tous ces effets, à Teffet de les faire nettoyer par nous-mêmes, et être présents à la visite des poches des effets ; nous avons ensuite fait enlever six paquets d'autres linges, hardes, chapeaux, pour faire transporterie tout en notre comité jusqu'à 06 qu'il en soit autrement ordonné, et nous nous sommes retirés après avoir de ce que dessus fait et dressé le présent procès-verbal, et avons signé avec lesdits sieurs Agy, Delaunay, et le secrétairegreffier provisoire. Et avons emporté deux gros registres : le premier, commençant à la date du 27 dédembre 1788, et finissant le 31 mars 1791 ; le second, commençant le l**^ avril de la même année, et finissant le 2 septembre présent mois.
a Signé : Agy , commissaire de la Commune; Delaunay ; Goust, secrétaire^greffier provisoire; Lemaire, commissaire.
« Et, comme nous étions prêts à nous retirer, le sieur Etienne Daude, l'un des guichetiers, nous a déclaré que s'étant transporté dans une chambre sur la terrasse, où étaient beaucoup de chemises et de hardes provenant des cadavres déposés à la basse-
€ SLr::.^ : Datm •. i
par cT^î» ^ ^ Coc^-ae de Ans, el arac Favem da r''>';n'^T»»M&t, & «iait doot pas ^oksortaBe lande ir>winiiiiii : e V^t aotfisî, et aatmeHeaMai, aBebaade de voies»!
MASSACKES DE LA FOBCE.
Ce lot dans la nuit da 2 an 3 septembre, et à peu près vers minait, que le massacre de la Force commença. Tmchon, commissaire de la Commune à l'Assemblée nationale, fit son rapport au bureau, vers deux heures du matin, en disant « que la plu-
* Procès-verbal du commissaire de la section du Louvre, p. 6. 7 et 8. 'Archives de la Préfecture de la i^einf, registre D, n. TiS.i
part des prisons étaient actuellement vides ; qu'environ quatre cents prisonniers avaient été détruits ; qu'à la maison de la Force, où il s'était transporté, il avait cru devoir faire sortir toutes les personnes détenues pour dettes; qu'il en avait fait autant à Sainte-Pélagie ; que, revenu à la maison commune, il s'était rappelé qu'il avait oublié, à la maison de la Force, la partie où sont renfermées les femmes ; qu'il y était retourné aussitôt et en avait fait sortir vingt-quatre ; qu'il avait principalement mis sous sa protection et celltff de son collègue madame et mademoiselle Tourzel et madame Sainte -Brice, observant que cette dernière était enceinte ; qu'ils ont conduit ces deux dames à la section des Droits de l'Homme, en attendant qu'on les juge&t \ n
La prison de la Force, située entre la rue du Roide-Sicile, la rue Neuve-Sainte-Gatherine, la rue Culture et la rue Pavée, servait, en 1702, de sup^ plénient aux prisons de l'Abbaye et du Ch&telet, devenues insuffisantes. Indépendamment des malfaiteurs qu'elle renfermait, elle contenait encore un nombre assez considérable de personnes arrêtées depuis le 10 août. On y avait également conduit dix ou douze prêtres, quoique l'écrou n'en indique que cinq. Ce nombre de dix à douze se trouve exprimé dans une lettre de l'abbé Flaust, curé de Maisons, adressée à l'abbé BouUangier, échappé au massacre
< Procès-verbaux de l'Assemblée nationale^ t. XIV, p 218.
de Saînl-Fiimin, el dans bqiieUe il faû dît : « Vous aTcx sans dooie que je uns dans la Tolière de la Force , oà il y a beancoop de pigecms. Noos voltîgeoDS le jour dans la ooor, cl la nnit nous sunineB cncagés dans nobe réduit, hieD Terrouillés. Noos soounes id dix i dôme pigeons noirs de Totie race, rt beaocoap de pgeooneaox qui ▼oltigeaient jadis dans la Tôlière des Tuileries *. »
Sur ces dix oo doma prêtres, trois seolement se troareroDl dans la liste des victimes : Jean*Baptiste Botlex, Michel-Fiancois Lagaidette et Henri Le* liTee.
