‹ Histoire des Grecs depuis les temps les plus reculés jusqu'à la réduction de la Grèce en province romaineChapitre 48 sur 78 · II. — LES PlSISTRATtDES (Si7-3I · texte numérisé non relu

II. — LES PlSISTRATtDES (Si7-3I

I*isis(rate avait laissé trois fils, Ilippias, Hipparque et Thessalos, tous trois amis des lettres, mais, parce qu'ils avaient été élevés au sein de la puissance, moins prudents et moins réservés que leur père. Ilippias. en qualité d'ainé, était regardé comme le souverain; l'union cependant régnait entre eux, au point que Hipparque semblait associé au

' irapnH 1r BttUelin de Con: Hellén., Mil, (1884). ]>\. H, n* 35. — Charrue et Tinscriplion (6;iKAT0N. Pcut-èlre l'iiiscriiilioii se rapporte- t-elle a la dime préleïée par le lumplf d'Ëleugîs sur les produits de la terre.

pouvoir. Thucydide, qui peuInMre les ménage étant de leur maison, dit : « Ces tyrans affectèrent longtemps la sagesse et la vertu; contents de lever ; sur les Athéniens le vingtième des re- ; venus, ils embellissaient la \illc, soute- j ikmws ^ naient la guerre, et faisaient, dans les fêtes, les frais des sacrifices. La république, dans tout le reste, jouissait de ses droits, et la famille de Pisistrate avait seulement l'attention de placer quelques-uns des siens dans les charges'. » Ainsi, un fils d'Hippias fut archonte. Aini des arts, comme son aïeul dont il portait le nom, il éleva sur l'Agora un autel aux Douze i.

grands dieux et, dans le temenos d'A- =

pollon.ou enccinteconsacrée à ce dieu, |

un autre autel dont on vient derctrou- |

ver la dédicace sur les bords de l'ilissos. -|

■llipparque s'était fait l'ami d'Ana- t

créon, de Sîmonide de Céos el d'Ono- -^

macrilos, moitié poêle, moitié devin, qu'il chassa quand il l'eut surpris interpolant les prophéties de Musée. On lui attribue l'établissement de ces hermès qui ornaient les places et les car-

i ' < Simulacre arcliaïquo <le Dionysos, vu do prolil,

^ i ' posé sur un antel à dunblo hase et paraissant serïir

"^tHÉ f J "^ ite fonlniup; devant l'anli'l, en eiïi'l, on voil un caii-

~> -^ lliare placé pour recueillir le liquide coulant de

tiennes'. l'orilice de la Tonlaine. Légende : AINIOK. Revers

d'une monnaie d'argent d'jEnos de Thracc. Au droit,

ligure une tétc d'hermés,

' Livre VI, chap. uv.

* D'après l'original, au musée du Lonvre. — L'iierrai-s est double : d'un côté est la lèle de Dionysos, de l'autre celle d'Ariane(!).

' D'après r'AOïgvafo*, VI, p. 110. Sur ce marbre, an lit l'inscription suivante (que cite Thucydide, VI, E4) :

6^xn 'Ai:iU,ii»û; HuOiou iv TC[j.ivii.

Cette insiTiption a été découverte au mois de mai 1877, sur la riie droite

(leruissos, au sud-ouesl de l'Olympiéion. La copie de Thucydide n'en diffire pas d'une lelln

L'inscription est écrite en caractères archaïques. C'est l'alphabet atlique, tel qu'il était employ

/M DE L'INVASIO.^ DORIENNE AUX GUERRES MÉDIQUES (il 04-490).

refours, dans les rues d'Alhcncs, les bourgs de TAttique et le long (les roules. 11 y avait fait graver en vei^s de beaux préceptes de morale, tels que celui-ci : « Prenez toujours la justice pour guide, » et cet autre : <c Ne violez jamais les droits de l'amitié. » De sorte qiir l'étranger, à son entrée dans l'Attique, reconnaissait qu'il allait fouler une terre où la société civile était bien ordonnée et la culture de l'esprit en honneur. Un ancien compare le temps des Pisistratides aux jours de l'ûge d'or : « C'était le règne de Saturne, » est-il dit dans YUipparquey que l'on met à tort parmi les traités platoniciens; mais le mot n'étonnerait pas dans la bouche de Platon.

Un jour que les Pisistratides descendaient avec tout le peuple au Céramique pour offrir un sacrifice aux douze grands dieux, ils virent des suppliants assis sur les marches de l'autel : c'étaient des Plaléens. ils venaient implorer leur assistance contre Thèbes, qui aurait voulu accomplir en Béotie la révolution faite dans l'Attique au profit d'Athc^ nés, et devenir, comme elle, la métropole et le centre politique du pays. Les Pisistratides oublièrent leurs vieilles relations avec Thèbes pour saisir l'occasion d'étendre leur influence au delà du Parnès et d'assurer leur frontière de terre. L'armée qu'ils envoyèrent vainquit

les Thébains et scella entre Athènes et

Platée une alliance qui dura autant que

ces deux villes (519).

