I . 1 1 •• . 1 ■ . , . 1 . ■ Monnaie d'Empories
lies rivages de la Méditerranée n échappa a
leur génie colonisateur. On a vu que les Doriens avaient occupé l'île volcanique de Tliéra (Sanlorin). Grinos, roi de celle ile, se reudil à llelphes pour offrir une hécatombe au dieu; parmi ceux qui l'accompagnaient était un citoyen nommé Battos. Quand la Pjlhie eut répondu à ses questions, elle ajouta qu'il devait bâtir une ville
en Libye. •■ Mais, seigneur, répondit le jionnaiedci«cyrônaîq„cn
iiii des Théréens, je suis trop vieux et
Imp pesant pour me mettre en voyage : donnez un tel ordre à un de iTs jeunes gens, plus en état que moi de l'exécuter. » En disant ces mots, il indiquait de la main lïatlos. De retour à Théra, on négligea l'oracle, car les habitants, qui ne savaient pas où la Libye était située, n'osiïreul faire partir une colonie pour un lien inconnu Cejiendant il arriva que, durant sept années consécutives, il ne tomba point de pluie dans l'ile, et que les arbres y séchèrent tous, à l'exception d'un seul. Los Tliéréons consultèrent de nouveau l'oracle, et la Pythie leur lepmcha de n'avoir pas obéi au dieu. Ils se mirent alors en quéle de cpielqu'un qui connût la Libye. Après des informations recueillies en Oèle, ils équipèrent deux vaisseaux sous la conduite de Itattos, qui fonda la ville de Cyrène (032) dans une des plus fertiles et des plus délicieuses régions de l'Afrique. Quatre autres s'y élevèrent bientôt : Ajiollonie, le port de Cyrène, Itarcé, Tauchira et Ilespéris. Ces villes
■ IHe de Ci-rés d dixiile, oiiviroiuiéc de dnugiliins. (^. P.''j;asft galo|>anl à liroile; sn tète est fiinriée par un Cabire accroupi et éleii<lnnt les mains vers ses pieds ; dessous, un strigite ; en lêfS'ndc, doux leUres ccllilwrleiiiies. (Drachme.) ,
' L'arbre des Hespérides chargé de frulls; à droite. Hercule debout, couvert de la peau de li'Mi. la niaiii gauclie appuyée sur sa massue; à gauche, une des nymphes deboul, les bras 'Ht'udus. ^. Tifpi de silphiuin. (TélraJraclime archaïque.)
rm DK L'I.WASiON DlllMKN.VK AL\ GLLIIRES MÉHIQLES (Ii0t-Ï90|.
soumirent à leur inlliicnce les iiomades qui les entouraient sur uni' cleuihic (le trois degrés de longitude, des frontières de l'Éfîyple ii h Grande Syrie. On était alors bien loin du temps où règne la légende : «■c)i('ndaiit les (loètcs lirenl de l'événement un mythe qui eourut le monde grec. Ils; enntèreut que (An'-i'i' était la |dus hellc des jeunes tilles de l;i Thessalie, qu'Apollon l'aima et, sur un cliar d'or, la transporta dans la Libye. La puissauee créatrice de l'imaginatiitii populaire ne s'arrête point, tant qu'ellr vit, dans le demi-jour de l'histoir-e ri. au septième siècle, nous ne sommes pas encore eu pleine lumièii'-
Huit I taie Je la C)i-i}[iaïi|uc '.
Tumlicniix <lnn!i l.i m'cropolc de Cju'Ôik' -.
Vci's 6.'>0, des aventuriers do Carie et d'ionie s'étaient mis au servicr de Psanimélik, un des clieis qui se partagèrent l'figypte après l'expulsion de la dynastie éthiopienne. Ils l'avaient fait prévaloir sur ses
I si'rpenl dans le ber ; au-dessus, un omeineiit en ronm- il-' IX. H- Tige de silpliluiii ; devanl, une gueule de lion, (têm-
' Têle d'niglo à droite, tenani h lleiiroii ; le tout dans un carré cre [Iraclnne archaïque.)
