‹ Histoire des Grecs depuis les temps les plus reculés jusqu'à la réduction de la Grèce en province romaineChapitre 60 sur 78 · î§i I ss · texte numérisé non relu

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GUANDEIR KT CIVILISATION DES COLONIES GHEGQUES. 615

l'art chrétien, qui voudra surtout montrer l'àmc. Sous l'inspiration d'un heureux gtinie et d'une ualurc adoucie et suave, ils achevèrent, on d'harmonieuses proportions, ce que les artisles de Ninive et de Momphis avaient commencé dans des proportions grandioses, mais sans grâce ni beaulé. Ils eurent l'art libre et laïque, l'art humain l>ar excellence, le plus parfait équilibre de la forme et de la pensée.

L'Egypte et l'Assyrie avaient élevé des lemples à leurs divinités, des palais et des tombeaux à leurs rois. Clirz les Grecs des leiu|is iiis-

loriques, qui n'avaient plus de rois, l'art monumental ne fut d'aboril

|>lun, Pan, reconnaissablc à ses comes et h ses pieds de chèvre, parait l'écouler attenliveineiit ; dans le lointain, la grotte de Pan placée au-dcsstis d'un roclier. (Cornaline de la collection de Luynes, au Cabinet de France; haut. 15 mill., lai^. U mill.)

" Bas- relief de Khorsabad, d'après Perrot et Chipiez, Histoire de Pari, t. U, (ig. 41. — Tcmplu 4u bord d'uae rifière.

qu'au service des dieux; c'est dans les derniers siècles seulcmenl.

qu'on l'employa à décorer les villes. En arrivant dans l'Ilellade, la

science archi tectonique de l'Orient se roodifia et s'ennoblit. Avec des procédés qui furent les mêmes, le dessin général fut 1res dif-

' On appelle ordre (Iff ooIb ou xaraoxcu^, ralio) IVnsemblo d<^$ n^les cl proportious appliquëi^s imx divers membres d'arcliilecturpquicoustituenl le temple grec. Comiiiv les ftifTérents ordres sont surtout caractérisés par la cnloiinade, le mot ordm (xdvfu;. ordo) a été aussi employé pour désigner la colonnade. Il y a deux ordres proprement dits, l'ordre doriqne el l'ordre ionique; l'ordre conntliieu n'est pas un ordre â part:

ses proportions peuvent en efTel s'applîqiier aux temples . r ^f , doriques comme aui Ordre dorique'. Ordre ionique*. temples ioniques.

L'ordre dorique le plus parfait est celui du Partliénon, que nous reproduisons ici : il suflira de le comparer à celui des temples de Psstum el de Corîntlie que nous avons publiés plus haut (p. 569 et p. 505) pour saisir tous les progrès accomplis par les architectes depuis le septième siècle jusqu'au cinquième av. J.-C. Les proportions de la colonne el de l'architrave sont plus heureuses; le renflement de la colonne (ïïtauij) est presque insensible ; enfui la courbe de l'échiné du chapiteau est moins accusée et plus gracieuse. Yoy. C. Chipiez, HUUiire ciiliqae de* originei et de la formation de$ ordre» greci, p. 187 et suiv.

* L'ordre ionique n'est pas moins ancien que l'ordre dorique. Nous avons reproduit ici celui de l'Ëreclithéion d'Athènes, l'un des monuments les plus élégants el les plus riches du toute l'auliquilé. A la différence de la colonne dorique, la colonne ionique repose sur une base; elle est égaleiuenl plus élancée : les cannelures sont plus nombreuses, plus profondes

GRANDEUR ET CIVILISATION DES COLONIES GltECQl'ES. 615

férent, parce que les croyances et les conditions sociales ne se ressemblaient pas. Kien ne rappelle moins les édifices religieux de l'Egypte on de l'Assyrie que le temple grec, réalisation en pierre d'une idée simple :

la demeure du dieu élevée au-dessus de celles des hommes, mais d'un dieu toujours visible par l'ouverture de la cella; qui veut, du fond de son sanctuaire, voir son peuple et communier avec ses fidèles par les sacrifices ofTcrts à sa divi- „. ,. . , , . , „ a ., . .

Cha|>iteau ionique du icmplc d Apollon tpikourios ù Buke

nité. De nos jours les mois iv^^ '■'^ phigaiic)'.

dorique et ionûjtie servent u désigner deux ordres d'architecture différents, l'un sévère, l'autre plus élégant, quoique grave encore, qui se sont formés dans la Grèce asiatique' et dont les Grecs ont arrêté le canon ou les règles fondamentales, qu'on a toujours suivies en les variant. Dès le septième siècle, Samos élevait à Junon le plus vaste temple qu'Hérodote ait vu. Le sanctuaire d'Artémis, àÉphèse, était, après celui-là, le plus considérable. Il avait été construit aux frais de toutes Temple de Hwa. les villes grecques d'Asie et passait pour une des *samos'.

sept merveilles du monde. On y travailla deux cent vingt ans*. Trois autres temples de la cùte d'Asie réunissaient à la grâce de

et ne se terminent pas par une arétt* vive. Enfin le chapiteau, simptereient ornemental, est caraclt'risé par une volute, dont la spirale va se terminer dans une cavité qu'on appelle l'œi) <lc la colonne.

' D'après le Dictionnaire det anliquiU» grecqiin H i-omaùm, fig. 1758, au mot Colamna. — Le temple de Basse avait été consiruil par Iklinos, l'arclulecto duPartliénon.On remarquera que les spirales des volutes sont unies entre elles par une courbe surélevée, non par une courbe néchissante comme à l'Ërechtliéion. Voy. C. Chipiez, out. eité, p. S70 et suiv.

