‹ Histoire des Grecs depuis les temps les plus reculés jusqu'à la réduction de la Grèce en province romaineChapitre 46 sur 78 · I. — PISISTRATE · texte numérisé non relu

I. — PISISTRATE

Les principes sur lesquels reposait la législation de Solon étaient bien d'accord avec le caractère et les besoins du peuple athénien ; ses lois, par conséquent, étaient destinées à vivre*. Mais il faut du temps pour que les vieux partis abdiquent et laissent les institutions nouvelles agir régulièrement. Le passé ne s'efface point d'un trait. Alors même qu'il est irrévocablement condamné à mourir, il prolonge longtemps encore son influence, et on a vu des sociétés bouleversées jusque dans leurs fondements ne pouvoir l'arracher de leur sein pour commencer librement une vie nouvelle. Dans une certaine mesure cette résistance est légitime, car elle empêche le mouvement de se précipiter, et, pour l'État comme pour la famille, la tradition est un élément qui doit avoir sa part d'influence. Qu'on ne s'étonne donc pas que la sagesse de Solon n'ait pu immédiatement désarmer toutes les ambitions, éteindre toutes les rancunes, réunir tous les partis en un seul, celui de la paix publique et de la grandeur nationale.

Quand, de retour de ses voyages, il rentra dans Athènes, trois factions étaient aux prises. Les hommes de la plaine avaient à leur tête Lycurgos, ceux du rivage l'Alcméonide Mégaclès, les montagnards Pisistrate, qui se vantait de descendre de Nestor. A ces derniers s'était jointe la foule des thètes, ennemis déclarés des riches et que Solon avait trompés dans leur espérance mauvaise d'un partage des terres. On respectait encore la récente constitution, du moins on ne la violait pas ouvertement ; mais, de tous côtés, on espérait une révolution au bout de laquelle le plus fort saisirait le pouvoir. Heureusement que

• Curtius dit de la législation de Solon : « Es war das giile Gewissen der Alhener welches das wankelmûthige Volk immer wieder mit leiser Gewall zum Guten zurùckfûhrle » (t. ï, 281}.

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l'histoire et les dernières lois avaient si étroitement uni les populations, que ces rivalités pouvaient bien conduire à la ruine des libertés publiques, mais non pas au déchirement de l'État. Ainsi, chaque faction avait son chef: seul, le parti de la paix et de la loi n'en avait pas. Solon était tout naturellement désigné pour ce rule. Reçu avec honneur et respect, il essaya de réconcilier les trois rivaux. Mais il ne tarda pas à distinguer parmi eux un ambitieux habile et dangereux pour la liberté : C'était Pisistrate, que sa bravoure dans les guerres contre Mégare avait rendu populaire, et qui se frayait les voies avec un grand art de séduction.

« Il était, dit Plutarque, d'un caractère aimable, insinuant dans ses propos, secourable envers les pauvres, doux et modéré pour ses ennemis. Il savait si bien simuler les qualités que la nature lui avait refusées, qu'il passait généralement pour un homme modeste, réservé, zélé partisan de la justice et de l'égalité, ennemi déclaré de ceux qui voulaient introduire des nouveautés. » Quand il crut le moment venu de renouveler la tentative de Cylon, il usa d'une ruse singulière. Après s'être fait à lui-même et à ses mules quelques légères blessures, il poussa ces animaux en désordre sur la place publique, fuyant, disait-il, des ennemis qui voulaient le tuer. La foule s'indigne; aussitôt un des confidents de Pisistrate propose qu'il soit donné une garde de cinquante hommes à l'ami du peuple. Au bruit de cette astucieuse proposition, Solon, malgré son grand âge, accourt sur la place publique et la combat énergiquement; mais, abandonné par les riches, il est seul au milieu de la foule menaçante des pauvres; il rentre alors chez lui, prend ses armes et les met devant la porte de sa, maison, en disant : « J'ai défendu autant qu'il m'a été possible la patrie et les lois, w II les défendit encore par ses vers, mais aussi vainement : « Si vous endurez ces maux par votre lâcheté, n'en accusez pas les dieux. C'est vous qui avez fait ces hommes si grands et qui vous êtes mis dans ce honteux esclavage. »

Par la déférence qu'il lui montra, Pisistrate le ramena, sinon à approuver son usurpation, du moins à l'aider quelquefois de ses conseils. Le sage mourut en 559.