Cependant, de temps à autre, la tyran- Monnaie de piaiée «. nie se montrait. Cimon, le frère de Mil-

tiade, trois fois vainqueur aux jeux olympiques, parut, à cause de sa renommée, un citoyen dangereux : il fut assassiné. Ilarmodios ayant rejeté l'amitié d'IIipparque pour celle d'xVristogiton, citoyen d'une condition médiocre, le tyran s'en vengea lâchement. « Harmodios, dit Thucydide, avait une jeune

avant Euclide; il n'y a pas de lettres longues : 0 est employé pour Q et pour OV — E pour II — n est le signe de l'aspiration. L'autel des Douze dieux dont il est parlé dans le texte marquait le centre de la ville et le lieu où prenaient naissance les routes nouvelles qui reliaient Athènes aux dèmes de la campagne. Celui que nous donnons, d'après les MilUieilungen (les deutschen archàol. Instit. in Alhen, IV (i879), Taf. XX, a été découvert à Athènes en 1877, et provient également du Céramique intérieur. U est en marbre pentélique, et appartient encore à la bonne époque de l'art. Unit figures seulement subsistent, nous en donnons p. ^^ le développement : Zeus assis sur son trône et la main droite appuyée sur son sceptnî; derrière lui, liera; puis Apollon, la lyre à la main et Artémis; à gauche de Zeus est Atliéna, debout devant Démêler : celle-ci est assise sur un boisseau et tient des épis à la main. Suit Poséidon assis sur un rocher : devant lui se tient une déesse.

* Tète diadémée de Héra, à droite (peut-être la tête de la Junon de Praxitèle); dcrritre, ÏIAA (pourllAATAIEÛiX).!^. Le bouclier béotien. (Drachme.)

LES PISISTRATIDES ET CLISTHÉNÈS (560-500). iM

s(cur : elle fut inviléc à venir porter la corbeille sacrée à une ii'lc, et, quand clic se présenta, on la chassa honteusement, on soutenant qu'on ne l'avait pas mandée et qu'elle n'était pas di^ne

Dcveloppcinent dc3 ligures de Tautcl des Uauic grands diciii.

Aulcl des Douic grands dieui. (Vov

de remplir une fonction réservée anx filles des premières maisons, ilaiinodios fut violemment irrité de cette insnlte, et Arislogitoii partagea son ressentiment. Ils firent avec d'autres ennemis des Pisistratides le complot de les assassiner, et attendirent, ponr l'esé-

m DE L'INVASION DOUIENNE AUX GUERRES MÉDIQUES (H04-490).

cution de leur dessein, la fête des grandes Panathénées, le seul jour où les citoyens se réunissaient en armes. Ce jour arrivé, Hip-

pias, avec ses gardes, rangeait le cortège dans le Céramique, hors de la ville; déjà s'avançaient poin^.le frapper Ilarmodios et Aristogiton, armés de poip|^ qu'ils tenaient cachés sous des branches de quand ils virent un des conjurés s'entretenir fai ment avec lui, car il se laissait aborder par Un^JiJe monde. Ils se crurent dénoncés et voulurent du Wjfifis se venger avant de mourir. Ils franchirent les portes, se jetèreat:p|is

Ilarmodios et Aristogiton *.

Meurtre d'IIippai^que*.

la ville et, rencontrant Hipparque dans l'endroit nommé Léochorion, ils le frappèrent à mort'. Aristogiton parvint à se soustraire aux

* Statère en électnim, de*Cyziqiie (Percy Gardner, Typa of the greek Coins, pi. X, 4). Les doux types monétaires représentant Hnrmodios et Aristogiton, que nous publions (TOye:^, ()age 456, une monnaie d'Athènes), sont sans doute les images de deux des nombreuse alltut*s (pi'on éleva aux tyrannicides après leur mort.

* Pointure de va^e, d'après VÀrchàologische Zeitumi, iSSô, Taf. XII. — Hipparque est entn» l(\s deux meurtriers, et l'un d'eux Ta déjà frappé de son poignard. Au revers sont reptésenlh trois spectateurs ; témoins du meurtn*, ils s'enfuient effrayés. Il n'est pas sans intérêt de rapprocher cette peinture du groupe de Naples : sans aucun doute le peintre coDDSÎssait l'œuvre de Kritios etdeNésiotès.

