DE LA CAISSE D*£SGOMPTE. -^ BEAUJON
M. Necker appartenait trop exclusivement aux idées de la banque étrangère pour aimer et soutenir le système traditionnel des fermiers-généraux, idée simple, primitive delà monarchie; néanmoins le bail fut renouvelé sous la raison Laurent David pour le prix de 175 millions. Conclu sous l'administration de Turgot, il dut être respecté comme la foi des contrats. Seulement, M. Necker s'abstint de demander les avances accoutumées en billets de fermes; il avait d'autres moyens de crédit parmi les banquiers en général.
Indépendamment des anciens fermiers signataires des traités antérieurs, on trouve dans le bail de 1775 quelques noms nouveaux : MM. Sanlot, dont l'hôtel était rue Neuve-des-Capucines; Baudon, rue de Riche-
lieu; de Saint-Prix, place des Victoires ; de La Haye, rue Vendôme au Marais ; Didelot, au faubourg Montmartre; Faulze, rue de Richelieu ; Richard de Livri, rue Croix-des-Petits-Champs.
Le plus célèbre de ces fenniers-généraux, celui qui devait marquer par sa vie comme par sa mort, ce fut Lavoisier, à qui le roi Louis XV confirma le brevet de fermier-général, qui donnait 300 mille livres de revenus.
Les deux rois, Louis XV et Louis XVI, eurent toujours une grande tendance pour la protection des sciences positives. Antoine-Laurent Lavoisier, né le 43 avril 1743, avait à peine 32 ans lorsqu'il reçut le brevet de fermier-général de la main du roi ; Tun des élèves les plus brillants du collège Mazarin , il étudia l'astronomie sous Tabbé de La Caille, la chimie sous Rouelle et la botanique sous Jussieu ; son premier travail préparé avec quelque ostentation, résolut un problème proposé par l'Académie des sciences sur cette question : « Quelle est la meilleure manière d'éclairer Paris la nuit? » La solution de ce problème et quelques travaux scientifiques lui ouvrirent les portes de l'Académie, où il entra par un suffrage honorable avant l'âge de 25 ans; quel-
ques années après devenu fermier-général, il mit en application ses expériences pratiques pour l'agrandissement des bases de la ferme. Lavoisier fut un administrateur habile, recherchant les éléments de Timpôt avec activité et zèle ; la chimie l'aida spécialement pour obtenir un plus gros revenu sur le sel et le tabac ; il consacrait une partie de sa vie aux expériences et l'autre aux méthodes scientifiques les plus perfectionnées pour la perception et la rentrée des revenus de la ferme.
La même main qui traçait le Traité élémentaire de la Chimie, écrivait un remarquable livre sur les moyens d'agrandir les branches de l'impôt; car Lavoisier, un des plus zélés et des plus inflexibles membres de la compagnie, était fort habile dans l'art de grouper les chiffres du revenu et des dividendes. Il avait épousé mademoiselle Paulze, la fille d'un des fermiers-généraux les plus distingués, qui peignait admirablement, comme une des élèves de Greuze. Les familles financières s'alliaient souvent entre elles; plus souvent encore, on les recherchait en mariage dans la haute magistrature ou parmi la grande noblesse de cour.
Dans ce même bail des fermes on trouve parmi
-asiles signataires, un nom devenu célèbre à plus d'un titre, celui de Grimod de la Reynière, dont le fils, triste bouffon de table, s'est fait une célébrité usurpée parmi les gastronomes de second ordre.
Laurent Grimod de la Reynière, si Ton en croit les ignobles récits de son fils, n'avait pas une origine fort élevée : car il était né dans la boutique d'un charcutier : plate mystification dont usait, abusait quelquefois le médiocre auteur de PAlmanach des Gournumds ; le nom de la Reynière se mêlait à des souvenirs de la police municipale de Paris, et quelle que fût alors l'abdication très-affectée et publique de ce qu'on appelait les préjugés de la naissance, je ne crois pas que les Malesherbes, les Jarente, se fussent alliés à la famille de Grimod, si elle était venue de si bas; madame de la Reynière était mademoiselle de Jarente, .nièce de l'évêque d'Orléans, et M. de Malesherbes était son plus proche parent.
À 22 ans, Grimod de la Reynière créé l'un des administrateurs des postes, maître d'une fortune déjà considérable, prit les fournitures générales de l'armée; on était alors à l'époque de la guerre de Sept ans ; le maréchal de Richelieu, à la tète d'un beau corpiB d'armée, gagnait de glorieuses batailles : le
maréchal, très-pillard de sa nature, épargnait peu les pays ennemis; et Ton sait que le pavillon de Hanovre, sur le nouveau boulevard et les rues Port-- Mahon et Richelieu furent bâtis avec les florins allemands et les guinées anglaises levées dans TÉlectoratdu Hanovre : Grimodde la Reynière,fournisseurgénéral des armées des maréchaux Richelieu et Soubise, gagna une fortune immense dans la guerre, et à son retour, avec un goût extrême, il imita les prodigalités artistiques des Fronsac et des Rohan en éle-
^- vant le bel hôtel de la rue des Champs-Elysées.
f Rien de plus parfait que ce ravissant pavillon : sa-
^ Ions d'été et d'hiver, vastes écuries, beaux jardins ;
' tout y était ménagé, midi, nord, ombrage frais et
serre chaude; le plus splendide mobilier du monde; dans le jardin on voyait une volière en bois de rose et d'ébène, dont les filets étaient d'or : là voltigeaient les plus rares des oiseaux de l'Inde de l'Afrique. Le premier en France, Grimod de laReynièrc transforma ses écuries en salons pour de beaux chevaux de race qui mangeaient dans des drageoirs d'argent.