* D'après Smith el T'iii-clier, Hi»toiy oflke récent dm-overiet al Cyreuf (1864), pi. XVI. — Cflle rangée de tombeaux tst dans la nécropole nord de Cyréue.
rivaux, et comme ce prince, d'origine libyenne, n'avait pas pour l'étranger la haine des anciens Pharaons, il reconnut le service de ces Grecs, en leur ouvrant son pays. Un grand nombre accoururent, et (|uand une partie des guerriers émigra d'Egypte pour fuir leur contact impur, Psammétik les mena à leur poursuite; on lit encore, à Abou- Simbel (Ipsamboul)*, en Nubie, l'inscription qu'ils gravèrent sur la cuisse du colosse de Ramsès, en souvenir de cette lointaine expédition. Il leur donna des terres dans le Delta, à l'ouest, sur la bouche canopique, où ils fondèrent une ville que, pour rappeler leur première victoire
Inscription {gravée a Ipsamboul en l'honneur de Psainmôtik.
sur le Nil, ils nommèrent Naucratis; il les établit aussi à l'est, tout h; long de la bouche pélusiaque, du côté par où il craignait une inva-
sion *.
Les marchands suivirent les soldats en tel nombre, qu'il parut nécessaire d'établir une classe particulière, celle des interprètes. Tout le commerce de l'Égjpte et par conséquent celui de l'Arabie et d'une partie de l'Inde se trouva alors dans les mains des Grecs. Pour l'accroître encore, Nécos projeta un canal entre la mer Rouge et la Médi-
* ?oyeï, p. 583, les colosses dlpsamboul, d'après Perrot et Chipiez, H'uloire de Vart, t. I, liff. 248, p. 421 (Cf. Elisée Reclus, Nouvelle géographie universelle, X, p. 459 el suiv.). — Nous ilonnons une partie de Tinscription grecque d'après Rœhl, Inscript, Gr. antiq,, n" 482. II faut
lire et traduire : BaotX^oç IX06vtoç Iç '£XtçavT(vflEv^'apL[(i]at{/ou,TaûTalypo4^'^o^^^^^S^P^'^^XH' "^^^ OeoxX[f|(K ItcXcov.'^UXSov tk Képxioc xaTU7:Ep6fv [l]ç i 7C0Ta{jLb{ divfv}. !ÀX[X]ofX(j)9[a]ouc B '^/e nota7i{it6, AtYJ7rr{oi»c t\ 'AjJiamç. ^-^^of^ V ifj^ ^^^JJ^^ 'A{ioi6()^ou xa\ IIÉXeooc OuBd^'j. — u Le roi Psammétik étant venu à Éléphantine, voici ce qu'écrivirent ceux qui naviguaient avec Psammétik, fils de Théoclès. Ils allèrent au-dessus de Kerkis (?), aussi loin qu'ils trouvèrent le fleuve navigable. Potosim^) (?) avait (sous ses ordres) des étrangers, Amasis des Égyptiens. Ce sont Archon el Pélékos qui écrivirent nos noms. )) Suivent trois noms, ceux d'un Téien, d'un Ialysien,d'un Colophonien. Cf. Wiedeniann, Rheinisches Muséum^ 1880, p. 564, et S. Reinach, Traité d'àpigraphie grecque, p. 8.
* La grande masse des eaux du Nil s'écoulait alors par les bouches pi^lusiaquc et canopique. Naucratis était exactement pour les Grecs ce que les factoreries de Bergen, de Novogorod, etc., furent au moyen âge pour la Hanse teutonique, ce que sont, dans les temps modernes, Canton et Hong-Kong pour le commerce européen.
