I. — sa
C7i DE L'INVASION DORIENNE AUX GUERRES MÉDIQIES {HO4-4S0i.
consulter le dieu, el qu'ils eurent interrogé la pythie sur ce qui leur avait été prescrit, elle leur dit : « Je connais le nombre des « grains de sable et les bornes de la mer; je comprends .la langue « du muet; j'cnlends la voix de celui qui ne parle point. Mes sens « sont frappés de l'odeur d'une lorlue qu'on fait cuire avec de la " chair d'agneau dans une chaudière d'airain dont le couvercle est « aussi d'airain. »
« Quand les députés furent de retour avec les réponses des oracles. Crésus ouvrit leurs lettres; en lisant la réponse de l'oracle de Delphes.
du s.inctunira (l'Aiii|diia
il la reconnut pour vraie et adora le dieu, persuadé que cet oracle était le seul véritable, puisqu'il était le seul qui eût découvert la vérité. En effet, après le départ des députés, Crésus avait imaginé la chose la plus impossible à deviner et à connaître. Il avait couptlui-même par morceaux une tortue et un agneau, el on les avait
' D'après les IIpaxTiM; Tij; (ï 'J^^■^mç àp/aioXoïW^î 'Ktaipiiî To5 îtoj; 1881, IT-n. E'. — L?î fouilles entreprises en 1884 par In Société archéologique d'Athènes à Havrodilësi. entre ]v village de Kni.nnio et l'Écholle d'Oropo, ont amené la découverte <lii temple d'Ampliiaraos : il ne reste guère que la moitié nord. Touli' la partie sud a été entraînée par le lorreol. W temple était voisin d'une source dont IVau ne servait ni aux sacriDces ni aux purilicalium. Voici, d'après Pausnniaa (I, 34, i), comment prorêdaieiil ceux qui venaient demander à Amphiaraos la guérisoi) d'une maladie ou la solution d'une difllculté: Ils sacriHaient un bêlirrdant ils gardaient soigneusement la peau. La nuit venue, ils pénétraient dans le temple, s'étendairni sur leur peau de bélier el s'endormaient, attendant un songe révélateur. Ceux qui lui devaient leurguérison étaient tenus de jeter dans la source une pièce d'or elune pièce d'argent (Cf. Hypéride, dans les Oialoru Allici, éd. Didot, 11. p. 377, g 14 et suit.). Sur VincuhttUoa. voyelle Plulu d'.Mstophane, 630 et suiv., et mon second volume où il sera parlé de l'Asblépiéion d'Athènes.
fait cuire ensemble dans un vase d'airain, dont le couvercle était de même métal.
« Quant à la réponse que reçurent les ï-yilicns dans le temple d'Amphiaraos, je n'en puis rien dire. On sait seulement que Grésus reconnut aussi la véracité de cet oracle.
i< Ce prince fâcha ensuite de se rendre propice le dieu de Delphes par de somptueux sacriliccs, dans lesquels on immola trois mille victimes de toutes les espèces d'animaux qu'il est permis d'offrir aux dieux et par des dons en or et en argent qu'il consacra dans son temple.
« Quant au héros Amphiaraos, il lui lit offrande d'un bouclier d'or massif, avec une pique de même métal. De mon temps, on voyait encore l'un et l'autre à Thèbes, dans le temple d'.Vpollon Isinénîcn.
« Les Lydiens, chargés de porter ces présents aux oracles de Delphes et d'Amphiaraos, consultèrent les oracles en ces termes : « Crésus, roi des Lydiens et " d'autres nations, persuadé que vous r\ ij E ® ta •' êtes les seuls véritables oracles qu'il
" y ait dans le monde, vous envoie les ioiaj^ wfiBiOX .' présents qu'il croit dignes de votre
.. habileté. Maintenant il vous demande TST^tO "^^ ft^To t « s'il doit marcher contre les Perses, et ei-voio ù Apollon ismÉnicn ■. •< s'il doit joindre à son armée d(;s trou-
■' pes auxiliaires. » Les deux oracles s'accordèrent dans leurs réponses. Ils prédirent l'un et l'autre à ce prince que, s'il entreprenait la guerre contre les Perses, il détruirait un grand empire, et lui conseillèrent
• Slaluelte.nmliaiqiiecnlirnnzffil'npri-slf^s ViïfA»/. d.d.arcMotug.lnttil. in Aikfn,\ (1876), Taf. ï), L'inscriplioii, graïi'e sur les deuï jambes, est une détlic.ice : Ilruli-)» ...fiairroî toi 'Xa^tv'.m cniBtxv. — Au dire du veiMlfiir, la slatiictle aurait Hé trouvée daii): les mines du «liàlfiaudeChalris; mais M. Foucait (Bui/. deCo\r. helUn., III (I87D1. p. 139) croit le reusdgiicnipiit iiicxnrl et aUribuc la figurine .i la ville de Thèbes et au santtuaire d'Ajiollon Isinéiiieiij celte ville élaiil la seule où soit aUesIce l'exislcnce d'un lemplc sous ce nom. Ile plus le nom [iTiufuiv est propre à la Bi^olie : il est juvcLsément Tormé de l'épilbéte d'Apollon llTtùYo; (Tor. p. 197). Enlin l.i désinence oi et la fonue de l'aorislc àviDEav soûl en usage dans le dialecte béotieu : la désinence ii est particulièrement usitée à Thèbes.
