‹ Histoire des Grecs depuis les temps les plus reculés jusqu'à la réduction de la Grèce en province romaineChapitre 55 sur 78 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

* D'après Métaponte, piir le duc de Liiynes, pi. III. Cesmineâ portent aujourd'hui le nom di- Tatoln dei Pùladini.

\ Lugo di Sautn Pelagliia. Quand les eaux sont basses, on y voil des restes de coustmctioiis antiques. (Voy. p. &73.)

si

A 8 milles de ses imirs, elle construisit le temple fameux de Junoii Lacinienne, dont une colonne est restée debout sur le promontoire <|ui porte, comme le cap Sunion, le nom de Capo délie coltmne. Pour exploiter les deux mers qui baignent l'Italie méridionale, elle franchit l'Apennin et établit des colons sur le golfe de Tcrina, où ils trouvèrent des mines de cuivre anciennement exploitées. Un de ses citoyens, Fhayllos, conduisit à Salamine la seule {jalère venue des mers occidentales, au grand combat pour la liberté. Les tyrans

, . , , ■ e ■ r< . Soniiaic lie Teriiia '.

(le Syracuse prirent trois (ois trotone, et

elle avait perdu toule importance lorsque les Romains l'attaquèrent.

Les Ioniens n'avaient que deux villes dans la Grande-Grèce : Élér, célèbre par son école de philosophie, et Thurion, dont les Athéniens furent les [)rineipaux fondateurs. Ennemi des Lucariiens et de Tarente. Thurion devait entrer de bonne heure, i-omme sa mélropole, dans l'alliance de Rome.

Les Locriens bâtirent [.ocres épizéphyrienne ou l'Occidentale, presque à l'extrémité du Rrultium. On donnait à cette ville une origine pareille à celle de Tarente, fondée qu'elle aurait été par un parti vaincu dans les luttes intestines des Locriens de l'Hellade. \ en croire la légende, ses commencements avaient été souillés par une perfidie. On racontait que les Locriens, débar- Hunnsic de Lucres ^ qués dans le pays des Sicules, leur

avaient juré qu'ils garderaient La paix tant qu'ils auraient la terre sous les pieds et la lèle sur les épaules; mais chacun d'eux avaii de la terre dans sa chaussure et une tète d'ail sur les épaules. Croyant s'être mis, par ce stratagème, en règle avec la bonne foi et avec les

' Tèle de femme (peut-élre Terina, TipE(«i). k droite: en Itïpende, TEPINAIÛN. ^. La Virtuire assise à gauche, sur un cippe, et leiianl une colonibe sur la main droite. (Argent.)

■ Tête casquée de Pallas. n droite, le casque orné de la ligure du monstre Scella, anguipèdc i$. 60 ÏPIQN. Taureau cornnpêle, à droite; à l'exergue, un poisson, (.argent.)

* ZEVS. Tëlc lauréc de Jupiter à droite. ^. AOKPÛ^. La Paix assise à gauche, tenant un caducée; à l'exergue, traces de la l^nde EIPIINM. (Drachme.)

Uonnaie de Thui'îon'.

dieux, ils attaquèrent les Sicules à la première occasion favorable et les dépouillèrent. Pourtant beaucoup de Sicules furent admis dans la nouvelle cité, qui prit et garda plusieurs de leurs coutumes. Pour obtenir un rcmcdc à de longues dissensions, les Locricns consultèrent l'oracle de Delphes; Il leur répondit de trouver un législateur. Ce fui au berger Zaleucos ' qu'ils s'adressèrent. On prétendit que Minerrc l'avait inspiré et lui avait dicté ses lois en songe. Il les écrivit et les promulgua en 644, quarante ans avant Draicon, dont il eut toute la sévérité. Elles étaient précédées d'un magnifique préambule sur la divinité. « L'ordonnance de l'univers, disait-il, prouve invinciblement son existence, » et il montrait les vertus que les dieux exigent des citoyens et dos magistrats. Le chef de ceux-ci portait un nom, Cosmopole, qui devait rappeler à tous que la vie sociale consiste dans l'oi-dre et l'harmonie. Les Locriens restèrent si attachés à leurs vieilles lois, qu'à en croire Uémosthéne, le citoyen qui voulait proposer une disposition nouvelle se présentait à l'assemblée une corde au -cou. Si sa proposition passait, il avait la vie sauve ; si elle était rcjctée, on l'étranglait sur l'heure.