5«2 DE LIWASION DORIEN.NK AUX GlEBRES MÉDiOUES (1104-490^
terranée, qui déboucha dans le Nil au milieu des cantonnements grecs. Amasis s'inquiéta de eeffc puissance étrangère qui prenait pied en Egypte et, ])oui' la contenir, il la régla. Il aUribua le niono|>ulc-
exclusif du commerce à la factorerie de Naucralis. Tout marchant! qui abordait à une autre bouche chi Nil fut contraint de jurer qu'il
* Tableau peint sur les piliers qui décoraieiil un tombeau eonlempornin de la V* dynaslic ; d'nprés la Goietie archéologique, VI (1880), pi. XVI (G. Haspéro). — 1. Regiilre tupfrieuT, en commeuçanl par la droite. Un marcband est aecroupi devant un grand panier placé sur un support et conlenanl trois vases, o Voici pour toi de la liqueur lal douce *, dit-d à l'acb*^ teur. Kt celui-ci, qui tient de la niain droite une belle paire de sandales, lui répond ; i Voiii |MHir toi des sandales solides, u Un second acheteur s'avance, porlant un pelil cofTivI. — llans les deux scènes suivantes, l'aeheteur est une femme. L'une est devant un marchand de |H>isgon qui est occupé à ouvrir et à parer un fort poisson du Nil : dans la nasse posée di^vant lui sont quatre autres poissons. La femme porte sur son épaule le coRrel carré qui reiifenDt' ce qu'elle entend donner en échange. L'autre femme tend deux vases blancs largeotritt ouverts à un homme accroupi devant un vasit à parfums qu'il semble tourner. — II. Regittre inférieur. A droite sont dcuji acheteurs (IoIkhiI devant l'étal qui est toujours un énorme panier posé sur son siipjKirt. Le panier renferme des légumes. « Donne voir, donne l'équivalent ». dit le vendeur au premier acheteur qui a la sacoclie passée sous le bras gauche et lient à \n
and X t )s d errot r es « Voici pour toi un éventail, évente-toi », dit le second acheteur a arc) and et I t e t le la main droite un éventail, de la main gauche un attise-feu. — De X ) ommes telw 1 sont e i pourparlers : l'un tient trois hameçons de la main droite. La Peu ne f su t t |u port uu colTret, marchande des objets dont on ne saurait déférer la atun nu ) on n i' accroupi devant un panier-étal de forme particulière. Aiust q c le f t re arquer M Ma péro. le métal parait être absent de ce marché ; mais le satani éfiyplologne croit que le coffret élait utte manière de bourte, où l'acheteur mettaîl ses valeurs cl ipi'il renfermait du métal, soit travaillé en menus objets, soit en lingots pesés à l'avance.
FO.Nb.VTION DRS COLONIKS GRECQUES. :M
n'y élait entré que pour échapper à la tempête; après avoir fait ce serment, il lui fallait retourner avec son navire à In bouche canopique. il moins que les vents ne fussent absolument contraires : dans ce cas, il devait transporter ses marchandises, bien scellées, par les canaux du Delta, à Naucratis, seul lieu où il lui fût permis de les exposer cl de les vendre. Les Grecs établis dans cette ville formèrent une communauté, qu'on appela VHellénim, ayant des chefs choisis par elle.
un temple avec une enceinte consacrée, bâti à frais communs paiquatre villes ioniennes, Chios, Téos, Phocée et Clazomène; quatre doriennes, Rhodes, Cnide, Ilaiicarnasse et Phasélis; une éolicnnc. Mytilène. Les avantages étaient tels pour tous les membres de la communauté, que beaucoup de cités, alin d'avoir le droit de les partager, prétendaient avoir aidé à bâtir le temple de l'HelIéuion. Samos,
' D'après C. T. Newlou, Hûlorg of diicoeeriet al Halicarnanut, Cnidu* aad Beanchié:e. Frontispice. — La vue est prise de ta colline du (héàlre ((ui dominai! la ville au nord. On di'touvre toute la ville de Boudroun et ses ports défendus par le tli;ileau Siiiiit l'ierrt,
r.86 DE L'INVASION DORIENNE AUX GliERRES MÉDIQIES (1104-480).