* Voyez, page 453, les statues eu marbre des tyrannicides, conservées au musée de ^'aples (d'après une photographie). — Les deux meurtriers s'avancent rapidement brandissant leurs poignards. On a reconnu dans ce groupe une copie de l'œuvre de Kritios et Nésiotès, reproduite sur la monnaie athénienne donnée p. 456. Le groupe de Kritios était en bronze et avait remplacé, sur le chemin qui montait de l'agora à l'Acropole, les premières statues

LES TYRANNICIDES (musée de Naples)

jrnrdes , tandis qu'ils tiiaiont Ilarmodios. Secrclemont avcrli dp, ce 4|iii venait de se passer, Ilippias, au lieu de courir à IVndi'oit où le meurtre avait été commis, s'approcha des citoyens armés qui escortaient ie cortège avant qu'ils eussent rien appris, et, composant son visage pour ne laisser paraître aucune émotion, leur ordonna de gagner, sans armes, un endroit qu'il leur montra. Ils s'y rendirent, dans l'idée qu'il avait quelque chose à leur communiquer. Aussitôt il lit enlever les armes par ses gardes et arrêter tous ceux sur qui l'on trouva des poignards. »

Artstogiton, suivant des l'ccils postérieurs, avant d'étiv mis à mort, fut a[ipliqué à la torture dénonça les plus eliers iuiiis du tyran, qui commanda de les égorger aussitôt. •< Kt qui encore? » demanda-t-il.

« Il n'y a plus que toi, reprit l'Athénien, dont je voudrais la mort ; du moins je t'aurai fait tuer ceux que tu aimais le plus. » Les Athéniens, pnurennoblirce premier jour de leur liberté, racontaient encore que Ix-éna, une amie d'Aristogiton, avait été comme lut torturée, que, de crainte de céder à la douleur et de trahir involontairement un de ses complices, elle s'était coupé la langue avec les dents et l'avait crachée au visage du tyran. Après la chute des Pisistratides les Athéniens lij,'iirt'rent Lééna sous la forme d'une lionne sans langue. Les Grecs, comme les Romains, aimaient à représenter un pcreonnage par l'olijel que son nom rappelait: telle est la stèle de Léon de Sinopc.

•'•li'viVs ^Kir le peuple atht-iiiAii aux tvrauuicides. Celles-ci élak'iil l'irutro d'Aiiténor : ciilevéï-s

(inrXt-nès peudaut les guerres Médiques, elles Turent restltm'-es nui AUiéuieiis par Alexandre.

' Bas-relief atliénieu eu marbre, d'aprf-s Le Bas et Waddiiigtou, Voyage airhéotorjique, pi. 7a.

(le Siiio|ie

tëd DE L'INVASION nOIUEXNK AUX GIERIIE.S MÉDIQCES (1104-4901.

Harmodios ei Arislogiton ii'avaieiil pas été |»oussés au ineiirlre pnr une pensée jioliliquc ; les Fisislratûles ne leur avaieni paru des Ivraiis qu'après qu'ils avaieni ressenti les eflets lie la lyrannie : le nteurli-e d'Ilipparque fut la vengeance d'une injure personnelle. Néanmoins les Athéniens lirent des deux amis les martyrs de la liberté; ils leur élevèrent des statues; ils accordèrent à leurs descendants des privilèges dont ceux-ci jouissaient encore au temps de Démosthène, et dans les fêtes, dans les festins, ils chantaient :

« Je porterai l'épce dans le rameau de myrte, comme firent Harmodios et Aristogiton, quand ils tuèrent le tyran et qu'ils établirent dans Athr-

ilannodioa et Arislogilon. ncs l'égalité- (Hevei-s d'une monnaie m • > n i- i

(l'AUiéncs)'. « Très cher Harmodios, tu nés point mort;

sans doute, lu vis dans les Iles des bienheureux. là où se trouvent, dit-on, Achille aux pieds rapides, et Diomède, lils de Tydée.

« Dans le rameau de myrte, je porterai l'épce, comme Harmodios et Aristogiton, lorsqu'aux fêtes d'Athéna ils tuèrent le tyran Hipparque.

" Toujours votre renom vivra sur la terre, très cher Harmodios, el toi, Aristogiton, parce que vous avez tué le tyran et établi dans Athènes l'égalilé. »

La légende du dévouement patriotique des deux amis s'établit si fortement, que Thucydide, Platon et Aristote' ne purent l'ébranler, et elle cul de terribles conséquences. La doctrine de l'assassinai politique gagna de proche en proche la Grèce, les pays barbares et Home. Tuer le tyran fut la vertu suprême; elle inspira lîriitus et elle inspire encore ceux qui cherchent à gagner, par un meurtre de i-oi, le renom menteur de héros de la liberté.

Depuis le meurtre de son frère (ol4), le caractère d'Ilippias sembla

n*3. — Le lion (Xi'iixi), sculpta dans le champ, Tait allusion au nom duniorl: AEÛN. De mémf . 011 sculptait un veau ((id^oç) snr la tombo d'uu personnage nommé Hosclios; un palmitr (çofvi^) sur ia lomlie d'un personnage nonimi' Pliènix. Pour Rome, voy. Hitl. da Rom., 1. 1. p. C7.

