SES LIAISONS AVEC M. DE ROTHSCHILD
Les élections de 1821 ayant donnéune forte majorité à l'opinion royaliste, ses chefs furent portés au ministère, et M. de Yillèle reçut le département des finances.-On le connaissait déjà par Tincontestable capacité qu'il avait déployée dans la discussion des budgets; il remplaçait M. Roy, Tavocataux immenses forêts, esprit droit et raide, sorte de tabellion de village, porté par la Révolution à la fortune comme tant d'autres, procureur au Châtelet de Paris, devenus les riches et les puissants du jour.
Indépendamment de sa rectitude d'esprit et de son admirable logique, M. de Villèle savait écouter et comprendre ; il n'avait pas une foi exclusive en ses idées ; il avait pour amis trois financiers remarquables : M. de Lapanouse, d'une bonne noblesse
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et qui s'était fait banquier par goàt et par entraînement d'affaires, M. Sanlot de la maison Baguenault> esprit honnête et sérieux, et enfin M. Bricogne, théoricien aventureux et capacité pratique dans les affaires de Trésorerie, qui jeta la première idée du syndicat des receveurs généraux.
La liaison la plus utile à M. de Yillèle et qu'il cultiva avec le plus de soin, ce fut celle de la maison Rothschild qui prenait un développement immense depuis le Congrès de Laybac et de Vérone; MM. Baring et Hope s'effaçaient devant cette maison d'Israélites qui, sous l'aile de M. de Mettemich négociait la masse des emprunts à desprix jusqu'alors inconnus. M. James de Rothschild avait immédiatement offert ses services k M. de Yillèle en se mettant à la disposition de la Trésorerie de France avec un loyal empressement. Par ce moyen le ministre n'avait pas besoin de recourir à la banque libérale et révolutionnaire représentée par MM. Laffitte et Casimir Périer, ni à la banque guindée, timide et exigeante de Genève et de Neufchâtel représentée par MM. Delessert, Mallet, Hottinguer, etc. M. James de Rothschild offrait de pourvoira tout avec les seules ressources de son immense maison.