%ine el Milet, trop puissantes ol trop riches pour s'unir ;i d'aulres, avaient formé chaciuie une factocerie particulière, ayant aussi son lemple et ses juges.
Naucratis fui alors ce qn'AIexandjie devint plus' tard, une des ville;, les plus riches et les plus cneminûcs, le point de contact du mondi' hellénique avec la civilisation orientale'. Par elle certainement pas.^'-rent d'abord les légendes dont liérodotc s'est fait l'écho el qui moll-
iraient l'Egypte comme la mère-patrie de ta religion, des arts, de hi science, et même de quelques-uns des anciens chefs de la Grèco-
' Les Anglais ont Tailloul récemment (1884-1 880) il'inlpressaiiles Touilles à Nancralis, rlli-^ l'ésiillals de la premi<-re eampagne ont été publiés dans le troisième in^nioirv de The Egyfl Exploration Fund. Naukratiii. Part. 1, 1884-5, by W. M. Flinders Pétrie. On a déblayé une gnixl'' partie de la ville ancienne, Tenceinle sacrée du Icnipledes Diosenres, du temple il'Apolloii.dn temple d'Uéra, le quartier des potiers, une fabrique de scnrabées, et dans ces ruines on a di^couverl un grand nombre du fragments inti-ressanls, surtout des fragments de Tases aindédicaccs h AjHillon et aux Diuscures (pi. XXXII-XXXVl), et des poids (pt. Wl-Wh*). Tia\beaivusemenl, les plans jotiils au texte (pi. XL-XLIIIj sont Iri^s imparfaits, el l'auteur nous avcriil qu'ils sont déjà inromplels : les résultats de la seconde campagne les ont modiliés en plu5 •l'un point, ^ious attendrons donc la suito de l'ouvrage anglais pour donner des ruiires de .Naucralis un plan plus exact.
* D'après Cockerell, The Umple» of Jupiter PanhelUnitu at jEgina and of Àpollo Epiaurin (1860), p. 40. — La vue est prise des ruines du temple d'Aphrodite, au nord-ouest de la vill.el du porl. On d<3convre, à gauche, la presqu'île de Nélliana : à droite, l'Ile de Pilyonésos, ft dans le fond, les luunlagiies de l'Épidaurie
Athènes ne prit aucune part à ce premier établissenienl des Grecs en Egypte; mais quand elle envoya plus tard ses flottes et ses armées: aux bouches du Nil, ce ne fui pas seulement pour y soutenir la révolte des satrapes ou des indigènes contre le grand roi, c'était aussi pour s'assurer le commerce du Sud et de l'Inde, comme dans rilellespont elle avait pris celui du Nord et de la Scythie. Les Grecs voyaient plus loin (|ue nous n'avons l'habilude de le croire.
Nous avons liui le voyage accompli par les calons grecs le loii^ des côtes de l'Euxin et de la mer intérieure. Représentez-vous ces villes, ces lemples élevés sur tous les promontoires; les terres assainies, cultivées; les mœurs adoucies; les peuples barbares auienés à la civilisation. Que d'efforts, de courage et d'habileté exigèreul oes fondations audacieuses! Que de Vasco de Gama et de Corlez inconnus sortirent de ces petites cités! Et quelle reconnaissance ne mérite pas celte race entreprenante qui sillonna tant de meiï de la proue de ses navires, commença vraimeut pour l'homme la conquête de la lerre par l'intelligence et la liberté, et alluma, au pourtour de la Méditerranée, tant de flambeaux dont l'éclat illumina le monde!
' Camr-e <iu Cabiiiel de France (agale à deux couclies, liaut. 2 ceiil. et Uenii, larg. 3 ceiil.)- Catalogue, n* ttO.