Aussi la plus noble, la meilleure compagnie se pressait-elle dans l'hôtel Grimod de la Reynière ; ses alliances de haute famille favorisaient ce grand
[Dr
concours et le fermier-général offrait à merveille la plus savoureuse table de l'Europe : le seul personnage qui déshonorait sa maison, était ce fils dont j'ai parlé,Balthazar-Alexandre Grimod de la Reyniëre. Né avec un défaut de conformation aux mains, qui le forçait d'employer des doigts postiches, le jeune homme en avait contracté cette haine instinctive et méchante que le laid déclare au beau : il n'aimait pas sa mère, mademoiselle de Jarente, et dans son langage de bouffon, il s'efforça de l'abaisser et même de la déshonorer par des révélations adultères.
Dans ce siècle étrange, on appelait cet esprit original! M. de Malesherbes, son oncle, très-facile en ses goûts, mauvais parleur sur tout le monde, lui proposait une place dans la magistrature ; Grimod préféra rester avocat : « Parce que, disait-il, juge je serais forcé de faire pendre mon père, et qu'avocat je pourrais au moins le défendre. » Ce père si plein de distinction, il ne l'appelait que le publicain; et lui si laid, se faisait pilier de coulisses, écrivain de petits journaux, bouffon de société, une mauvaise détrempe du marquis de Brunoy par ses lugubres et sottes plaisanteries : ses parades sont dans tous les anas. Grimod delà Reynière fit beaucoup de
petites brochures; mais le livre qui fit sa renommée, ce fut l'Almanach des Gourmands^ très-mauvaise école de cuisine, tout au plus bonne aujourd'hui pour les pâtissiers et les traiteurs de barrière.
C'est une époque fort difficile pour les fermiersgénéraux que le ministère de M. Necker, car désormais restreints dans leurs fonctions administratives, ils ne peuvent plus s'occuper des opérations de cré* dit absorbées par les banquiers étrangers. Comme leurs dépenses restent les mômes, plusieurs des fermiers*généraux ou des banquiers de la cour se trouvent embarrassés : Bourret le généreux, lepro-* digue, Bourret déjà sous l'abbé Terray a cédé sa li^ quidation à Laborde son collègue : l'avoir de Bourret est immense , et dépasse de beaucoup ses dettes : il a opéré sur les terrains qui s'étendent depuis l'hôtel Choiseul jusqu'aux Percherons près de Clichy. Il a fait beaucoup construire ; ce n'est pas assez pour cet esprit à vaste entreprise : il veut bâtir une nouvelle ville près des Champs-Elysées et du faubourg Saint-Honoré, autour de l'hôtel d'Évreux, demeure de madame de Pompadour et du marquis de Marigni : les terrains sont également à lui. Bourret
est engagé pour près de 17 millions lorsqu'il meurt !• (5) 17
pfès^âè Ittbifêdibiit 1 ce t|ùi ht efHiié thèië à sdil ^^ dde.
JÀbotàe avec cette liquidétitiil dé BbtirreJ; âvàtè encore une gtclssè âffaii>ë sur les bfaâ, k*êii\ï Vè payement des dettes dii kbitedi duc âê Cllôiàfeul dont il â'etait ëhârgé, j[rio;^étliiànt uiie âiiiré Bësàidd de téhi'àitl, qui s'étëhdàit dépdts \à Hè de fiichëUëU jUâ^iu'du ipavillbn dé daiidtrë et dd boulevard juàqu'â là rué Netite-dés-Àùg(i§titlS ! diiisi d'dtië }iài4 Lkbbt>de éonitilé liquidâtëUf de Bbuî'i^ët fâi^âit ktir là GhattfiHéb-d'À&lin et fcbitime cëssidnddii'ë dU dtic dé GhoisobU il fliisàlt éoristrilii-ë léâ i'Uëâ dé mhàHi Ûé Gboiseult d'Anibfiiisë , Bë HâUdvi-è; jdâ(|ii'db câFf^ foar haillon. Il n'est jikâ étohddtit ^d'il gë tfbilVà luf-mème fort gêhé dans ses affaire^ et (itèt I sdSpendre ses paiements:
Les mémoires secrets , les noêls dti ténias diëëtit qae Laborde s'était miné pour la Giliiiidrd, li ëëlèhté courtisane; (|ui recevait fiUànbe et hobleâàé â là Chàudsée-d'Antihi danrf sori temple mytholdgiqiië : dais au xviii* Siëcle quand On àtait iiiië cblëàââlë fbrtiine] ees sortes de créatures ne poutdiétit pis Tousriliner; on dépefasait avec elles pliiâ ou liidins, comme on orbait avec plus ou inoidS d'o^ là livrée
de Se6 doîtieâtl^tieiî m dé àés équipages ! èéU hë âêfpàâàdit {)d§ éértainéâ lihiitès et né détdfàif (iâs tiiié fortuhe dé ffefrhier-généfàl. Benjamin dé LàboHe se eompMiriit par de trop vastes opétatiohii ; sofa goût ëx(}uis pour les arts le conâolà, îl fût un deâ pldà gl'acifelii protecteurs de rêlégaiice, il acheta les plû& béâtii tâblèddx 6t ââ galerie fut splendide. Mâiâ ëâ prêdilëctldti la plds particulière fut pourlathùsiquéi il fcdtiipbsa deâ opéi*as, les airs charmàhtâ de pétitâi vaudevilles, et ces distractions ne nuisirent l)aâ & ëéà pliis fetavès affairëiS , devenues fort difficile^ deptiià la di^gtâcè du duc de Choisèul: t^àbb^ tefràjr, St. liëckèi^ apportaient d'autres îdêéâ en fîriàiice&t .' le crédit piiblic emprtitltàit ses nouvelles forriieà atli institutîotià étraiigèl»és.