■ Athènes n'eut que deux temples ioniques. l'Érechthéion et le sanctuaire de la Victoire Aptère, tous deux de petite dimension, mais deux merveilles. Je renvoie d'avance, pour tout ce qui concerne les arts en Grèce, à l'ouvrage de MM. Perrot cl Chipiez. i'Hitloire de l'art dant i'onlifutfai, où toutes ces questions seront traitées avec une double compétence.

' En iL^endc ; CAItllQN. La déesse est debout, de face, sous un temple à quatre colonnes; elle a la tête et les mains ornées de ses adminicules. [Revers d'une monnaie de l'impératrice Einiscilla. Brome.)

* Sa longueur était de iH pieds romains, ou iM mètres, sa largeur de 330, ou 65 mètres.

filO DK I/INVASION DORIENNE \l\ fiUERUES MÉDIQUES {llU-iW).

l'art ionique la grandeur et la majesté : à Magnésie du Méandre, le sanctuaire d'Arlémis Leucophrjne, dont plusieurs débris soni au l^oiivrc ; à Priène, celui d'Athéna d'une date plus récente, el, sur le territoire de Milet, celui d'Apollon Didyméen, le rival de TArténNsion d'Éphèse par la riehesa' de son ornementation, par ses colonnes de 20 mètres, par sa façade d'un développemenl de 50. Son oracle était consulté par tous 1^; Grecs d'Asie; plus tai'd, par les Romains : Uioclétien lui demandera encore si les chrétiens Ariômis Lcucophryne, doiveul etve tolérés OU poureuivis.

ùMaBiiisie'. Les firccs, qui aimaient à metirc une hisloirc

gracieuse à l'origine de toute chose , contaient qu'une jeune fille de Corinihc, recevant les adieux de son fiancé, prêt à partir pour un Ion;:: voyage, avait remarqué que le profil de son amant était projeté en ombre sur la muraille par la lumière d'une lampe. Pour gai-der ce cher souvenir, elle avait fixé l'image fugitive en passant aus-

TcinpIcd'Arléniis.ù KpliOsc*. cjlôt un Irait SUr IcS T*'"P'^ d'Apollon Uîdymécii.

contoui-s; le dessin était trouvé. Aristote, qui ne se plail pas à ces sortes d'histoires, se ra|)prochait de la vérilé en disant que le premier peintre avait éié

Il avait hiiil colonnes de Tace avec iiii double rang autour de la cella, en tout cent vingl-5f|i( colonnes d'ordre ionique, hautes de 60 pieds, ou près de 18 mètres. Clarac eu a doniip une description dans les noies du Voyage dntit le Levant du comle de Forbin, p. 111.

> La déesse est représentée delxinl. de face, avec les niains eucbainées el Ips attributs ili' l'Artémis d'Ëphèse ; deux Victoires, volant au-dessus d'elle, la couronnent ; à ses pieds, le Sèinitre et le Lélhacos assis; en légende, MAr.MlIQN. (Revers d'une monnaie de brunie à ïttSipe de Lucius Venus.)

* En légende :€<]>6CIQN. La staluede la déesse est debout, de Tace, parée de ses adminicules. sous un temple à sii cI>lonnes. On distingue asseï nellement les acrotéres et les antéSies sur le bord du toit, quelques-unes des figures représentées sur le fronton, enfin les figures el lf> ornements particuliers de la base et du chapiteau des colonnes. (Revers d'une monnaie de bronze de l'empereur Hadrien.) M. Wood a découvert et rapporté au musée Britannique d'importants fragments des sculptures de ce temple. Voyei la slalue donnée ci-dessous, p. 663.

^ Sous un portique tétrastyle. à colonnes torses, on voit Apollon nu, radié, debout sur un piédestal; il tient sur sa main droite uu petit cerf, et son arc de la main gauclie; à ses pieds un autel allumé ; de chaque ctité du temple, deux personnages debout, paraissant ormes de lances. En légende : EDI APX «KOV^A [011 MIAUtI2S NF.OKOreN. (Monnaie frappée sous

Eukheir, un parent de ce Dédale qui, pour les mythographes, représentait le génie de l'invention dans les arts. Dédale connaissait TÉgj^pte, puisque son labyrinthe de Crète passait pour avoir été une copie du labyrinthe égjptien. La vérité est que sur les bords du Nil, comme sur ceux du Tigre et de TEuphrate, les temples et les tombeaux étaient

J 'cintre égyptien coloriant une statue *.

couverts de peintures. Il n'y a donc point à s'étonner que les prcmiei-s peintres de la Grèce aient paru en lonie. On rapporte que Bularchos avait peint à plusieurs couleurs un tableau représentant la destruction de Magnésie sur le Méandre, et que le roi Candaulc Tacheta au poids de l'or. Mais on a vu que l'emploi des couleurs pour la décoration des murailles, dans la Grèce européenne, était antérieur même à la guerre de Troie*.

Paulorité derarclioute Secundus, à Teffigie des empereurs Balbin,Pupien et Gordien le Pieux. Bronze.)

' Diaprés Perrot et Chipiez, HUt, de Varl, t. I, ûg, 54, p. 85.

« Page 56 et 37, n. \.

MS DE L'INVASION DOIIIENNE AIX GUERRES MÉDIQtES {1104-490).

