‹ Histoire des grandes opérations financières; banques, bourses, emprunts, compagnies industrielles, etcChapitre 26 sur 39 · ROTHSCHILD · texte numérisé non relu

ROTHSCHILD

La révolution de Juillet avait retenti comme tout mouvement démocratique dans les diverses parties de l'Europe pour les agiter vivement. Les fonds publics en avaient éprouvé un violent contre*coup : ils baissèrentpresqueparloutdeSi0à30p.0/0,etcertaines valeurs devinrent même sans vente possible. Toutefois en Angleterre, Tavénement du roi Louis-Philippe salué par la presse comme une solution désirée et conforme aux principes de la révolution de 1688, rétablit une certaine confiance dans le crédit. M. de Talleyrand vint ensuite rassurer les cabinets sur la tendance même de la révolution de Juillet; il promit la paix et le maintien des traités existants : L'Angleterre, cet admirable pays au point de vue de la confiance financière, reprit la marche de ses affaires comme s'il

les Rothschild avaient des rapports avec le monde entier I Les maison Sinna de Vienne, Stieglitz de Pétersbourg, etc., étaient elles-mêmes trop avant dans les Bourses de Paris, de Berlin, Amsterdam, Hambourg, pour ne pas éprouver une contre-coup mortel. La révolution de Pologne mettait en question l'existence de la Banque de Varsovie, soutenue par les grandes maisons d'Israélites : le bouleversement financier était complet.

La maison Rothschild dut au sang-^froid, à l'immense capacité de M. Nathan, l'un des frères, celui de Londres, de ne pas avoir perdu la tête au milieu de ces désastres. M. James s'en était trop impressionné, et les salons ministériels de Paris en 1831 gardent le souvenir de ses terreurs peut-être exagérées sur la marche des finances et les désastres de la guerre*

Les maisons Baring, Hope étaient moins exposées parce qu'elles s'étaient un peu retirées des emprunts politiques depuis la royauté des Rothschild. Le roi Guillaume de Hollande avait demandé le concours des banquiers anglais et hollandais pour les emprunts qu'allait nécessiter la guerre contre la Belgique violemment séparée. Ce concours ne lui manqua pas; cette guerre allait coûter au roi Guillaume

&0, 000, 000 de florins; il les trouva très-facilement à Londres, à Amsterdam, à un taux fabuleusement abaissé quand on le comparait à l'état réel de la dette publique. La Banque hollandaise a toujours une grande faveur à Londres; les fonds publics de la Bourse d'Amsterdam sont pris eu Angleterre, de confiance, en vertu des vieux rapports politiques et financiers qui datent de Guillaume IIL

Pour parer à cette crise suprême, le parti de la résistance, dirigé par le roi Louis-Philippe^ forma le ministère de M. Casimir Périer; la Banque et le commerce de Paris n'en pouvaient plus sous l'émeute; il fallait comprimer l'insurrection, raffermir les conditions du crédit publie. L'abbé Louis reprit le ministère des finances, et son premier projet présenté à la Chambre des députés formula une augmentation d'impôt cc^idérable sur la propriété foncièreet les quatre contributions directes. L'abbé Louis, esprit rude et positif, allait droit au premier élément du crédit, l'impôt. M. de Yillèle et la Restauration avaient procédé par dégrèvement; la Révolution reprenait cette concession : timbre , enregistrement , droit de mutation « tout était augmenté , et avec cet appel vigoureux à l'impôt* c'était à peine si le déficit

était couvert. La confiance une fois rétablie, on espérait trouver facilement un emprunt pour retirer les bons du Trésor de la circulation ; la dette flottante avait atteint des proportions au delà de toute mesure, qu'il fallait régulariser sous peine d'une suspension de payement. Le gouvernement nouveau dans les questions de crédit était entouré, pressé, appuyé par toute la baute banque et le commerce; Louis- Philippe était le roi choisi par MM. Delessert, Jacques Lefebvre, Ganneron, Odier, etc. M. Casimir Périer avait leur confiance; ils le savaient têtu, emporté, n'ayant d'autre idée, d'autre plan politique que la force et la répression , et ce caractère leur plaisait. Seulement M. Périer avait besoin d'être contenu dans les questions de l'extérieur; tout le parti libéral avait encore sur son habit quelque débris de la vieille poudre révolutionnaire.

