MARCHÉS OUVRARD
L'Espagne a toujours été un pays de fantaisie, en matière de gouvernement comme en matière d'em* prunt : c'est un gentilhomme au manteau troué, à la démarche noble qui paye ses dettes, ou ne les paye pas, riche et plein d'honneur au fond, mais sans souci de sa fortune, don César de Razan, qui trouve des juifs préteurs à 10 p. 0/0, et se tient fier de ses guenilles pailletées. L'Espagne, maîtresse toujours trompeuse, toujours aimée, venait de subir une révolution; elle avait son gouvernement constitutionnel sous le nom de Certes ; un emprunt fut annoncé sous ce titre aux places de Londres, Amsterdam, Paris. Spécialement protégé par le gouvernement anglais, l'emprunt des Certes trouva des preneurs : comme toutemprunt départi, il devint une affaire de passion pour le vieux
libéralisme : officiers en demi-solde, marchands, industriels, concierges, abonnés aux feuilles constitutionnelles, tous placèrent leurs économies dans l'emprunt des Cortès, très-facilement négocié pendant les années 18^1 et 18^^; et pourtant cet empruntent une bien triste destinée I
En même temps qu'un gouvernement constitutionnel s'était formé à Madrid, comme il arrive souvent dans ce pays de caprices, une régence s'organisait avec la couleur d'un royalisme absolu à La Seu d'Urgel. Un tel pouvoir n'aurait pas eu une grande importance, si le Congrès de Vérone avait voulu reconnaître le gouvernement des Cortès ; il s'y refusa : dès lors on avait pu pressentir que la régence d'Urgel aurait un certain rôle à jouer dans la marche des événements politiques. Autour de la régence, comme à Vérone, étaient accourus des agents de toute nature ; il fallait de l'argent, et l'on proposa un emprunt. M. Ouvrard qui avait toujours eu un certain faible pour l'Espagne, vint lui-même à Vérone, pour offrir (si le Congrès voulait reconnaître la régence d'Urgel) de réunir les capitaux nécessaires pour un emprunt de cent millions. Reconnaître la régence» c'était trop s'avancer pour les ca-
binets de TËurope; M. Ouvrard dut renoncer à son idée ; l'emprunt fut réduit à de plus petites proportions et confié à un esprit actif, mêlé à Tindustrie et à la science, M. de Jouffroi, de la province de Francbe-Comté, le fils du marquis de Joufiroi qui, le premier, fit naviguer un bateau à vapeur sur le Doubs. M. de Jouffroi, bomme départi, d'étude, d'activité, s'associa dans cette opération un banquier de second ordre, M. Gbébart, qui donna son nom à l'emprunt, et ainsi le lança à la Bourse de Paris, Londres et Amsterdam.
Cette opération n'avait pas eu d'abord un grand succès, surtout après qu'on eut appris le refus fait par Ferdinand VU de ratifier l'emprunt des Cortès, mais elle fut reprise par un bomme de fortune nouvelle et merveilleuse dans les affaires, du nom d'Âguado ; ofiicier d'abord dans les régiments espagnols qui s'étaient donnés au service de la France, il avait été forcé de quitter l'Espagne à la restauration de Ferdinand VII , avec un certain nombre d'autres Josephinos. Plus hardi et plus babile qu'eux, par les conseils de sa femme d'un admirable activité, il s'était mis à vendre des vins d'Espagne, à la bouteille d'abord : le débit du
noble Xérès, du pur Malaga, du vin de la Manche cueilli à la Venta del Toboso, même à la fiole, n'a jamais abaissé personne: peu à peu Tactif officier avait vendu ces petits barils que Tindustrieuse tonnellerie d'Alicante a substitués à la peau de bouc traditionnelle célébrée par Cervantes. Ces correspondances avec les diverses places commerciales de l'Espagne avaient commencé les premiers rapports de banque ; dans ce pays aux mœurs égalitaires, sauf quelques maisons de haute banque exceptionnelle, tout le commerce d'argent se fait par les marchands en boutique, et toute la calle de la Montera, k Madrid, est pleine de ces banquiers- marchands, qui, dans leurs comptoirs, vendent des étoffes, des draps, des vins. Ainsi fit d'abord M. Aguado, jusqu'à la guerre d'Espagne et aux emprunts de 1 820 à 1 824 ; alors il déploya des ressources infinies dans les voies du crédit public.
Maître de l'emprunt Ghébart, après qu'il eut désintéressé le marquis de Jouffroi et ses associés, il proposa à la cour d'Espagne (à M. de Zea), sans y mêler la moindre idée ni même un semblant de politique, de lui procurer une série d'emprunts. Tout son système consistait en la substitution d'une dette espagnole perpétuelle à ces cédules royales à
échéance fixe, sorte de dette flottante que le Trésor ne pouvait pas toujours acquitter : pourquoi l'Espagne n'aurait-elle pas à son tour sa dette perpétuelle? Il suffirait pour cela d'un amortissement régulier et de l'exact payement des intérêts, et H. Aguado s'en chargeait.
