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financier fut commencée avec une hardiesse qui n'avait pas de précédent. On tranchait dans le vif : Mirabeau, en raillant Necker, avait dénoncé la hideuse banqueroute, et l'Assemblée, pénétrée d'une même horreur, venait de proclamer le principe de l'inviolabilité de la dette publique perpétuelle ou viagère; elle liquidait sans difficulté tous les arrérages de la caisse d'escompte, acceptés comme charge de l'État. La théorie était belle, mais elle ne donnait pas une livre tournois au Trésor : on reconnaissait bien la dette, mais commentla payer?
L'Assemblée avait créé de nouvelles contributions ; l'impôt foncier personuel, somptuaire; le cadastre n'était pas fait, la perception ne pouvait avoir lieu que dans un long délai, avec des difficultés et des précautions iufmies, eu l'état surtout de désorganisation administrative où se trouvait la France. Si le concours des grandes compagnies de fermes ou de finances n'avait pas été dédaigné, celles-ci auraient fait des avances à l'Etat jusqu'à la rentrée de l'impôt au Trésor, comme cela s'était pratiqué sous l'ancien régime, commecela se fera toujours sous un régime régulier. Hais on avait horreur des traitants, de ceux qu'on dénonçait comme publicains et sang-
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sues du peuple. On voulait à tout jamais en délivrer la Frappe.
Sur le rapport de Lavoisier [cependant fermier^éuéral), on avait créé les bureaux de la Trésorerie nationale parraitement organisés, et la comptabilité devait être sérieusement établie comme dans les ad-, roinistratious des fermes. Mais la comptabilité ne . remplit pas le vide des ressources ; que peuvent être des comptes même les plus réguliers sans les voies et moyens I Aussi l'Assemblée Nationale par la force des choses était-elle obligée à trois mesures extrêmes:
1* Vente des domaines de l'État;
2" Accroissement de ces domaines par la conBscation et la main-mise sur certaines propriétés que l'État proclamerait comme siennes;
3' Création d'un papier-monnaie qui aurait pour gage les domaines agrandis et pour amortissement la vente de ces mêmes domaines à des particuliers qui s'acquitteraient avec le papier-monnaie de l'État. Nous allons voir maintenant la manière de procéder du comité des Boances de l'Assemblée Nationale.