(Test à la Forée qu^avaient été conduites les dames de la reine, ainsi que la goayeniante, la sonsgoavemante et les dames da service des Enfants de France ; madame de Navarre, première femme de chambre de Madame Elisabeth; madame fiasire, femme de chambre de Madame Royale ; madame de Sainte-Brice, attachée au service do prince royal ; madame de Toonel et mademoiselle Panline de Tonnel, sa fille, sortirent, comme on Ta vu, dans la nuit du 2 an 3 septembre, sur l'ordre des oom* missaires municipaux Truchon et Duval d'Estiùng. L'écrou de toutes ces dames, à la colonne intitulée : Motifs, porte cette mention : De r ardre de M. Petitm, maire, et de messieurs les commissaires des quarante*
iMathon delaVarenne, HisioirffùfiicuUhtdeiéctntmtntt, etc.. p. 372.
huit sections. Madame de Mackau, sous-gouvernante des Enfants de France, entrée le S septembre, pendant que les massacres étaient déjà commencés aux prisons, sortit également le 3 septembre/avec Adé* laide Rotin, sa femme de chambre, qui Pavait suivie en prison par dévouement.
L'écrou de madame la princesse de Lamballe est ainsi conçu : Marie* Thérèse* Louise De Savoie de Bourbon-Lamballe ^, conduite le 3 septembre 1792 au grand hôtel de la Force. Ainsi, au moment même où les dames de la reine étaient mises en liberté et sortaient de la partie des bâtiments nommée la petite Force, la princesse de Lamballe était retenue, con* duite et écrouée au grand hôtel de la Force. Son sort était donc décidé dès ce moment.
Le récit intime des massacres de la Force repose sur trois autorités et hors de discussion : Tautorité de Mathon de laVarenne et de Weber, prisonniers échappés par miracle; et l'autorité de quelques agents secrets de M. le duc de Penthièvre, chargés de veiller sur le sort de madame de Lamballe.
Quoique la Force n'ait été attaquée que fort tard dans la nuit, les apprêts des massacres y furent faits vers sept heures. « Sur les sept heures, dit Mathon de la Yarenne, on en appelait très-fréquemment, et ils ne reparaissaient plus. Chacun raisonnait à sa
^ Ces noms se trouvent écrits ainsi en gros caractères sur l'écrou.
manière sor cette sÎDgiilarité... Reloués dans nos chambres, noos entendions sans cesse ooTrir le gaicliet qui donne sur le jardin, et le gnidietier Baptiste Tenait tantôt dans l'une, tantôt dans Fantre, chercher des prisonniers qai en sortaient avec miUe
démonstrations de joie J'essayais detronver le
sommeil, lorsque la porte de ma chambre s'ouvrit avec un bruit effroyable et qu'on en fit sortir Delange, détenu correctionnellement. . . Vers minuit, un nommé Barat, qui, par la situation de son local, était à portée d'entendre ce qui se passait, appela Gérard, mon camarade de chambre, et lui dit ceci, que je n'oublierai jamais : « Mon ami, nous sommes « morts ; on assassine les prisonniers à mesure qu'ils « comparaissent ; j'entends leurs cris. » A peine Gérard eut-il appris cette fatale nouvelle qu'il nous dit : il Notre dernière heure est venue, nous n'avons plus « aucune ressource. « J'avais quitté mon lit pour être à portée d'observer et d'écouter ^ »
Weber raconte ainsi de son côté les apprêts mystérieux et menaçants des massacres : a Le â septembre, à quatre heures de l'après-dinée, des guichetiers appi'llent les prisonniers, sous prétexte d'aller parler au commissaire ou de se faire inscrire pour les frontières. Cet appel dura jusqu'au soir, et on nous dit
t llathon de la Varenne , le.< Crimts dt Uarut ou ma Hnmrrrr^
que les prisonniers qui ne rentraient plus avaient été transférés dans une autre maison d'arrêt.
a L'air inquiet, le ton sérieux et embarrassé des guichetiers qui allaient et venaient continuellement, accompagnés de gendarmes nationaux, nous donnèrent assez d'inquiétude pour ne pas nous déshabiller. Enfin, fatigués d'entendre du bruit dans la rue, sans pouvoir distinguer ce que c'était, nous nous jetâmes, vers une heure du matin, sur nos lits, pour y prendre un peu de repos.
a J'étais à peine sm* mon grabat, en face de la croisée, que mes yeux furent éblouis tout à coup par une grande clarté, produite par une quantité de flambeaux qui précédaient une bande armée. Cette troupe , conduite par des guichetiers, se porta avec rapidité vers le corridor de notre prison. La porte fut ouverte avec fracas ; six hommes à piques se présentèrent et demandèrent M. de Rhulières, un de ceux qui se trouvaient dans ma chambre. Ce prisonnier, s'étant mis sur son séant, répéta deux fois : «( C'est moi. Messieurs, c'est moi K »
On voit, par la concordance qui existe entre les témoignages du commissaire Truchon, de Mathon de la Varenne et de Weber, que le massacre de la Force commença le 3 septembre, vers une heure du matin, et non point le 2 au soir, comme dans les autres prisons de Paris.
i Weber, Mémoires, t. II, p. 255 et 256,
n y avait ann à la Force iid tnbmial dit du peuple; il siégeait dans la chambre do coodeige Bault. Ce tribanal foi même le plus complet de tous : il avait son président, son aocusateor public et ses juges.