Ce fut à cette habile combinaison que l'Espagne dut la transformation de sa dette ; maître des certificats de la rente perpétuelle, il les mit en circulation avec la même facilité que HH. de Rothschild avaient négocié les certificats pour les ducats dç Naples et à mesure des besoins ; il paya exactement, il escompta même les intérêts. L'Espagne eut un crédit régulier, et M. Aguado fut nommé banquier de la cour; on a dit qu'en cette qualité il multiplia les certificats de l'emprunt espagnol. Je l'ignore, mais s'il le fit, ce fut du consentement du roi Ferdinand, c'est-à-dire du débiteur qui profitait de la confiance publique, comme, dit-on, la maison Rothschild avait fait à Naples pour les ducats. Il n'y avait là rien que de très-légitime : puisque la confiance venait à l'emprunteur, pourquoi n'aurait-il pas grandi sa dette à la hauteur de ses moyens et de ses besoins?
M. Aguado, active intelligence, sut le premier,
avec habileté, employer les journaux au service des affaires ; il se servit des feuilles royalistes, la Quotidienne, le Drapeau blanc, pour pousser son emprunt dans les rangs du parti légitimiste, riche de patrimoine et crédule pour ses opinions. M. Àguado,
facile et hardi dans ses procédés, avait deviné le caractère besogneux des écrivains, et il les attirait à lui par mille dons secrets distribués avec distinction: à partir de 18S4, M. Aguado développa sa fortune avec une rapidité exceptionnelle pour le temps; il avait les moyens de publicité dans les mains, et c'est une force.
Exemple curieux. L'autre grand spéculateur qui avait également offert à TEspagne de s'occuper de son crédit, M. Ouvrard, était jeté à Sainte-Pélagie, puis à la Conciergerie, par suite de la liquidation des marchés contractés pour l'expédition d'Espagne en 18SI3. Ainsi souvent dans la spéculation, l'un s'avance vers la fortune, l'autre mérite la juste répression; et pourtant ils ne sont souvent qu'à parité de jeu dans les mêmes voies, les mêmes idées, les mêmes éléments : ce qui constate que la spéculation trop hasardeuse est en elle-même un délit, et que les jeux de la fortune sont un mal moi*aL
Au Congrès de Vérone, on se le rappelle, M. Ouvrard avait offert un emprunt de 100 millions à la régence delà Seu d'Urgel si elle était reconnue; son offre ayant été repoussée, M. Ouvrard avec Tinslinct qui ne l'abandonnait jamais, vit bien que tout n'était pas fini de ce côté, et il se rendit en Espagne où il acheta conditionnellement des vivres, passa des marchés de transports, de fourrages avec des maisons espagnoles et il attendit paisiblement à la frontière l'expédition conduite par M. le duc d'Angoulème, avec plus de dévouement, de noblesse que de prévoyance. Le ministre de la guerre, fidèle aux traditions du passé, s'était prononcé contre les fournisseurs, les munitionnaires généraux pour se donner tout entier aux intendances. Il s'était bien conclu quelques marchés particuliers pendant l'occupation des alliés en vivres, fourrages, munitions, mais une direction générale fut créée pour centraliser toutes les fournitures de la guerre : on la confia successivement aux généraux Dejëan etÂndréossy, vieillis et d'une capacité douteuse; les choses furent si parfaitement préparées, lorsqu'il s'agit de marcher en Espagne, que M. le duc d'ÀngouIême en arrivant sur la Ëidassoa ne trouva aucun des éléments nécessaires pour en-
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trer en campagne. A ce moment se présenta M. Ouvrard ; maitre de tous les marchés secondaires en Espagne, il avait dans ses mains surtout les moyens de transport et les magasins établis sur la route ; il les proposa dans ce moment décisif d'où dépendait le sort de la campagne. S'il y eut des corruptions, je veux l'ignorer ; les marchés furent-ils très-profitables à M. Ouvrard? c'était son droit de fournisseur exploitant une heureuse circonstance ; mais un fait constaté, c'est que les marchés étaient indispensables à la campagne et que fidèlement exécutés ils la firent réussir.
On vit une fois de plus les avantages de l'industrie privée sur l'administration elle-même, atec quelle facilité elle agit, comment elle se procure les ressources nécessaires dans les cas urgents, tandis que les intendances avec leurs ressorts lourds et réguliers emprisonnent les éléments spontanés de l'activité commerciale : M. Ouvrard fut néanmoins arrêté, traduit devant la Cour des pairs; petite satisfaction donnée à cette opinion libérale qui ne pouvait pardonner la guerre d'Espagne. Mais M. Ouvrard, esprit à aventures, souvent peu scrupuleux dans ses moyens, n'avait rien à se reprocher dans ses marchés;
s'il y avait eu quelque corruption semée, c'était une de ces mauvaises habitudes familières aux fournisseurs du Directoire, et qui ne se perdent jamais.