' ReviTS d'un ((^Iradraclune aihénien signé des deui magistrats : MENTQP el MOIXIQN- Un Toil, dans le champ, Â côlé de la chouette, les deux meurtriers s'apprèlanl à frapper Hipparque. (Beulé, op. cil., p. 7>ùj.)

* Thucydide, dans son histoire, au livre VI, 51); Platon, dans le BanquH, au discours df l'ausanias ; Arislote. dans sa PoUliqve, V, 10. Un déei-el de l'année 405 autorisa tout Athénien n tuer le citoyen qui aspirerait h la tyrannie, trahirait la république ou chercherait à renverser la constitution. Vov. Andocide, Sur h» mijtlêivt, 9j- Lycui^ue, Conin LéocmU. 126.

LES PISlSTRATiriES ET CLfSTIIÉNftS (ÔBO-50fl). «7

rtianfi;)'. Devenu sombre et soupçonneux, il fit jiérir beaucoup de citoyens, accabla les autres d'impôts et resserra ses alliances au dehors. Sun frère Thessalos possédait Sigée, le second Miltîade tenait pour lui la Cbersonèse, il s'attacha encore, ou lui donnant sa fille, le tyran de Lanipsaque qui jouissait d'un grand crédit auprès du roi de Pcree. « Lui, Athénien, s'unir à un homme de Lampsaque! » s'écrie )i.,„nflicdoidcUmpsa<(HcV Thucydide dans son orgueil attiquo. La

prudence faisail taire l'orgueil. Ilippias avait cependant bien d'aulre.s amis, Lacédémone, le roi de Macédoine, Amynlas, et les Tliessaliensde Larissa; que pouvait-il craindre?

Les Alcméonides bannis par Pisisirate avaient fait, jiour rentrer de

Dur pélissiipic à Dciplics *.

force dans l'Atlique. une première tentative qui était restée infructueuse. Ils cherchèrent des alliés. Le temple de Delphes avait été

' Têle de Teinme a gauche, aiec des bouclM d'omillc^. i^. Partie anlérieurc d'un liip|x>carii|»ï ailé, galopant à droite. (Friedlinder el Sallet, op. cit., n* 37, p. 5fi.)

• D'.iprês le Tour du Monde, XT^WW, p. 117. Ce mursoulicnt, du cAt^ du sud. l.-t tprrasseoii sVIcrail le temple d'Apollon. (Voy. Foucart, Mémoire tur let rvinet et riiittoiie de Delphe», p 8"i Hsui?.) Le mur est presque euliérenieiit couvert d'inscriptions, surtout d'actes d'arfranchissi'ment. (Voy. E. Ciirtiiis, Anecdota Delphiea; Foucart el Wescher, Ingeriplion* recariltiet à Del~ fiAu ,- B. Oaussoullicr, dans XeBullelin deCorr. hellén., V (1881}, p. 597 et suiv.l

incendié en 548 : on ramassa de l'ai^eiU dans loule la Grèce pour le rebâtir, et les Uelphiens furent taxés pour leur pari à un quart de la dépense, évaluée à 500 talenls d'Égine {près de 2 millions de francs). Les Alcménnides firent marché avec les amphiclyons pour b reconstruction du temple, et dépassèrent de beaiii.e icmpie de Deipiics' *^°"P ''^"^ l'exéculion CB qui avait été convenu. Au lieu de construire le fronton en pierre, ils le Ijâtirent en marbre de Paros. Les Delphiens furent gagnés par coii)' générosité, et la Pythie ajouta à ses réponses, lorsque les Lacédcmonicns venaient la consulter, soit au nom de l'Ëlat, soit dans leur intérêt particulier, l'injonction de rendre la liberté à Athènes. I^< Spartiates étaient naturellement portés en faveur du parti aristocratique d'Athènes, représenté par les Alcniéonides, et hostiles, au fiui- Iraire, à cet esprit démocratique qui avait élevé les Pisistratidcs au pouvoir. En outre, ils n'avaient pas vu sans une secrète jalousie Irs progrès rapides des Athéniens sous Pïsistratc et ses fils, quoiqu'ils eussent fait alliance avec eux. Mais le dieu semblant les en dégag<<r. ils se décidèrent à envoyer par mer une expédition, qui débarqua au port de Phalèrc. Ilippias, allié de lii puissante ville de Larissa, en Tln-ssalie, avait reçu un secoui's de niilli' cavalieiï de ce pays, et il eut la pn''caution de dégarnir d'arbres et ili' haies les environs de Phalèrc. D<'s

Monnaie de Laiiss;! " 1^^ '^^ LacédémonicUS VOUlUFCIll

sortir dans la plaine, assaillis de taus câtés par les Thessaliens, ils furent rejetés sur leurs vaisseaux avec perte de leur chef et d'une partie de leurs soldats.

