EUROPE
Après la vive commotion de rEurope tfiliée et conquérante, toutes les puissances ît/êg(ffii un regard sur elles-mêmes pour voir quelle Atait leur situation réelle et financière. On comptait sur Téxisténce et la prolongation d'un état de paix si désirable pour toutes les nations de l'Europe, afin de régulariser l'état financier de chaque pays/'
L'Angleterre, avec le sang-froid et la hardiéhse qui
la caractérisent, avait porté ses regards sur le passé :
son budget, pour 1813, s'était élevé à la somme
énorme de » 11 3,968,61 liv.
Pour 1814, à 150,758,667
Pour 1815, à 158.843,000
C'était vraiment fabuleux qu'un pays pût supporter un budget de plus de 3 milliards; et pour y pour-
voir, voici comment elle avait procédé. Les impôts permanents s'élevaient à 41 ,661 ,269 liv.
Les ressources extraordinaires, taxes de guerre, à ^ 34,242,996
On avait pourvu à Texcédant par des emprunts successifs :
En 1813, 35,050,574 liv.
En 1814, 41,150,000
EnmS, 42,188,000
On avait complété ia balance par une émission
successive des bons de TÉchiquer, qui pourvoyait au
déficit de chaque année. La dette publique s'élevait,
en 1813, à 943,195,951 liv.
En 1814, à 999,230,451
Et enfin en 1 81 5, à 1 ,244,750,232
Sur cette somme effrayante pour tout autre pays que pour TAngleterre, il fallait déduire les rentes rachetées par l'amortissement, et qui s'élevaient à 236,545,555 liv. Le chancelier de l'Échiquier proposait de les annuler comme apportant une complication inutile dans le budget de l'État ; il proposait
en même temps deux mesures pour Tannée 1816 : un léger emprunt de 1 millions de livres, qui avec les diminutions qu'allaient subir la marine et la guerre , équilibrerait le budget, car le lord chancelier ne dissimulait pas que le pays ne voulait plus supporter pour Tannée 1816, les taxes extraordinaires de guerre, et spécialement l'impôt du revenu, Yincome-tax; et il s'en rapportait sur ce point au Parlement.
Tandis que TAngleterre mettait un grand ordre dans son budget, TAutricbe, la plus obérée, se plaçait à la tête d'une opération fort difficile en Allemagne, la substitution du numéraire à l'immense papier-monnaie en circulation. Il s'était révélé à Vienne un financier du premier ordre parmi les hommes d'État, le comte Stadion, l'ami du prince de Hettemich, le signataire de tous les traités de subsides avec TAngleterre. Le comte Stadion n'avait aucun de ces préjugés qui peuvent compromettre les opérations financières : il savait que l'Allemagne était inondée de papier-monnaie, et que les juifs possédaient le numéraire d'or et d^argent qu'on devait appeler en aide. De là les ordonnances favorables aux Israélites ; tandis qu'à Francfort et sur les bords