Le président da tribnpal de la Force changea plusieurs fois ; les forces humaines n'auraient pas suffi à cette besogne sanglante, qui dura quatre jours et quatre nuits. Ce fut tantôt un nommé Chépy, fils d'un ancien procureur ^, tantôt Lhuillier % tantôt quelque autre.
L'accusateur public était un nommé Pierre Ghantrot, avocat, rue de la Coutellerie, 3, natif de Paris. Il déclara lui-même, dans le procès qui fut fait aux septembriseurs, en i796, qu'il avait fait les fonctions de juge à la Force, et qu'il avait lu les écrous sur les registres, mais que c'était après y avoir été contraint au nom de la loi *.
Les juges étaient au nombre de huit, tous commissaires de la Commune de Paris, ceints de leurs écharpes, et présidant aux massacres, quoiqu'ils eussent été envoyés par le Conseil général pour calmer le peuple-qui avait envahi les prisons. C'étaient
i.lfAthon de la Varenne, UtCrimêt de Marat oumaRéturrêction, p. 84.
*Peltier, Hiiloire delà révolution du 10 aoutlldî, t. III, p. 378.
'Jugement contre Pierre Renier, précédé des actes d'accusation, "iS floréal an lY. {Greffe du tribunal criminel, au Palais* de-Jiutice.)
Marino, Dangé^ Monneuse, Michonis, Jams, LesguilloD, Rossignol et René JoUy. La municipalité de Paris ne nia pas, du moins & cette époque, la présence de ces commissaires à la prison de la Force, pour prendre part au jugement des prisonniers. Nous trouvons, en effet, dans un dossier contenant diverses réclamations relatives aux affiaires des prisonniers égorgés, une pièce administrative intitulée : ce État d'effets à réclamer par le sieur Flaust, en état d^arrestation à la Force, mis en liberté le lundi soir trois septembre par MM. les officiers municipaux,
SÉANTS AU TRIBUNAL ÉTABLI AUDIT LIEU. P Cette récla*
mation est visée du 26 septembre, et signée Goulom- BEAU, secrétaire-greffier par intérim \
Lorsque les massacres eurent été exécutés, tous ces commissaires eurent à rendre compte à la Commune des différentes missions dont ils avaient été chargés ; et c'est dans ces déclarations que se trouve la preuve de leur participation aux jugements des victimes.
La déclaration de Marino, du dix-huit octobre mil sept cent quatre-vingt-douze, porte ce qui suit : a Je soussigné Jean-Baptiste Marino, membre du Conseil général , section de la Butte-des-Moulins, déclare n'avoir eu d'autre mission que d'avoir été, par arrêt du Conseil général , dans les prisons, le
1 Archives de VHâiel de ville de Pam , carton n. 813 pièce n. 14.
^ft»r J H&ant iiailLeiEnziss: oïl ^ i^sC y làr^ et iman» jiî» 'âfiâft oïL Ttnr^itiBZC i^~y cmver *• »
flf»su« iit j& i^^SÀitL ïtt £ .cuiâ!u«iir;« ôe.:ÛAieM*Aroîrea »: 11 «ffiiîK riK Ecûf ru. iL~& tâe ôsHtDêe par le r>fli*Taâ, •Sft nts ^na«CMg^Er àiBs les prisons arr^ie >& <râ:y<a ]brm:-« wo* a *-yffîn« ci-dessus,
Ea oîarze àe Ààs^Lan&ûi'Ci deMc^mieose se litHive ia iiKr!Ât>/fi soÎTUîte : « ÔGant à sa nûssîoD oonoerttitai il Fc^rce, ooDJomiemenl a^ec ks dloyais Marij:io, Jaœs, LesçnilIcHi, Mîchoaîs, Daneé, il annonoe qu^il en a été renda coopte par le citoyen Marino '. »
L'acte d'aoensation dressé contre Monneose est lieaueoup plus explicite. Le directeur da jury dé- (;lare : « Ou*il résulte de Fezamen des pièces, et notamment d*un extrait des délibérations de rassemblée générale de la section des Droits de rHomme, du ff prairial (an IV), que ledit Monneuse est un iiHH(iHHÏny et qu'il a été juge à la Force, an mois de noptombre mil sept cent quatre-vingt-douze ^. )»
I U»ytalr$ dot comj^iet de la Commune du 10 août , vol. 39, cai^ tuii (I. 18. (), p. 43, déclaration n. 103. {Archives de VHâUl de i>*U# de Parit,)
* tM.t \u 4tt, il<^rlaration n. 103.