La sculpture devait atteindre la perfeclion en un pays, le seul qui ait jamais eu des institutions destinées à développer et à fortitier le corps, où pour mieux juger des coups, pour mieux trouver les poses, les attitudes et les gestes nécessaires, les athlètes, les coureurs, les pugilistes, s'exerçaient nus dans le gj-mnase et corabaUaient nus dans la lice. Mais deux choses en arrêtèrent longtemps l'essor : l'imperfection des procédés techniques et le respect superstitieux des peuples pour les objets informes de leur adoration. Longtemps on n'eut pour représenter les dieux qu'un tronc d'arbre à peine dégrossi, une pierre brute, puis des plaques de fer ou de bronze rapportées et tenues réunies par des rivets, ce qui ne produisait que de disgracieuses images '. Au se|)tième siècle, Théodoros de Samos, qui grava la fameuse émeraude jetée par Polycrate dans la mer, imagina la foule en creux qui permit de donner au bronze toutes les formes. Un peu plus tard, Glaucos de Chios inventa la soudure du fer, en se servant de métaux plus fusibles que ceux qu'on voulait assembler'. Ënlin, vers le milieu du sixième Tête daihièie «inqueur '. siècle, dcux artistes Cretois, Dipœnos

et Scyllis, établis à Sicyone, firent prévaloir pour la statuaire l'emploi du marbre. Une invention très modeste et cependant importante assura aux temples une plus longue durée : un architecte de Naxos imagina de protéger les joints de la toiture par des tuiles de marbre qui empêchèrent les dégradations produites par l'eau des pluies. Le service fut jugé assez grand pour que l'artiste méritât une statue.

L'art fut alors armé de ses moyens d'action ; il lui restait à s'affran-

* « Avant la guerre de Troie n, dit PausanUs. el il aurait pu ajouter : longtemps aiN^. on ne connaissait point l'art de fondre le métal et de le jeter en moule; on Taisait une sUluc comme un habil, successivement et pièce à pièce, non d'un seul jel, tout à la Tois.i (Pausaniu, VIU, 14.)

« Hérodote. I, 25.

■ Harbre découvert à Athènes : d'après les MomimeiUi gréa publiée par rAttoâalm pim 'encouragement de* éludée grecques, 1877 (0. Ravel). — (hi reconnaît, aux oreilles défonnéei par les coups, turaéllées et Raquées sur le crâne, te portrait d'un pugiliste.

chir des exigences Ihéocraliques pour être libre dans ses conceptions. La pieté défendait de changer, même pour les embellir, les images (les dieux qui gardaient leurs formes roides et ingrates. Mais l'art laïque, I t-elui qui reproduisait, pour les cités, les traits des vainqueurs aux jeux nationaux, réagit sur l'art religieux,

qui devint pou à peu moins sévère. Tout ; '

eu gardant pour certaines cérénionirs |

les représentations informes des vieilles ^

divinités, les lidèles permirent qu'on -

donnât aussi la grâce et la beauté aux ;^

héros fds des hommes, même aux t

ilieux. Aloi"s des écoles se formèrent : 5

relie de Naxos, entre autres, qui du ^

septième au quatrième siècle fut 1res o

florissante, el ilc véritables artistes pa- 5

rurent.Batliyelès,de Magnésie duMéan- «•

dre, lit pour le leniplc d'Aniyclées, près =

t\<} Sparte, un ouvrage considérable où ■«

la vieille et informe image d'Apollon £

eut autour d'cllcles statues des Saisons "

et des Grâces: le trône sur lequel elle 2

était debout avait été décoré de basreliefs qui représentaient l'histoire des dieux et des héros*. Avant Phidias, Athènes eut aussi une école de statuaires, que (Juintilien compare aux sièie du sculpteur Ahiim- do Naios ". étrusques primitifs*. A Sicyone, KanachoB fil une Vénus d'or et d'ivoire, et un Apollon dont le musée Bri-

' Voï. ci-dossus, p. 3jI,

* XIl', 10. 7.

^ Stèle fiiurrairp m mnrbre^risdoBéolii?, Ht^roiivcrte prés des ruines d'Orehomênes.d'aprAs un moulage au musée du Trocadt^ro (K6r(e, Die anlikea Scaifluren aia Bofolien, dans les -tfrt- Ikeil. d. d. archliolog. Intlil. in Athen. IH (1878), p. 315, n'8. — Le mor[, sous les iraitsd'un lioinme bariiu, v^lit de Vhimation, qui luissn ri'(>auli; droite à découverl, et appuyé sur un hâlon noueux qu'il lienl de la main gauclie, tend une cigale à son chien de chasse. La ïcêiic ne manque pas de cliamie, et l'œuvre est soi^nn- dans les moindres détails, lue inscription ^'ravée à la partie inféneure de la stèle nous apprend le nom du sculpteur, Alxénorde Naxos. 'AX^vtMf Irj>(r,iRv 6 Ncïiot' i^' liifôe3[0e]. d Je suis l'œuvre d'Alxénor de Naxos; regardezmoi I t Sous avons di^i dit que l'école de Saxos était l'une des plus anciennes de la Grèce et

620 DE L'INVASION DORIE.NNE AI'.V Gl'EitltES MËDIQI'ES (1104-490).

laiinique et le Louvre possèdent une répélilion en bronze. Cicéron rpprocliait à ce maître de ne s'être pas encore alîranclii de la raideur et de l'imniobililé arctiaîques'.

Son Apollon a crpcudant plus de souplesse dans les membres, plus de finesse dans le visage ([iiVtri n'en trouve dans l'Apollon ilp Téméa*, Mais, à Ai^os, à Ë^Jiie, la vie vint enliii animer le iiiarbit' et le bronze.