Au reste, banquier avant tout, ^ M. Casimir Périer venait de nommer préfet de police un ami de sa maison, longtemps commandité par elle , et qui avait fait de fort mauvaises affaires commerciales , souple à sa voix , obéissant à ses ordres. M. Casimir Périer était souvent forcé à ces choix malheureux : son caractère irritable ne rendait pas

ses rapports possibles aux cœurs un peu hauts, un peu fiers d'eux-mêmes, et qui dédaignent le rôle de vassaux et d'hommes-liges, toujours abaissés devant les foudres et les oracles de sa parole.

Vers le printemps de 1832, l'Europe avait repris son attitude répressive et restait maîtresse de la question. Alors la maison Rothschild put lui être d'un grand secours , car elle se relevait riche et puissante. L'empereur Nicolas réprimait vigoureusement l'insurrection polonaise ; l'Autriche rentrait en Italie ; le roi de Prusse armait pour la Hollande, et la conférence de Londres s'avançait pour une solution évidente de la question belge; l'entente cordiale entre la France et l'Angleterre suffisait pour maintenir la paix. Le crédit dès lors pouvait se rafiermir, et la maison Rothschil, après une rude épreuve de dix-huit mois, prenait encore la tète des emprunts et la royauté financière.

M. James de Rothschil à Paris, à travers quelques hésitations ou des faiblesses incontestées, avait montré une activité, une habileté qui, peu à peu, le rendirent encore maître de la place pour les emprunts. On ne voyait que M. James dans les salons; il plaidait l'ordre , la paix , la confiance dans les esprits.

Son earactëre diplomatique de consul d'Autriche le mettait à l'abri des grandes émeutes et des insultes populaires^ Toutefois, M. de Rotschild crut plusieurs fois nécessaire de s'adresser au préfet de police pour signaler des manœuvres coupables contre sa personne ou contre sa fortune. La Révolution voyait toujours dans cette honorable maison i le banquier de la Sainte^ÀUiance ; on disait que l'argent fourni par les emprunts servait à la répression de l'esprit de liberté en Europe, et pour quelques-uns c'était un. crime. Il faut dire en l'honneur de M« de Rothschild, qu'il ne prêta qu'une attention limitée aux coupables menaces qui lui furent adressées, et ce n'est qu'à la fin de 1830 qu'il avait eu un moment la pensée de quitter Paris, projet incertain et qui ne fut jamais réalisé.

LES SAINTS-SIMONIENS EN POLICE CORREC- TIONELLE. CONDAMNATION DE MU. ENFAN- TIN, MICHEL CHEVALIER , ETC.

Ce que les haute banquiers, les commerçants, et en général la bourgeoisie n'avaient pas assez remarqué, en se jetant à corps perdu dans la Révolution» c'est qu'ils soulevaient les haines et les ressentiments* les mauvais instincts des classes prolétaires. On ne provoque jamais en vain les tempêtes : les barrica-

des portaient leurs fruits. Il y avait un désordre de clubs et d'émeutes permanentes dans les lietix et sur la place publique ; on était parvenu à les dissoudre, à les dissiper. Mais ce n'était là qu'une partie de la tâche, la plus facile peut-être; la puissance du mal résulte surtout des fausses doctrines, des prédications insensées, et pour ces faits, la répression est plus difficile! à moins qu'il n'arrive un gouvernement

fort, qui ose saisir le mal jusqu'à son principe, par une législation prévoyante et énergique.

