‹ Histoire des Grecs depuis les temps les plus reculés jusqu'à la réduction de la Grèce en province romaineChapitre 52 sur 78 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

1 — COLOMES D'ASIE MINEURE

On vient de voir combien la vie s'était multipliée dans la Grèce continentale. C'est encore l'activité prodigieuse de ce peuple que nous allons trouver sur les rivages et les îles de ces mers qui communiquent l'une avec l'autre, depuis les colonnes d'Hercule jusqu'au Palus-Méotide.

Mille causes poussaient les Grecs vers l'émigratfcn : religion, caractère, position géographique, révolutions intérieures, excès de population; plus tard, le désir d'étendre les relations politiques de la mère-patrie et d'occuper au loin pour elle des points d'appui pour son commerce ou sa domination. Confiants et intrépides, le plus léger signe de la divinité, l'oracle le plus obscur les fait monter sur leurs vaisseaux et les lance en pleine mer. Que l'homme d'Orient, tremblant devant ses divinités terribles, se prosterne immobile! les dieux de l'Olympe n'inspirent pas un semblable effroi. Voyez dans Homère comme leurs fidèles s'entretiennent familièrement avec eux. Quand ils les supplient, ils portent la main sur les genoux et au menton de leurs statues, ainsi que l'enfant qui joue avec son père. Le Grec est hardi et les dieux sont bons; sous leurs auspices, il se livre à cette mer qui, par des golfes sans nombre, semble venir le chercher jusqu'au milieu des terres, et il s'abandonne au souffle des vents. Le dieu d'ailleurs le guide, car il aime comme lui ces expéditions lointaines qui multiplient ses autels et ses honneurs; « 0 Phébus! sous tes auspices, les villes s'élèvent; tu prends plaisir à les fonder et toimèrae en poses la première pierre*. » Cette tendance expansive, que les Grecs modernes gardent encore, se montre jusque dans les légendes

^ Cnllimaque, Hymne à Apollon, 55. Cf. Sénèquo, Consolatio ad Helviam, 6 et 7.

r.58 DE L'INVASION DOBIENNE AUX GUERRES MÉDIQUËS (H04-490). des temps primitirs qui font visiter deux fois tout le monde connu par les anciens héros, les Ai^onaules et les chefs revenus du sié^c de Troie'.

Je ne rentrerai pas, pour les colonies, dans l'histoire légendaire. Il ne sera donc ici question ni des Pélasges, qu'on mène en tant Ae lieux; ni de Danaé, que Virgile conduit à Ardée dans le Latiuni; ni de Minos et de son expédition de Sicile; ni de la dispersion des chefs grecs après la guerre de Troie. Je ne parlerai que du grand mouvi^

Vue duporldAulis».

ment d'émigration qui suivit, au douzième siècle, rétablissement des Thessaliens et l'invasion dorienne. lorsque ces deux tribus conqui'-rantes, pressant à la fois, par le sud et par le nord, les populations n'-fugiées dans la firèce centrale, les obligèrent à recommencer en sens inverse le voyage que leurs pères avaient autrefois accompli à travers la mer f]gée.

Cette mer est un lac grec. Des vents périodiques qui soufflent lo matin du nord, le soir du midi, rarement en tempête, portent le navire sans effort d'Athènes à Milet et le ramènent d'Éphèse à Égiiio. Des iles nombreuses offrent au navigateur des points de relâche, avec

' Voy. ci-dessus, p. 51-53.

. ' D'après S(ackelberg, la Grèce. On découvre, dans le Tond, la ville de Clialcis.

des abris assurés, et au bout de ce facile voyage se trouve l'autre inoitié de la Grèce, l'ionie au doux nom et au climat voluptueux; ceinture d'or attachée aux flancs rugueux de la grande péninsule asiatique.

Celle-ci projette entre trois mers un immense plateau, aride au centre, fertile sur ses bords, surtout à l'ouest, où il s'abaisse doucement vers l'Archipel comme pour engager les populations à y descendre ou, si la mer les effraye, pour recevoir les colons aventureux i|uc les flots et les vents y conduiront. Les ports naturels dont ce littoral est échancré, les saillies de la côte qui multiplient les golfes et les baies, les îles qui les couvrent contre les tourmentes du large, tout prédestinait ces lieux à devenir le séjour de peuples actifs et entreprenants.

La première colonie fut celle des Éoliens (vers lOoi.). Chassés de rilémonie par les Thessaliens, ils se réunirent à d'autres peuplades, et, sous la conduite du Pélopide Penthilos, s'emharquèicnt au pori d'Aulis, d'où était partie l'expédition contre Troie. Suivant la même direction, ils abordèrent à la côte nord-ouest de l'Asie Mineure. Une fois cette route frayée, l'émigration continua sous le lils et le petit-fils de Penthilos, et se répandit peu à peu sur toute la Mysie, où les Dardaniens, anciens maîtres du pays, furent refoulés dans les montagnes de l'intérieur. Du haut de l'Ida, les /^^l'^^ÎS^'^\ nouveaux venus apei'çurent / ^^^^^\ \ au large, sous le ciel le plus clément, une île magnifique, aux larges ports et séparée de la terre ferme par un canal étroit. C'était Lesbos; ils y passèrent et occupèrent encore Ténédos et llécalonnèse. Sur le continent, la côte depuis l'IIellespont jusqu'au fleuve Hernios prit le nom d'Éolidc; Cijmé en fut la principale ville. Au temps de la guerre du Péloponnèse, ces colons regardaient encore Thèbes comme leur

' [icui télps de veau affrontées el st^parées par un olivier. ^. Carri; creux. Télradraelime ari-haîquc de Tornif globuleuse.