L'établissement de la caisse d'escoidpte (bafacjdë régulière à billets destinés à la circulation) priva les banquiers de la cour de presque toutes leuri§ fonctions, particulièrement des opérations de crédit ; la caisse se formait d'une compagnie particulière d'actionnaires pris parmi les hauts banquiers de Paris ; les administrateurs étaient au nombre de quinze. Chaque mois, les opéràtioiis de la caisse d'escompte devaient être balancées et publiées; les versements des
actions se faisaient en numéraire pour former un capital représentant la valeur des billets en circulation au moins pour les deux tiers. La ferme-générale, à elle seule, prit W mille actions de mille francs cha* que sur le capital porté à cent millions. Le bénéfice de la caisse se faisait par l'escompte des billets d'État, du Trésor, de la ferme et des valeurs de particuliers à six mois ou même à un an , afin de remplacer toutes les transactions commerciales des ban-* quiers de la cour.
Cette vaste institution, qui est au reste l'origine de la Banque de France, fut l'objet à son début de mille sarcasmes et pamphlets ; j'ai trouvé môme des couplets très-amers contre la caisse d'escompte 1 N'est-ce pas la destinée de toute institution nouvelle d'être l'objet de vives critiques?
Sur;,rair de te fée Urgèle. (L'avez-vous vu mon bien-aimé).
Arrêt pour rétablissement
D'une chambre d'escompte,
Qui produira par chacun an
Cinq millions de bon compte.
C'est pour remplacer un banquier, (Laborde)
Qui voudrait ses fonds retirer,
Qu'on établit,
m qu'on b4tit
Une Eù belle affaire.
Par ses biens Jugez du profit Que le public va faire.
Le contrôleur, Trésorier, docteur.
Et surtout grand calculateur, A dit au roi :
Sire, je crois, Qu'en formant bon nombre d'actionnaires.
Vous ferez de bonnes affaires.
Dans ma place ]*ai su gagner Du public la confiance, A la caisse on ira verser
L'argent en abondance.
Directeur je Saurai nommer
Pour sagement administrer
L'argent qu*on fera fabriquer
A Lille comme à Bayonne.
Chaque jour je veux tout cotter,
Parapher en personne;
Je yeux aussi pour constater
Des profits la totalité.
Des balances en formes arrêtées ;
Au moyen desdites balances
On n'aura pas de défiance.
L'esprit français se révèle toujours ici tel qu'il était au xviii® siècle : qui aurait pu croire jamais que rétablissement d'une banque fût l'objet de couplets satiriques et qu'on fît des vers sur la monnaie, les balances de compte et les écus? Ainsi était le génie de l'époque ; il se tournait surtout aux négociations d'argent, et un arrêt du conseil (H septembre 1774) établit une Bourse pour traiter des e£Gsts
ipgfc|)j& }e pgji^ au peuple; de là ce§ spépulatiqps 3ur Ifig grains pour le copjpte dii roi dqnt j'ai p|«8iettr3 fois p^ri^é, flHi maintenaient l'équilibre d^ns le^ pvjit par h PFéatjpn de grepier$ d'^bQ^dgppp ; de P^tte mapièpe jyicQJ^s fie^pjpR fournit Bprdeaux pt la Guyenne fl|^ tou3 les grains nécessaires k leur con^ommatipu- Il s'éleva ^^^ pl^iintps contre le3 grenieps de secours et d'ai)pp4^f^Pi^* A(* PeauJQU vint alors demeurer à fm^ ; \e duc |i|^ pl^pisepl le prit en b^ute estime, et i\ fut mêlé çompae tous les financiers d'alors aux mour yements d(z Trésor. L'abbé Terray préféra spn ppUr çpurs à celifi des ferfujers-généraux ; Beaujpn opéra liei^reusement : il fut tpur 4 tPur banquier de h cour, receyeprrgénérgl des finances, enfin pour répoinpenser son zèle, }p rpi le npinro* trésorier» Poromandeur de l'ordre d^ Saint-]U)uis et conseiller d'Ér tat à breyet. Jamais financier n'ayait été élevé si haut.
