‹ Histoire des Grecs depuis les temps les plus reculés jusqu'à la réduction de la Grèce en province romaineChapitre 53 sur 78 · SICILE · texte numérisé non relu

SICILE

ET

GRA.XDE- GRÈCE

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'TïErrs^'

FONDATION IIES COLONIES GRECQIES. 559

en ce lieu une ville qui fut, du nom d'un lac voisin, appelée Syracuse.

Elle devint, en peu de temps, par son admirable position, la plus

considérable des cités de la Sicile. Deux

générations avaient à peine passé qu'elle

se trouvait en état de jeter au dehors

son trop-plein d'hommes, et fondait sur

la c<jte méridionale de nouvelles cités

pour chasser les Phéniciens de ces ri- , ., . . ^„.

■ Le persil, sui' une iiionniie de Sélinonte '

vages*. L'impulsion était donnée. Ile

toutes parts on accourut vers ce nouveau monde. Gomme nous achetons un territoire à quelque roi de la cote africaine, des Mégariens négocièrent, avec un chef sicule, la cession de l'emplacement où ils élevèrent, entre Léonlïni et Syracuse, Mêgara Hi/bla, qui, en 628, donna naissance à Sélinous (Sélinontc) « la "^""^

ville du persil ». Les habiles marins de Rhodes n'abandonnèrent pas aux Grecs des lies et du continent ie commerce des mers occidentales. Unis à quelques Cretois, ils Iwlirent Gela (690), qui fonda en 58"2, sur un rocher dont

,. , , . , Décadrachrae dAgrigenle*.

I Acragas baigne le

pied, et dans une des localités les plus fertiles de la Sicile (le val

Mazzara), Agrigente, aujourd'hui Girgenti, qui devint bien vile la

• Feuille de persil, élalée. i}. Carré creux partagé en douie compnrlJineiil», donl six eu n'iief. Arf^-nt.

• Acrae, en 684, .ijsméne, en 044, Gamarina, en 593. Ce qui explique comment une seule ville pouvait donner naissance à Innt de colonies, c'est qu'elle appel.iit de touli^s paris des colons. Ainsi les habitants de Znncle, Toulant bdtir une ville en Sicile, envoyèrent en lonie et sans doute ailleurs pour annoncer leur intention et engager à les rejoindre tous ceux <|Ui voudraient concourir ù la Tondatiou de la nouvelle cité. (Hérodote, Vi, Sa.)

* I.e fleuve Gelas pcrsonniné, sous In forme d'un taureau h ti^le humaine Iwrbue. Kn li^jide CE.\A^. ^. Femme vétuc d'un lonij! eliilon, dans un bigc qui passe devant une mila cjui a la forme d'une colonne ionique. (Télradrachme.)

* Deux aigles se repaissant des entrailles d'un lièvre qu'ils tiennent renversé sous leurs serres ; dans le champ, une sauterelle. i$. En légende : AliPArAÏ, Le héros éponyrae Acragas,

500 DE L'INVASION DORIENNE AUX GLEIIRES. MÉDIQIES (1104-4901.

rivale de Syracuse. Alors, dit promontoire Pachynoscàjcolui de Lilïbéc. la côte méridionale se Irouva couverte de villes helléniques, faisant face, par delà le canal de Malle, à Carlhagc; de sorte que la rivalité

Uolupi! arclialque de Séliiionlc l'ei'stHi luanl )■ Gor|,'u«t;'.

commerciale entre Grecs et Phéniciens, commencée à 1 est dans l'Ar-

lils (le Zeus cl d'Asléropo, dans un quadrige lancé nii galop; au-dessus du i|uadrigc vole iiti ai^Ie (|ui tient un serpent dans ses serres; à l'esergue, un crabe renversé. Ce magiiiliqup médaillon pèse 43 grammes.

* D'après un moulage. — Per<i'-e a saisi Méduse par les clieveuï et s'apprête à la décapilpr. tÀ'IU^-ci est tombée à genoux et tient dans ses bras l'égase qui vient de naître de son saiifrh^se a des ailes. Derrière Persée, se tient une femme, peut-être Alliéiia. Celle métope, l'un des plus anciens monuments de la sculpture grecque, remonte à la première partie du siiiénip sii'-clc. (Voy. 0. Beundorf, Pie Metapcn von Selinunt. p. 4i et 6S.) Celle que nous avons publtét' d-dcssus. p. 39, est d'un nrt beaucoup plus avancé.

FONDATION DES COLONIES GnECQUES. ' 561

chipe], allait se continuer ù l'ouest, dans l'autre bassin de la Médilerranée. Remarquons loulefois que cette côte du sud, chargée de iiionlagncs, sillonnée de torrents et où se ronconlrenl peu de ports, l'st moins hospitalière que celles du nord et de l'est. La fortune de

Ruines de Sélinonte '.

Sélinonte, de Gela et d'Agrigente y fut une exception qui, depuis, ne s'est pas renouvelée.

Au nord de l'ile, il n'y eut, jusqu'au temps de Thucydide, que lieux établissements grecs : Zancle ou la Faucille' (Messine), fondé* p;ir des habitants de Cumcs et de Chalcis, et Himéra, que des Syracusains mêlés à des colons de Zancle allèrent audacieusement liàlir |irès des établissements phéniciens de Solous et de Panormos. Il est

' D'après une pholograpliie. — Voy. E, Renan, Vingt jour» en SiriU, daiis la Revue det Deux M'indeê, 15 nov. 1875: « SrpI Icmplcs. dont cîmi Onormps. sont li'i pisanl sur le sol; le itiainélro des colonnfs va a 3" ,52, et partout rcs mencillrux cliapileaux iloriqurs, la plus bi'lle chose que Diomnie ait jumnis inv<>iili^i<! Nulle pari on lit- snisit mieux qu'ici, pas à pas, les profrri's de ces courbes divines arrivant n la perfeclion, Cliaque essai, chaque lâtonnein^nt est visible, n

* Ainsi appelée à cause de la forme de son porl.

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