* Tète diadémée d'Apollon, à droite. H. Cheval bridé, lourné à di-oile el levant uiie jambe; tiessous un vase. En légende AHMHTPIOS, nom de magistrat, el KTMAIQN. Le tout dans une couronne de laurier.

lloniiaic de Lesliob. l'i

Tùlradi-aclunc de Cj-mé'.

métropole. Une colonie de Méthjmne ou de Mj tilène, Assos, sur le golfe Adramylle, est restée fort obscure dans l'histoire, mais offre au voyage» r des ruines remarquables.

Les Éoliens du continent se livrèrent à l'agriculture plus qu'au commerce. Ceux de Cyiué, disaient les anciens, n'ont pas soupçonné que

Drachme dAs.0.'. j^^^^ ^,.^^^ ^^ ^^.^^^.^j^ ^^ ^^^,^ j^ ^^ ^^^ ^^^

avaient apporté des grasses plaines de la Béotic l'esprit couri du paysan qui ne voit que son sillon, .\ussi les lieux, théâtre de la

[L-is-rrlier d'Assos. — 1. Coiiibal d'fléraUès.

Bas-i-eliet d'Assos, — U. Scène de banquet*.

grande lutte homérique, reslèreut pour eux sans écho\ Mais les Éoliens

' Tête casquée de Hinerte k ^ucho, avec une étoile sur le casque. ^. AÏSION, Bucranv de race. (Argent.)

> Fragments de la fii^se d un très ancien temple doriqne. à Assos ; d'après les originau:i conservés au musée du Louvre. — La Trise est en pierre noire, très dure. I. Combat d'Béraklès contre Triton : ce dernier tient un poisson ou une conque à la main. A gauche, sii ^téréides s'enfuient, effrayées. — II. Scène de banquet : deux personnages sont couchés sur un lit et tiennent un canthare de la main gauche : un petit serviteur, debout près d'un grand cratère, leur verse à boire. Ce sont, avec les statues des Branchides (voy. ci-dessous), les sculptures les plus anciennes que nous possédions de la Grèce asiatique. Le sujet de la première plaque est entièrement grec, el la scène est traitée comme sur les plus anciens vases peints à ligures noires; à côté, l'on rencontre des i4iies d'animaux combattants (lions et taureaux) qui rappellent, au contraire, les monuments assyriens.

Hais il est vrai que l'on compte 200 kilomètres entre Cymé et Troie.

lie Lesbos contaient qu'après que les Ménades eurent tué le chantre harmonieux de la Thrace, la tèle et la lyre d'Orpliée, poussées par les vents et les flots sur leurs rivages, y avaient porté l'inspiration poétique. On verra plus loin de grands poètes justifier cette légende, ou |)liitôt la faire naître, par la renommée de leure vers et la douceur (le leurs chants.

l/émigratiou ionienne, la plus considérable qui soit sortie de la (îréco, eut lieu vers 1044 et dans les années suivantes.

Chassés de l'Égialée par les Achéens de l'Ai^olide, les Ioniens séjournaient dans l'Altique depuis plusdeciu- (]uante ans, quand la disette, inévitable eu lui si petit pays surchargé de population, rendit une émigraliou nécessaire. Un chef s'offrit pour la conduire; ']

c'élail Nélée, (ils de Codrus, î

qui, après avoir disputé le pouvoir à son frère Médon, en avait élé exchi par un oracle de la Pythie. L'émigration ne se composa pas seulement d'Ioniens; la réputation des chefs attira

aulonr d'eus ou poussa à Hénade ou Bacchanrc en emso *.

les imiter des Abanlesd'Eu-

bèe, des Minyens d'Orchomèno, des Thébains, des l'hocidiens, des

Urjopes, des Molosses, des Éiiidau riens, même des Pélasges d'Arcadie.

Aussi Hérodote retrouvait-il jusqu'à quatre dialectes parmi les Ioniens

asiatiques.

Les colons, réunis sous les auspices d'Artémis, partirent du Prylanéc d'Athènes, qu'ils regardèrent comme leur niéfropole. La traversée fut longue, car ils s'arrêtèrent dans les Cyelades pour y

' Bas-relief PI) marbre, au musée du Louvre. — D'une main la Bacclianio lient son thjrsc terminé par une pomme de pin ei orné d'une bandelelte ; de l'aulre la partie anlérieure d'un cfaevreuil. Cf. Clarac, Mutée de Sculpture, l. 11, 1» parlic, p. 431, n* 135.