Agéladas d'Ai^os. né peul-î-ln' en t)iO, sculpta plusieurs slatucs de vainqueurs aux jeux olym|(iques, un Hercule XXt^ixaxo;, ou Tutélaire, un Zens pour les Mcsséniens de Naupacle. C'étail un artiste émincnl. car il fui le maître de Phidias, de Myron et de i'olyclète; il ouvre donc IV|(oque du grand art sculptural. !yin contemporain, Onalasd'Kgi ne fut célèbre pourses slalues de limnzi' et ses tnjphées des vaiiK|ui.'iii's olympiques, même pour un tableau peint dans le temple de Platée, consacré à la Minerve Al'éia (la Ilelliqueuse), où les l'iaicens, )iar haine contre Thèhes.

avaient fait représenter l'expédition des chefs argiens coativ cette ville.' On l'a quelquefois Apollon Dids-môen". regardé comnic l'auteur des mar-

bres fameux d'Égiui-. Vei-s 5iS, la coulume's'élablit, de placer dans l'Altis d'Oiympie les images de

nous avons donné ci-dessus (p. 201) une très remai-quable sUtuo d'Arlémiit dm- i> un artiste de la mému école, mais remoiilant à une anli<|uilé beaucoup plus reculiv que la flrW d'AIxénor.

■ Cicéron, Brutut, 18.

* Ténéa, district du territoire de Corintlii<'. (Slrabon, \ni, 6. 2!i.)

» Statue en bronze, découTerte à Pîorabiuo en Toscane et conserrée au LouTre. — Le» jeui

GRANDEl'R ET CIVILISATION DES COLONIES GRECQUES. 6il

ceux qui avaient gagné les prix dans les jeux publics, ce fut un puissant encouragement poar la statuaire. Comme à ces jeux, il y

avait des courses de

chai's, ou s'habitua

aussi à sculpter des

chevaux, et la frise du

Parthénon montre à

iquel point on y réussit'.

Au milieu dusixièi me siècle, l'art avait

I donc cessé d'être cou-

S damné à reproduire

des formes invariables; au lieu de l'imilalion servile, il eut la recherche de l'idéal, et le don *\o la libLM'té devint pour l'arlisle celui du génie, car il avait sous les yeux la plus l>elle race <pii fût au monde. « La ligure ionienne, dit Dion

-^7,.^<( Chrysnstome , réunit

Apollon de Têmiia'. lous Ics Caractères

de la beauté ». et Apoi'on uos™.--

Hippocrate déclare (pie le sang ionien était le pins pur de la

■'■[aient d'nrgeiit ; les lAvrcs et les liouloiis des seins sotU incni»lés t'ii cuitre ronge el snr l<- |iît.-d gauche se lit l'instription suiv.inti> : ^a^vct3 ËuiItxv, n Dédiù h Athi'na, nvi>c li' prodnit Hi- 1.1 djine u. On n reconnu ddtis ce hroiize remarquable une 1res ancienne copie de l'Apollon Didyméen, (L-uvre célèbre du sculpleur sicyonien Kanadios. L'Apollon llidjinéen ftait ligurn debout tenant de la main gauclie un arc, de la main droite un cerr; ainsi qu'il est représenté sur la monnaie de Nilel publiife page GI6.

' Je dois dire qu'il reste lieaucoup d'incertitude jwur toutes ces dales, malgré les nombreux i-ITorts rails pour mettre de l'ordre daus relie chronologie.

* Bronze découvert ti .Naios ; d'aiirês VArchUologitcbe Zeiluag, 187!t, Taf. VII. — Il esl inti'-ressaut de le rappi'ocher des statues analogues données ci-dessus, el notamment de t'Apollou l'Iilos (p. 107). Le dieu tient de la main droile un aryballf.

' Statue en marbre, découverte sur remplacement de Téméa dans la Corinthie, aujourd'hui coiisenée au musée de Munich ; d'après un moulage. La statue a été découTertc au-Klcssus

Grèce ^ Un fait montre quelle influence le voisinage des cités asiatiques exerça sur le développement des arts dans l'IIellade européenne: on ne trouve d'artistes que sur la côte orientale; la Grèce du nordouest n'en produisit pas.

La religion grecque avait remplacé les dieux de TOrient, abstraits et symboliques comme Brahma et Ormuzd, ou matériels et grossiers comme Apis, par des êtres moraux et personnels. Cette transformation ouvrit un champ immense à la poésie. Tout naturellement l'épopée on

sortit d'abord, mais une épopée où nulle part le merveilleux n'écrase l'homme. Celte poésie est fille de l'Ion ie. Smyrne et Chios sont les deux villes qui revendiquent avec le plus de vraisemblance l'honneur d'avoir vu naître Homère. A la suite du chan- Monnaie avec insmp- ^^^ d'Achillc parurent une foule de poètes. Les noni^

lion ionienne*. * *

de vingt ou trente ont surnagé, mais à peu près ririi de leurs œuvres. On les appelait cycliques, parce que leurs poèmes réunis formaient comme un ensemble complet de traditions sur Tàgo héroïque. Ils avaient célébré les exploits des anciens héros, ou ceux des incidents de la guerre de Troie, auxquels le chantre d'Achille n'avait pas touché, et ramassé, comme dit Eschyle, les miettes du festin d'IIomère.

Les poètes épiques avaient célébré le passé héroïque et religieux de la Grèce. Leurs chants cessèrent quand l'esprit grec, à demi dégaj^é des liens de la vieille croyance, se prit à s'interroger lui-même et s'occupa moins des dieux, un peu plus de l'homme; moins de la vie

d*un tombeau, et le nom d'Apollon lui a été justement contesté. (Voy. ci-dessus, p. 2iil, n. 3."; Elle marque sur l'Apollon de Théra un progn^s sensible : l'anatomie y est étudiée de plus près, les proportions y sont mieux observées, les formes plus élancées, mais Tattitude &•! la même, et la vie manque à cotte figure immobile et raide.