La prison même n'était pas une nouveauté pour M. Ouvrard qui se débattait alors avec son ancien confrère Seguin dans des procès de prise de corps. Etrange et triste spectacle que ce pugilat entre ces deux débris dorés des spéculateurs de la République; M. Seguin, immensément riche, étalait un faste de fort mauvais goût à sa terre de Jouy où il se permettait des excentricités envers ses convives. Il y a toujours des convives à ces tables de parvenus qui font subir les humiliations de leur causerie, les trivialités de leur tournure et l'odeur de leur passé. N'y en avait-il pas même chez le fils de Grimod de la Reynière dont la parole ignoble vous faisait acheter bien cher un d|per tout en cochonaille pour rappeler, disait-on, les origines de famille! Grimod de la Reynière, le précepteur des gâte-sauces de barrière, avait des parasites, profession vieille comme les satires de Perse et de Juvénal. Qu'étiezvous devenu noble temps où le financier s'honorait en recevant Tartiste, le poète, où Helvétius serrait la main à Voltaire et La Popelinière à Grétry!
RÉDUCTION DE L'INTÉRÊT DE LA DETTE PU- BLIQUE. — CONVERSION DE LA RENTE.
Le mouvement progressif du crédit public avait été immense depuis 1823. La rente 5 pour 0/0 dépassait son pair depuis 18S4, et on la faisait à 105 et jusqu^à 107 francs. La caisse d'amortissement par son action journalière et légale rachetait ainsi à 54 p. 0/0 la rente vendue en 1817 à 52 fr. à la maison Hope et Bering. C'était anormal et ruineux pour rÉtat.
Une telle situation du crédit ne pouvait se prolonger, et la maison Rothschil fit les premières ouvertures à M. de Yillèle pour une vaste opération qui consisterait à convertir la dette publique du 5 en 3 pour 0/0. Le mot était nouveau en France, mais en Angleterre, l'opération s'était faite à diverses fois, même à l'origine du crédit. La première réduction d'intérêt de la dette publique anglaise qui re-
montait jusqu'en l*année 1716, ne fut pas générale et porta seulement sur un capital de 25,000,000 de livres sterling, dont Tintérêt fut réduit de 6 p. 0/0 à 5 p. 0/0. La seconde réduction eut lieu (de 1720 à 1727) sur un capital de 50,000,000 de livres de 5 à 4 p. 0/0. La troisième de 1754 à 1757 porta sur un capital de 56,000,000 de livres de 4 à 3 p. 0/0. Tout s'était opéré dans Tordre et avec régularité.
Dans les temps plus modernes, de plus vastes réductions avaient lieu, mais toujours on avait accompli deux formes préliminaires : on prévenait les porteurs d'inscriptions longtemps d'avance, on leur assurait ainsi un certain délai ; puis l'état offrait le remboursement intégral de la dette sous des conditions particulières. Dans les réductions opérées au milieu des crises et périls même de l'Angleterre, cette offre du remboursement avait été comme un préliminaire sacré de toute conversion. L'État ne se croyait dégagé qu'à cette condition ; et, à cet effet, des compagnies de banquiers s'organisaient pour aider la Trésorerie dans l'offre du remboursement.
En France, la réduction de l'intérêt de la dette,
d'après une forme régulière, était inconnue : dans les
temps difficiles , les arrêts du conseil avaient réduit les quartiers de rente, et Boileau avait écrit :
Plasp&le qu'un rentier
A respect d'ail ftrrftt qui retranche nn quartier.
Tout n'était ici que nécessité provisoire, et le quartier suivant de la pension était intégralement payé. On ne pouvait pas davantage comparer à une conversion régulière, la loi spoliatrice du tiers consolidé eh l'an IV avec remboursement au moyen de valeurs mortes, acte oe violence sans justice et sans vérité.
Le projet proposé par iA. de Rothschild à la tète (l'une vaste compagnie où se trouvaient M. Laffitle, les receveijrs généraux, Lapanouse, et toute la haute banque étrangère , se résumait dans les idées que voici : Offre de remboursement au pair à tous les rentiers (les capitaux étaient prêts, mais ils ne seraient pas nécessaires) création d'un 3 p. 0/0 à t5 francs pour laisser aii jeu toute son élasticité, préférable a un 4 p. O/dibimobileetmort dont la spéculation ne voulait pas. Lésbénéficesde l'opération consistaient pour la compagnie dans l'abandon par l'État des bénéfices de l'opération pendant l'année courante. Le conseil des ministres approuva le projet préparé par M. de
Rotshchild ) il fut signé par M. de Yillèle. Mais d'après les conditions mêmes du système représentatif, il devait être i^Oumis à la Chambre des députés et à la Chambre des pairs.