C'est que IfippiasBeaujon n'était pas seulement un financier dist^ngUI^) P^is eocpre ^n administrateur habjle, qui ^yait pris sa place par^ni les intendants de premier prdrp dont Tabbé Terray s'était entouré, tels que Jj[pptby,Qfi, Cjjonne, SenaP de M^lha», If ont^oe-
lon. Je ne pense pas qu'il ait jamais existé dans un État une réunion de plus habiles administrateurs. Les économistes, ces remueurs de toutes les époques, vinrent bouleverser le régime admirable des intendances, plus tard imité par les préfectures.
Rien ne pouvait se comparer à M. de Beaujon pour l'activité et le travail : à cinq heures du matin debout, il expédiait les affaires considérables qui venaient à lui; à neuf heures le travail était fini et il donnait ses audiences jusqu'au dîner de midi, le soir il aimait la douce causerie. Comme il se couchait de bonne heure, il se plaisait à s'endormir au doux murmure d'une conversation spirituelle; aussi appelait-on la charmante société de femmes qui se pressaient autour de son alcôve, les berceuses de M. de Beaujon. Une fois endormi, on servait dans ses beaux salons un splendide souper; jamais il n'y prenait part (car très-sobre dans ses goûts, il voulait garder sa tête libre pour le travail du matin).
De tous les financiers, M. de Beaujon avait les idées les plus larges, les plus généreuses : tous les hôtels construits par les fermiers-généraux et les financiers étaient étroits et petits à côté du magnifique palais qu'il avait acheté et grandi dans le
faubourg Saint-Honoré; la mythologie était alors à la mode ; la religion de TOpéra exerçait une grande puissance sur les idées de cette génération ; le palais de rÉlysée-Beaujon , admirablement dessiné, brillant surtout par ses jardins, s'étendait jusqu'au Roule et à l'Étoile, avec un vaste parc planté de beaux arbres d'un aspect gracieusement accidenté, par des fontaines , des cascades, des ruisseaux et des parterres rayonnant des fleurs les plus rares.
Ce fut au milieu même de ce beau parc que Nicolas Beaujon plaça la fondation de bienfaisance qui honore sa vie, ce large bâtiment, qui depuis a porté le nom de son fondateur, l'hospice Beaujon. La primitive destination de cet hospice avait été de servir à l'éducation de quarante enfants nés et choisis dans le petit village du Roule, alors séparé de Paris; on les élevait gratuitement pour leur enseigner ensuite un état. M. de Beaujon, à perpétuité, donna ces bâtiments, dotés de 25 mille livres de rentes, de plus une belle chapelle avec des vases sacrés d'or et d'argent. Lui-même vint présider à cette fondation solennelle, que le roi Louis XVI confirma par des lettres-patentes du mois de septembre 1784.
La générosité était le caractère de Nicolas de Beau-
jpq; \\ ne l^iss^ jaip^is une be})e actjpn s^ns récpm-r pense^ une paisère sans so|ila^einept,. Les ^rtisteç trouvaient pbez }pi» çoipme cliez les ferinijefs-générai^f , ifpe proteçljpn éclairée f il ai!|)g)t à Qb|i^ef, ^ ^'entopjrer d'^jç, mêmp dp parasites ; çpuxrp] toujours ^gréabljes cpi^viyes, car ils vous appartieqpent corpsf et âme; jls vous apiusepf;, ne yous censurent ni ne vou? inquiètent jamais ; le parasite, s'il n'est pas le plus fidèle, est le plus doux et le pli^s fap^le des amis, et que faut-il de plus dans le§ décieptipns de la yie? Il dépensai); I)eaucQup et bien ; son }u|:e jetait gracieux et intelligent ; il av^it de beau:^ livrei^, des tableaux de grands inaftres; plusieurs jéditipRs 4'ouvrages pf de gravures furent jédif^es ^ ses frais, 'j'ousses 4pns é|4|ppl; p^rfaiteinpnt eptendus p);sal)ienfaisancp éclairée, s^^ yapff;é, pi ^if^j^prie; U i^'^vait pg^^ comme Jl^. Moptjiypn, une cprt.aifip ipapip lft|;éjraifp; il ne }ui j^r^iva jam^|s Tidée baroque de f^ve dépejTf^er 4ps pri^ de ver|;u p^r |ps aca(|,émies^ dans des sojpnnitég mçitié ppjiepnes. Ses dons, ses |arges9e§, il |p9 disif ibi^ait pj^r §oi| pure, ^^fis sa paroisse } ^c^^ esprif; essenti)f|}p)pent prg^qup }u| faisait sentir que la charjté^ poi^r êtrp utile, bpf^pe^ j)ien pptpjpiue, 4pv?it rester p^H}o)}qH9 pt pépétfpf ^ns
les réduits que le saint prêtre seul connaît ou révèle.