Il se fit donc à la révolution de Juillet un bruit de journaux, de brochures et de prédications audacieuses qui, non-seulement reprirent la tradition des doctrines de 1789 et de 1793, mais encore qui développèrent les théories nouvelles les plus subversives de l'ordre social. Dans ces temps surexcités, qu'on appelle révolution, les principes les plus nouveaux, les plus étranges, se font jour, et quelquefois même ils sont enseignés par des esprits sérieux et distingués : la société est alors dans un tel état d'exaltation, qu'une folie contagieuse s'étend et se développe autour d'elle. Après Juillet, il n'y eut plus de limites à l'audace des enseignements.

Le plus hardi de tous fut le saint-simonisme, annoncé comme une religion féconde et puissante. Saint-Simon n'existait plus ; mais il avait légué ses papiers et ses enseignements à MM. Augustin Thierry et Olinde Rodriguez, qui continuèrent à écrire dans le sens du maître, avec quelques précautions d'abord, puis avec toute liberté après la révolution de Juillet. Les plus audacieux de ces disciples furent MM. Bazard et Enfantin ; le premier, ancien fonda-

teur de la charbonnerie insurrectionnelle en France, esprit d'action ; le second, d'une famille de banque, élève fort distingué des Écoles de Paris , fut bientôt reconnu pour le Père delà religion saint-simonienne. Autour du Père suprême se groupaient les apôtres : Ém. Barrault, Charles Duveyrier, Michel Chevalier, Fournel, d'Eichtal, Pereire, Stéphane Flachat, Léon Halévi, tous appartenant à des conditions de science et d'études, cherchaient le bruit, la renommée.

Tant que les saints-simoniens se contentèrent d'enseignement privé et mutuel, leur doctrine ne tomba pas sous le coup de l'examen ; ils purent se faire Dieu, Père suprême et disciple ; mais ils voulurent bientôt se faire reconnaître comme une association légale dans l'État, car MM. Bazard et Enfantin adressèrent une lettre au président de la Chambre des députés : « Oui, disaient-ils, les saints-simoniens professent sur l'avenir de la propriété et de la femme des idées qui leur sont toutes particulières et qui se rattachent aussi à des vues toutes nouvelles sur la source du pouvoir et de la liberté; ils veulent qu'à l'avenir chacun soit placé selon sa capacité et rétribué selon ses œuvres : ils se bornent à poursuivre la destruction de C héritage et à demander que

tous lôB instruments du travail, les terres et les capitaux qui forment aujourd'hui le sol morcelé des propriétés particulières» soient réunis en un fonds social, et que ce fonds soit exploité par association et hiérarchiquement, de manière que la tâche de chacun soit l'expression de sa capacité» et la richesse la memesure de ses œuvres. )>

Il y avait dans cette doctrine de MM. Bazard et Enfantin le renversement absolu de la société organisée : quel était l'avenir promis à la propriété dans lesaint'-simonisme? Une sorte de communisme hiérarchique et organisé» sans héritage, sans propriété individuelle, où chacun posséderait selon sa capacité. Quel était l'avenir de la femme promis par le saintsimonisme? La complète émancipation, la polygamie, le divorce : <i Le saint-simonisme, disait l'apôtre M. Michel Chevalier, vient mettre fin à ce trafic honteux , à cette prostitution légale qu'on appelle mariage, » A ce temps, M. Bazard, premier Père suprême, fut déposé et M. Enfantin mis à sa place, ou, comme il le proclamait lui-même, élevé à sa dignité : « Moi, père de la famille nouvelle, disait H. Enfantin» Dieu m'a donné mission d'appeler le prolétaire et la femme à une destinée nouvelle; je suis fort» j'ai

parlé, Tapostolat est fondé ; je me retire avec mes fils dans le lieu même où se passa mon enfance (Ménilmontant) , sur l'une des hauteurs qui dominent Paris. Vous avez ma parole, vous aurez mes actes ; mais je vais me reposer et me taire. )^ De telles doctrines étaient bien plus fatales que ridicules I

Ce fut à Ménil montant, dans cette solennelle retraite, que commença la comédie du saint-simonisme en action : les chants, les priëresi le costume étrange, la mascarade de la tunique et de l'immense barbe, l'exaltation enfin de M. Enfantin : «Notre Père Enfantin (1), disait M. Barrault, est le Messie de Dieu, le Roi des nations, dans lequel ses fils l'exaltent aujourd'hui; quant à la terre, elle l'exaltera un jour. f> Cette immense adoration pour le Père Enfantin était dans le cœur de tous les adeptes, et des apôtres spécialement : ses deuils domestiques devinrent des deuils publics, et l'apôtre M. Michel Chevalier écrivit le billet de faire part si extraordinaire qu'on va lire, pour la mort de de madame Enfantin la mère.