* Le système d'éducation, où la gymnastique tenait une si grande place, tendait à développer les qualités du corps. Voyez, p. 517, ce que dit Xénophon sur les Spartiates. Touciiant rhygiène publique des anciens, si admirablement bien conçue et dont nous avons eu grand tort de ne rien garder, M. Littré dit, dans &on Hippocrate, t. IV, p. 662 : « On savait au juste ce qu'il fallait pour former un militaire ou pour faire un atblète et en particulier un lutteur, un coureur, un sauteur, un pugiliste. »

2 Monnaie en électrum, conservée au musée Britannique; d'après Y Archàologiwdie Zeiiwtg, 1870, p. 27. — Cerf paissant, et dans le champ rinscription t^alvou; eifii qt^^lx. M. Frânkcl reconnaît dans le mot <I>aivw une épithète d'Artémis, analogue à Tépithète plus commune de <^toa96poç, et traduit ainsi la légende : « Je suis la marque, la monnaie d^Artémis. - La monnaie a donc été frappée dans un temple de la déesse. Cf. une monnaie frappée dans le temple d'Apollon Didyméen, avec la légende U AiSu(Ut>v îépy), et au droit la tête d'Apollon, couronnée de laurier. (Millingen, Sylloge of ancieni wiedited coins, p. 70, Taf. n, 47.)

écoulée que rimaginalion avait embellie de ses fictions, davantage de ta vie présente, que la passion remplissait de ses amours et de ses colères. A la muse épique succéda la muse élégiaqueet lyrique, qui commença ses chants aux mêmes lieux où Homère avait paru, et qui les continua durant trois siècles, du huitième au cinquième, avec un éclat que nous pouvons reconnaître dans les faibles débris qui en restent.

La liste de ces précurseurs de Pindare est longue, mais il nous reste d'eux à peine quelques fragments.

Terpandre, né à Lesbos, le pays où l'on disait que les vents et les flols avaient apporté la tète et la lyre d'Orphée, et où les rossignols jetaient, dans la nuit, leurs plus harmonieuses chansons, ajouta trois cordes à la lyre, qui d'abord n'en avait eu que quatre. Il avait été vainqueur au premier concours de chant établi à Sparte, vers 676, pour les fêtes d'Apollon carnéen, et les anciens le regardaient comme le législateur de l'art musical. Nous avons trois ou quatre fragments de ses poésies qui étaient des hymnes religieux'.

< Peinlure sur un vnse de Boélie, d'ai)rès A. Dumont et Chaplain, /m Céramique* de la Gréée propre, pi. XIV. — Orphée est assis et joue de U lyre : autour de lui sont trois de ses corapagnons, revëlus comme le cliaateur de riches vêtements barbares.

* Bergk, Poetie lyrici Crieci, p. 537.

62* DE L'INVASION DORIENNE AUX GUERRES MÉDIQl'ES (1104.490). Arioii, de Méthymnc, fut un autre chantre fameux. Il passait pour avoir inventé le dithyrambe, ou poème en l'honneur de Bacchus, et il chantait ses vers sur la cithare. Terpandre avait séduit les Sparliatcs: Arion fit mieux, il charma les mouslres marins. Du moins llôrodole raconle gravement qu'Arion fut jeté à la mer par des pirates, et qu'un dauphin, qu'il Arioii'. avait attiré près du navire par la douceur de ses

accents, le sauva'. On lui attribue, probablemfiit à lort, un fragment d'hymne à Neptune où il remercie le dieu et ses monstres bondis-sanls : « C'est vous qui m'avez pris sur vos dos inclinés et m'avez conduit vers la (erre de Pélops, par un chemin (|ue nulle voie ne sillonne.

Des hommes perfides m'avaient jeté, du haut du navire, dans les flots soulevés. » Les anciens croyaient à la puissmire de la musique sur les bi'tes et les hommes; la fable d'.\rioii courut parmi eux pour en prouver l'efticacité; et les navigateurs n'en doutèrent plus loiv qu'en doublant la pointe du Péloponnèse, ils virent, au pied du ca|i Ténare, l'image en bronze d'un homme sur un dauphin ^.

sappho'. Dans la poétique Lesbos ê-

taiont encore nés : Alcéc « .m plectre d'or», comme dit Horace, qui l'imita souvent, et Sappho, aree

' Revers d'un scitans de Bnindusium. — Arion, ou peu Wlre Taras, tenant sa Ijre et uni' petite Victoire, est emporté sur le dos d'un daupliin ; en tégende : BRVN. A l'exergue, les dem globules qui sonl la marque spéciale du scilans sur les rnoonaies d'Italie et de Sicile. Au droit, une tâte de Neptune.

* Berglt, PoeUe lyr. Grad, p. 566.

* Celle statue eiistait déjà du lemps d'Hérodote (I, 24).

* Double hermès du musée de Madrid ; d'après Y ArckOologûrhe Zeitung, 1871, Taf. L. (Cf. W% p. 83etsiiiï.). K. BôtUclier, E. tiabner, Die anlikm Bildwerke in Hladiid (1862), p. IM.

lui la gloire deMytilène et de la Grèce entière. A ladilTérencc du poète de Tibur, Alcée était un brave, quoiqu'il ait eu, comme lui, un mo-

ment de faiblesse, quand, jeune encore, il jeta ses armes, au combat de Si géc contre les Athéniens {612). «Les hommes, dit-il, sont le meilleur rempart pour les cités; » et il décrit ainsi la demeure d'un

n* 148). DaiiR la figure de gauche on s'accoi'de h jvconnattrc Sapplio, dont la léte est reproiluite sur plusieurs monnaies de Wylilêne, entre autres sur celle qui a éti^ iiliotogrnphiêe eu iiiétnc temps que l'hennês; dans la figure de droite, JlûltieJier redonnait Phaon, el tîerJiard, i^it^ par llûlmer [ArcMoiogitcbe Zeitung, 187!, p. ST), proposait de recoiuiultre Corinne. La léle est certainement celle d'un homme.