Cet échec accrut leur zèle, ils avaient maintenant une déraile à venger. D'ailleurs, à leur tète se trouvait un chef hardi, le roÈ Clècimène, à qui pesaient, tant qu'il restait à Lacédémone, la surveillancf des éphores et le rèle subalterne de la royauté Spartiate. Il aimait \:\

' Temple d'Apollon, à Delphes, vu de Irois quarts. Les colonnes sont des caryatides; sur !•' rroiitoii, l'image de l'omphalos ; sans le portique, la statue du dieu qui s'appuie sur un ci|q><'. ïtonnaie de bronze à l'effigie de l'impératrice Faustiue mère iBiil. Mut., Calai., pi. IV, fi. Central Greece.)

' Tète de la nymphe Larissa de face, les clieveui ^chevelés et portant un colliiT ii. AtPlSIAiaN. Cheval bridé, à droite. Didrachme. (Friedlândor et Sallet. Miin/MHiul, »• 198, pi. III.)

LES PiSlSTRATlDES ET CLISTHÉNÈS (560-500). «9

f!:uerre, qui lui rendait le commandement; il venait d'humilier Argos' fl souhaitait d'humilier encore une domination qui, depuis quelques années, faisait trop parler d'elle. Au bout de ces entreprises et de ces succès, il entrevoyait certainement une dernière victoire, celle qui abattrait devant lui les éphores et la constitution de son pays. Il mena donc une nouvelle armée contre Athènes. Cette fois, l'altaque, dirigée par terre, eut un meilleur succès; les Thessaliens furent battus et Athènes assiégée. « Les tyrans, dit Hérodote, s'élaient réfugiés derrière le mur pélasgique, et les Lacédémoniens, n'étant pas en état lie les y forcer, n'avaient nulle intention

d'entreprendre un siège contre des ennemis pourvus de provisions de toute sorte. Il songeaient même à se retirer, après un blocus de quelques jours, lorsqu'un événement imprévu amena la ruine des Pisistralides. Htp- |)ias, pour mettre ses enfants à l'abri de lout événement, voulut les faire embar- Monnaie de sigéc».

cjuer; ils tombèrent aux mains de l'ennemi, qui ne consentit à tes rendre qu'à la condition que leur père sortirait de l'Altique dans cinq jours. H s'y décida (510), et se relira à Sigée avec ses trésors et ses principaux partisans. »

m. - CLISTUËNËS (510).

Avec les Alcméonides l'influence des Spartiates et l'esprit de leurs institutions semblaient devoir rentrer dans Athènes. Mais à la tèlc <les émigrés revenus était un homme qui, dans l'exil, avait beaucoup appris, Clisthénès petit-fils du tyran de Sicyone et le vrai fondateur de la démocratie athénienne. Hérodote fait de lui un ambitieux, qui, trouvant un rival dans Isagoras, un des plus riches et des plus nobles

' Voy. ci-dessus, p. 356.

* CïTalier armé de la lance. ^. TpWKA. Femme h saloileUe.elle se regarde dans un miroir H tieut dans la main gauche une casselelle. (ïonnale d'argent du musée de Berlin.) Trikka possédait un temple d'Esculapç regardé comme lu plus ancien et le plus fameux sanctuaire du dieu. (Strabon, VIII, 15, p. 574.)

' Tète casquée de Minerve, de face. ^. ZITF, (pour £]^EQ^). Double chouette à une seale tcle;dans le champ, le croissant. (Bronie du Cabinet de France, u* 18il.

UQ I)K L'INVASION DOIUKNNE AIX GLERUES MÉDHJIHS (ilU4-4î)0).

TesstM'c de la tribu Éreclifhéide*.

Tessêrc de la tribu Aigcidc'.

ciloyens d'Athènes, résolut de s'appuyer, comme Pisistrate, sur le pelil peu|)le et de détruire rinfluence des nobles en brisant les liens de la

clientèle qui retenaient dans leur dépendance une partie de la population \ Peutêtre ne lit-il qu'exécuter une patriotique réforme comme celle qui avait été entreprise un peu plus tôt à Home par le roi Servius, le mélange des anciens et des nouveaux habitants. Solon, en effet, avait conservé les anciennes Iribus qui,

étroitement fennées par des liens religieux, refusaient, malgré les facilités données par le législateur, de s'ouvrir pour recevoir les étrangers établis en grand nombre dansTAltique. L'oppression, qui avait pesé sur chacun, rapprocha tous les rangs, confondit les origines, et la révolution était sinon faite, du moins préparée dans les esprits, (piand Clisthénés raccomplit.