Parmî 1(39 m^^ Pt l^l? Prptig^s ip Be^uJQP, était le fastueux Saint-James, si riche, si lettré amateur de livres, d'antiquités, de belles statues : son hôtel place VendôiDe, était un musée, sa villa de Neuilly aux bords de la Seine, près du bois fie Boulogne, "' une des merveilles des environs 4^ Paris eu l'ancien
' régime avait semé des palais : Saint-James répandait
"^ For à pleines mains : il aimait l'é^rangp , Textraordi-
'- naire, le factice, les roehers d'Opéra, lei plantes exp-
^ tiques, lespièees d'eau, les canaux souterrains , les
^ jardins k l'anglaise, les chinoiseries, les chalets à
^ côté des kiosques , ces appartements si )>ien arrangés
' où toutes les commodités de la vie venaient à vous
sans peine, sans laquais, comme les décors d^un théà- ' tre. Au bput de tout cela pouvait surgir la déeadeae^,
mais il y avait dans ces dépenses un entrain, une grandeur indicible : on se ruinait sans s'abaisser.
qa'bpjjtisëf rofdi-ë et récôHbiniè à \ih éiâi dé choses ^ili be pdilVàit réellétUeht se liqtilder t(tlë ^dr lé dévelbppeirient du crédit; M. de CaloflUë bonsidérâ âtiût cette liqilldâtiéa cËfinnle Ini^osèlble, Si èê Wési pdf tih Hiïtà systètiië d'ënipi'lllit régulier, aidé â'bhë kbti^e ëi (ébbnâé cifculàtidH d'ài-gènt, |iàl! le b0hliliëi>kë et le lUie, (|di âccrblsseht le reveliu
m l'itàt.
Le bi'édit ^Utlid de êè fnâiiitlënt et ne gtàiidit que pai> Teiâct àëijliittêmeiit dé todtéâ lëS obligation^ dii métiï ; M. dé Gâlbiiiië alla âU-delà ihêtlië dés ehgagëhiëntl^ envers lëâ bàdquiet-s i par l'actibd hdbilë et t>iétl BlH^ée dé là caisse d'ë&cbtnptë; 11 sbldà Itiilt l'arriéré, il régularisa le service de ramortisseiliënt {jàl* ûiië ddtation llxé; de cette iiiàhiël>e leë effist^ publiés S la Bourse moiitërent aù-dëàsii§ du pair, et M: de Càlbhnë put opérer i\6h Uh ^h^à étti()rilnf k tôMÉ cbhsolidës.
Sbd sjstëidë difféMtdé l'aduilhiâtrâtiod de M: l^ec- Reh feii ce que le bâtiqUiët gétiëvoiâ n'em|}t'Untait tfile &\ib bods de l'État ëu sdr des avaldceâ dé banque, ^ëdibbU^sables à des épbqUes déterminées et ëxigiblek par cbdâétjilétlt à jôùl* fixe et ^t'obHaid, ce qtli kût va système ëc^àsahl jibui* tbdt tl>ëdit. M: de Ca-
Idililë ètibëtittiâ aux bdiis à ébliêflliiiës Mëâ Aëà émpi-iititS consolidés i|ill n'àppëlleht poiir è'acëbhlplij* qUë Teiact acqùlhëniëllt dti dlviHeiidë : il fit àiûki rentrer dii Trésbr des iiiâ^sës de iitllii^i'àiré siiffiàâhtes pdUi' pl>ëpdi^é^ ildë opëHtioil de changé fort large et d'ùhé exëciitidii difficile: uh ëliârlgëment dans les monnaies et la valeiil^ dëâ inëUilx:
bëjiuii là i-ggëhcëi l'tif et l'ai-geiit dé PrâHëë ga- ^iiâieiit tiUë [irihië dé SI ji. 0/5 â l'étràfagei<. Il ëii rësiiÙaii que ^ai- tirie ëpràiidil tfë^-éirtijilë, il àb fôisâit tiUe itiiiiiëhsëeipdrktioh deiiuiriérâirë; tt. de Gâldiiiië drddhna la rëfbntë gêiiêralë de^ mdHtiâiës lidiH» feii illettré l'albi (terWë de rorddntiàiicé) eh ràJ)[Jdrt arëë l'di-gèttt étMh^er. L'àËlge^fatë ëxpbriâtibil des liidhhàieë ^'dffâiUlii ëonsidéHblëihedi k là Ëtiité de eeite iriddlfibâtioh dahs lé tàii^ des loiiis et dëd écus.
