‹ Histoire des grandes opérations financières; banques, bourses, emprunts, compagnies industrielles, etcChapitre 3 sur 39 · TU · texte numérisé non relu

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ception de Fimpôt; et la plus avancée des idées financières ne serait-ce pas celle d'une grande banque chargée des recettes, des dépenses et des services par de simples revirements de fonds au compte de l'État, ainsi que cela se pratiquait à Venise, à Gênes et en Hollande? Le moyenâge avait du bon, et l'esprit d'association lui-même ne Tient-il pas des ordres religieux? ils avaient inventé la vie commune, et Tintelligente distribution du travail avec la foi dans l'œuvre I

Paris, norembre 1857.

Aussi se gionfar^-ell^ %ft I^rge et presque désintéressée dans les questions financières ; elle considéra comme acquis aux gouvernements des alliés tous les subsides payés pendant la guerre, soit à la Prusse, soit à la Russie et à rAutriche, sans lui donner droit à aucune répétition ; elle se chargea même d'éteindre par l'intermédiaire des deux maisons Goldsmit)i et Nathan Rotl)schild f|e Lpqfjre^, ^qif coq|;ingent du papier-monnaie que la Trésorerie avait garanti en Allemagne pendant les deux campagnes de 1813 et de 1814^ et s'élevant à six millions et demi de livres, pp^ra^ipn difScile^ c^r les juifs avaient mis eq circulation beaucpifp de faux papier- monnaif) durant U crisp leuropé^pner

Le traité de ^aris (10 mai 1814) porte ou établit une sorte de quitta pqtre tous |es gouvernen^ents signataires; ils ne pouvaient rien se réclamer les uns aux autres : <i F4) conséquence, I^s hautes parties contractantes ^'engagent à $e remettre mutuellement tous les titres et les obligations qui ont rapport aux créances auxquelles elles ont réciprqquement renqncé (1). »

Cette renonciation était dans le droit des goi^ver-

(1) Article xyni.

nements; elle étuit même Iq résultat de la salisfiio* tîoD générale qpe faisait éprouver la paix si heiire»^ reusemeQt rétablie ; m^iis elle ne pouvait s'étendf^ sans injustice au:i^ créances et réclamations particulières des sqj^ts : n Le gouvernement français s'engage, est-il djf dans le traité, à faire liquider et payer les sommes qu'il se trouverait devoir dans l^s paya et en dehors de son territoire, en vertu de con? trats et d'autres ^qgagements formels passés entre des individus ou d^s établissements particuliers e\, les autorités fr^ipcaises, tant pour fournitures qu*k raison d'obligations légales (1). »

Cet article, d'une extrême élasticité, permettait ou autorisajl poe multitude de réclamations. Pendant l'occupation française en Allemagne, en Italie, en Pologne , dans Tlstrie et la Dalmatie , même en Espagne, indépendamment des faits et des violences de la guerre, il y avait eu des actes étranges de spoliation qu'aucun traité ne pouvait couvrir. Comment expliquer et justifier les prêts forcés que le maréchal Davoust avait exigés de la banque de Hambourg, ou le général Rapp du commerce de Dantzick? il y avait eu des contrats de fournitures signés

1) Article xix.

par M. Daru, intendant-général , avec des maisons honorables, qui n'avaient jamais été liquidés : l'Allemagne était couverte de bons des intendants et des généraux français pour des réquisitions, qui n'avaient jamaiô été acquittés. Pour ces contrats particuliers, le gouvernement français était légalement engagé , et il n'était pas dans les pouvoirs des plénipotentiai* res de l'en affranchir : une commission mixte fut désignée à cet effet dès 1 81 4 ; c'était un compte réci* proque à régler , car des Français avaient aussi des réclamations à faire auprès des gouvernements qui prenaient possession des territoires naguère possédés par la France et cédés par le traité de Paris.

Dans ces diverses catégories devait^Mr^omprendre la réclamation du gouvernement américain au nom des propriétaires des bâtiments neutres saisis et confisqués par suite du décret de Berlin? Puis, la réclamation des frères Bacri d'Alger pour les fournitures de blé qui remontaient jusqu'à l'époque du Comité de salut public, sur un ordre signé par Robespierre (I)? Enlîn une réclamation spéciale de TAngleterre avait pour objet les sommes dues aux familles des prisonniers anglais détenus ou internés

(1) Les fournitures avaient été faites en 1793 et Îl9h '

à V erdun pendant la Révolation et ITmpîre ; il avait été constaté que la plupart des sommes envoyées par les familles des prisonniers anglais n'étaient pas parvenues à leur destination. Le cabinet de Londres considérait également comme créances privées les sommes dépensées par les prisonniers français détenus en Angleterre.

Les réclamations de TAIIemagne , banques , établissements de commerce, étaient considérables , et pour la première fois vint à Paris , pour négocier directement, dans des intérêts particuliers, et comme représentant les créances des établissements ou banques de Hanovre etde Hesse,un jeune israélite d'une honorable et déjà puissante maison, né à Francfort, au milieu des plus vastes opérations (1) ; il pouvait avoir vingt-huit ans en 1 81 4 ; sa figure était fortement marquée du type juif allemand, sans mélange : rouge de cheveux, yeux ronds avec la tache indélébile, le teint un peu coloré sur des joues en pommettes, la bouche large, les lèvres épaisses; sa parole d'une douce politesse se ressentait de la condition abaissée des juifs allemands à Francfort; au

(1} Voyes le 2« volume sur les origines delà maison Rothschild*

reste, esprit fin, serviablë, d'une probité incontestée, habile dans leS chàtiges, expert comme le père commun dans Taloi' des monnaies : c'était le troisième fils, JatUes ftothschild qui, depuis, a conquis une si juste renortirtiée. Nous lé retrouverons dans dë§ négociations considérables àVec les gouvernements : cette fois il agissait comme mandataire pour des intérêts particuliers; il prit un petit entresol au fond d'une cour, rue Lepelletier, pour étudier avec persévérance et aptitude la place de Paris et les Opérations qui allaient s'accomplir.

Ces petits commencements d'une grande existence honorent toujours. Ce n'est pas un reproche, c'est plutôt un éloge >

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