‹ Histoire des Grecs depuis les temps les plus reculés jusqu'à la réduction de la Grèce en province romaineChapitre 58 sur 78 · partie III, p. 105(i, et A. Haun · texte numérisé non relu

partie III, p. 105(i, et A. Haun

» D'après le Cor/nu intrripiioniim Semilicanim, l, 1, n" lli.

lab. XXI et XXIII, 115», -Slil.' funéraire découverte à .\lliéiifs :

le nom du mort ri celui du [htsonnage qui a élevé h stèle soiil donnés dans une double inscription, grecque et phénicienne, gravée à la partie supérieur!'. On lit : !\v:(mctpa{ 'AopoSiofqj 'AiixciX[<i»l'ni;] . ] Ao[i3(!Xii>( &o|ia:vCi £tSuivioc (!vfBi]xi. L'iuscripliMi phénicienne est ainsi traduite dans le Corpiu : Ego Scliem, fUm AbdoÈUtrli. Atcatmtn. Qtiod erexi ego Domtillehiu, filiu* Domhannonit, Sidoniiu. Au-dessons de ces deux iuscriptions est sculpté un bas-relier : au centre, un homme est étendu sur un lit ; un lion. » gauche, se précipite sur lui, tandis qu'un second personnage, à droite, se pencho pour défendre le mort. Derrière, on distingue la proue d'un navire. Cette sciiie est eiptiqui^

inscription phénicienne '.

GRANDKni KT CIVILISATION DKS COLONIES CIlECOl'ES. flOr. (lilerraïUT, ont v\é les premiers et longtemps les principaux intormô-

Patére phénicienne de Dali'.

(liaires entre l'Orienl et l'Occident. N'ayant point d'arl national, ils re-

ilans l'imcriplion mi'Irique gravée n la partie inférieure de la slète. On y lit :

iii Kif\ [liv jicXfiuv, iripi S' fj TZfiiifri, xTinbiunai. ^IIXïi fkf lîyflfokiiat tà\ik OfXwv aicofdEaai,

'(■oiv(xi]v s* IXism, T^c /Oov\ vûjia xfx(>u|i[ui.

■ Qiie nul ne s'élonne de eelte image, voyant auprès de moi d'un cAté tin lion, de l'autre la proiie li'un navire. C'est qu'en effet un lion s'est précipité sur moi (sur mon c.ndavre), vouIhuI me dt^vorer; mais, s'élançant de leur navire, mes amis sont venus .i mon secours, et ce sont eui qui m'ont enterré ici. J'ai donc quitté la Phénicie, et c'est dans cette terre que repose mon corps. » — De toutes les explications proposées, ]a plus vraisemblable est celle qui admet qu'Antipaler d'Ascalon, mort dans un voyage, en Libye par ciemple, avait été arraché par ses amis » un lion : ceux-ci auraient ramené sa dépouille à Athènes et l'auraient enterrée au cimetièrn du Céramique. La stèle ne semble pas antérieure au second siècle av. J.-C.

' Patére en argent doré, au musée du Louvre. Cf. Pcrrot et Cliipiez, Hiiloire de Vari, t. III.

60i DE L"l>"VAS10-\ DOftlENNE AUV GUEURES MÉDIQIES (110*490).

produisaient pour leurs articles d'oxporlation les modèles qu'ilsavaicnl vus en Égjple et en Assyrie, quelquefois sans les comprendre', et ils répandaient parloul des formes, des types, qui s'acclimalaient dans leurs pays d'adoplion.