Xommé archonte éponyme, Clisthénés abolit les quatre anciennes tribus et les remplaça par dix tribus nouvelles, Tcssère de la dont Ics héros éponvuics eurent leurs statues dans VÂgora tis*" <*' ^"** ^^ Parthénon. Chacune corhprit dix dûmes, plus tani

davantage, car Strabon en compte jusqu'à cent soixantequatorze, et on en a trouvé cent quatre-vingts. Les dèmes d'une même tribu n'étaient pas nécessairement dans le même canton. De quatre dèmes, par exemple, qui entouraient le Pirée, trois appartenaient à autant de tribus différentes. Il en résulta cet avantage que la tribu, ne ri^préseutant pas un seul intérêt territorial, ne devint jamais le foyer d'une faction politique. Chaque dème, administré par un démarque, avait son registre de citoyens ou démotes, ses assemblées,

' Tlincydide, apivs avoir raconté (liv. H, 15-18) la destniclioii dfs divers Étals de TAttiqu»? par Th(Vsée (voy. ci-dessiis, p. 564), ajoute : « Mais, môme après celte coiiceiilration du gouvernement, la plupart des anciennes iamiUes et de ceUes qui se formèrent eiisuile, continuèrent à habiter au sein de leurs domaines et à vivre entourées de tous leurs serviteurs dans les lieux où elles avaient toujours vécu, et où se trouvaient leurs sancluairps particuliers, et pour ainsi dire leurs pénates domestiques. Quitter ces demeures luMvditaires et changer de canton, c'eut été pour eux quitter la patrie. »

* Cêrès tenant un épi et un canthare ; dans le champ, la tète du Soleil nidiée. iÇ. EPEXB. Tréiued et thyrse. (Plomb. — Voy. Bull, de Corn hellén., VIII, pi. I, 1(>.)

•• Airi:iS. â. Tête du Soleil radiée. (Plomb. — Voy. Bull, de Corr, hellén,, VIH, pi. 1, 15)

*'AIAN, autour d'un vase et de deux cYr/fl</*(w (Plomb. —Soy^BnlL de Corr.* bellén., VIII, pi. J, 12.)

LES PISISTRATIDES ET CLISTHÉNÈS (5C0-50O). iùi

ses revenus municipaux, ses dieux et. ses fûtes. Les liiies étaient inscrites ù ta phratrie el non pas an dème'.

Les phratrietf subdivisions des tribus anciennes, ne subsistèrent que pour les affaires civiles et religieuses. Les droits politiques dérivèrent (le l'on^anisalion nouvelle ; nul ne put avoir les privilèges du citoyen sans être inscrit dans un dème. Ce cliangcment transformera le peuple athénien, qui sera animé d'un esprit nouveau. Uislliénès l'a soustrait à l'influence que les nobles se transmettaient comme un héritage, dans leurs phratries ou dans leurs yî'vn, et qui restait de génération en génération, dans les mêmes maisons, .auparavant l'unité polilîque était le génox., composé de riloyeiis liés les uns aux autres par les traditions et la religion, et placés sous l'influence de chefs héréditaires; depuis Clisthénès ce fut le dème, composé d'hommes réunis seulement par la communauté (tes intérêts, la proximité des iloiiiaineset sous la seule influence (lu patriotisme. Pour prendre le '^lf^

langage politique moderne, ce n'é- ^, . ■ , /■ t^

lait rien de moins que l'établisse- -^J^'

mont du SUlTrage universel. Ix ci- Jeune nilc si«cque(atbénieiinc?|'.

loyen qui changeait de domicile

restait attaché au dème où il était inscrit : ainsi fera Rome pour les

membres de ses tribus'.

l/augmentation du nombre des (ribus fit augmenter le nombre des si'nateui's. De 400 on les porta à 500, de manière que 50 membres

' Sur l'orgaiiisatiou des dêmes, voyez B. 1 1 ans saiil lier, la Vif manidpale en Allique, 1881.

* SlatupUe eu bronze du Cnhiiicl de France (Cjlnlogiie, ii' 3060).

' Ibns un procès, l'autour d'un discours allribuê à Démos llir ne produit sept lémoiiis dont M sont inscrits dans six dèmes difi'érpnts {Contre Nàère, 71). On voit comme le -jiwt, l'ancienne unité politique et religieuse, était brisé.

Tessère se rapportant aux prytaues*.

portant aux prytanes'.

fussent désignés dans chaque tribu, peut-être dès ce moment par la voie du sort*. Ce sénat, délégation du corps des citoyens, dut siéger tous les jours, les jours de fête exceptés. Chaque section, à son tour,

était en permanence durant un dixième de Tannée, et ses membres, nourris pendant ce temps aux frais de l'État, portaient le Tessère se «^ nom de prytanes. La section se subdivisait elle-même en cinq commissioiçis. Chacune, durant sept jours, présidait le sénat sous la direction d'un de ses membres, appelé épistate, dont elle tirait le nom

au sort. L'épistate gardait les clefs de l'Acropole et du trésor, ainsi que le sceau de l'État. Mais ses fonctions ne duraient qu'un jour. Les autres sénateurs pouvaient siéger avec les prytanes, et il n'y avait de décision valable qu'autant qu'un sénateur au moins de Hoplite combattante chacunc dcs ucuf autrcs tribus avait pris part à la

délibération des prytanes. Ainsi, les représentants de

chaque tribu avaient, à tour de rôle, la direction du gouvernement.

