I. — CONQUÊTES DES LYDIENS ET DES PERSES
La Grèce d'Asie aurait été la Grèce véritable si elle avait eu les Thermopyles derrière elle. Mais la nature, qui lui avait prodigué tous les dons, n'avait rien fait pour la défendre, et ses peuples ne surent pas remplacer par une forte organisation militaire les remparts naturels qu'elle ne leur avait pas donnés. L'esprit d'union leur manqua, et pour n'avoir pas voulu sacrifier une partie de cette liberté dont ils avaient si bien usé, ils perdirent tout. Ils avaient aussi trop de richesse; (c leurs robes traînantes, artistement travaillées, \euvs longs cheveux parfumés d'encens »*, révélaient la mollesse d'une vie que des soucis prévoyants ne troublaient pas. Leur asservissement aux barbares qui les entouraient eut pour contre-coup leur décadence morale. Passons rapidement sur cette triste histoire. . Les colonies ioniennes furent longtemps gouvernées par des princes de la maison de Codrus, dont les descendants jouissaient encore à Éphèse, du temps de Strabon, de prérogatives qui rappelaient leur ancien pouvoir; mais, dans ces cités commerçantes et formées d'éléments très divers, il était inévitable que la démocratie prît un rapide essor. La royauté y fut abolie peu de générations après l'arrivée des colons sur les côtes d'Asie. Gomme dans la mère-patrie, l'aristocratie voulut prendre la place des rois, et de longues discordes déchirèrent les cités. Hérodote parle, pour Milet, d'une guerre qui dura deux générations. La liberté à la fin l'emporta; c'était bien. Mais il eut fallu songer aussi à l'indépendance en mettant toutes les forces en commun, et nulle de ces brillantes cités ne songea à sortir de son isolement égoïste.
* Vers du pliilosoplie Xénophanc, qui était lui-mèinc Ionien. (Bcrp^k, Poelœ lyr,, iï, p. 3ô7.)
Cependant il était facile tle voir que dcmèrc elles était un grand danger. Ayant occupé tous les rivages occidentaux de l'Asie Mineure et mis une grande ville, Éplièse, Sniyrne et Milel, à l'embouchure de chacun de ses llcuves, l'IIermos, le Cayslre et le Méandre, elles intor-
Hilel et le eoirc Lalmîquc
disaient aux rois de Lydie l'approche de la mer. Quand ces rois, dans le courant du septième siècle, furent devenus puissants, ils tournèrent leui-s armes contre les étrangers établis sur leurs domaines. Des Lydiens on a fait des Sémites; Ilérodole, leur voisin, est tout près de les croire Grecs; du moins il leur donne pour prdlniers rois des Héraclides et montre leur seconde race royale en (lonstante communicalion avec l'oracle de Delphes. Lui-même Vit et toucha, dans le temple.
les riches dons envoyés par eux à Apollon. Cependant le plus généreux de ces princes envers le grand sanctuaire hellénique, Oygès, commença la guerre contre les Ioniens; il s'empara de Cûlophon, et Priène tomba aux mains d'Ardys, son successeur. Mais, vers ce temps, un grand mouvement Monnaie, «iribiiée à GyRés". ébranlait le monde barbare, au nord
de l'Euxin, du Caucase et de l'Osus.
, Les nomades qui erraient dans ces vastes solitudes se jetèrent de deux côtés à la fois sur l'Asie. Tandis que les Scythes s'avançaient.
Vue de Priène'.
à travers le pays des Mèdes et des Assyriens, jusqu'à l'Égjpte, les Cimmériens péiiélraient dans l'Asie Mineure dont ils ravagèrent-toule la partie occidentale. Sardes fut prise, et l'Ionie elle-même souffrit des maux dont le douloureux écho est venu jusqu'à nous dans les poésies de Gallinos.
' Surface striée, .sans empreiiik de coin monélaire. i^. Carré creui résultaut (le reraprcinli" (le trois poinçons, dont un rectangulaire allongé (mire deux autres de rorme carrée dins le reol.mglfl allongé; on a cru voir en n'iipf, un renard courant. Stalére d'éleelnim; flan ghbulenx.
' La ville et l'acropole de Priène, sur le monl Hycale ; la source du Gsson ; d*après 0. Ravet et A. Thomas, Mitet H le golfe Latmique, pi. S. Voy. la carte de la page 655.