' Vase allii^nien, d'après A. nuniont et Cliaplain, Ut Céramique* de la Grèce propre, pi. YI. Sapplio, désignée par son nom nu génitif (tAffOS) est assise, tournée vers ta droite. Elle tient des deux mains un Teuillct manuscrit dont les lettres sont lisibles et présentent un sens presque complet : B&A, i,ifwn IrÀbn if/i^i £kX[ai]v!. Sur la marge de droili', on lit cna; sur celle de gauche, ^. Comt>areUi propose la lecture : Trzcpk ïyci, qu'il mpproclic de la l'onnule homérique {i:ta Tirtfifnx et du mot ^cplu» qui a le même sens, ti A droite, Uevatit Sappho, deux jeunes filles en himalion se tieiment debout et paraissent écouter avec une attention respectueuse. L'une d'elles tient une lyre; l'autre s'appuie sur l'épaule de sa compagne. Une troisième jeune lllle placée derrière et tournée h droite... n tient une couronne audessus de Sapplio. (M. Collignoti, Calalogœ det vate$ peinU du mutée de la Société ardiiologiqve dAliiénet. n* 51 7. Cf. D. Comparetti, Saffo nelle anticke rappresenUmie vaicolari, dans le Miueo Haliatio di Antickith c'.auica, It (1886), p. 41-80 avec 4 planches.)

6Ï6 DE L'INVASION DORIENNE AUX GlEIlllES MÉDIQUES (U04-490).

guerrier : « Partout l'airain étincelle; les lambris sont ornés de casques à la longue crinière, de cuirasses tissues de lin, de brillantes cnémides, avec de nombreux boucliers et des tuniques de guerre' ». Mais, « au milieu des armes, ou quand il venait d'attacher son navire au rivage, il chantait Bacchus et les Muses et Vénus avec l'enfant qui toujours la suit*. »

Sappiio, de quelques années plus jeune qu'Alcée, qui Sapniioi l'aima, Inl-elle une vierge chaste, puis une respectable matrone, ou une courtisane avec les passions ardentes et les vices honteux que le soleil d'Ionie peut faire éclore? S'eslelle précipitée du rocher de Leucado, par désespoir de l'abandon de Phaon? Autant de questions où l'on se complaît, mais que nous n'avons pas à décider. Il nous sufllra de dire qu'au sentiment de toute l'antiquité, Sapplio fut un grand poète. Malbeureusement elle est du nombre de ceux à qui nous n'avons siésiciioi-e» '"''^" ^ demander, pas même son ode à Ténus et ses vers « à une femme aimée ».

AIcman était Lydien, mais vécut à Sparte, où il mérita, par l'énergie de ses vers, d'être fait citoyen. Tout en se félicitant d'avoir changé de patrie, il ne renia pas là ville qui avait été son berceau. « Sardes, antique séjour de mes pères, si j'avais élé élevé chez toi. je serais devenu prêtre de Cybèle et, vêtu d'ha- Tétradrachmc diiimÉro.. ^'^^^ t'^sus d'or, je frapperais les

tambours sacrés. Aujourd'hui mon nom est AIcman et je suis citoyen de Lacédémone; j'ai appris

' Dcrgk, Poetœ lyrici Grxei, lE, p. 573.

» Horace, Ode», 1, ma, 6-10.

^ Sappiio nue, la jambe gauuhe enveloppée dans son piplo$; elle est assise sur un rochrr, sa lyre posée à terre. (Camée inédit de la uolleclion de Luynes, au Cabinet de France. Saidonyx de 25 millim. sur 18.)

* SlésichofA debout, h droite, s'appuyant sur un bSlon el tenant un voUanm à la main; en légende : eEPMITQN IMEPATQN. Revers d'une monnaie de brome de Tliermae-Uiméra. Sur la face est la tète de Héra, à droite.

■ La nymphe Himéra, debout, drapée dans un long piplot, et sacrifianl sur un shIp' allumé. Derrière la nymphe, une Tontaine dont l'orifice est Tormé par «ne gueule de lion; Silène nu, s'est approché de la fontaine et reçoit le jet d'eau en pleine poitrine, tons le

à connaître les Muses grecques et elles m'ont fait plus grand que les rois Dascylès et Gygcs. »

Stésichore d'ilimère, contemporain d'Âlcée et de Sappho, a droit il plus d'attention de notre part. En introduisant dans ses poèmes lyriques Vépode, où il célébrait les héros, protecteurs des cités, il prépara une innovation importante, la récitation d'une légende par un personuage distinct du chœur, en un mol l'action, le drame ajouté au clianl. La tragédie était là en genne. Ouintilion a dit de lui que « chantre de grandes guerres et de chefs illustres, il avait soutenu avec la lyre le fardeau de l'épopée. S'il avait su garder la juste mesure, nul poète n'eût approché plus prés d'Homère'. » 11 nous reste de lui trop peu de ses vers, pour que nous puissions vèri- (ier l'esactitude de l'éloge ou de la critique. Croyons ce que les aucieiis nous disent de lui. Horace, qui a . ,., , „ ,

' ^ Arduloque de Psi-os'.

souvent la dent dure , l'appelle (' le disciple des muses sévères *.

