‹ Histoire des Grecs depuis les temps les plus reculés jusqu'à la réduction de la Grèce en province romaineChapitre 21 sur 78 · MERCURE, ORPHÉE ET EURYDICE · texte numérisé non relu

MERCURE, ORPHÉE ET EURYDICE

RELIGION DB L'AGE HËROlUUE. 215

atlclé de panthères et entouré d'un thiase de Nymphes, de Satyres et de Bacchantes, que Silène suit en chancelant; et tous les dieux secondaires des campagnes, des forêts et des eaux; Pan, les Faunes, les Satyres, les Drjades, les Naïades, et les Océanides, les Néréides, les

Tritons, qui accompagnaient, en jouant

sur les Ilots, le char de Nérée et d'Amphitrile; Éole et les Vents; les Muses et les Parques, etc. Le polythéisme grec, divinisant les phénomènes de la naluiv et les passions des hommes, les biens et les maux, était conduit à multiplier les dieux à l'infîni.

Cependant le chaos divin se coordonne; l'univers se partage en trois „ , ,„. , ,.j .

•^ f Bacdius (DionjsoB)et AriidDc'.

royaumes; Zeus a !e ciel et la terre;

Poséidon, l'élément liquide; Hadès, le monde souterrain; et par la supériorité que les frères de Zeus lui reconnaissent, la trinité hellénique se résout dans l'unité, croyance qui avait commencé dès les temps les plus anciens. Jupiter, le maître de l'univers qu'il ébranle d'un froncement de ses sourcils', réunit autour de lui sur l'Olympe les grands dieux, sa famille et son conseil. Au moment où les Troyens et les Grecs s'arment pour la lutte suprême, « il ordonne à Thémis, la personnification de l'ordre et la future déesse de la justice, de descendre des sommets de l'Olympe et de convoquer l'assemblée des immortels. D'un vol rapide, elle court à tous les dieux et les invite à se rendre près de Jupiter. Océanos seul s'abstient, maïs tous avec

répéliliou du dieu grotesquedesPhéniciens,Bès,« la plus antique des caricatures populaires», dit V. Heuiej {Bail, de Corr. HelUn., 1884, p. 161). Esculapc est aussi un dieu récent. Daus Horoére, il n'est encore qu'un homme, ou du moinsil n'est pas loul â fait un dieu. A Ëpidaure, on l'adora sous la forme d'un serpent qu'on nourrissait dans son temple. Cet étrange S]inbol<>, qiii fait penser aux animaui sacrés de l'Orient et de l'Egypte, révèle une importation 'trangèrp. Sur les cures merreilleuses opérées dans ses temples, ïoy. Haury, 11, 458 et sui*. (lu parlait aussi, bien entendu, de morts rappelés à la vie. Les moyens curaUfs variaient beaucoup; un des plus singuliers était le service que des chiens entretenus auï frais du dieu rendaient aui malades en léchant leurs plaies. Voy. S. Reiuach, Rev. Ardi., 1884, H, p. 139; Letckimt dont le cuite d'Etatlape.

' Dknij-sos et Ariadne, dans un char traîné par deux centaures dont l'un joue de la lyre. La marclip est guidée par Hynien, reconnaissnble ,'i son llambeun ; Tros arrange une diaperie qui couvre les deui époux, lia ns la partie inférieure. Océan, assis à cûlé de Thétis; une Océa- • nide seralile venir leur annoncer le mariage de Dionysos. (Camée du Cabinet de France. Sardnini à deux couches. Haut. 42 milL; larg. 46 mill. Chabouillct, Catalogue dn Camiei, etc., a- fil.) • Ibid., I, 528.

316 IIISTOIItK LËUENUAIRb: (:!000<1 104?}.

les Fleuves et les Nymphes qui habilenl les fonils, les sources et les prairies verdoyantes, arrivent au palais de l'assembleur des nuages el prennent place devant l'éclatant portique que Vuicain a construit pour son redoutable père. Neptune lui-même, docile à la voix de la déesse, esl sorti des flots et s'est mêlé aux autres dieux. >> Le grand Olympien leur communique ses ordres, et ils y obéissent'. Homère

appelle déjà Zeus le suprême ordonnateur, ûiraro; n-nirap. De ees notions obscures d'un pouvoir suprême, Socrale, Platon et .\ristotc tireront un jour l'idée d'un dieu unique, qui maintiendra l'ordre cl l'harmonie dans les deux mgndes de l'esprit et de la matière, niaisà qui les peuples refuseront longtemps de sacrifier leurs divinités locales'.

' Iliade, XX, inîlio.

* Gravure sur uu miroir ptnisque, du Cnluncl lii' France. {Catalogue, »• 5153. Cf. Geriiari.

, FAruMkUchc Spieyd, pi, CCXXXI ni Imnc. III. p. 217). TIh'IIs {Thrlhi»), nw el aiWo, a la main

droite appuyée .sur l'épaule d'Actiille {Arhic) qui, couvert iJe son armure, s'agiprèlp à qiiitliT

les siens. Néoplolême (yecllane) csl à cAlé du li/^rus. Derrière Di^Iis esl assise Dêidaiim'-

épouse d'AcliilIc et ini re de Néoptolènie.

' De tri's savants 11 unîmes, par exemple Kiirslen (.Ynro/j/iafijf ivliq»iix,[i. Il(),(!til nniHiiii"'

ltKLIG]0>' DE L'ACt: HËRUlUlE- 217

Mais Comment les Grecs accordaient-ils leurs imaginalions avec la réalité? C'est qu'ils avaient résolu le problème de faire vivre les divinités au milieu d'eux sans les voir, en leur attribuant un corps d'une nature parliculièrc, impalpable, incorruptible, qui pouvait prendre toutes les formes et ne jamais perdre celle fleur de la beauté

Jupilcr et lo'. (Voï. p. SIS.)

qui, pour ies'mortels, se fane si vile. Ils soumettaient ces corps à la nécessité de l'aHmcntation, leur donnant pour nourriture, dans les banquets sur les sommets de l'Olympe, le nectar et l'ambroisie; sur la terre, la fumée des chairs brûlées à leurs autels ; et ils croyaient gagner d'autant mieux leurs bonnes grâces qu'ils enverraient pour eux plus de cette fumée vers le ciel. Appelée par son fils, Thétis sort des

qui' la langue des Grecs se prèle niai il l'exprcssiuii de ruiiilé divine. S'il en élail ainsi, c'esl que leur espril fut longtemps rérraclaire h eelte idée.

> Peinture de vase, d'aprt'S Ovorbeck, Grieehitclie Kurulmythologie, Allas, Taf. Vil, 8 (cf Inle, 1, p. 467). — Au cenlre, lo est assisi; aupirs d'nue idole d'Héra. Elle a deux peliles romeg au front et tient de la main ganelie une cas»-tle, de. la main droite un altribnt qu'on ne peut délenniner. DcTant elle s'est arrâté Jupiter, couronné de inyrlo el le sceptre en main : la dresse de l'amour, Aphrodite, l'accompagne, une colombe à la main. Au-dessus vole l'JLiiiour et parait un Satyre. De l'autn; côlé d'io, l'on voit Ai^s qui la garde et peut-être lli'n elle-inénie. — Peinlnri'dVjpliciiIiou dilïicili'Kl incerlnitic.

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