C'était un poète d'Éphèse. Pour ranimer le courage des guerriers qui n'osaient plus affronter les barbares, il reprit les vers que Tyrtée avait composés durant la seconde guerre de Messénie : « Jusques à quand cette indolence, ô jeunes gens? et quand donc aurez-vous un cœur vaillant? Ne rougissez-vous pas de vous abandonner lâchement vous-mêmes ? Vous voulez vivre dans la paix; mais la guerre embrase la contrée entière.... Marchez devant vous la lance haute; que votre cœur, sous le bouclier, se ramasse en sa vaillance au moment où commencera la mêlée ; et qu'en mourant on lance encore un dernier trait, car il est honorable à un brave de combattre pour son pays, pour ses enfants, pour sa légitime épouse. Quant à la mort, elle viendra à l'instant que marquera le fil des Parques. Nul ne peut l'éviter, eût-il les Immortels pour ancêtres; et souvent celui qui fuit le combat et les traits, au sifflement aigu, tombe plus vite dans sa maison. Pour lui, alors, nul regret. L'autre, au contraire, petits et grands le pleurent, car, vivant, on l'estimait à l'égal des demi-dieux, puisqu'il était |>our ses concitoyens un rempart assuré. »
Nous ne savons ce qu'il advint des barbares. Le flot recula sans doute comme il était venu et se perdit ; du moins, ces barbares, décimés par les maladies et la guerre, disparurent peu à peu.
Sadyatte et son fils Alyatle reprirent les projets de leurs prédécesseurs contre les colonies grecques. Le dernier s'attaqua surtout àMilet. Incapable de la réduire par la force, il essaya de la dompter par la famine.
Chaque été, dit Hérodote, dès que les fruits et les moissons commençaient ^^^
à mûrir, le roi partait à la tête de „ • .. u ^ • c ^ . .
^ Monnaie attribuée a Sadyatte*.
son armée, qu'il faisait marcher et
camper au son des instruments. Arrivé sur le territoire des Milésiens, il resuectait les habitations éparses dans les champs, et n'en faisait pas même enlever les portes, mais il détruisait les récoltes et les fruits, puis se retirait. Comme les Milésiens étaient maîtres de la mer, il était inutile de tenter un siège régulier de la ville avec une armée qui n'avait point de vaisseaux. Quant aux maisons, s'il empêchait de les abattre, c'était pour y rappeler les habitants, qui ne manquaient pas, après son départ, de se remettre à travailler la terre et à l'ensc-
« Partie antérieure d*un lion, la gueule béante, d'un style rude et arclialque. ^. Carré creux résultant de t'empreinle de trois poinçons, comme sur la monnaie de Gygès. (Statère d'élec- Iruo»; flan globuleux.)
ASSERVISSEMENT DES COLONIES GRECQl'KS, ETC. 659
mencer, de sorte que l'année suivanic il trouvait toujours quelque chose à ravager.
Les Lydiens firent ainsi la guerre à ceux de Milet pendant onze ans. La douzième année, ayant mis le feu aux blés, comme de coutume, le feu se communiqua à un temple de Minerve, et presque aussitôt Alyatte tomba malade. Il consulta l'oracle de Delphes qui répondit : « Le roi ne guérira qu'après avoir fait reconstruire le temple de la
Lion en marbre, découvert à Milel'.
déesse. )> Alyatte envoya alors demander aux Milésiens une trêve qui lui permît d'exécuter l'ordre de la Pythie. Thrasybule, tyran de Milet, instruit par Périandre, tyran de Corinthe, de la réponse du dieu, imagina le stratagème suivant : il fit porter sur la place publique tout ce qu'il y avait dans la ville de provi- «„„„,i, ^,^^,^ , „,,„„.
sions de bouche, et ordonna aux Milésiens, dès que l'envoyé du roi entrerait dans la ville, de les consommer en joyeux festins. Ces ordres furent suivis. De retour à Sardes, l'envoyé raconta ce qu'il avait vu. Alyatic avait cru que la famine désolait Milet et que le peuple y était réduit aux dernières
■ Harbre découvert dans la nécropole de Milel par 0. Rayct,- il est maintenant au musée du Louvre.
