LBS FINANCIERS DE LÀ COMÉDIE
On était & l'époque la plus difficile dit régné de Louis XIV, à ce temps où l'invasion étfahgère menaçait partout les frontières de la mdnahjhîe. Lé patriotisttie s'était réTeillé dans toutes les classes, les geritilshommes mouraient pour la Fralice, à ce point que des petits inTalides de seize ans rCreliaiebl gld^ Heux eh leurà tnànoirs.
Les financiers remplirent aussi leut* ' devoir envers lé pàjs : satis leur concours, je le répète, les drniées n'auraient été fli équipées, ni noUrrîes, ni tratlspdt^ téesen char de l'Alsace en t)aupliiné et du Dauphlbé dans les Flandres. On peut dire que ce fut là belle SpOqùe des getis de flUances, qui montrèrent Un zèle admirable ; Us aventurèrent leur argent, leur rortUlie sans hésiter, eti suivatit VlblpUlSion du roi. Ce tut pourtant k cette période si hotldl'ablë pour
ceux qu'on appelait les traitaDts qu'un écrivain mit en scène le fameux personnage de Turcaret, resté vulgairement au théâtre comme l'expression des financiers durant le vieux régime : qu'était donc cet écrivain qui trahit avec tant de bouffissures le rôle de Turcaret?
Âlain-Réné Lesage, né à Vannes, avait commencé sa vie par être employé aux fermes de Bretagne ; il perdit sa place, pour quelle cause, on l'ignore? mais cette circonstance expliquerait sa haine contre les financiers ; Lesage vint à Paris où il se fit recevoir pour k forme avocat; puis il compila les comédies, les romans espagnols, et dans son Diabte boiteux, livre faux et immoral , il gâta, par des épisodes déclamatoires, le beau sujet d'Ei Diabio conjuelo, de don Lujs Vêlez de Guevera, et le Dta y Noche de Madrid, de don Francisco Sanctos. Ce grand pillard de sujets espagnols, moins sincère que le loyal traducteur du Don Quichotte, de Cervantes, essaya une première attaque contre les financiers, s^ anciens protecteurs, dans une pièce intitulée ies Étrennea, et que les comédiens ne voulurent point jouer.
Cette comédie fut refaite et devint le Turcaret de la comédie , pièce sans intrigue , sans inté-
rét , monotone satire contre les f^ns d'argent, vaniteux sacrifiés à une multitude d'escrocs, de va> lets et de filles qui bourdonnent autour d'eux pour les tromper et les mystifier. N'est-ce pas toujours la comédie? le théâtre n'est-il pas l'éloge, l'exaltation de tout ce que le code des nations punit ? Molière à qui on élève des statues, a embelli le rapt, le manque de respect du fils envers le père , )e vol des valets, la friponnerie des soubrettes, et pour couronner cette œuvre, il a jeté ses déclamations contre la piété. Tartufe est devenu le portrait immonde et populaire de tout ce qui croit et priel
Xurcaret fut surtout un pamphlet politique dicté par les ennemis des financiers, car l'époque de sa vogue correspond & la mort de Louis XIV, lorsque le Régent institua la commission des rechercha pour faire rançonner les traitants : Lesage prit le parti de ceux qui taxaient arbitrairement et confisquaient les biens des financiers ; sous tous les régimes cela se voit. Les mémoires secrets disent que Lesage refusa cent mille livres que lui offraient les fermiers-généraux pour renoncer à la publicité de Turcaret ; doiton croire à cet héroïsme, k ces refus philosophiques? l'indignation des Juvénal souvent s'apaise à meilleur
cempto, et Ifis f^iseqrâ àe p»mphlf^ ne ^Rnt pfis d'ii(flexibles Zpïle I
1} devint à la (Dode alorfi de j^tef l'^dieu^ f t le f [r flicule sm les fermiers-géqéraui^ ; il n'est pas it^P pièite dans laquelle ils {le soient' dépQDcée, fjétris : oç reprit mêpie une vieille et piauTaise cpmédje fie BflUFsaul^, mflrt dans le xvii' siècle, ^4fVi« à t<^ co^r. \^ poète introduit devant Ésope ^n 1(. Qftffet, financier, qui dit Ijien haut :
Od doit le mpis proch&ln renouTeler la fenne | Pour me voir élerer à cette plue eiqalse Je me dtaU le ip^te pt U yerto requise, n De me mangue rien qu'un patron obligeant
Et qntilti M( la Tim d'un (enqier > m. BBiir^.
De l'afgentl Il M Mi point de eu det Tertua inatilea, Qes aoiu iu&actueui et dâs veilles st^lw ; D'ane voix unanime et d'un commun accord, U» TflrUu d'an tooter mt dui wn coUrt-fOrt,
Tel était l'esprit du théâtre à l'épqqHe où il s'agissait <^6 ppiirsuivre à oiitrance les financiers ; on les rendait edieus afin de les dépoiiiller plus à l'aise, aux applaudissements de tous. Ainsi sent faits quelques écrivains d'une époqne ; ils mendient la popularité ;
la scène en est souvent l'expression; il devint de mode dans les pièces de théâtre de mettre un fmancier. Il y ept ptèpie ^n emploi ^ la Comédie-Française qui prit ce nom, et l'on vît un personnage fort glorieux, ridicule et trompé, en habit de drap d'or, gilet d'or, pomq^e d'or, viBi}x et laid, au ventre rebondi, qui resta constamment le financier de la troupe. Sur ce tjrpe on a pris toutes les copies des fefinier^rg^OPrau^t, ]^ p|u^ magDi^iies prodi^qes, les prpfecteunt de J'élégaupe et ^h b()n goût ay inn" siècle, C'est çpmWP ?! Tfln {lyait j'iigé Ips geqtilshon^mes de France stif le^ L^^fidrp^ ptle^yaj^res despi^pesdelfpUèrpI ï* théâtre p'sj^msjs étéqti'ui:) grand painphipt ai( service ^ss qpinjftRp yplg^lfes.