Une influence probablemeni plus grande fut celle de

l'Assyrie où de riches et puissanles monarchies s'étaieni

élevées. Il y eut là un foyer de civilisation qui rayonna

, - . bien au delà des frontières de la Mésopotamie et fran-

La Gorgone *. "^

cilit d'un côlé le Liban, de l'autre le Taurus. I^es sculptures de la Cilicie et de la Cappadoce ont certains Irails de ressemblance avec celles des artistes assyriens. Les peuples do l'Asie Mineure, maîtres des roules commerciales qui passaient par Comana et Tarse pour alleindre Ninive et lïabylone, et ces Ililliles qu'on vient de retrouver ont dii servir d'intermtV diaires entre l'Asie et la Grèce*. 11 est impossible de ne pas reconnaître l'influence des grands peuples de l'Orient « dans ces repréld cbiiiiore sur iiiic moiiiiaie scntatious d'animaux fabuleux, de chasses et lie Tai-so*. j^ couibats fautasliqucs, dans ces ornements

bizarres formés de plantes, accompagnés de symboles évidemnicnl asiatiques que l'on remarque sur une classe entière des vases peints

(ig. 516, et Clermoiit-Ganneau, l'Imagerie ^éniàenne et la mythologie iconologique dïf= Irt Greci, p. iviit el siiiv. — Dans \e médaillon «ntral, « un personnage à aUribuls mylliologiqnes, de slvlo compli-temenl ('gj-ptien, ilelHiul, de prollt, brandit de la main dniile mu* masse d'armes el ëlend sa main gauche année d'un arc au-dessus d'un grou)« de Irais hommes à moilié n)ieuonillés et luUant contre lui. ji M. Clemionl-Ganneau monire, dans s.-i remarquable i^lude, comment cette scène, emprunlét- par tes lliéniciens aux Éf,7plieiis, <^| ensuite empruntée par les Grecs aiw Phihiiciens et devient dans leur mythologie le eombal d'Hercule contre le triple (!Mon. L'image pliéniciemie élail eu elTel répandue dans toul liinonde gi-ec par ces coupes et vases métalliques ((ue le commerce phénicien colportait dans toute la Nédilerranéis. Sur la frise extérieure se voient douie groupes correspomiaiit nus divers épisodes d'une double hilte : la lutte de l'Hercule phénicien contre le lion, la luttiil'un autre héros contre le lion el le grifTon. Dans la trise intérieure se succèdent des grirfons et des sphinx ailés, la [>atle posée sur la lële d'un homme étendu ;i lerro.

< Voy. la coupe de Paleslrina dans mon Hitloire de» Romain», t.), p. 173. .Même au Icmpsdc la grande prospérité du commerce hellénique, les l'hénieiens eurent des comptoii's dans In'Suwinp de villes grecques. Ils eurent un cimetière an Pirée {Corp. intfr. Semil., n' H6), et ,-i Marseille ou a li-onvé, sur une pierre apportée de Carihage, le tarir des sarriliccs faits dans la cité phocéenne {ibid., n* 165).

■ Télé de Méduse, de trois quarts. (Camée eu agate du Cabinet de Friince, n* Itl du Ctiittlogiie.)

" G. Perrot, mélanges d'archéoloyie. p. Ô9 et C7, et Revue dei Deux Monda, 15 juillet 1886 : ('«i* cwilitatiott relroiirée.

* Sous un portique, on voit la statue dite de Sardanapale. debout sur une Cliimére. Idlc

CRA.NDmi KT CIVILISATION DKS COUlNIKS GIIECQIES. (JO;.

les plus anciens et sur beaucoup d'aulres objets d'art cisch'-s et

jiravés.... La Cliiinère, les Tlorgones, les centaures et les griflbns.