■ Taureau marchant à droite pI baissant la télo. ^. Carré creux résultant de l'empreinte de trois poinçons, comme sur les monnaies de Gygès et deSadyalte.(Statèrc d'électrum; flan ^obulenx.)
COO DE L'INVASION DORIENNE AUX GlERRES MÉDrQLES (I104-490|.
extrémités; détrompé par ce récit, il consentit à la paix el.au
lieu d'un temple, il en (il bùtii- deux.
Milet était sauvé; mais Smyrnr et Éphèse furent prises, quoique les Êphésiens eussent consacré leur ville à Artémis' en altacliant à sou temple un cordage qu'ils tendirent jusqu'à leurs murailles éloignées
Monnaiodcllilot», ^^ j.^^, ^j^j^p^ j^^ autrCSPités
tombèrent les unes après les antres sons les coups de Crésus qui les força d'abattre une partie de leurs remparts, pour que ses troupi's pussent en tout temps y entrer. Il songeait même à porter la guerre chez les iicnn,icd-ord.Smyrnc'. insulaires; lïias l'en détourna. « Le
bruit court, dit le sage, que les habitants des iles rassemblent dix mille cavaliers pour venir vous alla* qucr dans Sardes. — Plaise aux dieux, s'écria Crésus, qu'ilssoienl assez insensés pour le faire! — Oui, repartit Bias, les Grées seraientinsensés s'ils venaient vous combattre avec de ta cavalerie Monnaie d-Èpi.*^». ^^^■^ ^g^ |g f^^gg j^g Lvdieus;
mais, vous, ô Crésus, ne le seriez-vous pas si vous alliez les chercher
' Voy. p. 661 une statue d'ArU'-iiits en albàlre oriental, du musée de Sapics ; d'apris un.' pliolograpliic. — La déesse est coifrée du polot, auquel se rattaciie une parure circulaire, couverte, comme toutes les autres parties de la statue, de ligures symboliques. La poitrine, dmii la partit' supérieure est caeJiée sous une sorte d'égide, est chargée lie nombreuses mamelles; tout le reste du corps disparaît sous une gaine ornée de zones d'aniniaui : béliers et taureaux ailés, abeilles. L'abeille ligure également sur les monnaies d'Ëphèse. Des lions foiil sculptés sur les bras; les mains, ouvertes, sont sans attribut. La statue de Naptes est une des nombreuses imilalious de la slalue cbrysélépliantitie, avec parties en bois, qui décofait le temple d'Éphêse, (Vovcï l'orticle de S<lireil>er. dans le Dictionnaire de Mgtkologit grecque et romaine, de W, H. Rosclier, p. 588 et suiv., Arlemit.)
* Tête de lion, la gueule bi-nn te, à gauche; dessous, une massue; dans le champ, HA, initiales du nom d'un magiïlrjt. S). Ëtoile à quatre grands rayons séparés par quatre autre; plus petits et au second plan. (Argent.)
■' Télé tonrelée de Cybéle, à droite. S. SMI'PNAIUN. Cybèle louivlée, debout, de face, rele naut de la main droite les plis de son péplot, et tenant, de la main gnucbe appujée sur nu cippe, une petite Victoire qui la couronue. A côté, le mot IIPITASEIS {let prytann}.
* Abeille, entre les lettres E'I* ('Eçiofoiv), 6). Partie antérieure d'un cerf courant, dans l'attiludc de l'erfaremenl ; derrière, un palmier. En légende : AHMOKAHS, nom d'un magistrat. (Aident.)
ARTÉMIS O'ÉPHËSE. (Voy. p. <UiO,iiote 1.)
sur la mer où ils ont tant d'avantage? » Le roi abandonna son projet, contracta avec les insulaires des traités d'hospitalité et usa de sa domination sur les Grecs d'Asie avec tant de douceur, qu'ils repoussèrent les sollicitations que Cyrus leur fit porter quand il attaqua les Lydiens.