LapehâêëdbtUiiiâtltëëtàëHëtisë délit, de Caldhiië fut toujours célle-fci : '4 Qil'bri JioUvàit réaliser tine ëplehdide prospérité ëd Fi'ahcë par lëâ merveilles de la fcircUlatibh. ^ Aiibl iie refllsa-t-il jahiàis i'argëht il dhcUh sérViëé; qtidhd ii était tih iiistrdniëht de iiktail, hhë gdai>cë dé fécdhdatidh pour TiddiistHë: routes, canaux, mdhUmenti publics. M: de Gàlohhe
ordonnança tout; Paris lui doit la plupart de ses quais, de ses boulevards, de ses promenades, de ses places publiques ; il acheta Saint-Cloud pour la couronne, Rambouillet et ses vastes forêts; c'est par les ordres de H. de Galonné, que Compiègne reçut ses embellissements. L'argent ruisselait avec une abondance jusqu'alors inconnue.
Sous son impulsion active, les Monthyon, les Se* nac, les Montholon, habiles intendants, embellirent les grandes cités : Bordeaux, Marseille, Lyon, Stras* bourg et Lille ; M. de Galonné, véritable artiste en finance, opérait tous ces prestiges par sa baguette d'or, sans que rien altérât le crédit; aucun intérêt ne restait en retard, le Trésor payait tout sans réserve; et ce luxe de dépense allait jusqu'à solder les dettes des princes, du gracieux comte d'Artois, les charmantes folies artistiques du château de Bagatelle, les nobles fantaisies de la reine, ces petits caprices des cours, qui faisaient l'éclat du temps, la richesse de l'industrie : alors la toilette, le luxe d'un gentilhomme occupaient cent boutiques diverses et mille états d'ouvriers par de petits riens : dentelles, boutons de diamant, gilets brodés, jarretières d'or, boucles façonnées, habits de soie.
En 1787, toute la dette flottante transformée en consolidés, ne donnait pas un déficit de plus de 115 millions, qu'on pouvait très-facilement couvrir. Ici se développait la seconde partie du plan de M. de Galonné : l"" chercher dans un impôt général une augmentation de revenus; 2^ réaliser par un amortissement progressif et régulièrement doté, l'extinction de la dette elle-même.
L'impôt que proposait M. de Galonné était le plus simple, le plus naturel : toutes les terres, quelle que fût leur origine, nobles, cléricales, fiefs, rotures, même le domaine, devaientêtre imposées selon le revenu : le taux fixe de l'impôt de tout le territoire était de 5 p. O/o- Le revenu foncier étant de 2 milliards, l'impôt devait s'élever à 100 millions, à peu près le tiers de ce qu'il produit aujourd'hui.
' La seconde ressource n'était pas dans une taxe nouvelle, mais dans l'agrandissement de l'impôt du timbre et de Finsinuation ou enregistrement; le timbre serait élevé à 4 sols la grande feuille (celle qui coûte 75 centimes), et l'enregistrement (d'après le calcul comparatif) devait s'élever au 8® environ de ce qu'il est en 1854). M. de Galonné arrivait ainsi à un
autre chiffre de 78 millions, toute déduction faite, I. (5) 18
4$wrt9 9U'M Pffstoit un exeédwt de tevenuâ d'environ 60 miUioQH par an qui. bien appliqués, par Tamôrtiasemeqt a intérêt composé, devaient en vingt aafféesi amortir la datte publique^
Ce pl^n étftit C0rtainement très^remarquable ; tout CQ qui avait una idée pratique en administration et ^afinanoea, intendants, fermiers-généraux, offraient le concours de leur crédit pour le foire aboutir à une heureuse conclusion : quoi de plus rationnel en fiqance que l'application simultanément développée de rimpôtet daramortissement pour éteindre la dette ?
Les difficultés venaient des vieilles institutions; il était dans les coutumes que le roi ne pouvait établir seul de nouveaux impôts, sans le concours des parleipents qui enregistraient Tédit. Une des plus fausses idées de Técole moderne est de np pas donner au chef de l'État le droit de lever l'impôt qu'il croit nécessaire au service public; c'est lui enlever la foroe et les ressources de gouvernement; vous lui reconnaissez le droit de commander et vous lui en ôtes les moyens : il a une armée sans possibilité de la solder. Il est le chef de l'administration, et d'autres tiennent l'impôt dans leurs mains.
L'opinion publique n'était pas alors dans ces voies
ratidimelles; on croyait à là aéeeftsité d'un vote de tout impôt pap le paplement, et jamais led eeurs sou** Veraines ne voudraient voter la taxe territoriale, qui touchait à leurs riches terres, k eelles du clergé et de la noblesse. Je ne dis pas que la prétention des geu'* tilshommes d'être exemptés de Timpôt n*eût un fon* dément régulier au moyen-âge : le fief devait des services bien autrement considérables que les taxes d'argent, il payait l'impôt du sang. Tout possédant fief devait le service militaire; lui et ses hommes marehaient au premier ordre du suzerain ; le gentilhomme se ruinait en guerre, il vendait son manoiv pour le service public et donnait sa vie dans les ba-^ tailles. Quel impôt pouvait être plus lourd et pluë dur?