(1} M* EndRntin ftVAit »lora plui de trente ans«

Religion Saint-Simonienne.

Madame Enfantin, mère de notre Père suprême»

eat morte ce matin (Si^ avril] , je suis chargé par notre Père de vous annoncer cette nouvelle. Je vous prie, en son nom et en celui de tous ses enfants, d'assister à ce convoi.

Michel Chevalier, apôtre.

Voilà ce qu'écrivait un homme grave (1), et M. Barrault se hâtait de définir ce qu'était un %ptre d'une façon plus bizarre encore :

« L'apôtre fidèle à l'orbite souverain du Messie, disait M. Barrault, reflète au loin la lumière de cet astre immense (M. Enfantin), agrandi de ses propres rayons, et lui-même il est centre et comme le révélateur de l'astre dont il est le satellite : il est un monde; il aime le Messie (toujours M. Enfantin) comme un père, il le vénère comme un roi, il le sert comme un maître, car il porte le Messie, le Dieu et le Roi des nations. » C'était entre gens sérieux que ces choses se di-

(4) M. Chevalier avait vingt-six ans.

sdieiit et s'écrivaient (presque tous dè)|Miis se sont élëvèii à h foftilhê et attx dignités). Cest une observâtMtt triste à faii^ : il faut toujours avoir attaqué pilr Uh petit t^ôté la société ou l'autorité publique pouï* être assuré plus tard de leui^ faveur ; ceux l|tti ôïit défendu constàninkent tto pouvoir meurent souvent de fhim à sa porte. Ce fut au mois de mars 1 83S que c6mmënça , sur les hauteurs de Ménilmontant , là iMl^lé «t solennelle ï^traite des saints-simoniens sous le Père ËnJfentitt ; tous portaient alors le costuiAé 3é là ftittitle; quelquefois ils processionnaieAt en chantant des hymnes , ouvrage d'un des ttiemhTdi , et surtout rbymne provocateur à la révolté au làiliM dés ftihèi^Ues du général Lamarque i

Le ptaple a faim

Le peuple est miflérable.

C'était !V{Mf^e où se préparaient tés journées de juin , tu tes Saints-simoniéhs redisaient les souffî^n^ ces publiques avec un éclat séditieux r^x-mètnes , frës*obÔrés dans leurs affaires.étaient à la veille dNeme faillite ; ils vivaient publiquement avec une ott fiur Biëiirs feioimes libres , qu'ils prâiiaient où abandonnaient selon le caprice, femme maff^^ott fille de fa* m. (5) W

mille; ils avs^nt dépouillé plus d'un héritier en l'appelant au saint-simonisme. Enfin le parquet se réveilla contre de telles excentricités. MM. Enfantin, Michel Chevalier, Emile Barrault, Charles Duveyrier, Olinde Rodrigue, furent accusés <i d'avoir, à l'aide de manœuvres frauduleuses , et pour persuader l'exercice de fausses ratreprises, s'être fait remettre des sommes d'argent, et d'avoir ainsi escroqué la fortune d'autrui, et, en outre, d'avoir commis un outrage public aux bonnes mœurs (1).)> Sur cette accusation les saînts-simoniens ne montre-

rent pas une résignation respectueuse. M. Michel Chevalier surtout brava la justice dans des termes hautains. Il écrivit une lettre publique au procureur du roi, dont voici les expressions : « En France, depuis longtemps, la moralité des gouvernants, leur intelligence et leur habileté sont, à tort ou à raison, tombées dans le discrédit, aux yeux même des petits enfants. !► Ainsi parlait l'accusé en face de magistrats respectés , iandis que la famille saint-simonienne se rendait en costume au Palais-de-Justice. En présence déjuges honorables et qui méritaient le respect de tous, M. Michel Chevalier continua le même système