Avec la garde qu'il avait obtenue et qu'il porta successivement à quatre cents hommes, Pisistrate s'empara de la citadelle (560). l^è^ lors il fut le maître d'Athènes, d'où les mécontents sortirent, pouraller fonder, sous la conduite de Miltiade l'Ancien, une colonie dans la Chersonèse de Thrace. Il usa de son pouvoir en habile politique. Con-

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lent de tout diriger à son gré, il se comporta, dans le reste, en simple citoyen et maintint les lois de Siilon. Accusé de meurtre, il comparut devant l'Aréopage.

Malgré cette modération, il ne réussit pas à garder le pouvoir, qu'il porilit et recouvra plusieurs fois. Mégaclès et les Alcméonides s'étaient d'eux-mêmes exilés. Lycurgos resta dans la ville, se réconcilia avec eux

et les deux factions réunies pai-vinrent à chasser l'ennemi commun. On s'était entendu pour renverser Pisistrate, on ne put s'entendre pour partager ses dépouilles; les alliés se brouillèrent, et la division fut partout, dans le pays comme dans la cité : plus de sécurité, plus de commerce. Pisistrate s'était retiré dans les montagneset y vivait eu chef indépendant. Mégaclès lui proposa, s'il voulait épouser sa fille, de lui laisser reprendre le pouvoir. Il accepta. Son influence était si grande encore dans la ville, qu'il ne s'était trouvé qu'un seul homme après son exil qui eût osése rendre acquéreur de ses biens rais à l'encan. Pour donner plus d'éclat à son retour, Pisistrate organisa une cérémonie qu'on a mal comprise. « Il y avait dans le bourg de Péania une femme d'une taille remarquable et d'un beau visage. Mégaclès et Pisistrate la revêtirent d'une armure complète et la placèrent sur un char, qui

' Peinlurede vase, d'après Gerhard, Jfwn-/. Vateiib., Taf. CXXXVF. — Pallas-Alliéna revêlue de l'égide, le casque en tête et une lance à la main monte sur son cliar: dti la inuin droite

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marcha vers la ville. 11 était précédé de hérauts qui criaienl : « Athé- '< niens, recevez favorablement Pisislrate, que, de tous les hommes. « Minerve honore le plus, et qu'elle ramène elle-même dans la ciia- « délie. » Il suivait le char à cheval. Les habitanls, persuadés que cette femme était réellement la déesse, se prosternèrent pour l'adorer, et laissèrent rentrer l'isislrale. " 11 n'avait pas besoin, avec son influence réunie à celle de Mégaclès. de cette ruse grossière. Les portes lui étaient ouvertes; mais, pour rentrer dans la ville avec plus de solennité, il s'était mis sous la protection de la déesse. Au lieu de faire porter sa statue durant la solennité habituelle, il y avait montré sa vivante image, et il y ent '2«TriEA»' ^ ^^ ^^^^ cela si peu de W /'^~>— "^^^^ feinte, que la prétendue déesse * ' ' épousa un de ses (ils, après

la cérémonie.

Un mariage avec une liiie des Alcméonides était la con-

Télrstli'acliniE d'ÉiTilrio'. ,. . , , . «. .

dition imposée a Pisistrale.

Mais il ne voulait pas mêler son sang à celui d'une race maudite.