542 DE LINVASION DORIENNE AUX GUERRKS MÉDIQLES (1104-490).

former des établissements : de lu vint que presque loules ces îles se considérèrent, dans la suite, comme ioniennes. Jusqu'alors les nouveaux venus sur les rivages asiatiques n'avaient pas rencontré d'opposition bien vive, parce qu'il n'y avait plus dans celle région de grande puissance intéressée à en interdire l'accès, et qu'il s'y trouvail, au contraire, des populations de sang hellénique, pour qui les émigranis

étaient un secours contre les barbares qui les ontouraicnl.

Mais ceux qui débarquèrent il l'emboiichure du Caystre eurent de longs combats à soutenir contre les Cariens, les Léléges, les Mygdons; et ils ne Double hache, symbole du Zeus Caiien '. devinrent maltrespai-

sibles du sol qu'après avoir exterminé une partie de la population mâle. « Les Carlennes, dit Hérodote, forcées d'accepter les nouveaux venus pour époux, en gardèrent un long ressentiment. Elles jurèrent de ne partager jamais leurs repas avec leurs maris, de ne jamais leur donner ce nom et elles ont transmis oc serment à leuiï. filles. » Ces'violencos étaient ordinaires dans la fondation des colonies : les émigranis, parlant seuls d'habitude pour trouver une famille non inoins qu'une patrie, prenaient les femmes en même temps que les terres. La premièi-e douleur passée, l'union revenait vile, il n'en restait plus que ccriains usages, comme ceux dont parle Hérodote, qui atleslcnt moins les i-egrels des femmes, que la lière dignité des hommes traitant ces élrangèrcs plus en servantes qu'en épouses.

Les Ioniens occupèrent, au sud des colonies éoliennes, toule la ewle c|iii s'étend depuis l'Hermos jusqu'au Méandre et au delà. Leurs douze cités, dont la plupart existaient avant leur arrivée, étaient, du

' Têlps (le vache, en or, avec double hache, découverles à Mycènes. (Scliliemann, Mgftiinlift. 33U-3Ô0.) — La double hache clail le symbole du grand dieu Cnriei), Zeus; les Cariens, les l.ydiens et les Hysiens possédaient eti comnmn un sanctuaire de Zeus, aupivs de Mylai». Ce: doubles hoches ont fourni à M. V. Kœhler un argument de plus eu faveur de l'attribution am Cariens des objets découverts dans les lombes de Hycènes. (MMheil. àet d. anhaol. Intlil. i» Alhen. III, (IS7H), p. 0.)

Tétradriclimc Je Saiitos '■

sud au nord : Samos et Ckios, dans les îles de ce nom: Mîlet, avec ses (]uatre porls, comblés depuis par les alluvious du Méandre, cl qui passa pour avoir été fondé par

Nélée ; My- "t^t ^

onte. Prié- V^Lfô?

ne , Épkèse j,

bàlic , di-

sail-on, par Ândroclos, frère de Nélée, et où ses descendants gariiè i*ent de grands privilèges, celui, entre aiitres, Je remplir la chaîne héréditaire de prêtres de CérèsJ*; Colophon , Lébédos , Téos , Érythrées, Clazomène et Phocée.

qui ne fut admise au Panionion, dit Pausanius, qu'a

prés qu'elle eut mis à sa tête des chefs du sang de Codrus; dam suite cntin, Smynie au

hord du golfe magni- /So5ï'"\ /.rmtir^ -^'f'ï**'^^ (V^i'^'V^ fique dans lequel le Mé- fci^S^'Wf ^fl ) ffll^B H^'^^^ lès débouche, et où les ^^^ J Vr^^J^/ V^i&#^ V'^A^ P'. Ioniens et les Ëoliens mélangèrent leur sang, leurs traditions et leur génie, pour enfanter ces merveilles de la

Tétradrachme de LélicdoK '.

ïoiuiaîc d*or de Téos

Le spliini assis à gauche: d<;vnnt lui. une amphore et uiif^grappo deraif^iii. ^. HPiAANOX, nom de magistrat, inscrit sur une baiule horizontale qui se coupe ii aiit;lo droit avec une autre bande an^pigraphe; dans le ctiamp : des lignes parallèles.

* MuHe de lion de Tacc. H. t'rolomé de bœuf agenouillé, n droite; derrière, une branclin de laurier; en légende : ^A (li|i(iin). Le tout dans un carré creux.

I Le temple de lliaui; n £pliése était un des plus vénérés île l'Asie cl le centre d'un grand commerce. Quand les Ioniens arrivèrent n remboucliure du Caystre, ils s'établirent sur un promontoire n 7 stades du sanctuaire, qui resta indépendant de la ville nouvelle et qui gardait encore, à l'époque romaine, son droit d'asile. (Elérodole, I, 26 ; Pausauias, VU, % »■}

* Télé casquée de Pallas à droite. 4- ABBCAia?{. Entre deu^ cornes il'atMndance pleines di' fruits, on voit une chouette debout sur une massue renversée. Ainlessoiis, un nom de magistral : AeHf^AIOS. Le tout dans une couronne de laurier.