* IWifiiive dei comptes de la Commune du 10 août, vol. 39, car* hin (>. 1»*1< 0, p. 37, déclaration n. 60.
k Ju^tMiiont oontro Piorn» Uonior, prAcôâ^ des actes d*accu-
La déclaration de Michonis ne contient rien qui fasse allusion à sa présence à la Force; mais sa participation résulte de la déclaration de Monneuse.
La déclaration de Jams est formulée ainsi : ce Je soussigné, Charles Jams, du Contrat-Social, membre du Conseil général de la Commune, déclare avoir été un des commissaires dans la mission de Uautre part, conjointement avec le citoyen Marino, pour la partie des prisons dont il a été rendu compte aujourd'hui K »
La déclaration de Lesguillon porte ce qui suit :
«Je soussigné, Jean-Baptiste Lesguillon, membre du Conseil général, section de la Cité, déclare n'avoir eu d'autre mission que celle portée à la déclaration des citoyens Marino et Dangé, d^aller à la Force et faire pareille mission '. »
La déclaration de Rossignol, le compagnon orfèvre dont la Terreur fit un général, estplus explicite : «Je soussigné, dit-il, section du Philistêre (sic), demeurant à Paris, rue d'Orléans, faubourg Saint- Marcel, déclare Par suite de ma déclaration cidessus énoncée, j'observe de plus, citoyen Rossignol, qu'ayant été nommé par le Conseil général de la Commune, le 2 ou 3 septembre dernier, pour aller
sation, 23 floréal an IV. {Greffe du tribunal criminelt au Palaisdê'JiuHce.)
* Registre des comptes de la Commune du 10 aout^ vol. 39, carton O. 13. O, p. 43, déclaration n. 105.
^Ihid,, p. 42, déclaration n. 104.
aux prisooa de la Fo^, avec le citoyen Lavaux et
deux autres, dont je ne me rappelle pas les noms,
avoir trouvé dans la chambre du sieur Rhulières plu* sieurs citoyens de garde, les uns ayant une montre d^or, les autres des couverts d^argent et vingtquatre louis en or, qu^ils nous ont déclaré appartenir au sieur Rhulières... Observe encore que le citoyen Lavaux a chargé un des membres du Conseil dont je ne connais pas le nom de porter ladite boite au Comité de surveillance ; que j'ai resté à la maison de Force pour interroger les prisonniers, jusqu'au quatre dudit septembre dernier, ayant donné ma démission pour cause de maladie K »
Enfin la présence de René JoUy au tribunal de la Force, est constatée par Tacte d'accusation dressé contre les septembriseurs en 1796, dans lequel le directeur du jury déclare : « Qu'il résulte de l!examen des pièces, et notamment d'une pièce signée par les membres du Comité civil de la section de l'Arsenal, à la date du 21 thermidor dernier, laquelle est jointe au présent acte, que ledit René Jolly est prévenu d'avoir dit qu'il avait pris part au jugement des personnes qui ont été sacrifiées le deux septembre mil sept cent quatre-vingt*douze et jours suivants, à la maison de la Force, conmie ayant assisté à ces jugements pendant plus d'une heure *. »
I RegiiUre dê$ complet de la Commune du 10 aoilt, yoI. 39, carton G. 13. O, p. Sd6, déclaration n. 465. s Jugement contre Pierre Renier» précédé des actes d'accu-
On vieal de voir les juges de la Force ; en voici les bourreaux :
Nous Tavons déjà dit, et on en verra la preuve . dans le dénombrement des assassins de septembre^ par lequel se terminera cette lugubre histoire des prisons, sous la victoire des Girondins, le nombre des égorgeurs n'était pas considérable. Lorsque la Convention, cédant aux mouvements de Tindignation publique, décida, en 4795, qu'on leur ferait leur procès, une enquête minutieuse n'en fit découvrir que treize pour la Force; c'étaient les nonmiés Jean-Pierre Gonord^ Jean-Gratien- Alexandre Petit Manin, Pierre Renier, dit le Grand-Nicolas , Claude- Antoine Badot, Jean-Nicolas Bernard, Michel Har^ let, Antoine- Victor Grappier, François-Baptiste*- Joachim Bertrand, Pierre Caval, François Lachèvre, Simon-Cbarles-François Vallée, Jacques Laty, et enfin une horrible mégère, nommée Angélique Voyer. Nous n'insisterons pas ici sur la participation au crime de ces misérables ; leur histoire sera faite avec détail dans la liste des assassins.