Crésus, qui avait pour mère une femme d'Ionie, était un roi puissant, généreux, ami des arts, presque Grec : il consultait fréquemment l'oracle de Delphes, recevait à sa cour Bias de Priènc, Pittacos de Mytilène, peut-être l'Athénien Solon*, et subissait l'empire qu'exerce une civilisation supérieure. 11 avait étendu sa domination jusqu'au fleuve llalys. Quand les Mèdes et leur roi Astyage eurent été vaincus pnr Cyrus, il crut le moment venu de saisir l'empire de l'Asie. Hérodote s'est complu à raconter les malheurs de ce prince. Écoutons-le sans toujours le croire; il nous distraira des pensées plus sévères de l'histoire philosophique. C'csl le Joinville des Grecs et il est aussi pieux que le nôtre. Dans ses vivants récits, nous trouverons la confirmation et, pour ainsi dire, la mise en action des idées religieuses que nous avons précédemment exposées. Ce contemporain de Thucydide est le dernier représentant de l'ancienne théologie que l'historien de la guerre
du Péloponnèse ne connaîtra plus. Monnaie attribuée ù Crcsus».
Si la vérité n'est pas dans les détails donnés sur les tragiques aventures de Crésus et de ses fils, elle est dans l'esprit de celui qui les raconte. Il nous fait connaître, par son exemple, ce que le peuple grec pensait encore au milieu du cin- (juième siècle, et nous comprendrons mieux le rôle important des oracles durant les guerres Médiques, en voyant la sollicitude d'un roi barbare à les consulter.
« Une nuit, Crésus fut troublé par un songe qui lui révéla qu'une triste fin menaçait un de ses fils. 11 en avait deux : l'un, affligé d'une infirmité naturelle : il était muet; l'autre, qui surpassait en tout les jeunes gens de son âge : il se nommait Atys. Ce fut Atys que le songe indiqua à Crésus, comme devant périr par une arme de fer. F>e roi, tremblant pour son fils, l'éloigna des armées, à la tète
* Voyez ci- dessus, p. 2i5.
* Deux parties antérieures de taureaux, adossées et reliées Tune à Tautre. ^. Carré creux résultant de l*empreinte des trois poinçons comme sur les précédentes monnaies lydiennes. (Statêre d'éjectrum; flan globuleux.)
desquelles il avait coutume de l'envoyer, et fît ôler les dai*ds, les piques, des apparleiiients où ces armes étaieûl suspendues, de peur qu'il n'en lombâl quelqu'une sur son fils;
« Sur ces entrefaites, vint à Sardes un malheureux doni les mains étaient impures : cet homme était Phrygien et issu de sang royal.
Tombeau di^ ïidns '■
Arrivé au palais, il pria Grésus de le purifier suivant les lois du pays. Les expiations faites, Crésus voulut savoir d'où il vcnail et quoi hommeou quellofemnie, ilavait tué! «Seigneur.jc suis lîlsde Gordius. « et petit-fils de Midas : je m'appelle Adrastc;j'ai tué mon frère sans
• ToiiilK>au phrygien, taillé dans le roc {d'après L. Teiier. Dacription de l'Aiir Mineure, I. p. 151 et pi. 56). — Ce monument a été découvert par le colonel LeaLe, et le nom de Hidas se lil sur l'inscriplion ({ui a 13', 80 de longueur : c'est le quatrième mot. Le sixième est le mut : FANAKTGl (/^axTi). 11 semble donc que le sens de l'inscription soit le suivant : ■ Un tel a consacré A Hidas, roi... » Quel était ce roi Hidas, nous l'ignorons : le monument n'en est pas moins fort intéi-essaut. La façade, sur laquelle s'ouvre une niche peu proronde, est décorée de méandres, encadrés dans une frise. Celle-ci est ornée de losanges en creui et
« le vouloir. Chasse par mon père, je suis venu chercher ici un asile. « — Vous sortez, reprit Crésus, d'une maison que j'aime. Vous êtes « chez des amis; rien ne vous manquera dans mon palais, tant que « vous jugerez à propos d'y rester. Supportez votre malheur avec pac< tîence, c'est le moven de l'adoucir. » Adraste demeura donc à la cour de Crésus.
« Dans ce même temps, il parut en Mysie un sanglier d'une grosseur énorme, qui, descendant du mont Olympe, faisait un grand dégât dans les campagnes. Les Mysiens l'avaient attaqué à diverses reprises, mais sans lui l'aire aucun mal, tandis qu'il leur en avait fait beaucoup. Enfin ils s'adres- ^ .. ....