Le mépris qu'il montra à la jeune femme rejeta Mégaclès dans le parti de Lycurgos. Pisistrate fut encore obligé de quitter Athènes, et celte fois l'Attique même. Il se retira à Éréirie, dans l'Eubée, une des villes alors les plus prospères de la Grèce. Il s'y trouvait à portée de ses anciens clients, les Diacriens, et au milieu

u sirïmon per- ^(■„„ concours considérable de marchands venus de

sonniUâ *.

tous les points du monde hellénique. Riche par le produit des mines qu'il possédait sur les bords du Strjmon, il tint état de prince et noua sur le conlinenl, dans les îles et jusqu'en Italie, d'étroites relations avec des villes jalouses d'Athènes, comme l'étaient Thèbes et Argos, ou d'autres qu'il gagna par quelques services. Le moment venu, elles prêtèrent de grosses sommes à celui

elle porte une couroiiiie. A la léte des theiaui se lieiil llernips; derrière, sont Hérakiés rt .Apollon. Celui'^i joue de In cithare.

' Buste de Diane uliasseresse, à droilc, avec l'arc el le carquois sur l'épaule. Sur le biiiidfau qui lie les cheveux, on lit les leUres 4>A, initiales du nom de l'artislc qui grava celte bt'lk médaille. ^. EPETPIEQN. Vache debout à droite, avec une soiuielle nu cnu: dessous, AAMASIAI, nom d'un magistral ; le loul dans une couronne de laurier. (Cabinet de France.)

* Tète du Strynion, couronnée de roseaux, à droite, sur une monnaie d'ai-genl de U Macédoine, t'ii génère. Au revers, un trident el la légende MAKE&ONUN.

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dont tout le monde disait qu'il rendrait bientôt au centuple. Ilippias, son fils aîné, et le devin Amphilvtos le décidèrent, en 541, à faire un nouvel effort. Les Argiens lui permirent de lever chez eux un corps de mercenaires, et le Naxien Lygdamis vint le rejoindre avec des soldats et de l'argent. Les Athéniens sortirent pour le combattre, mais en désordre; la victoire fut facile, et Pisistrate entra avec les fuvards dans Athènes, d'où les Alcméonides s'exilèrent encore. Il affermit son pouvoir en promettant à tous amnistie et sûreté, à condition que chacun retournât tranquillement à ses affaires. Mais il ne se fia qu'aux troupes étrangères, qu'il put conserver à sa solde. Il se fit donner d'ailleurs en otage les enfants des principaux citoyens et les relégua dans l'île de Naxos, qu'il soumit et que gouverna son ami Lvgdamis. Enfin il ., • , v .

" «^ " Monnaie de >axos '.

enleva aux Athéniens leurs armes, qu'il

déposa dans le temple d'Aglaure, et il établit sa résidence sur l'Acropole, roc inaccessible, excepté en un point facile à garder.

Sa tvrannie fut du moins intelligente et active\ Il rétablit les relations d'amitié avec Thèbes et Argos, et se fit l'hôte de Sparte. 11 voulait de ce coté la paix, car, de même que Solon, il comprenait que ce n'était point sur la terre ferme, où Mégare et Thèbes lui barraient la route, qu'Athènes devait chercher la fortune, mais sur cette mer des Cyclades, par où passait tout le commerce de la Grèce avec la cote asiatique, et qui appartiendrait au premier occupant. 11 créa une marine puissante, assura aux marchands alhéniens le bon accueil des princes de Thessalie et de Macédoine, ot inaugura le système qui devait porter si haut la grandeur de TAtlique : des colonies pour servir au dehors de points d'appui à sa domination, et des liens d'affection, noués avec les cités ioniennes, pour les rapprocher d'Athènes et les serrer si l'on peut dire autour de leur métropole. Il enleva aux Mytiléniens dans la Tioade la ville de Sigée qui commandait l'entrée de l'Hellespont. Dans ces combats, le poète Alcée avait perdu son bouclier; les Athéniens le suspendirent , comme un trophée de victoire , aux murs du temple

* Monnaie d*argent de rile de Naxos. — Canthare aux anses duquel sont suspendues deux grappes de raisin. ^. Carré creux divisé en quatre compartiments. (Cabinet de France.)

* En grec le mot tyrannie n'implique pas l'idée de cruauté, mais celle de pouvoir exercé par un seul là où les lois le confient à plusieurs ou à tous.