* Griffon accroupi, à droile, levant ta palte. ^. Cantliare dionysiaque ; 3U-<lessus, Till (pour Tuiw.); au-dessous. MAAOTSIOS, nom d'un magistrat. (Slatérc.)

* Tète laurée d'Apollon, vue de face, les cheveux éclicvelés. i^. KAA (pour K).i!;i[jLCtion|.

544 DE L'INVASION DORIENNE AIX GUERllKS MÉDIQIES (1104-490).

langue et de la poésie grecque qui s'appellent VIliade ei YOdyttée. A l'aulre extrémité de l'Ionie, dans le voisinage lies Cariens, s'éleva la petite ville d'IIéraelée du Latmos; elle prétendait garder le tombeau d'Endyniion que la déesse Séléné venait chaque nuit envelopper

de SCS rayons".

Lu plupart (le ces villes étaient mallicureusement assises sur le bord de fleuves tramilleurx qui ont comblé leui-s ports; Je soi'te qu'on a pci- . ne, en examinant les sites où elles S' trouvent, à se rendre compte delenr ancienne prospérité.É|)lièse est aujourd'hui à dçuï heures de la mer; le Méandre a comblé le golfe Lalmiquc et les maigres chevaux des Tnrcouiaiis paissent là où abordaient les galères de Hilcl.

Priéne.quiavaileii deux |)orts, était r. . r j ■ , -. ^léià du temps de

Diane trouvaiil Eiidvmion endoi-mi *. J r

Stral>onâ40stades de la côte. Ces villes vivaient de la mer ; le fleuve les a tuées. I^es alluvions du Scamandre empêchent de reconnaître !a plaine troycnne et

Cyjnie innrcliant à gniiche; an-rlessus, dfiiv imms <in m.igislrals, l'un en inunograinnif l'i l'auheen loiiles lettres : A^rKAIOS. [Stjilèri'.)

' Eiidymion était l'im.ijïe du Soleil qui seiulorl dans tes brumes de l'Occident et qiif '^ déesse Séléné, la luue, Tient cliaqne nuit visiter.

■ Statue du Vatican (Braccio i^itow, n' 50). — La défigi:alion de cette statue est incertaine-

FdNDATlOiN DES COI.OMI-S (IhECQlKS. .jiri

si l'incliislric humaine n'inlervic-iil pas, riln-mos fei'a du plus l)càu port de CPttc côU; d'Asie, celui de Siiiyme, un immense marécage.

Près de ces villes étaienl des peuples puissants; le danger venait donc pour elles de l'intérieur. Aussi les avait-on bâties dans les ilos de ta côte ou sur des péninsules faciles à défendre, de sorte que la nouvelle lonie, bande de littoral étroite et longue, ftit vouée par sa situation au commerce maritime,' tout on ayant derrière elle dos voies ouvertes au négoce avec les riches Étals de l'Asie antérioui'o. La monnaie est un des facteurs considéraliles de la civilisation;' si les l.ydiens furent les premiers à on frapper comme Ilémdote l'assure', . les Ioniens durent s'approprier de bonne heure l'heureuse invention, pour échapper aux difficultés du commerce par tntc et aux lenteurs des échanges faits à la balance avec des lingots'. Leurs villes fabri- <|ut'rent des pièces d'argent et d'or d'après les divisions du syslonie métrique des Babyloniens, et la. valeur des monnaies se trouvant garantie par cetic inter^'ention de la puissance publique, le' commerce prit un grand essor. Mais en courant les mei's, de la Thracc à l'Afrique, du fond de l'Kuxin aux côtes d'Espagne, leui-s marins n'échangeaient pas seulement des denrées, ils recueillii-cnt quantité de connaissances et d'arts qui développèrent leur esprit et leur richesse. C'est dans l'Ionie (pie la civilisation grecque jettera son premier éclat, iiutour des temples élevés à Poséidon qui apaisait les tempêtes; à A|)ollon le dieu de la Imnièrc, de la poésie et de l'inspiration divine; à sa sœur Artémis, en r.rèeo, vierge indomptée, dans la Tauride, divinité farouche, à Éphèse, déesse aux cinquante mamelles et personnification des forces productives de la nature.

L'émigration tlorienne se composa de Minyens, que les Doriens de la Laconie avaient accueillis sur leur territoire, et qui se montrèrent lollcment indociles, qu'ils furent obligés de les éloigner. Us leur don-

' <i Ce n'est qu'eiiire deux peuples pre.sque frères, deiiï peuples de la race helléiio-pèlaseique, iiu'il peut exister une dispute sérieuse pour riiouneui* d'avoir inventa la monnaie. OUe invention, si ^rando et si féconde, qu'elle ait eu Sardes ou Égine pour berceau, aprfs utoir élé inexinnue à l'Egypte et aui civilisations plus anciennes de l'Asie sémitique ou iiryenne, a pris naissance dans la cullure qui s'est Tonnée autour de la mer Ëgëe. d (François Li'iionnant. la Monnaie dan* Fanliiiuilé, 1. I, p. 156.)