C'est dans la rue des Ballets, à l'entrée du guichet de la Force, que les massacres eurent lieu ; on poussait dehors, comme à l'Abbaye, les victimes qui devaient être immolées; et les cadavres étaient traînés ensuite, à quelques pas du guichet, dans le ruis-
sation, 22 Qoréal an IV. [Greffe du tribunal criminel , au Palai»de-JusHce.)
seau de la rue Saint- Antoine. Deux prisonniers passèrent devant ce tribunal du peuple, et eurent , quoique honnêtes gens, la bonne fortuned'étre épargnés. Ils ont écrit l'un et l'autre Fhistoire de leur délivrance ; c'étaient Matbon de la Yarenne, avocat au Parlement de Paris , et Weber, frère de lait de Marie-Antoinette, venu avec elle en France, à l'époque de son mariage avec le Dauphin.
Il était à peu près sept à huit heures du matin lorsque Mathon de la Yarenne fut conduit devant le tribunal. Yoici en quels termes il raconte lui-même les phases diverses de ce drame :
a Aune heure du matin, dit-il, le guichet qui conduisait à notre quartier s'ouvrit de nouveau ; quatre hommes en uniforme, tenant chacun un sabre nu et une torche ardente, montèrent à notre corridor, précédés d'un guichetier, et entrèrent dans une
chambre attenante à la nôtre J'entendis en même
temps appeler Louis Bardy, dit l'abbé Bardy, qui fut amené et massacré sur l'heure, ainsi que je Vai
su On peut juger de la frayeur où m'avaient jeté
ces mots : Allons le chercher dans les cadavres ! Je ne vis d'autre parti à prendre que celui de me résigner à la mort. Je fis donc mon testament, que j'ai terminé par cette phrase : a Je demande comme une a gr&ce à ceux qui me dépouilleront, je les somme « même par le respect dû aux morts, et au nom des « lois qu'ils violent par des assassinats dont un jour
a la nation leur demandera compte, de faire passer « à leurs adresses mon testament et la lettre qui y « est jointe. »
c( A peine quittais-je la plume, que je vis de nouveau paraître deux hommes aussi en unifQrme, dont Tun, qui avait un bras et une manche de son habit ^ couverts de sang jusqu^à Tépaule, ainsi que son sabre, disait : Depuis deux heures que f abats des membres de droite et de gauche, je suis plus fatigué qiCun maçon qui bat le plâtre depuis deux jours.
a Ils parlèrent ensuite de Rhulières, qu'ils se promirent de faire passer par tous les degrés de la plus cruelle souiFrance. Ils jurèrent, par d'affreux serments, de couper la tète à' celui d'entre eux qui lui donnerait un coup de pointe. Le malheureux militaire leur ayant été livré, ils l'emmenèrent en criant : force à la loi ! puis le mirent nu et lui appliquèrent de toutes leurs forces des coups de plat ae sabre qui le dépouillèrent bientôt jusqu'aux entrailles et firent ruisseler le sang de tout son corps. Enfin, après une demi-heure de cris terribles et une lutte des plus courageuses contre ses assassins, il expira
(( Entre sept et huit heures, quatre hommes
armés de bûches et de sabres vinrent nous déclarer qu'il fallait les suivre. Un d'eux, haut d'environ six pieds, et dont l'uniforme me parut celui d'un gendarme, tira à quartier Gérard : ils causèrent à voix très-basse et firent des gestes qui me firent soupçon-
ner une corruption Pendant le colloque, je cher*
chais partout des souliers pour quitter les pantoufles du Palais que je portais. Forcé de renoncer à ma recherche, je descendis avec les autres et vêtu comme je Fai dit précédemment. Constant, dit le Sauvage, Gérard et un troisième dont le nom échappe à ma mémoire, étaient libres de tout leur corps ; quant à moi, quatre sabres étaient croisés sur ma poitrine. Mes camarades obtinrent leur élargissement sans paraître au bureau du concierge Bault ; je fut traduit devant le personnage en écharpe qui y. siégeait.