Mais que de changements s'étaient opérés depuis cette époque! bien des fiefs étaient passés en roture! les financiers, les parlementaires, les riches bourgeois possédaient une partie des terres de France, et les biens du clergé, depuis le concordat de Fran-» çois P^, étaient donnés comme abbayes, prébendes, prieurés, à des clercs recommandés au roi : les devoirs militaires du fief et les bénéfices à charge d^&mes n'étant plus qu'un souvenir, il était fort na-
turel qu'ils fussent soumis à Timpôt comme les biens de la roture : Topposition des parlements était donc mal fondée; elle se manifestait néanmoins à toutes les phases du plan trës-rationnel de M. de Galonné, et l'on ne pouvait attendre le concours de la magistrasure pour le développement et l'application de ce système.
Ce fut pour éviter toutes les difficultés, toutes les résistances, que M. de Galonné eut la pensée de s'adresser aux notables, c'est-à-dire de réunir une assemblée choisie par le roi parmi les principaux représentants de l'administration, de la propriété, de l'industrie et du commerce : on convoquait ainsi l'élite du pays pour délibérer sur ses intérêts, idée attrayante mais essentiellement fausse, car il faut supposer des cœurs héroïques et sans passions, sans égoïsme, pour espérer un concours facile de la part de ceux qui supportent les charges I S'adresser à ceux qui paient l'impôt pour obtenir volontairement l'impôt, c'est s'exposer à un refus ou à des observations aigres, maussades, qui détruisent tout le prestige de l'autorité. On en avait eu un exemple lors de la réunion des notables à Rouen, sous Henri IV. Si le roi n'avait pas dissous cette assemblée bavarde, jamais
il n'aurait accompli les héroïques choses de son règne. II n'y a pas de gouvernement fort s'il ne peut en toute liberté se procurer les ressources nécessaires pour les besoins de l'État.
Les notables furent parfaitement choisis par M. de Galonné, et néanmoins il se manifesta dans l'assemblée une vive opposition, dirigée par la cour ellemême, et en tête Monsieur, comte de Provence , le duc d'Orléans, les princes de Condé et de Conti; chaque bureau choisit pour président un des membres de la famille royale ou des princes du sang. Ce fut sous leurs inspirations qu'on propagea le mot retentissant de déficit; on publia des livres, des brochures, des pamphlets pour enflammer ce mot jusqu'à en faire un épouvantail terrible. Le comte de Provence, bel esprit, toujours très-amateur d'allégories, d'allusions comme de petits vers, dignes de l'auteur de Panurge, dessina de sa main un monstre horrible de son invention, qui avait été trouvé, disait-il, à Santa-Fé-de-Bogota, avec les griffres crochues, la queue d'un dragon, la tête d'une femme (celle de la reine Marie-Antoinette que Monsieur détestait). A ce monstre, il lui fallait pour l'assouvir les récoltes, les
~«78établei remplies de bœiifs et de brebis; or^ ce sjnibole n'était autre chose que le défleitj
Les notables réunis firent des objeotions influie» aux plans de M. de Galonné ; poui* la première fois on entendit la parole aigre et maussade du marquis de Lafayette» Tidole de la cour et de la Ville depuis qu'il s'était dit républicain ; il dénonça le» prodigali-^ tés et, selon l'usagCi il flétrit les sangsues du peuple» grandes phrases qui préparent les révolutions bien plus ruineuses que les courtisans*
Le comte de Galonné parla aux notables le langage d'une raison droite et loyale : « Il existé^ disait-il« deux espèces d'économies ; l'une ne porte que sur des objets minutieux et ne produit rien; l'autre, plus habile et plus profitable^ s'attache à ne faire en fi-^ nadce aucunes opérations fausses, car celles-ci coûtent plus à l'État que tout ce que la parcimonie la plus rigoureuse peut lui épargner* Il ne doit y avoir d'ail^ très bases sûres en finances que l'impôt territorial, et pour le rendre plus facile, on le perceyra en naturd comme une dime sur toutes les classes de citoyens, sans distinction de clergé, de noblesse ou dé roture: la càpitàtioni la taille seront converties en impôt réeL Aveo ee prinoipe on proclamera la libre exportatioa
— *79 — des ^âins^ le seulement de» bai'rières provineiàles jusqu'aux extrémités du territoire^ amoindrissement de la gabellei faculté d'aliéner la partie utile du do^ maibe dont le roi se réservera la partie honorifique ) enfin on augmentera l'impôt du timbre et les droites d'aliénation : de dette mabîère il ne serait plui^ ques*» tion du déficit. »
Rien de pluh remarquable et de plus sérieusement pensé que le discours de M. de Galonné aux notiH blés ; il allait droit à des innovations franches et larges. L'assemblée ne répondit que par des petitesses et des fins de non-receVoir ; on avait fait des couplets sur les contrôleurs-généraux, des noëls sur les maltresses, cette fois on fit des mots et psis une afiaire; chaque bureau des notables reçut son baptême pal* une épithëte : Monsieur de Provence présida le bureau des sages; le noble comte d'Artois celui des francs; M. le duc d'Orléans celui des fadres ; le due de Gondé celui des faux; le duc de Bourbon celui des ingénus; le prince de Gonti les nuls; et M. le duc de Penthièvre les plats^ Une fois cette classification faite, avec plus ou moins de justesse et d'esprit, (jù se crut dispensé de songer aux affaires.