' La déesse esl assise sur un taureau; sa lèle est surmonlée du croissant et elle a sur le dos l'arc el le carquois. (Calcédoine du Cabinet de France. Haut, iô millim.; lai^. 10 miilim., Utalogae, if 1501.)

546 DE L'INVASION DOBIENNE AUX GlERRES MÊ'DIQl'ES (UO*-«C)

nèrenl deux chefs, Polis et Velphos, et leur promirent de les considérer comme leur colonie. A d'autres époques, des DorJpns d'Argos, de Trézène, d'Épidaure, suivirent leurs traces.Les iles de Cythère, de Crète, de Cos, de Rhodes, et toute la côte sud-ouest de l'Asie Mineure furent occupées par eui; le nom de Uoride resta à cette partie du continent aslali- ApniionLycien». que. La principale ville de cette région fut Ilalicarnasse, la patrie d'Hérodote et, sous la domination pereique, la capitale d'une dynastie que les noms de Mausole et d'Artcmisc ont rendue fameuse.

A quelle époque la Ljcie reçut-elle des colons Grecs?On l'ignore. La légende de Bellérophon montre que ce pays fut très anciennement en relation avec Ai^ Monnaie de Tarse*. g^g^ g, ['oj, ç^^jj^ y reconnaître des hom-

mes de toutes races : des Sémites, qui y formèrent les tribus des Solymes, et des Cretois, qui honoraient le héros Sarpédon. Près de Palara, s'éleva le premier grand temple d'Apollon, comme dieu de la lumière; de là son surnom de Lycien, qui passa à ses adorateurs*.

Nous n'en savons pas davantage sur deux villes de Pisidic, Seigè et Satjalaxsos, qui se disaient d'origine laeoniennc; sur Âspendot et Sidé. en Pamphylie, sur Tarse de Cilicie, ancienne ville phénicienne ou

• lliisie de profil, avoc les cheveuï rclombant en tresses sur le cou et reletius pr iid' banddiHIe. (Cornaline du Cabinet de France. Haut. 15 millim.; lai^. 13 iniUiin. Calolognf, n- 1450.)

» TKPSIKON. Tète d'uue divinité (peut-être Aphrodite ou liera), coiffée d'un h.iut diadiiw. ^. Uérakiès nu, agenouillé, étoulTanl le lion de Néinée; à ses pieds, sa massue. (Argent.)

> On désigne sous le nom de Nonumc<it des Harpyes un toiiil>eau de la tille do Xanthos en Lj'cie, dont les sculptures sont aujourd'hui conservées au Uusée Britannique. (Vo]r. Ch. Fellovs, .^n accomt of diâcoeeiiei in Lycia, 1B40, p. 170, et 0. Rayet, Monument* de l'art antiqur. Tonbeau de Xanlhot dit Monument de* Harpga.) Le bas-relief que nous publions (p. 547) d'aprrj tin moulage du Musée du Trocadéro, décore la face nord du monument. « Vu personnage assi^< dieu ou roi, remet un casque à un jeune guerrier, debout devant lui, et dont l'armcmenl e^l tout à fail grec, à l'exception d'une iiicce, le grand couteau à un seul tranchant dont le manche est orné d'une tète d'oiseau. Sous le Irûue du dieu est un animal dans lequel Brauii «t Friederichs ont cru voir un oui-s, mais qui me parait être tout simplement un chien gaueliement dessiné. Les deuï cïtrémilés sont occupées par des oiseaux â tère, à poitrine et à bras dr femmes, le corps fait en forme d'œuf, qui s'envolent en emportant entre leurs mains et leurs serres de petites figures féminines de dimensions très inférieures à celles des autres personnages. Le geste de ces femmes ainsi enlevées vivantes indique la terreur et la supplication..,. Une cinquième femme est assise à terre, à l'exlrémité de droite : la tète dans ses mains, les yeui levés au ciel, dans une attitude d'accablement résigné, elle semble alleiidre que son tour vienne, u (0. Bayet.) Aucune explication satisfaisante n'a été donnée de ces bas^liefs : nu n'est absolument d'accord que sur le nom de ces oiseaux à lèle de femmes, qui ne sont aulm

assyrienne; sur Papho$, Salamim et Kition, en Cvpre, par lesquelles la plus grande partie de l'île passa des Phéniciens aux Grecs. Mais ceux-ci, eu s'emparant de cette terre, prirent aussi quelques-uns des rites licencieux et cruels de la religion punique.

Les villes grecques de Cypre prétendaient ne pas remonter moins haut que la guerre de Troie. C'était une prétention commune aussi à beaucoup de villes d'Italie. Cume$ voulait dater du siècle qui avait suivi le retour des Héraclides : elle plaçait sa fondation par des habitants de Chalcis, en Eubée, et de Cyme, on

Cai'le lie l'Ile de Cypre.