L'assembhée du peuple fut désormais réunie quatre fois par pntanie

(espace de 35 à 36 jours), davantage s'il était nécessaire, sur la convocation du sénat ou des généraux, et sous la présidence des prytanes dont le chef ou épislale indiquait les questions sur lesquelles l'assemblée votait.

Les quarante-huit naucraries furent portées à cinquante, de sorte que l'Attique fut divisée en autant de districts de perception financière. Les héliastes formèrent dix tribunaux*, et la même division prévalut dans la plupart des corps publics, sauf dans le collège des archontes qui restèrent au nombre de neuf, nommés peut-être à l'élection, et non pas encore désignés par le sort, comme ils le seront certainement plus tard quand ils auront perdu

* Sur cette question, Toyez ci-dessous, chap. xix.

* Tète barbue à droite. ^. DPYT. en monogramme. (Plomb. — Voy. Bulletin de Corr. hellén., Vm, pi. I, n' 5.)

^ En monogramme HP. Amphore. (Plomb. — Yoy. Bull, de Corr, hellén.^ YIH, pi. I, n* 6.)

* Sur une monnaie d'argent d*Aspendus de Pampliylie. Au revers, la légende Ein. et un lion avec la triquétra. (Percy Gardner, Types^ pi. IV, 29.)

B Sur une monnaie d'argent de Gela de Sicile. Au revers, la légende fEAAS et ravaul-cor|>3 d'un taureau à tète humaine. (Percy Gardner, ibid,, pi. U, 12.)

* Voyez p. 399.

Cavalier combattant '.

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les plus importantes des prérogatives que Glisthénès leur avait laissées'.

La nouvelle oi^anisation fut aussi une organisation militaire : cliacune des dix tribus avait ses hoplites, ses cavaliers et son général: chaque naucrarie fournissait une galère et deux cavaliers pour la garde

Jpuiic covalior*.

lia pays'. Le troisième archonte ou polémarquc conserva voix et autorité prépondérantes dans le conseil de guerre. Les généraux ne restaient qu'une année en charge; mais leurs fonctions s'accrurent avec ta démocratie. Xu temps de Périclès, les archontes seront réduit'^

' Schœmaiin, cliap. m, § 5, et Grote, cliap. im, croieiil que les archontes furent llrva nii sort àèa le temps de Clislhéiiès. Les anciens ne nous fouruisscut point de date pour ce changement que jo crois pou?oii' reporter an temps d'Aristide et d'fCpliialte. Voy. ci-dessous.

* Bronie de 1j collection Gréau, d'apri'S l'original nouvellement acquis au musée du LoiLïre. Q provient de l'Italie méridionale.

* Dans la guerre contre les Cginèles, Alhènes ne put leur opposer que 50 galères Touruies par les Naucrares. (Ilérodolc, VI, BS.)

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à faire la police de la cité et à préparer le jugement des procès, tandis que les généraux, ou stratèges, dirigeront non seulement les affaires de la guerre, mais encore toute la politique étrangère*.

On attribue aussi à Glisthénès l'établissement de l'ostracisme, qui fut l'application à la politique d'une idée religieuse. On a vu qu'unr des croyances les plus invétérées des Grecs, était celle qui représentait la divinité comme envieuse des prospérités humaines, et que celte jalousie était un mélange de crainte et d'orgueil. Les poètes avaient tant de fois répété que renverser ce qui s'élève trop haut était une vengeance divine, que le peuple à son tour eut contre ses grands hommes l'envie qui d'ailleurs se trouve au fond du cœur de toutes les foules. A Athènes, chaque année, durant le sixième mois, la question suivante put être débattue dans le sénat et par-devant l'assemblée : « La sûreté de l'État exige-t-elle qu'il y ait un vote d'ostracisme? » Si cette nécessité était reconnue, le peuple était appelé à voter. On ne lui désignait aucun nom; il écrivait lui-même sur une coquille enduite de cire (è'jTpxxov) le nom du citoyen qu'il jugeait utile d'éloigner de la ville, pour maintenir la commune égalité el prévenir toute tentative d'usurpation. Le vote était secret, les archontes faisaient le recensement des suffrages. Le citoyen désigné par la majorité était banni pour dix ans. Sa considération n'en souffrail pas; ses biens n'étaient point confisqués, comme ils l'étaient poulies bannis, il en gardait même la jouissance. Depuis Glisthénès, dix citoyens furent soumis à cette mesure de haute police : Hipparchos, un parent des Pisistratides ; Alcibiade, Mégaclès et Gallias, trois chefs de puissantes et ambitieuses maisons; Aristide, Thémistoclc et Cimon, trois grands citoyens; Thucydide l'Ancien, un chef de faction: Damon, un des maîtres de Périclès; et llyperbolos, un démagogue vulgaire; après lui, l'ostracisme tomba en désuétude.