. \o s|itiinx femme et lion, le cheval ailé Pégase, que l'on a, tous

deux, reconnus parmi les sculptures assyriennes de Nimroud, sont des

llûnkl^ portant les tt-irts Cercopcs. iMèiope ai-chaîqnc Je Sélinonle '.) jVov. p. 00«.i

emprunts de ce genre, passés des traditions snr les inonunienls. rpielquefois aussi des monuments dans les traditions. Les plus vieilles

linon la Iroiivo éf^leiiieiit i-epréseiUéc snr des cylindres assyriens il'une époque hicn .itiirrieure. Le personnage porte sur sou épaule l'arc et le carcpiois : In télé est sumionlé<- ilii motliut: il lienl ilnns sa main gauehe une couronne dentelée et étend In main droile. (^'^•\\•• statue est décrite dans Strabon (XIV, 5. 9). Kn légende : TAPCOV!UllT[(»ni)iiB(| et dans liehamp, les lettres A ■ M ■ K ■ F ■ B. (Revers d'une monnaie de lu-onze à l'efli^îe de Gordien h- Pieux.)

' D'après un mouln^e. — Les Cerropes, démons malicieux et médianis, aviiienl lounnriilé et volé lléraklès pendant son sommeil : eelni-ci les enchaîna el les porta à Omptiale.

(lOfi IIE L'INVASION ItOHIENNE AUX GL'EBRES MIÏDIQIES (IIUMWI.

monnaies S'^ciues, celles d'Égine, de Corinthc, d'Athènes, remontant aux premières olympiades, orfrent dans leurs typessymboliques la Irace de ces emprunts faits à l'Asie Mineure, à la Phénteie, à l'Assyrie, comme plus lard dans les scènes- héroïques sculptées en style ancien sur les temples d'Égine et de Sélinonte, dans les proportions massives des figures, leure muscles si for- (enient accusés, leurs ornements, leur coiffure et leur costume, on est lente de sou|tçonner encore la mèine souree d'imitation d'où découlèrent tant de pierres gravées cl ite ^ scarabées dont les sujets el

lliiraklds portant Ipfi li-fios CciTOnes '. ,, , . ,, ,,

I exécution rappellent dune

utanière si frappante les cylindres babyloniens'. »

Route de mer, route de terre, toutes deux ont seni à cette transmission de riiifluencc orientale, elcelli'ei est attestée par ce qu'on pourrait appeler l'éelain'menl successif des pays de langue liellcniquc. Ces! sur les ct^tes de l'Asie Mineure que parait d'alMinl

Miiiiiiiiic phéiiicipiinc la lumière; elle gagne les Cvclades, puis le contiueii! européen. Les poètes, les philosophes naissent a

l'orient de la mer figée; les premières écoles d'art s'y fondent el les

' Fragment d'une peinturt> de vas», qu'il est inléressaiit de rapprocher df la niélopr ili' Si^linoiite (d'après Gerhard, Aiut-rlei. Vaienb., Taf. CX).

* M. Uiiigniaul, Soie» à Cinner, l. U, p. 10(i.'i-4. La figure, gravée en iviief sur le gniid sarcophage phénicien du Louvre, rappelle à la fois li-a léles de Kliorsiiliail et le^ plu> aiii:i[-tiiies scnlplures grecques, surtout certaines ligures de terre euite i-eprésenlaiil Wa, ri (pu- l'on trouve dans les anciens tombeaux helléniques. C'est du moins l'oiiinion de M- àf l.ongpiirier (voy, sa Notice de» antiquitit du m\i*H du Louvre, 2" édilion). Euripide atail àép dit que les murs de Mj-cénes avaient élé hiltis avec la règle phénicienne (Hercufc n roummJ. V, 9i5). La porte du Trésor d'Alrée à Mïcénes, de Tomie pyramidale, rappelle, en eJTel. rrlk (l'une ville cyclopéenne de ta Phénicie, Ouin-el-Awamid (/a mère dft Colonne»), à i lieues nu sud de Sour. (De Vogué, dans VAlkenxum du 30 déc. 1854.)

^ Au-desjus de la proue, le monogramme de la ville, AP et uu palmier. La proue se teniiinp par une statue de Pallas armée du casque et du liouclicr.Au droit, une léte de Cybèle. (Broiue.l

EGTPTIE!!

HIÉBATIQUE.

PIlÉNiaEN.

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