‹ Histoire des grandes opérations financières; banques, bourses, emprunts, compagnies industrielles, etcChapitre 5 sur 39 · IS · texte numérisé non relu

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du Trésor payables en trois années fixes du jour de la liquidation avec intérêt à 8 0|Oparanetla faculté de la convertir toujours en inscription de o 0|0 consolidé. On affectait au payement de farriéré : l"" le produit de la Tente de 300,000 hectares des bois de TÉtat ; S^ le produit des biens communaux ; 3"" les 70 millions excédant du budget de 1815. Telle fut lexquisepro^ bité de la Restauration.

On ne pouvait faire une part plus large à Farriéré; ù

la Restauration se montrait trop généreuse à Tégard des faiseurs d'afiaires, acquéreurs à forfait de créan* ces douteuses, presque tout entières dans les mains des banquiers et fournisseurs : tels que MM. Colloti Doumerc, Hinguerlot, Seguin, Ouvrard. Il se fit alors un grand courant d'afiaires, et la rente 5 0|0, descendue aux derniers temps de la guerre à 52, 54 fr. se négocia en 1814 dans les prix de 75 à 80 fr. La Restauration éleva, honora la haute banque : elle donna ou confirma les lettres de barons à MM. Delessert, Hottinguer, Mallet, Florentin Seillière; elle créa comtes MM. Perrégaux et GrefTulhe, d'une origine étrangère, opulente maison fort liée avec le duc de Richelieu. Cette première époque de la Restauration fut évidemment le triomphe des intérêts du

commerce et de la banque; il y eut profusion d'argent : on sortait d'une guerre violente et des secousses terribles de l'invasion ; le monde s'ouvrait à la paix. Il y avait une telle probité, une telle confiance, que le bon papier à trois mois se prenait à â 0/0. La livre sterling était descendue à 24 fr. 90, le dollar à 5 fr. 5. Les étrangers accouraient à Paris en foule, spécialement les Anglais qui avaient soif du continent depuis 1793!

Il y eut un tel scrupule pour l'arriéré dans le nouveau gouvernement qu'il alla jusqu'à la prodigalité. Louis XVIII paya à madame de Staël un million de francs et les intérêts sur le Trésor, résultant d'un prêt fait par M. Necker ; et quand les pauvres émigrés mendiaient à la porte du château, la fille de M. Necker, ce ministre qui avait perdu la monarchie, recevait l'exact payement de sa créance. .\ quelques mois de là, mademoiselle de Staël, fiancée à M. le duc de Broglie, commençait ce canapé de politique doctrinaire qui fit tant de mal à la Restauration par ses principes et son opposition constitutionnelle. Hais Louis XVIII s'était épris du style de Corinne, et le Roi était aussi galant que généreux.

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