« Il était boiteux, assez grand, fluet de taille. Il m^a reconnu et parlé sept ou huit mois après. Quelques personnes m'ont assuré qu'il était fils d'un ancien procureur et se nommait Chépy
ce Arrivé au tribunal terrible, j'y fus interrogé ainsi : a Comment vous nomme-t-on? Quelle est votre «( qualité? Depuis quand êtes- vous ici? » Mes réponses furent simples : a Mon nom est Mathon de la « Yarenne ; je suis ancien avocat, et détenu ici dec( puis huit jours sans savoir pourquoi i» J'entendais un homme qui disait derrière moi, sans me connaître : Va, monsieur de la peau fine, je vas me régaler dun verre de ion sang,
«Le soi-disant juge du peuple cessa ses questions, mais il ouvrit le registre d^ la prison, et, après Tavoir examiné, il dit : Je ne vois absolument rien
contre lui. Alors il s'éleva un cri de Vive la nation! qui fut le signal de ma délivrance. Je fus enlevé 8ur*le-ohamp, et conduit hors du guichet, par des hommes qui me soutinrent sous les aisselles..;..
a Je traversai ainsi la rue des Ballets, qui était couverte de chaque côté d'une triple haie de gens des deux sexes et de tous les âges. Parvenu au bout, je reculai d'horreur en apercevant dans le ruisseau un monceau de cadavres nus« souillés de boue et de sang, sur lesquels il me fallut prêter un serment. Un égorgeur était monté dessus et animait les autres. J'articulais les paroles qu'ils exigeaient de moi, quand je fus reconnu par un de mes anciens clients, qui sans doute passait par hasard. Il répondit de moi, m'embrassa mille fois, et apitoya en ma faveur les massacreurs mêmes. Son nom est Golange , Napolitain, fabricant de cordes à violons , rue de Gharonne^ »
Mathon de la Yarenne était délivré depuis quel* ques moments, lorsque Weber fut conduit devant le tribunal.
a n était dix heures du matin, dit-il, lorsque je fus introduit. Je vis un homme fort replet, à l'uni* forme de garde national et décoré d'une écharpe tricolore, assis près d'une grande table, sur laquelle étaient placés les registres de la prison de l'hôtel.
< MathoD de la Yarenne, les Crimet de^farat ouma Résurrection, p. 67 à 88.
A côté de rhomme à écharpe, qui faisait les fonctions de président du tribunal populaire, siégeait le commis des prisons, et, autour de la table, deux grenadiers, deux fusiliers, deux chasseurs et deux forts de la halle. Voilà quels étaient les personnages qui composaient ce tribunal. Enfin, beaucoup de Marseillais et d^autres Fédérés remplissaient la chambre d'audience comme spectateurs.
« Le président commença ainsi son interrogatoire : «Votre nom? votre ègeî votre pays?» lise mit ensuite à regarder dans le registre Tarticle qui me concernait, appelé, en terme de prison, Pécrou. Le commis de Thôtel le lui montra du doigt ; il me parut contenir une vingtaine de lignes. Après l'avoir parcouru des yeux, il se borna à me faire cette question : « Pourquoi avez-vous été, le 9 et le 10 août, aux
« Tuileries? » Je répondis Le président m'ayant
écouté avec beaucoup d'attention, adressa aux assistants les paroles suivantes: « Quelqu'un de vous a a-t-il connaissance des faits que le citoyen Weber « vientd'énoncer pour sa justification?... » Un petit chasseur surtout confirma par ses paroles et par ses gestes l'exactitude de toutes mes réponses.
<( Je ne vois donc plus, dit le président en se le- « vant de son siège et en ôtant son chapeau, la « moindre difficulté de proclamer l'innocence de « Monsieur. » Et il se mit à crier avec tous les spectateurs: Vive la nation! Il m'ordonna d'en faire
autant ; j'obéis, et je criai comme eux : Vive la nation ! Cette seconde cérémonie terminée, le président proclama mon innocence en ces termes : « Vous « êtes libre, citoyen ; mais la patrie est en danger ; (c il faut vous faire enrôler, et partir sous trois jours
« pour les frontières y> Je répondis avec une
sérénité affectée : a Puisque vous avez besoin de moi, « Monsieur, j'irai aux frontières quand il vous « plaira. »
(c Deux hommes armés, au fait de la cérémonie, m'ayant donné le bras, me conduisirent avec force, au cri de: Vive ia nation! à la porte qui aboutit sur la rue. Là, ils me firent faire halte et passèrent
les premiers par le petit guichet Lorsque je fus
dans la rue, ils me prirent de nouveau par le bras et continuèrent, en élevant et en tournant leurs chapeaux sur la pointe de leurs sabres, leur cri de : Vive la nation /. . . . Je passai ensuite de bras en bras à plus de cent pas, toujours embrassé par les gardes nationaux du faubourg Saint- Antoine et par une infinité d'autres gens presque tous ivres. Délivré enfin de toutes ces caresses, les deux hommes armés qui me donnaient le bras me conduisirent dans une église
où se trouvait réuni le petit nombre de personnes
que le tribunal populaire avait épargnées K >»
Ainsi échappa aux assassins de la Force le frère de lait de la reine ; mais le récit de Weber ne s'ar-
