‹ Histoire des Grecs depuis les temps les plus reculés jusqu'à la réduction de la Grèce en province romaineChapitre 47 sur 78 · APOTHÉOSE O'HOMÉRE · texte numérisé non relu

APOTHÉOSE O'HOMÉRE

LES PISISTRATIDES ET CLISTHÉNÈS (560-500). Âil

panenu'. On fit de même pour les poêles cycliques et pour Hésiode. Quand il eut renouvelé la fête des grandes Panathénées, il voulut qu'on y récitât ces poèmes homériques, qui ne connaissaient pas la démocratie récente, mais qui céléhraient les exploits des héros que Pisisirate montrait comme ses aïeux et ceux des rois dont il avait ressaisi le pouvoir. Ainsi l'héritage commun de la Grèce entière devenait le hien particulier dWthènes, et Pisistrate consacrait déjà la ville où il i"égnait comme la capitale intellectuelle du monde hellénique. Il envoyait une galère de l'État chercher Anacréon à Téos; il appelait auprès de lui Lasos d'IIermione et Simonide de Céos, ipii, à la fin de sa vie, put se vanter d'avoir remporté \„ac]ioii' il Athènes cinquante-six victoires dithyrambiques; enlin il encourageait Thespis, un de ses Diacriens', à transformer, par l'alternance du récit et du chant, les chœurs de Dionysos, le dieu des vignobles de l'Attique, en un drame,

d'où sortirent la tragédie d'Eschyle et ^^^^^

tout le tbéàlrc athénien (555). //?l'^^^'-\

Pisistrate n'avait point aboli la der- l> ^^"^ï )

nière constitution, seulement rien ne ^^^ %^..y

se faisait, éleclion, loi ou entreprise quelconque, que par son influence et soHs sa direction. A voir les apparences, Athènes était une république; en réalité, elle avait un maître, mais un maiire populaire. Cependant il maintint sévèrement les lois qui regardaient la police et obligeaient au travail. Il rendit générale ime disposition de Solon en faveur des soldais mulilés à la guerre : tnul citoyen estropié ou infirme reçut une obole par jour (15 centimes). Pour conserver sa popularilé, il lit des distributions aux pauvres et ouvrit ses jardins au peuple. Anciennement, à la fête des grandes Panathénées, il n'y avait que des courses équestres, et les riciies seuls y prenaient part; il y institua des exercices gjmnastiques

< Il y Put d'aulrcs rccoiisiotis; les plus fumcustrs furent celles d'Arislole, au qiinlrième ^i^■cle, et d'Arislarqiie au deuxième.

' Revei-s d'une monnaie de Téos d'Ionic- Anacréon jouaut de la lyre; en légende : CT. Tl, HEICÛNE. THIÛS (aipuTTiTsa T<Stp:!.i> nsiumii«u T^fav). Au droit, la lélc de Neplune. (Bronie du Cabinet de France, n* 4934.)

' Thespis étail du bourg d'ikarîa.

* lieux lulleurs; dans le cbamp : Kl, marque d'atelier. ^. ESTFEilirS, nom di'A»pendtu ca caractères paniphyliens. Frondeur; dans le chanip, ta triquétra. (Monnaie d'argent d'.W ptodus de Pamphylie. Cabinet de France.)

448 DE L'INVASION DOIUENXE AUX GlERRES MÉDIQUES (1IO4-40O).

OÙ le plus pauvre put disputer la couronne. Ses libéralités étaient

intelligentes : pour empêcher la formation d'un prolétariat urbain.

cette plate des grandes villes, il renvoyait les indigents aux Iravaiix

des champs, et les mettait à même de se tirer des premiers embarras.

en leur donnant du bétail et de la semence.

H était difficile d'exécuter tant de travaux et de réformes sans que

le poids des dépenses publiques s'aggravât : Fisistralp

fut obligé d'établir une dime sur les produits de la

lerre. On raconte que, voyant un jour un campagnard

qui poussait péniblement sa charrue sur le flanc

de l'Hymctle, il lui demanda ce que lui rapportait

son champ: « Bien du mal, répondit le laboureur:

'^'"^"dcpio'iHiV^ '^^'^ Pisistrate s'en moque, pour\-u qu'il ait sa part

des revenus. » Le tyran se mit à rira et Ht dégrever

le pauvre homme. Il mourut en 527, assez maître du pouvoir pour

le transmettre à ses (ils.

Ainsi la tyrannie devenait héréditaire. Athènes avait déjà parcouru toute la série des transformations politiques dont Arislote cx'iHtsc la théorie et qu'il montre suivie régulièrement dans presque tous le* États de l'anliquité : royauté héroïque, aristocratie, oligarchie, démocratie, tyrannie. Tandis que la lente et cauteleuse Lacédémoiie s'arri'tail au premier pas, entre la royauté héroïque et l'aristocratie, l'impaliente et mobile Athènes courait d'une extrémité à l'autre, essayait toutes les formes de gouvernement et arrivait, au dernier période (if cette longue évolution, à la tyrannie. Elle allait bientôt en sortir glorieusement pour pratiquer le vrai gouvernement républicain et démocratique.

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