„.,„,.. , Les Chalcidiens avaient fondé Zanclc*;

Monnaie des Mcsseniens m génère^.

pour être tout à fait maîtres du détroit, ils bâtirent sur l'autre rive une cité dont le nom montre qu'ils avaient reconnu l'antique union cfe l'ile el du continent, Rhégion « là ville du déchirement ». On était alors au temps de la première guerre de Messénie : d'anciens compagnons d'Arislodèmos se mêlèrent aux colons de Rhégion. Son législateur fut Monnaie de Rhégion.. '^^^^^ <>« Calanc, Charoudas, con-

temporain deZalcucos, et qui comme lui plaça en tète de ses lois un préambule d'une grande élévation

• C'psl la Tersion de Suidas, ». t. Diodore (XII, 20) en fait ua homme de bonne r4mil!^. ce qui est plus probalile.

■ Voy., p. 353, comment Zancle devint Ht-ssiue.

» MESÏHHIQN. Tète ïoili^ et tourelée de Cylièic à droite. ^. Jupiter d'ItWme, nu, drlwut à droite, tenant le foudre de la main droite éle»ée, cl, sur son bras ^ucbe étendu, nii ait,-!? ; devant lui, un trépied ; deriière, une couronne. (Brome.)

• Têtes accolées d'Apollon et de Diane, à droite; Apollon porte une couronne de laurier el Diane, un diadème. j\. PHriNON. Le trépied d'Apoilon. (Brome.)

morale. Mais il est à craindre que celte déclaration des devôiré du citoyen ne soit Touvrage de quelque pythagoricien d'un âge postérieur.

La grande déesse achéenne, liera ou Juuon, eut, au promontoire lacinien, dans le sud de Grotone, un temple fameux qui fut le principal sanctuaire de la Grande-Grèce et le lieu où se célébraient les fêtes qui scellaient Talliance des nouveaux venus avec les anciens maîtres du pays.

11 est remarquable que toutes ces villes eurent un rapide accroissement et que peu d'années leur suffirent pour devenir des États comptant par cent mille le nombre de leurs combattants. Ce n'est pas seulement l'heureux climat de la Grande-Grèce, la fertilité du sol, qui, dans les vallées et les plaines des deux Calabres, surpassait celle de la Sicile, ni môme la sagesse de leurs législateui's, Charondas, Zâleucos, ParménideetPythagore, qui firent ce prodige; mais l'habile politique (jui admit dans la cité tous les étrangers*, et transforma, pour quelques siècles, les populations pélasgiques du sud de l'Italie en un grand peuple grec. Sans doute des distinctions s'établirent, et il y eut probablement dans les capitales des plébéiens et des nobles; dans les campagnes, des serfs de la glèbe, et dans les villes conquises, des sujets; ces différences n'empêchèrent pourtant pas, durant de longues années, l'union et la force. C'est par ce moyen aussi, par cette assimilation des vaincus aux vainqueurs, que Rome grandit. Mais Rome conserva sa discipline, tandis que les villes de la Grande-Grèce, menacées par Carthage et Syracuse, par les tyrans de la Sicile et les rois de l'Épire, sans cesse inquiétées par les Gaulois italiens et les Samnites, surtout par les Lucaniens, n'échappèrent pas aux dissensions intestines, mal

• l*olybo, II, 59; Diodore, XII, 9. Sybaris commandait à quatre peuples et à vinjfl-cinq villes (Slrabou,VI, 1, 13). 11 y a sans doute une bien grande exagération dans le chiffre de trois cent mille combattants, mais le nombre de ses habitants devait être très supérieur à celui des villes de la Grèce propre. A certaines de ses fêtes, Sybaris réunissait jusqu'à cinq mille cavaliers, quatre fois plus qu'Athènes n'en eut jamais (Athénée, Xll, 17 et 18; Diodore, fragm. du liv. VIU;Scymne,540).]l en fut de même à Grotone. Les Pélasges de la Lucanie et du Bruttium montrèrent autant de facilité que ceux de la Grèce à se laisser absorber par les Hellènes, à prendre leur langue et leurs coutumes, par les mêmes raisons, la communauté d'origine, ou du moins la proche parenté. Cette influence des Hellènes fut si forte, que, malgré les colonies romaines postérieures, la Calabre, comme la Sicile, resta longtemps un pays grec. Ce ue fut même qu'au connnencement du quatorzième siècle que la langue grecque commença à s'y perdre. Quant à la prospérité de ces villes, elle se rattache, plus qu'on ne l'a montré, à celle des colonies grecques en général. Maîtres de toutes les côtes du grand bassin de la Méditerranée, les Grecs avaient entre leurs mains le commerce des trois mondes. De continuelles relations unissaient leurs villes, et chaque point de ce cercle immense prolitait des avantages de tous les autres. La prospérité de Tarente, de Sybaris, de Crotone et de Syracuse, répondait à celle de Phocée, de Smyrne, de Milet et de Cyrène.