1 Weber, Mémoires, t. II, p 2(\0 k 2^î(î.
rète pas là, il contient les sérieuses difficultés qu'il eût encore à vaincre pour échapper à la frénésie de Marie- Joseph Chénier, président de la section de la Bibliothèque .
Il était également environ deux heures du matin, le 3 septembre y lorsque madame la princesse de Lamballe fut conduite devant le tribunal.
Madame la princesse de Lamballe était née le 8 septembre 1749 ; elle avait par conséquent quarante-trois ans. Yeuve depuis vingt-quatre ans de Stanislas de Bourbon, prince de Lamballe, fils du duc de Penthièvre, elle était* restée étroitement unie d^affection à Marie- Antoinette, qui Pavait faite surintendante de sa maison. Lorsque la famille royale tenta de sortir de France, au mois de juin 1791 , madame de Lamballe partit pour F Angleterre et fut assez heureuse pour y parvenir. La fatale issue du voyage de Yarennes la décida à revenir auprès de la reine, dont elle voulut partager toute la fortune.
Yers huit heures du matin, le 3 septembre, on vint lui annoncer qu^elle allait èti*e transférée à TAbbaye. Elle refusa d'abord de sortir, mais elle dut céder aux instances brutales des gardes natio* naux ; elle s'habilla et descendit. Sa famille fit recueillir, immédiatement après sa mort, tous les dé-
tails relatib à ses derniers moments. Ce fut de celte sorte d'enquête, faite avec tout le soin possible, que Peltier reçut communication ;* et voici en quels termes cet écrivain si exact, qui était à Paris à l'époque des massacres de septembre, raconte la comparution de la princesse devant le tribunal an peuple:
m Arrivée dans ce tribunal eifroyable, la vue des armes ensanglantées, des bourreaux dont les mains, les vêtements et le visage étaient teints de sang, lui causa un saisissement tel qu'elle s'évanouit à plusieurs reprises. Lorsqu'elle fut en état de subir son interrogatoire, on eut l'air de le commencer. Voici quel fut, à peu de mots près, cet interrogatoire, recueilli par la famille de la princesse, de la bouche d'un témoin oculaire :
u Qui étes-vous? — Marie -Louise, princesse de « Savoie. — Votre qualité? — Surintendante de la a maison de là reine. <— Aviez-vous quelque con- <c naissance des complots au 10 août? — Je ne sais €( pas s'il y avait des complots au 10 août, mais je ce sais que je n'en avais aucune connaissance. — Jurez i( la liberté, l'égalité, la haine du roi, de la reine « et de la royauté. --Je jurerai facilement les deux a premiers ; je ne puis jurer le dernier, il n'est pas « dans mon cœur. r>
(( Ici un assistant lui dit tout bas : Jurez donc I si vous ne jurez pas, vous êtes morte ! La princesse ne répondit rien, leva ses deux mains à. la hauteur de
ses yeux et fit un pas vers le guichet. Le juge dit alors : Qu^on élargisse Madame! Ou sait que cette phrase était ]e signal de mort.
(K Les uns disent que lorsqu^on ouvrit le guichet on lui avait recommandé de ^rier : Vive la nation ! mais qu^effrayée à la vue du sang et des cadavres, elle ne put répondre que ces mots : Fi 1 F horreur ! D'autres prétendent qu'elle ne dit à la porte du guichet que ces seuls mots : Je suis perdue !