La muse nouvelle se rapprochait de l'épopée lorsque, avec les poètes lyriques, elle chantait les héros; elle fut l'élégie quand elle exprima des sentiments plus personnels. Gallinos d'Ëphèse, qui inventa le voi-s élégiaque, s'en servit, comme Tyrtée, pour des chants guerriers; après lui, Mimnerme de Smyrne ou de Colophon l'employa pour l'expression de la douleur et du plaisir. Un contemporain de (iillinos et de Tyrtée. Archiloque de Paros, trouva l'ïambe vers 680, et le fit servir à ses cruelles satires. Malgré sa mauvaise langue et

champ, un grain d'orge. 4. Uti persotinagc dans un bi^e, couronné parla Victoire, qui vole audessus des clievaux. En légende rétrograde : EMEPAIO^.

< Quintilien, Itiit. or., X, 1.

* Buste en marbre, d'après Viscoiiti, Icmografia greca, lav. U, n' 6. — Aucune inscription re désigne Archiloque, mais l'Iiermès esl double et de rnuire cdié esl la tfle d'Ilomére. Or les anciens ont si souvent rapprocbé les deux poètes, que Viscontî se croit autorisé à mettre sous la seconde ligure le nom d'Ârchiloque.

ï Horace, ft/». IV, 11, 8.

638 DE L'INVASION DOItlËNNE AUX GUERRES HÉDIQIJES (11O4-490).

ses vices, même malgré sa défaillance sur le cham|) de bataille où, sans en rougir, il abandonna son bouclier, les Grecs, gagnés par ses beaux vers, le mirent à eôlé de leur poète favori': ils avaient

l'ivresse de la poésie et l'adoration des dons de l'intelligence.

' Vaximut poeUi aut (-«rfetummopronmiu. (Valero Hax., VI, lu, l.)L'opinion parait singnlién'. après (|u'on a Iti In jugement sévère que Piiidare porle de lui {Pylhiquet, II. 100). L'emperfiir Julien en interdit la lecture. Voici les vers inaltieureux qu'il écrivit à propos de son bouclier et qu'Horace imita, ce qui ne lui lit pas beaucoup d'honneur ;

Vu Thiace fit fier de pottéder mon bouclier

Qiie j'ai laitié inlaci aupré» d'un buition,

Sam doute contre mon gré; mni'i, en faitant ninft.

J'évitai! la mort . Bonioir h ce bouclier.

J'en aurai un autre qui ne lera pat plut maimaii

* Marbre de la villa Albani, d'aorës Yisconti. Icon. oreca, tar. XII.

t'Ëphésieii Hipponax hérita de la verve et des colères d'Archiloque.

Le sixième siècle finit par les poètes qu'on appela gmmiques, ou les diseui-s de sentences, de prologues et d'apologues, tels que Phocylide de Milel, Solon d'Athènes, Théognis, le poète aristocratique de >fégare, et Ésope, né sur les eûtes de Thrace, mais qui vécut à Samos. Ces jioètes marquent la tendance nouvelle de l'esprit grec vers l'observation et l'abslraction philosophiques. C'est à ^^ , peine si les senlences très morales de Phocylide ont quelques traces de poésie. Un pas de plus dans celte voie, et la prose

écrite, libre de tout rhythme, de toute servitude, naîtra : la langue des hommes après celle des dieux.

Anacréon de Téos, qui, ne sachant pas vieillir, mêlait ses cheveux blancs aux tresses blondes des jeunes filles, « comme le lys se marie

Vakré de mAlcs accpnts qui se Iroiivenl pii d'autres vers de lui, Sparle le chassa de S4<s murs H elle eut raison de lui iniliger cel affront.

' Uuste barbu d'Ésope, de profil à droîti;. (Pierre gravée (prase) du Cabinet île France, Haut. 8 mill.; larir. 6 mill., Calaloguc, etc.. n' 2041.)

* Coupe de Vuli:i, conservée au musée Brilnnnique. {A catalogue oflhe Greek an-l Elnuean tatt* in Ihe Brilûh muséum, n* 821); d'apri'S 0. Inliti, lleber Darttellungen grieckitckrr Diehlnr auf ytuaibildern, dans les Abhandlungen der philoloiiitch-hitloritchen Claae der kemyl. tdduitcken GaellKhaflder HM*en«c/ia/Ini, 01(1801), p. caPetTaf. III, n" 1. — Anacr.^)n. couroumi de reuillage, joue de la lyre devant deux jeunes gens qui viennent à sa rencontre en l'acclamant. Devant et derrière le poète, on lit : 'Avoxp^wv xnXJf. De même pour le premier des jeunes gens, Nij[n)çr,( xaW;. Cf. un vase du musëc de Berlin, A. Furlwàngler, Betchreibuag der Vaaetuammlung im oHliquarium, n* 2ô5t.

à la rose * » ; Simonide de Céos, le rival de Pindare et le familier du PisisIralideHipparquequi faitexcuserson usurpation par son culte pour les lettres; BacchjHde, son neveu, poète élégant et pur, qu'Horace a aussi quelquefois imité * et dont nos désespérés devraient répéter certains vers, ceux-ci, par exemple : « 11 n'est dans ce monde qu'une route qui conduise au bonheur, c'est de ne pas permettre que notre dnie s'alTaisse sous l'excès de la soulTrance, et qu'elle se laisse abattre par les malheurs dont notre vie est assiégée. » Ces poètes ne sont pas morts tout entiers, bien qu'un petit nombre

Leçon Je poésie el de musique, dans une classe atliiïnienuc '.

de leurs vers aient été sauvés; mais s'ils intéressent l'histoire liltéraire, ils ne donnent rien à l'histoire politique et nous passons devant eux en les saluant'.

' Carmina, 49[ô*]. 7-8.

=■ Molamment dans la brilo ode (I, iï), P(i»ior cum trakeivl per frcla navibia.