Il n'y eut, au reste» dans cette assemblée^ qu'un
seul cri, qu'un seul but, l'opposition ; les notables n'avaient aucune confiance dans le comte de Galonné; ils n'étaient pas à la hauteur de l'homme , ni des idées ; une multitude d'intrigants se pressaient dans les bureaux : la plupart ne songeaient qu'au renversement du ministère, pour le remplacer par les chefs des opinions les plus avancées.
Le parti du marquis de Lafayette, de M. Necker, appuyé par l'opinion pupulaire, soutenait « qu'il ne pouvait y avoir d'autre autorité pour voter l'impôt que les états-généraux, seule et légitime expression de la volonté nationale. » On marchait ainsi vers une révolution et une impossibilité financière qui en serait le résultat nécessaire. Un phénomène curieux à observer se produit dans les meilleurs esprits aux époques de crise. S'agit-il de gouverner, d'administrer une affaire privée, une compagnie industrielle, par exemple une banque, ils reconnaissent, ils proclament hautement que toute assemblée d'actionnaires est un embarras, un obstacle, et souvent ils cherchent à les rendre moins nombreuses par des exigences et des garanties de propriétés et d'actions ; ils les dominent par des explications courtes , jamais contestées, dans la crainte d'empêcher le développe-
ment de sa prospérité. Eh bien I les mêmes esprits qui appliquent ces vérités usuelles dans les affaires privées, se gardent bien de les proclamer dans les questions d'État ; pour celles-ci , ils appellent la souveraineté des assemblées : devant elles le pouvoir doit s'incliner et rendre compte de la moindre de ses volontés; ils soutiennent que la société générale doit être gouvernée par d'autres lois que les sociétés industrielles qu'ils organisent avec les conditions de durée et de prospérité. Telle est la grande erreur des temps modernes.
M. de Galonné ne put résister à une opposition si vive, si générale parmi les notables , car il avait ameuté contre lui les parlements, les novateurs politiques, ceux qui appelaient la convocation des états-généraux comme le remède universel. Le ver^ tige avait saisi tous les esprits ; on ne dénonçait que le déficit, simple prétexte pour arriver à la réalisation des idées politiques de l'école américaine, que dirigeait le marquis de Lafayette, et de l'école anglaise, fort à la mode parmi cette fraction de la noblesse qui aspirait à la pairie constitutionnelle.
Sous le ministère actif et brillant de M. de Galonné, néanmoins le crédit prit un certain développement
parla caisse d'escompte; les jeux de Bourse rèçorent un caractère légal ; les trois grands joueurs d'alors (1786-1787) : Clavière, les abbés d'Espaguae et de Talleyraud, réalisèrent des bénéfices considérablesi Glayière était le ban(|uier géneybis dont j'ai parlé* poussé d'abord pai* M. Necker et deyenû^ en 1790* son antagoniste^ Le chanoine de Paris Sahuguet d'Ëspagnac^ fils du lieutenant-général gouvemeor des Invalides^ avait cultivé d'abord les lettrée, et^ comme on le disait alors dans le beau langage, il avait sacrifié sur les autels des Muses } habile calculateur^ il se lia avec M< de Galonné et fut employé par le oontrôleur^énéral dans todtds les affaires de Bourse^ la hausse et la baisse des fonds publics « ce qui lui facilita la réalisation d'une fortune considérable^ La jalousie implacable de Mi de Lafayette dénonça dani^ son bureau des notables l'agiotage actif de l'abbé d'Espagnae sur les valeurs de la oaisse d'escompte.
Un autre jeune âbbé de pllls grand nom* Charles- Maurice de Talldjrrand-Périgord cultivait aussi l'agiotage par ce goût de hasaM très-naturel ii l'homme d'esprit ; l'abbé d'Espagndo et lui vécurent dans la plus hbiite intimité et toute sa vie, M. de Talleyrand garda HQÎtidkNble attrait pour les affaires d^Baursey
qu'il mit en honneur. Les deux abbés jouaient à Londres, à Amsterdam, à Francfort, sur toutes les places; plus tard Tabbé d'Espagnac se mêla d'une façon malheureuse à toutes les fournitures des armées, aux opérations d'assignats, au milieu del secousses révolutionnaires.
Le temps est arrivé de rendre toute justice à l'administration financière de M. de Calonne ; ce n'est pas lui qui avait fait le déficit iéri^ux^ main bieil la guerre d'Amérique et les emprunts aux batiqUieH* qu'elle avait nécessités sous la main de Hi Neekef • Qu'avait voulu et espéré M. de Calonne? réparer le mal déjà fait au moyen d'un système de crédit et de prospérité générale^ L'activité féconde des transao^ tiens est la vie d'un grand peuple; les revenus àug« mentent par la consommation et par l'activité conn merciale; plus l'argetit eireule et s'agite, plus il produit. M. de Calobne opérait une révolution économn que et industrielle au lieu et plaee d'une révelutio0 dans le pouvoir : il échoua devant lee mauvaises pas* sions de ceux qui voulaient avant tout tin bouleversé* ment politiquoi