Gette institution a servi de texte à beaucoup de discussions. Phitarque est bien près de la condamner, mais Aristote l'absout*^ Elle lui paraît être un moyen de maintenir l'État dans ces rigoureuses proportions qui ne permettent à personne de s'élever outre mesure dans la cité. « Le peintre, dit-il, ne laissera pas dans son tableau un pied disproportionné, fiit-il admirable, et le chef du chœur forcera la plus

* Voy. Ilauvette-Bcsnault, Les stratèges athéniens, 4885.

* Plularque, Aristide^ VU; Aristoto, Politique^ liv. m, chap. ix. L'ostracisme eiisla aussi a Syracuse (le pétalisme), où il fil du mal, parce qu'il ne fut pas réglé (Diodore, Xi, 87), el à Ai*gos (Aristote, Politique^ liv, V, chap. m.)

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belle voix à se tenir à Tunissoii des autres. » On dit qu'Athènes sortait, quand elle l'établit, d'une tyrannie odieuse; que le nouveau gwivernement n'avait pour se défendre aucune force armée; qu'enfin la liberté, tant de fois violée depuis Solon, étant devenue soupçonneuse, tout citoyen qui grandissait trop lui semblait justement à craindre; mais que ses craintes mêmes étaient un hommage : elle honorait alors qu'elle frappait. L'ostracisme était comme le sceau des {{randes renommées. Au jugement d'Aristote ajoutons celui d'Aristide : « Il n'y a, disait-il, qu'un moyen de rendre la paix à la ville, c'est de nous jeter, Thémistocle et moi, dans le barathron^. » Athènes fut plus sage, elle se contenta d'éloigner l'un des deux rivaux. Thémistocle, délivré de cette lutte de chaque jour, fut plus libre de servir sa patrie : il sauva Athènes. Aristide, revenu plus tard, l'honora par ses vertus.

Montesquieu a dit : « Il y a, dans les États où Ton fait le plus de cas de la liberté, des lois qui la violent contre un seul, pour la garder à tous.... Cicéron veut qu'on les abolisse.... J'avoue pourtant que l'usage des peuples les plus libres qui aient jamais été sur la terre me fait croire qu'il y a des cas où il faut mettre pour un moment un voile sur la liberté, comme l'on cachait les statues des dieux*, w

Montesquieu a peut-être raison pour les petites cités de la Grèce, et tous les gouvernements modernes qui exilent même des enfants sont de son avis. Mais Cicéron n'a point tort lorsqu'il demande que, dans un grand État, il n'y ait point de loi faite pour ou contre un particulier, ne privilégia inroganto^. On serait même autorisé à soutenir que ces sortes de lois qui blessent la justice puisqu'elles ne s'appliquent pas à un délit déterminé, n'étaient point nécessaires à Athènes. Pour un vote d'ostracisme, il fallait 6000 votants, c'est-à-

' Profonde cavité dont les flancs étaient hérissés de rocs en saiHie et où Ton précipitait les criminels, comme à Rome on les jetait du haut de la roche Tarpéienne. Le barathron ou orugma était situé dans le dème Kéiriade. (Harpocration^ s. v,, et le Scholiaste d'Aristophane, sur Pluùu, 431 .)

* Eêpril des lois, liv.XII, chap. xix. l\ dit ailleurs, xxvi, 17 : « L'ostracisme prouve la douceur du gouvernement populaire qui l'employait, n Et xxix : a l\ fut à Athènes une chose admirable. » — Les Anglais ont bien pire que l'ostracisme, le bill of attainder, qui envoya Strafford et tant d'autres à l'échafaud.

' De legibus, 111, 4. Ces mots sont la traduction d'une loi athénienne. Cf. Démosthène, Contre Tmocralès, 59; Contre Slephanos, II, § 12, et Andocide, Sur les èhjstères, § 87-89. Le Scholiaste d'Aristophane, sur les Chevaliers, 855 ; Pollux, VIII, 15. Grote et divers érudits disent qu'il fallait 6000 suffrages contraires, ce qui suppose une assemblée bien plus nombreuse qu'Athènes n'en eut peut-être jamais. Plutarque (Arist,, 7), Boeckh, Wachsmuth, etc., pensent qu'il suflisait de la majorité qui se formait parmi les 6000 votants; je suis de cet avis. Sur le petit nombre des assistants à l'assemblée générale, voyez notre chapitre xn.

dire une réunion du peuple entier. La majorité qui décrétait Texil étant celle qui faisait la loi dans l'assemblée et la justice dans les tribunaux, on pouvait attendre sans péril qu'il se produisît un acte coupable pour en frapper l'auteur. La preuve que cette inslitulion fameuse n'avait point, ou n'eut pas longtemps, l'utilité que de grands esprits lui ont reconnue, c'est qu'elle ne dura pas. L'ostracisme cessa d'être applique à partir de 417, au moment où la démocratie athénienne aurait eu grand besoin d'avoir des garanties contre les audaces d'Alcibiade.

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