^ Coupe signée du peintre Douris, découverte à Caere et conservée au musée de Berlin (A. Fui-twâugicr, Betcbieibung der VMenMmmIung. elc., n° 2285): d'après VAnhaologitAe Zeiliing. 1873, Taf. let page 1(A. Hichnelte). — A droite est assis, les jambes croisses, le pédagogue qui vient d'amener sou élAve. Celui-ci est debout devant le maiire de poésie et réril« sa le<;on. Le malIre, assis sur un siège à dossier rtcvé, tient dans les mains un rouleau i]u'U déploie et sur lequel on lit le vers suivant ;

Mo'ai [101 i[\'.)f\ -ïi[i.Œ'6pov tÙppwj [= tlppoov) ip^ojiïi isîïBEiv.

Au-dessus de ces trois personnages sont suspendus une coupe, une lyre et le sac de cuir qui l'enferme les flûtes ; an sac est nitachée la petite botte qui contient des embouchures de ililTérenles sortes pour ia note (-[ÎjortoxoiiEroï). Plus loin, l'élève prend une lp<;on de musique; malIre et élève sont assis sur un siège sans dossier. Le malIre. la tète hatile, regarde l'élève qui, courbé sur sa lyre, semble tout entier h son jeu. Au-dessus sont suspendues une corbeille à trois pieds, une lyre et une coupe. Dans le champ, l'inscription l^RJoSifia; x-tUi- * Nous en retrouverons quelques-uns à notre chap. iiu : le Siècle de Pirictèthon iAtiûne*

GRANDEUR ET CIVILISATION DES COLONIES GRECQUES. 65i

Ainsi toute la sève poétique de cette époque coule et s'épand sur les côtes de l'Asie et dans les îles. Les colonies de Sicile n'ont à citer que Stésichore, et l'inventeur de la comédie, Épicharme, qui, né à Cos, vécut à Syracuse. Sur cette liste d'honneur on pourrait inscrire encore Hésiode, que d'anciens auteurs font naître à Cymé en Éolide, d'où son père vint s'établir dans l'Ascra béotienne. Mais qu'est le poète béotien à côté du divin aveugle que Smyrne et Chios se disputent ! Les colonies asiatiques avaient donc reçu tous les dons des muses : lepopée, l'élégie, la satire, la fable et la musique, compagne inséparable de la poésie, qu'elle discipline au rhythme et à la mesure. Que leur manquait-il en poésie? Le drame, une des gloires réservées à Athènes, et dont les éléments avaient été préparés par le culte des héros, la religion des morts et la croyance à la vertu de l'expiation.

Pendant que les colonies brillaient de l'éclat jeté sur elles par ceux qui ne sont plus pour nous que de glorieux mutilés, la mère-patrie avait eu seulement trois poètes, Tyrtée, Solon etlhéognis*, quatre si nous faisons rentrer dans cette période findare, qui y appartient par la nature de son génie et qui, par son âge, est contemporain d'une autre école, celle des grands tragiques d'Athènes. Le temps, qui a maltraité tous ses rivaux, lui a été plus favorable et nous gardons assez de ses œuvres pour lui assigner uue place à part. Ses vers lui ont valu, durant sa vie, la gloire avec la fortune et l'honneur inusité d'un siège dans le temple d'Apollon \ Après sa mort, sa popularité s'est continuée jusque parmi nous, qui ne le comprenons pas toujours, mais qui respectons le jugement que les anciens ont porté sur lui'. Ce fut un homme heureux. Aussi aima-t-il son temps, sa religion, les assemblées des vieillards qui, dans l'État, règlent tout paisiblement, même ceux qu'Athènes appelait les tyrans, et que lui nomme w les ordonnateui*s des cités ». Sa pensée est avec les dieux, dont il accepte toutes les légendes, excepté celles où ils ne paraissent pas à leur avantage ; elle est aussi avec les rois, dont la puissance lui semble bonne pour contenir la foule populaire. Il est croyant et il est partisan du pouvoir monarchique et de celui des grands. « Ébranler une cité, dit-il avec

« Pour Tyrtée, voy. p. 345; pour Solon, p. 431 ; pour Théognis, p. 515.

* Du moins, du temps de Pausanias (Phoc., 24), on montrait à Delphes une chaire en fer où le poète, disait-on, s*étail assis pour chanter ses hymnes. Il confirme lui-même le fait, lorsqu'il dit, dans un des fragments qui nous restent : « Je fai supplié, ô divinité à la couronne d'or et aux prédications éclatantes ! Reçois-moi dans ta divine enceinte, moi pontife renommé des Muses. »

' Ils le mettaient à côté d'Homère. (Cicéron, VOraleur, i .)

vérité, est chose facile, môme pour les plus misérables, mais la rasseoir sur des bases solides est un rude labeur* . » Aussi ses affections étaient pour Lacédémone, et il parlait le dialecte dorique. Nous devons noter ce double caractère de Pindare, qui le fait plus vieux que son âge ; car, s'il a vécu, comme on le croit, de 522 à 442, il a vu la poésie commencer le divorce avec Tancienne mythologie et les gouvernements libres remplacer ceux des Eupatrides.

Par suite des relations, de jour en jour plus fréquentes, avec FÉgyple, l'usage du papyrus s'étend; l'écriture y trouve une matière commode, et les ouvrages en prose qu'il est plus difficile de confier à la mémoire que des vers qui se chantent, vont se multiplier. Les premiers prosateurs sortent encore des colonies. Phérécvde de Svros* écrit, vers 550, une théogonie, le premier livre en prose dont il subsiste quelques fragments. Cadmos de Milet rédige l'histoire de sa patrie; Héeatée, son compatriote (310-490), Ilellanicos de Mytilène, Phérécyde de Léros. précèdent Hérodote, qui, né vei's 484, allait, dans les guerres Modiques, écrire ou plutôt chanter le triomphe de la Grèce sur l'Asie.

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