* Sanglier ailé*.
sèrent à Crésus : « Seigneur, lui dirent
« leurs députés, il a paru sur nos terres un effroyable sanglier qui « ravage nos campagnes; malgré nos efforts, nous n'avons pu nous i< en défaire. Nous vous supplions, pour en purger le pays, d'ent< voyer avec nous votre meute et le prince votre fils, à la tête d'une « troupe de jeunes gens choisis. » Crésus, se rappelant le songe qu'il avait eu, leur répondit : « Ne me parlez pas de mon fils, je « ne puis l'envoyer avec vous, mais je vous donnerai mon équipe page de chasse, avec l'élite de la jeunesse lydienne, à qui je c< recommanderai de s'employer avec ardeur pour vous délivrer de « ce sanglier. «
« Les Mysiens furent très contents de cette réponse. Atys, qui avait entendu leur demande et le refus qu'avait fait Crésus de l'envoyer avec eux, entra sur ces entrefaites, et s'adressant à ce prince : « Mon père. <c lui dit-il, les actions les plus nobles et les plus généreuses m'étaient « autrefois permises, je pouvais m'illustrer à la guerre et à la chasse; « mais vous m'éloignez aujourd'hui de l'une et de l'autre, quoique « vous n'ayez remarqué en moi ni lâcheté ni faiblesse. Quand j'irai u à la place publique ou que j'en reviendrai, de quel œil me verrac< t-on? Quelle opinion auront de moi les citoyens? Permettez-moi « donc, seigneur, d'aller à cette chasse. ^>
couronnée par un fronton, au sommet duquel est une sorte de volute. C'est la décoration purement géométrique dont Tart archaïque nous offre tant de spécimens. (Voy. A. Milchhôfer, Die AnfSnge der Kunsi in Griechenland, p. 23, 24 et suiv.)
« Partie antérieure d'un sanglier ailé, bondissant à gauche; dessous le thon, emblème de Cyzique. i^. Carré creux partagé en quatre compartiments. (Statère d'or de Cyzique.)
66« DE L'JNVASION DOItlENHE AIX GUERBES MfiDIQUES (H04-490).
.< — Cr n'est pas, mon fils, reprit Crésus, que j'aie remai-qué dans " votre conduite la moindre làchefé; mais un songe m"a fait connaître « que vons deviez périr par une arme « de fer. C'est pour cela que je ne vous « envoie pas à celle expédition el que " je prends toutes sortes de précautions " pour vous dérober, du moins pendant ■< ma vie, au malheur qui vous menace. «■ Je n'ai que vous d'enfant, car mon << autre fils, disgracié de ta nature.
«■ n'existe plus pour moi,
« — Mon père, répliqua le jeune '< prince, après un pareil songe, le soin « avec lequel vous me gardez csl bien « excusable; mais il me semble que 't vous n'en saisissez pas bien le sens. « Les dieux vous ont fait connaître que <' je devais périr d'une arme de fer.
" Mais un sanglier a-t-il des mains?
i< Est-il armé de ce fer aigu que vous « craignez? Si votre songe vous eùl ap- « pris que je dusse mourir d'une dé- « fense de sanglier ou de quelque ma- « nière semblable, on approuverai! vos X précautions; mais il n'est question « que d'une pointe de fer. Puis donc " que ce ne sont |)as des hommes que <( j'ai à combattre, laissez-moi partir. « — Mon (ils, répond Ci-ésus, voire " interprétation est plus juste que la « mienne. Je cède à vos raisons; ma dé- « fense est révoquée, la chasse que vous SC6..C <ic chasse'. ,, j^gji^jj ^.(,yg çgj permise. »
i< En même temps, il mande le Phry- « gien Adraste, et lui dit : « Vous étiez sous les coups du malheur.
' Lamp d'un poignard en brome, incrusiée d'or, découverte à Mycènes (d'après le Bull, df Con: hellén.,\, (f8S6), pi. Il, 3 cl p. 541. G. Perrot). - Cinq hommes sont en lulU conin- ini lion. « Les hommes n'ont pour toul vi^tenient qu'une sorte de caleçon qui s'arrête au milit'u lie 1,1 cuisse. Comme armes, quatre d'i^nlre eui ont des lances qu'ils manient des deux
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