,440 DE LINVASION DORIENNE AUX GLERRES MÉDIQUES (1104-490)

d'Athènes. Un oracle ayant demandé la purification de Délos, le vieiii sanctuaire des tribus ioniennes, il se cliar^ca d'accomplir la volonté d'Apollon. Sur tous les points de l'ile que l'on pouvait apercevoir du sommet du temple, on enleva les tombeaux et on transporta les morts dans un autre lieu.

11 ouvrit des routes pour relier la ville avec son port de Phalère et avec les cantons ruraux; elles se réunissaient au Céramique, le faubourg des potiers, c'est-idire, de la classe industrielle ou du petit peuple, sur lequel il s'appuyait, et au centre de ce quartier qui devenait la nouvelle Athi--

nes, au nord-ouest de l'Acropole, il éleva un autel aux douze grands dieux. Il conduisit, par des aqueducs souterrains qui subsistent cncoro.

' Tèlc liarbiied'Alcée à gauche, sur une monnaie de lironze de Hiljlt'np ; en léfcendc : AAKAIOC. MYTIA. Le revers do celle monnaie porto la léte et le nom de HMacos. (Cnbrnel de fnntc]

* l'einture de vase, d'après Gerliard, Fetlgedanken an Wiackebnann, 1811, Taf. Il, î-i- — Le potier, un ébauchoir k la main, aciiëve un pelil tkyphos. Sur une étagère, à droite.ou sur un four, sont deux vases déjà terminés.

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LES PISISTR-VTIDES ET CLISTHÉNÈS (560-500). 4-15

les sources des monlagnes jusque dans la ville, où elles alimenléront les fontaines publiques, de sorte que la source antique de Kallir^ rhoé, ou " la foutaine aux belles eaux, » put ê(re réservée pour le service des dieux et les cérémonies saintes. Il commença plusieurs des monunieuls qui devaicul élre une des

La funUinc Kallîii-lioé '.

gloires d'Athènes' : le Parthénon consacré à Minerve"', un leinple d'Apollon et celui de Jupiter Olympien, qui fut entrepris dans de telles proportions, qu'on ne put l'achever que sept cents ans après, et que

' Ëlal aciuel de la fontaine Kallirrhoé, dans le lit de l'ilissos, d'apri'S Gurlins el KnupcrI. Atlas ton Athen, pi. IX, 3. — Dans la troisième des cavités, à droite, débouchaient dos cananx soigneusement travaillés.

■ Anssî Aristote {PolitiqM, liv. V, chap. Il) range-t-il Pisislrale parmi les tyrans qni soumirent leur peuple à de grands travaux, pour être plus sûrs de son ot)éissaiice. Il ne roulait pa» d'oisifs dans la ville, et il multiplia ce qui devint une des richesses de l'Altique, les plantations d'oliviers.

* Ce Parttiénon primitif, que les Perses détiiiisirent et dont les débris se voient encore dans le mur occidental de l'Acropole, contenait le Trésor de Minerve, qui recevail, i chaque naissance et à chaque décès, une obole, une mesure d'orge et une mesure d'avoine.

nul temple, dans l'univers hellénique, si ce n'est celui d'Éphèse, n'égalait pour l'étendue de son enceinte. Il décora enfin le Lycée, beau jardin, voisin de la ville, où la jeunesse allait s'exercer à la palestre, organisa la première bibliothèque qu'on ait vue en Grèce, et l'ouvrit aux étrangers comme aux citoyens. 11 fit môme ce que nous appellerions une première édition des poèmes d'Homère, que les rhapsodes avaient seuls jusqu'alors conservés par la tradition*. De savants hommes, Ononiacritos d'Athènes, Zopyros d'IIéraclée, Orphéos de Crotone, travaillèrent avec lui à rapprocher les fragments, à épurer le texte, à remplacer (les vers qui lui déplaisaient par d'autres qu'il inspira. Le poème immortel reçut alors à peu près la forme sous laquelle il nous est