<( Deux hommes la tenaient fortement sous le bras, et l'obligèrent de marcher sur des cadavres. Elle s'évanouissait à chaque instant. Lorsqu'enfin elle fut tellement affaiblie qu'il ne lui fut plus possible de se relever, on l'acheva à coups de pique sur un tas de corps morts. On l'eut bientôt dépouillée de ses vêtements ; on exposa ensuite son cadavre à la vue et aux insultes de la populace. Elle resta plus de deux heures dans celte position. Vers midi, ou détermina de lui couper la tète et de la promener dans Paris. Les autres membres, dispersés, furent également livrés à une troupe de cannibales qui les traînèrent dans les rues \ »
La plume se refuse à décrire les abominables atrocités qui furent commises sur le cadavre de la princesse de Lamballe. Cependant l'histoire a ses devoirs qu'elle est obligée de remplir, et il ne faut pas s*en
> Peltier, Iliittoire de la révolution du 10 août 179î, t. II. p. 37H k 381.
prendre à elle des taches qui lui restent aux mains, quand elle touche aux souillures humaines. Voici donc comment s'exprime un témoin oculaire :
a Lorsque madame dé Lamballe fut mutilée de cent manières différentes , lorsque les assassins se furent partagé les morceaux sanglants de son corps, Pun de ces monstres lui coupa la partie virginale et s'en fit des moustaches, en présence des spectateurs saisis d'horreur et d'épouvante ^ »
La tète de madame de Lamballe fut placée au bout d'une pique et promenée dans Paris. La tradition a longtemps varié sur le nom de l'homme qui porta cette tète. Weber, si bien placé pour être informé avec exactitude, fait connaître le nom de cet homme : il s'appelait Charlat *.
Charlat porta d'abord cette tète à Tabbaye Saint- Antoine, dont l'abbesse, madame de Beauvau, était l'amie particulière de la princesse ; il la porta ensuite au Palais-Royal, puis à l'hôtel de Toulouse, chez le duc de Penthièvre, puis enfin au Temple, dans la cour intérieure, et jusque sous les murs de la tour qui renfermait la famille royale. La reine et Madame Royale s'évanouirent, a Le commandant de la garde nationale avertit le roi de se présenter à la fenêtre ; ce prince, qui dut croire que sa dernière heure était arrivée, se prépara à mourir, comme il le fit depuis.
* Roch Marcandier, Histoire det hommes de proie, ]). 34.
• Weber, MémoireSj t. II, p. 350.
Cachant sa douleur sous sa dignité, il répondit avec courage à son geôlier, qui lui faisait à ce si^et un discours dans le sens de la Révolution : Vot$s avez raison, Monsieur. Il se présenta à la fenêtre et se retira presque aussitôt ^ »
Des émissaires fidèles de M. le duc de Penthièvre suivirent Gharlat, qui portait la tète de madame de Lamballe.Ils le firent, après bien des courses, entrer dans un cabaret du quartier Sainte Antoine, où ils Tenivrèrent. L'un d'eux profita d'un moment favo* rable, enleva la tète, l'enveloppa dans une serviette, et la porta à la section de Popincourt, où il demanda l'autorisation de la déposer au cimetière des Quinxe- Vingts. Le lendemain, un agent du prince se rendit, avec un plombier, au cimetière, fit mettre la tète et ce qu'on avait pu recueillir des lambeaux du corps de madame de Lamballe, dans une boite de plomb. Ces restes furent immédiatement envoyés à Dreux et déposés dans le caveau de la maison de Penthièvre*.
Voici maintenant la liste alphabétique des victimes égorgées à la Force. Elle est formée avec l'état officiel, dressé en vertu du décret de l'assemblée gén^ raie de la Commune du 10 septembre 1792, et porte le titre suivant :
Liste des prisonniers morts d la Force dans les
tier, HiMiùWB de la révolution du 10 août 119%, L II, p. 364. çr, Mémoirei, t. II, p. 852«
journées des 3, 4, 5, 6 e^ 7 septembre 1792, que le citoyen Hay et, gardien de ladite prison^ atteste avoir vtÂS mourir. Ladite liste, copiée sur celle à nous re» mise le II de ce mois par le citoyen Bault, concierge d la ForcCy et certifiée par ledit Hay et. En marge de la liste se trouve ce qui suit : €( Liste des prisonniers morts à Vhôtelde la Force, envoyée, le 13 février 1793, au citoyen Chaumette, procureur de la Commune, par le commissaire de police de la section des Droits de THomme. »
Les apologistes des massacres de septembre et quelques historiens ayant nié que les massacres aient duré pendant cinq jours à la prison de la Force, c^est-à-dire que, commencés à une heure du matin, le 3 septembre, ils n'aient fini que le 7 du môme mois, nous croyons de notre devoir d'historien fidèle et impartial de transcrire ici le procès- verbal du commissaire de police de la section desDroits derHomme et lalettre d'envoi aux officiers publics de l'État civil, par le secrétaire-greffier de la Commune de Paris. Ces deux pièces, qui sont aujourd'hui dans les Archives de l'Hôtel de ville de Paris ', sont ainsi con* çues :
> Registre D, n. 78.