Ëolide, vers l'an 1050'. Sa prospérité fui grande du huitième au sixième siècle. Unie avec Rome contre les Étrusques et les Saniniles, elle repoussa plusieurs fois leui's attaques. La tyrannie d'Arislodémos et de cruelles dissensions intestines l'affaiblirent. Elle vainquit cependant en 474, avec l'aide du Syracusain Iliéron, une grande lloltc étrusque et peut-être aussi carthaginoise. Mais la conquête de

que des llarpyes. Elles apparaissent ici comme les divinités de la Mort. Ces sculptures comptent parmi les œuvres les plus anciennes de l'école ionienne, à laquelle nous devons les statues des Branchides (Voj, ci-dessous) et la liera primitive de Samos {p. 183).

' Fr. Lenormant (La Grande-Grice, t. I, p. 255) et Belbig {Dat Homeritdu Epoê, p. 331) placent, avec raison, la fondation de Cumes au huitième siècle.

bùO DE L'INVASION DOBIENNE AUX GUERRES MÊDIQIES (1101-490). Capoiie par les Samnhes et les continuelles hostilités de ces lorbu-

Tcmiilc de Paplios. sjr une monnaie de Cypi-e (agmnilie) ■.

lents voisins amenèrent pour elle une décadence qui ne s'ari-cta plu;

n. — COLONIES DU ^OHD, DE L'OUEST ET BU SID.

Quand l'impulsion donnée par l'invasion dorîenne en Grèce eut cessé de se faire sentir, et que ce pays eut jeté au dehors, durant plusieurs générations, son trop-plein d'hommes, on n'en vit plus partir d'émigrants pendant plnsieni-s siècles. Au septième, la pojmlalion s'élant accrue par la paix et un commerce actif ayant dévelo|i|H' la prospérité des États, un nouveau courant d'émigration s'établit, qui, cette fois, se porta vers le nord et l'ouest.

Le principal rôle, dans cette seconde époque de la colon isalioii grecque, fut rempli par Érétrie, Chalcis, Mégare et Corinihe, alors Ifs plus riches cités de la Grèce européenne. L'aristocratie, maitresso ilf ces quatre villes, favorisait volontiere réloignenierit des cilovcus pauvres, qui allaient occuper, au grand avantage de la métro|>ole, dfs territoires fertiles ou avantageux pour les relations commerciales.

• D'après Perrot el Qiipiez, Hittoii-e de l'arl dont l'antiquité, I. III, tig. 58. p. ISO. — Baiis le nioniiiDcnl dont l.t façade est ici ivprésenléi?, on s'accorde à rocoiinailre \v faincui temple de Paplios, te! qu'il e:iislait encore à Tépoquo romaine. Il Kut nippi-oclier de celte immwie roriiemeiit en or découvert à Hycèoes et publié ci-dessus, p. G9.

J^ péninsule qu'enveloppent les golfes Thermaïque et Strymoniaque est riche en mélaux, comme la côte voisine de Thrace et, comme elle encore, avait de belles forêts qui donnaient le combusiible néeessaire à la fabrication. Renommés dans toute la Grèce pour leur habileté à travailler le cuivre, que leur ile fournissait en abondance,

Carte (If la Ctialciiliquc.

les Chalcidiens avaient dirigé toute leur force de colonisation vers un pays où se trouvaient les cléments de leur prospérité, ils y vinrent on tel nombre, que la presqu'île entière prit leur nom, la Chalcidique, el que trente-deux villes reconnaissaient pour leur métropole' Chalcis, « la ville d'airain « *. On voit encore aujourd'hui les puits de mines et les monceaux de scories qui attestent l'activité de leur industrie métallurgique.

Cependant, des deux villes qui devinrent les plus célèbres de cette région, l'une, Potidée, avait été fondée par Corinthc; l'autre, Olyntbe, par la tribu thrace des Bottiéens; plus lard, l'inlluence grecque

■ Mélhoné, d.tns la Yiéne, Mfndf. et cinq autres tïIIcs dans l.i fertile pt^iiiusiile de Pall^ne. i<laieiit nées d'Érél rie, Sané, Akanthot, Stageira, elAryiiot, sur le golfe Strymoniaque, devaient leur origine à .4.ndros, elle-même colonie d'Ërétrie. De Chalcis relevaient directement huit cités de la presqu'île Sithonia.

* L'airain se dit eu grec X"^"';-

552 DE L'INVASION DORIENNE AUX GUERKES MÉDlQdES (110*-490)

domina dans celte ville, et l'élénient barbare disparut. A l'est du Nestos commençaient les colonies des Grecs d'Asie, qui couvrirent de leure comptoirs tous ces rivages jusqu'au Bosphore, et du Bosphore jusqu'au Danube. Mégare se fit jour pourtant à travers ces établissements des Grecs asiatiques, et, au milieu du septième siècle, fonda

Dijou du [las[Acirc {bracelet en or) '.

Byzance à la place où devait s'élever une de ces cités que leur position fait reines, Conslantinople*.