* La gravure de la page 445 représente, d'après une photographie, un bas-relief en marbre, découvert en Italie dans les ruines de Bovillse, aujourd'hui au Musée Britannique. L'œuvre est signée; on lit en effet à la partie supérieure 'Apx^iXaoî 'AtroXXojvî&u l7cot7)aenpiv)ve6;. Archélaos de Priène n'est sans doute pas antérieur au premier siècle av. J.-C. (Voy. Overbeck, GeschichU der griechischen Plastiky II, p. 598 et p. 461, notes 53 et 59). — Le bas-relief comprend deux parties distinctes, dont l'une seulement, la partie inférieure, est consacrée à Homère; dans la partie supérieure sont les Dieux et les Muses qui ont inspiré le grand poète. La scène, à la partie inférieure, se passe sous un portique tendu de draperies : à la partie supérieure, c'est sur le Parnasse même que sont groupés muses et dieux. — I. Hotnère (OMHPOS) est assis, à gauche, sur un siège élevé : de la main gauche, il tient sons coptre; de la droite, le rouleau où sont écrits ses poèmes. Agenouillées de chaque côté de son siège sont VHiade (lAlAI) cl VOdyssée (OAÏSSEIA) : l'une tient une épée, l'autre, l'apluslre du vaisseau d'Ulysse. L'artiste a même fait allusion au poème de la Bairachomtjomachie : sur Fescabeau sont, en face l'un de l'autre, un rat et une grenouille. Derrière Homère se tiennent la Terre (OIKOVMENH) et le Temps (XPONOS) : la Terre, coiffée d'un haut modius dépose une couronne sur la tête du poète; le Temps, auquel l'artiste a donné des ailes, élève de la main droite les rouleaux qui contiennent les poésies d'Homère. Devant le poète se dresse un autel sur lequel brille la flamme; à côté est la victime. La Fable (MÏBOS), sous les traits d'un jeune garçon, s'apprête A verser des libations. Vers l'autel s'avance, en nombre égal à celui des Muses, le chœur des adorateurs : ce sont d'abord V Histoire (ISTOPÏA), la Poésie épiqtie (FOIHSÎS), la Tragédie (TPArûIAlA), la Comédie (KÛMÎ2IAIA), qui s'inspireront éternellement des immortels poèmes; puis, derrière un jeune enfant qui personnifie la Nature (<Ï>ÏSIS), se groupent la Vertu (APETH), la Mémoire (MiNHMU), la Foi (FISTIS), la Sagesse (2:04>IA), qui caractérisent en quelque sorte les qualités du poète. — H. L'artiste, en représentant le Parnasse, séjour d'Apollon et des Muses, a voulu montrer la source même de cette divine poésie, et ceux des dieux qui ont inspiré le poète et Tout comblé de leurs dons. H a représenté la montagne tout entière, depuis le temple de Delphes, qui s'élève à ses pieds, jusqu'au sommet où Irône le maître des dieux. On voit d'abord, à droite, en avant du trépied delphique, la statue d'un poète, des rouleaux à la main : c'est Hésiode ou Orphée. Vient Vantre corycie/iy au fond duquel est Apollon, la lyre h la main : devant lui se dresse Vomphalos^ l'ombQic sacré, sur lequel le dieu a déposé son carquois et son arc. Une femme, peut-être la Pythie ou la prêtresse de Delphes, s'avance vers lui, tenant en main une phiale. Vient le chœur des Muse^ dont Apollon est le maître : c'est d'abord Polymnie, tournée vers le dieu qu'elle semble écouter; puis Uranie, la main sur le globe céleste; Terpsichore et, immédiatement au-dessus d'elle, Clio; Calliope; Érato; enfin Euterpcj avec ses doubles flûtes. Encore plus haut, à la gauche de Zeiis et tournée vers lui, se tient Melpomène, immobile à côté de Thalie^ qui descend rapidement vers^ses sœurs. Le père des dieux et des hommes est assis sur le sommet de la montagne sainte : il tient son sceptre de la main droite et l'aigle est à ses pieds.

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