Le tort de M. de Villèle dans cette circonstance» fut de ne pas avoir assez préparé l'idée de la cohversion de la rente dans l'opinion publique par les journaux : il ne l'annonça pas d'avance, comme cela s'était pratiqué en Angleterre; le projetparut comme un coup de surprise qui agita violemment les rentiers et Toppositioiidans la Chambre des députés fut d'une audace extrême. Autant M. Lailitte s'honora par l'exameti et la défense calme et rationnelle de la mesure (quoiqu'il fôt de l'opposition libérale] , autant M. Casimir Périer se montra violent, irrité dans un système d'attaque et de dénigrement contre M. de Villèle auquel il avait voué une rivalité jalouse et puérile. Enfin le projet passa à une majorité assez considérable. Il fut ensuite présenté à la Chambre des pairs.
Il existait dans cette Chambre un grand parti d'opposition composé d'hommes très-capables, mais qui avaient à se venger de leur chute ministérielle. Quant aux financiers de la pairie, ils appartenaient, les uns aux idées de l'ancienne Trésorerie, tels que
MM. Gaudin et Mollien, fort arriérés dans le mouvement moderne du crédit pulic; les autres, dirigés par M. Roy, habile spéculateur sur les propriétés, les créances et les forêts, possesseur de fortes parties de renteSp. 0/0, qui ue voulait pas sacrifier 1 p. 0/0 d'intérêt. La discussion fut longue, animée ; la presse se prononça passionnément contre le système de M. de Villële, et il fut rejeté aux acclamations de tout Paris illuminé de cette lueur de joie blafarde qui précède souvent les révolutions.
Le ministère ne perdit pas courage; un autre système fut proposé par M. Rothschild et accepté par M. de Villèle ; d'après ce nouveau projet la conversion ne serait point forcée, mais facultative, les rentiers seraient appelés à opter entre la conservation de la rente à 5 p. 0/0 et le 3 p. 0/0 à 75; mais l'amortissèment tout entier appliqué à cette dernière valeur, n'agirait pas sur le 5 p. 0/0, car l'État ne pouvait pas racheter à 1 05 ce qu'il avait vendu à 52 francs. Ce projet soumis à la Chambre des députés fut adopté à la suite d'une vive discussion ; il le fut également à la Chambre des pairs qui tenta de morceler, de décapiter le plan de M. de Villèle ; le ministère se trouva une fois encore en présence de M. Roy. C'é-
tait le temps des longs discours ; il fallait voir et entendre M. de Yillèle avec sa parole lucide et calme; jamais un mot dur ni amer contre M. Roy, petit homme, rond, à l'habit, à la poudre comme la portaient les procureurs au Châtelet, plaidant pour son 5 p. 0/0 avec véhémence, comme pour son patrimoine. Enfin la conversion fut votée, et le 3 p. 0/0, et le i 1 /S p. 0/0, introduits dans nos fonds publics, avec le principe du remboursement au pair.
C'était beaucoup déjà, mais pour rendre la mesure utile, il fallait que Toption pourleSp. 0/0 s'appliquât à une masse de rente assez considérable pour que le dividende en fût amoindri. L'opposition voulait préparer un déboire à M. de Villèle ; maîtresse des journaux, elle ne cessa d'irriter les rentiers qui avaient trois mois pour opter : « gardez votre 5 p. 0/0 » les nouveaux fonds furent condamnés et flétris comme un agiotage. On fit des articles en prose et en vers sur ce thème, et M. Méry le poète (il y a longtemps de cela], dit de M. de Yillèle dans une ode fameuse :
II coterait encor la renta Sur les débris de ToniTers.
C'est que M. de Villèle était un ministre persévérant, convaincu, dessiné; il n'avait certainement aucun intérêt personnel dans l'opération : devait-il volontiers se rendre impopulaire à Paris, surtout où les rentiers porteurs de 5 p. 0/0, étaient maîtres de l'opinion publique ? si donc le ministère proposait son plan de finance, c'est qu'il voulait réaliser de grandes économies et dégrever la propriété foncière, lui donner plus de valeur, plus de stabilité par l'indemnité accordée aux propriétés confisquées. M. de Villèle, chef de la majorité, voulait imiter l'Angleterre qui réserve l'impôt sur la terre pour les temps de crise et de guerre sérieuse. L'impôt indirect facile et doux seul pourvoirait au budget en temps de paix. La prospérité publique devait donner aux impôts indirects une impulsion vaste, soutenue, profonde dans ses éléments; M. de Villèle avait beaucoup étudié, beaucoup comparé dans son séjour aux colonies où l'impôt n'avait jamais embrassé que les douanes et les objets de consommation.