Les deux iles de la côte de Thrace, Samothrace et Thasm, furent enlevées, la première aux Pélasges par des Ioniens, la seconde aux Phéniciens par des colons de Paros. Archiloquc appelait Thasos un dos

• D'après les Antiquilét du Botphore Cimmérien, Allas, pi. XIII. ii° I ; Texte, 1. 1, p. Sa et liilroduction, p. ii. — Ce bracelet, trouvé à Kertsch (Panlicapée), a la fonne d'un céble roaii' dont les deux bouts se terminent par des spliiiix, à lète de femme. Ces sphinx onl un rallier au cou et sont engagés dans une virole ornée de tlligrane el d'une bordure doves en éniïil bleu ; ils tiennent dans leurs griffes un nœud en III d'or qui forme \v lien du bracelet.

• Séljinbrie, sur la Propontide, Chalcédoiiie. « la ville des aveugles », en face do Bnaoce. et Héraclée du Pont dont les habitants soumirent les indigènes du voisinage, les Bariindyniens, à la condition des hiloles de Sparte, furent aussi colonies de Mégare.

d'âne couvert de forêts sauvages. Mais sous ces forêts étaient des miues d'or. De plus riclics existaient sur la côte voisine, surtout à

Honiiaic de Thasos'.

Scaplé-Hylé. Les Thasiens, malgré quelques défailes, dans l'une desquelles Archiloque perdit son bouclier, les enlevèrent aux Thraees et

Acropole lie Tliasos'

en tirèrent de tels prolits, que dans les bonnes années il leur restait, tous frais faits et sans impôt, 500 talenls (1700000 W:).

Corinthe, devancée par Chalcis et Érétric, n'avait île ce cùlé que deux villes, Polidée et Enéia; elle se dédommagea en formanl, dans lu

' THe casquée du liéros Bjz.is, .i droile ; en l.iKi'iide : BVZAS. ^. Savins à l;i voile ; à rcxi-rguc. BYZANTKiN; dans le champ, la date KO VA (190). Bronze. (Vov. EMivl, Docir. hmin. m/., t. Il, p. 27.)

* Tête de Baccljiis couronné de lierre, â gauche. ^. €A£ION. Hercule coifTé de la peau d<; lion, agenouillé et tirant de l'arc; à ses pieds, une lyiv. (Télm drachme.)

* D'après A. Coiize, Reue nuf den Intein det Thraldtchen Meeret, Tar. U et p. 10, n. '2. — Ou <técouvre à l'horiion la petite lie de Ttiasopoulo et la c4te de Macédoine.

yÛi DE L'INVASION DORIENNE AUX GUERllES MÉDIQUES (1104-490).

mer d'Ionie et l'Adriatique, un groupe d'établissements exclusirement corinthiens : Corcyre, dans l'ile de ce nom, et, à l'entrée ou autour du golfe d'Ambracie : Leucade, Ànactorion et Ambracie; plus au nord : ApoUonie, aux bouches de l'Aoùs, et Épidamne (Dyrrachium), sur le territoire des Taulantiens. Ces villes exploitaient le commerce de

Koritilljos et Lcukaa (Corinthe et Leucade pei-sonniriées) '. (Voy. p. 557.]

l'Épirc et de l'IIlyrie. Elles liraient de ces pays les choses nécessaires aux conslruclions navales, bois, métaux, goudron, beaucoup de bétail

< Hiroir grec fravé an Irait. Il n élé d^couverl A Corinlhe et est aitjourd'liui au musft du I.ouvri;. — Coriiitlios (K0PI^60£), héros i^ponymede la cité, est représenté sous les Irailsd'un linmme dans la (one de Tige, a demi iiii et tenant le sceptre en main. Il est assis sur un çiège élevé et se tourne Tcrs une jeune femme qui personnifie Leucade, colonie corinthienae {AëYKAI}. Celle-ci pose une couronne sur la tète du héros. (Voy. Alb. Uumonl, dans les Mainttncnit gi-ec$ pvhliév par rAstodalion pour l'enconragemml de» Élude* grecque*, iBlZ.

s IJ

FONDATION DES GOLONTES GltKCQUES. 557

et d'esclaTOs; les simples des moniagnes d'illyrie étaient transformés à Corinlhe en essences précieuses. Corcyre avait un autre avantage, elle menait à l'Italie. Le détroit qui l'en sépare est moins large que la mer qui s'étend de Cythère à la Crète, et des monts de Ghaonie on découvre nettement la cime de l'Apennin. Aussi tous les vaisseaux qui faisaient la traversée de la mer Ionienne s'arrêtaient dans son port. Elle ne joua point cependant le principal rôle dans la colonisation occidenlale; l'active et industrieuse Chalcis s'en saisit.