endémique des cités grecques, et s'affaiblirent encore en des rivalilés qui préparèrent aux Romains une facile conquête.

Les établissements formés par les Grecs, en Italie et en Sicile, ouvrirent à ce peuple, tout à la fois avide et hardi, le bassin occidental de la Méditerranée. Vers 629, un vaisseau samien, poussé par la tempélo au delà des colonnes d'Hercule, aborda, aux bouches du Bélis, à Tartessos, pays riche en mines d'argent, et l'un des grands marchés do la Phénicie. Les Samiens y échangèrent leurs marchandises avec un tel profit, que de la dime de leur gain ils firent exécuter un cratère d'airain du prix de 6 talents, orné de têtes de griffons et soutenu par des figures à genoux, hautes de 7 coudées (5 mètres). Hérodote vit cette offrande dans le temple de Junon. Mais les Samiens ne surent pas profiter de cette découverte. Les Phocéens, moins effrayés d'une navigation dans les mers occidentales, arrivèrent, à leur tour, à Tartessos. Là régnait un roi, Arganthonios, qui, sans doute par haine des Phéniciens, accueillit bien les Grecs. Ce prince, qui vécut cent vingt ans, dit Hérodote, engagea les Phocéens à quitter l'Ionie pour s'établir dans l'endroit de son pays qui leur plairait. Il ne put les y décider; néanmoins il leur donna l'argent nécessaire pour entourer leur ville de fortes murailles.

Dans une de ces excursions vers les terres de l'Ouest, les Phocéens

furent portés sur les rivages de la Coi*se et, de là, sur ceux de la Gaule où ils fondèrent Marseille (vers 600). Les Grecs plaçaient une gracieuse histoire à l'origine de cette ville. Un marchand phocéen, du nom d'Euxénos,

Drachme de Marseille *. i i i • •

poussé vers la côte gauloise, aborda, disaientils, à l'est du Rhône, sur le territoire des Ségobriges. Le roi de ce peuple, Nann, accueillit l'étranger et l'invita au grand festin qu'il avait préparé, ce jour même, pour le mariage de sa fille. A la fin du repas, la vierge parut, portant, suivant l'usage, la coupe qu'elle devait offrir à celui qu'elle choisissait pour époux. Soit hasard, curiosité de jeune fille ou impulsion divine, elle s'arrêta devant l'hôte de son père et lui tendit la coupe. Nann accepta le Phocéen pour gendre et lui donna pour dot le lieu où il avait pris terre. C'est là un fait qui a dû se répéter souvent. Marseille s'éleva autour de ce port naturel et,

* Tête de Diane ou de Flore à droite, avec des boucles d'oreilles et une couronne de feuUles d'olivier, i^ Lion debout h droite; en légende, MASSA (pôur MaoooXiwtav).

FONDATION IIES COLONIES URECQLES. .hT

ilcpiiis cet âge reculé, sa prospérilé n'a pas cessé île s'accroitre : clic est la plus riche des colonies, aujourd'hui survivantes, de l'ancienne (Irècp. Cette ville à son tour jeta des établissemenls sur les côtes de liaule et d'Espagne : Agde et Empones, la ville double, où le comptoir jjrec était séparé de la cité espagnole par une forte muraille. Dans ce iternier pays une colonie parlie de l'iie de Zacynthe fonda encore Sagonle à une époque iiiroiinue.

Knlin les Grecs eurent aussi en Afrique un établissement important, de sorte qu'aucun

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