‹ Histoire des Grecs depuis les temps les plus reculés jusqu'à la réduction de la Grèce en province romaineChapitre 37 sur 78 · I. — L'ATTIQUE ET SES ROIS · texte numérisé non relu

I. — L'ATTIQUE ET SES ROIS

Le petit pays que des montagnes d'accès difficile séparent de la Grèce centrale et qui s'avance en promontoire dans la mer Egée, flanqué à droite par la longue Eubée, à gauche par les îles de Salamine et d'Égine, est TÂttique, le point du monde le plus justement célèbre dans l'histoire de l'esprit humain. Elle est divisée en trois bassins demi-circulaires, les plaines d'Eleusis, d'Athènes et de Marathon, qui semblent fermées de tous côtés par les montagnes et la mer ; mais des communications naturelles s'ouvrent çà et là, et les monts s'abaissent pour laisser passer les routes et les voyageurs, de sorte qu'il se trouve à la fois, dans la conformation de l'Attique, diversité et unité. Sa surface n'égale pas la moitié de celle de nos plus petits départements, et son sol pierreux n'a même pas, sauf en quelques points, la riche végétation de la Béotie sa voisine, quoique la légende y fasse naître Triptolème, l'inventeur de l'agriculture, et qu'après l'adoration de Minerve, le culte principal y fût celui de Gérés : à peine du blé, un peu plus d'orge, des figuiers, des vignes, des oliviers, les abeilles de l'Hymette', les carrières de marbre du Pentélique, les mines d'argent du Laurion et les pêcheries abondantes de la côte, voilà, avec sa beauté sévère, mais fine et délicate, toute la richesse du pays, si vous ne comptez pas la plus féconde et la plus glorieuse de toutes, le génie des habitants- Ce génie, que forma l'influence des lieux, des circonstances histo-

Sur les avantages naturels de rAttique, voy. Xénophon, Revenus de VAttique, i. * Les Grecs ne connaissant pas le sucre, le miel était un objet important de commerce, car ils remployaient dans la pâtisserie, même dans les mets ; ils le regardaient d'ailleurs comme un aliment nécessaire aux vieillards et propre à prolonger la vie (Athénée, II, 7; m, 25).

riques et d'un climat qui fait le printemps si doux, l'hiver si clément, diffère profondément du caractère Spartiate : ouvert et étendu comme rhorizon sans limites qui, du haut de l'Acropole, laisse le regard errer au loin sur la mer Egée*; vif et piquant comme la brise marine

Le printemps cl le retour des hirondelles *.

qui souffle sur les collines empourprées de TAttique * ; curieux,

* Xénophon, la République d'Athènes, II, 7, disait : « Grâce à Tempire de la mer, ils entendent parler toutes les langues ; ils étudient les mœurs et les coutumes les plus différentes et ils ont introduit chez eux un heureux mélange de ce qu'ils ont trouvé de meilleur chei les Grecs et les barbares. »

* Peinture de vase, d'après les Monum, delV ïnst, archeoL, H, Tav. XXIV. — Trois hommes, un éphèbe, un vieiUard et un enfant, montrent du doigt Thirondelle qui ramène le printemps, et le dialogue suivant s'engage entre eux. L'éphébe : « Regarde ! une hirondelle ! » (looi)- •/eXi&ûv). — Le vieillard : « Oui, par Hercule ! » (Nfj tw 'HpoxXsa). — L'enfant : « La voici ! p (AuTïjî). — Et le vieillard reprend : « Voilà déjà le printemps. » fEap f^^). Le retour de l'iiirondelle « messagère du printemps » donnait lieu à des réjouissances auxquelles les enfants surtout prenaient part : à Rhodes, par exemple, ils allaient de maison en maison chanter Tarrivée de l'hirondelle. Athénée (VIII, 360 C) nous a conservé leur chanson : « Elle est arrivée, elle est arrivée. Thirondelle, amenant les belles saisons et les belles années, blanche au ventre, noire au dos !... » Et les enfants faisaient une quête. Cf. Aristophane, /e» Chevaliers, 41(>-418

s Ovide dit, de THymette, purpureos colles (Ars amai,, lU, 687), et, eu elTet, à certains moments du jour, les collines de THymette prennent cette teinte.

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