Les brigandages des pirates tyrrhénicns, qui couraient les mers de la Sicile et de l'Italie, et d'efïrayantcs traditions, rendues populaires par les poèmes d'Homère, sur la taille gigantesque et la férocité des habitants de la Sicile, écartèrent longtemps les Grecs des pays de l'Occident. Un hasard fit tomber cet épouvantail : l'Athénien TliéocK's, jeté par les vents sur les côtes de la Sicile, obseiTa que, loin de répondre aux terribles peintures qu'on faisait d'eux, les hahitants étaient d'une grande faiblesse et offriraient une proie facile. Au retour, il raconta ce qu'il avait vu, et le beau ciel, la richesse, l'exubérante fertilité de cette île. Une colonie de Chalcidiens, auxquels se joignirent des habitants de Nasos, consentit à le suivre. Ils abordèrent à la côle orientale de la Sicile et, au bord de l'Âccsine (Alcantara), au pied de la colline où fut plus tard ApoU'"'-™;''"''; Tauromenium, ils fondèrent la ville de Aaxoj (755). L'autel d'Apollon qu'ils dressèrent sur la plage fut, durant des siècles, comme un sanctuaire pour tous les Grecs de Sicile, parce que c'était là que la Grèce avait commencé l'occupation du monde occidental. Sur cette côte hospitalière, où le pilote avait pour guide soit les flammes, jioit les neiges de l'Etna, les Naxiens s'étendirent librement du détroit de Messine jusqu'au territoire Syracusain, en jalonnant leur route par les cités de Catane et de Léontini.

Il y avait en Sicile quatre populations différentes ; les Sicanes, tribu ibérienne ou celtique; les Sicules, probablement d'origine pélasgiquc; les Phéniciens, qui occupaient quelques points de la côle; enfin les Élymiens, population qui se disait d'origine troyenne, mais où l'élément barbare dominait. Les Ëlymiens, maîtres de la pointe occidentale du triangle sicilien, habitaient les villes d'Egesla et

• Têle laiirée d'Apollon, à gauche; derrière, une feuate de laurier. En l%ende : ÎSAZTOX, Au revers, Silène accroupi. (Argent.)

d'Eryx, celle-ci fameuse par le temple bâti sur le rocher qui la domine cl qu'Énée, disait-on, avait consacré à sa mère Aphrodite'; aussi fut-il, pour les Romains, un des sanctuaires les plus respectés. Devant les Grecs, les Sicules se retirèrent dans l'intérieur de l'ile et vers la côte sc|jtentrionale; les Phéniciens, qui se fondirent peu à peu avec les Carihagïnois, occupèrent Molya, Solom i. . , ctPmwrmos (Palerme), le meilleur portde l'ile entière.

Ténus Erycine'. ' ' "^

Les traces de Théoclès furent bientôt suivies par les Doriens. En 734, la peste ravageait Corinthe ; la Pythie, consultée, ordonna à un descendant de Téménos, nommé Archias, de s'exiler. Il

avait commis un acte de brutale vjo-

/^' "-X /^^~^^\, l^nce contre le jeune et bel Actéon.Le

t^ (l^ '\=iL^r^^*^''fc^ père, n'ayant pu obtenir justice, s'était

\ ^^-S jT^^^iM^^j *"^ lui-même aux jeux isthmiques, en

>^^jï^ ^- \^^~^/ chargeant Poséidon de le venger. Les

,, , , . „ , Bacchiades redoutèrent l'effet de cette

TelraïU'aclime de Molya'.

malédiction paternelle et forcèrent Archias d'obéir à l'oracle. Il partit, emmenant avec lui une troupe de Corinthiens, laissa en chemin une partie de ses compagnons dans l'ile de Corcyre, et vint aborder à la côte orientale de la Sicile. Il y trouva une île nommée Orlygia, de 5 kilomètres de circonférence, placée à l'entrée d'un vaste port que la mer creusait dcmèrc elle, et TOraciracimic de Syracuse*. si prochc dc la terre ferme qu'on

put, dans la suite, l'y réunir par un pont. Plus fard, une source abondante et pure, la fontaine Krèthuse, y coula et inspira aux poètes de gracieux récits'. Archias fonda

' Voy. HMoire de* Rom., l. Il, p. 605 el 605.

* Vénus assise sur sou trône, tenant une colombe sur sa mnin droite; devant pIIo, Cupidon »]ui lui l«nd les bras. En légende: EPVKINON. Té ira drachme d'Érj'i. Sur l'autre face, on ïoit lin quiidi-igc couronné par ime Victoire.

' Aigle debout fi droite; en légeudc phénicienne, kidd- "*"" ^'' '" *'"^- Au revers, un crabe. (Jlannaîc frappée par les Cartliagiiiois.)

• Télé d(' femme (probablement la nymphe AnHIiuse), entourée de dauphins, à droite. En légende : IVPAKOSK)N. Les clieveui de la iiympbc sont envelopp(-s dans un cfcrypbalm d'une fonne particulièrement remarquable. )$. Personnage baritu dans un char trahie par trois cJievaux au pas et au-dessus duquel vole la Victoire. Très beau style.

> Celte source arrivait de la terre ferme dans l'ile par un conduit sous-marin.

ibch^urtCfe,^.

Page 1