(l) A€le.4*«6CinBy«l» 16 août 1891.

de colère et de protestation. Quand on demanda le serment usuel, il prit des conclusions bizarres : a Attendu que le serment posé au témoin implique dans son sens le panthéisme confus, c'est-à-dire Fathéisme, il plaira à la Cour faire insérer au procèsverbal que les témoips, en prêtant le serment tel que le prononce M. le président, entendent ne pas faire abstraction de leur foi religieuse. ^

Aux questions sérieuses du président, magistrat d'un esprit calme et fin, le Père Enfantin répondit : « Vous m'ave? demandé si j'étais la loi vivante, je vous ai répondu affirmativement, et maintenant vous reniez vos paroles I » Quand M. Enfantin parlait aiosi, il avait derrière lui deux femmes vêtues de bleu, la couleur symbolique, et il s'écriait d'une façon très-animée : « J'avais demandé deux femmes pour conseil dans une question qui intéresse spécialement \e$ femmes ; je veux constater que l'appui de deux femmes m'a été refusé quand il s'agit de la cause des femmes. » Après d'autres paroles au moins aussi étranges, M. Enfantin promena ses regards sur l'assemblée : a J'ai besoin de rp'inspirer, je regarde et vQudrais apprendre quelque chose par mes regards. »Les magistrats sourirent : « Vous riez, mon-

sieur l'avocat général, je pilîs vous dire quelle importance nous attachons aux formes, à la beauté. Si Ton compose une armée, chacun s'écrie : les carabiniers doivent être de beaux hommes, ce sont surtout les beaux corps que je voudrais laver de leurs souillures et appeler à une meilleure existence. »

Le président suspendit la séance, en disant au Père suprême, M. Enfantin, qui s'appuyait sur M. Michel Chevalier : « Promenez à l'aise vos regards, nous n'avons pas de temps à perdre. » Quand l'audience fut reprise, M. Enfantin et son apôtre, M. Michel Chevalier, développèrent leur doctrine sur cette grande prostitution qtCon appelait le mariage, et le président leur imposant le respect des lois et de la société, rendit l'arrêt solennel de condamnation : MM. Enfantin, Michel Chevalier, Charles Duveyrier furent frappés d'un an de prison et de 100 francs d'amende pour outrage à la morale publique (1). Ce jugement était-il trop sévère? Cette doctrine saint-simonienne n'était pas seulement un grand ridicule, elle avait encore d'immenses dangers au milieu de la fermentation des ouvriers, quand les insurrections dii prolétariat de toute part éclataient à Pa-

(i) Jugement du 27 août iSdS.

ris, à Lyon, au milieu des agitations soudaines et profondes du compte-rendu des funérailles du général Lamarque. Ce n'était plus seulement une révolution politique qui marchaità son accomplissement, mais encore une véritable révolution sociale. Le saintsimonisme avait prêché le communisme pour la propriété, la communauté des femmes pour la famille (1 ] , l'abolition de Théritage, une nouvelle hiérarchie dans la corporation des ouvriers. Ces semences devaient porter leur fruit. Avec la marche des temps, on oublierait le mal que les prédicants de ces doctrines avaient fait, et en France, où la mémoire est courte, les chefs du saint-simonisme, frappés par la justice, prendraient une place supérieure dans les institutions de cette société qu'ils avaient ébranlée par leurs enseignements. Ainsi va le monde I

(1) Voyez les articles de M. Michel Chevalier dans le Globe^ 12 Janvier 1832, 9ur la femme. l.*acte d'accusation contre M. Michel Chevalier portait : «pour avoir en janvier 1832, par nu écrit imprimé et distribué, commis nu délit d'outrage à la morale et aux bonnes mœurs. »

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