67C ni!: L'IxNVASIUN DORIENNE AIX GUERRES MÉDIQL'ES (110i-i90,.
de rechercher l'amilié des États de la (Irêce qu'il ainail reconnus
pour les plus puissants.
« Crésus, charmé de ces réponses et concevant l'espoir de renverser
l'empire de Cyrus, envoya de nouveaux présents à Delphes cl, interrogeant le dieu pour la troisième fois, lui demanda si sa monarchie serait de longue durée. La pylhii' répondit : « Quand un mulet sera roi des Mèdes. « fuis aloi-s, Lydien efféminé, sur les bords île '< l'Hermos : garde-loi de résister, el ne mugis |ioiiii
LUormospcL-somiillii*. « dc ta lâcheté. "
« Celte réponse fit encore plus de plaisir à Crésus
que toutes les autres. Persuadé qu'on ne verrait jamais sur le trèin'
des Médes un niulel. Il conclut que ni lui ni ses descendants ne si'-
raient privés de la puissance souveraine. 11 rechercha ensuite quels
étaient les peuples les plus puissants de la Grèce, dans le dessein lii'
s'en faire des amis; ii trouva que les Lacédémoniens et les Atl»'-
niens tenaient le premier rang, les nus parmi les Doriens. les antre-
parmi les Ioniens. Mais ceux-ci étaient divisés par des factions, Ian<li>
que les Lacédémoniens étaient dans l'état le plus prospère. Crésu.
envoya donc des ambassadeurs aux S[)artia(es avec des présents, r!
il fit avec eux un traité d'amilié et d'alliance défensive et offensive. •
Malheureusement régnait aloi's à Suse un roi dont les parent-
étaient de race difTérenle, Cyrus, fils du Pen-.'
Cambyse et de Mandane, princesse du sang mal
deMédie. C'était lui le mulet de l'oracle, el. Civsiis
I le provoqua en franchissant l'Halys, limile lii's
deux empires. Hérodote raconte la bataille pertliir
par les Lydiens, le siège, puis la prise de Sardes
L-Haiva pci-soiiiiiiié». (546). Mais il ne pouvait admettre que les chose?
se fussent passées avec celte simplicité, que d'
grand royaume eût été le piix d'une seule bataille, el que ce itii
si pieux envers les divinités dc la Grèce eût disparu de la seèiii'
du monde sans que le ciel s'en fût mêlé, sans que quelque li-i-
■ L'Hermos ussis à gauche, louant duiis li inuiu droite un rosenu, dans la gauche nitr corne d'abondance et s'appiiyant sur une nnie d'où s'échappent des flots; à Teierpie, sn» nom rPMOG. En létrende C VKTTIINUX. (Heverj d'une nionnaie de bronie de Sarlleni dc Lniii-. ^ IVffigie de Julîu M:iniiH;pa.1
* L'Halys assis, s'aj)pnyaul de la main ganctie sur une urne d'ofi s'échappoul des (lots, ri tenant dans la droite uue grande piaule marine en fleur. Lt^gende : A^KrP\C MHTPWIO- .\EQI. (Reïers d'mie nionuaie de bronze d'Aucvrc dc Galatte, à l'erTigie de Carncalla.)
bitar.l de l'Olympe eût moniré qu'il gardait souvenir de ses offrandes.
« Crésus, (lit-il. avait un fils doué de toutes sortes de hoiiiies
qualités, mais qui était muet. Dans le temps de sa prospérité. Crésus. pour le guérir, avait eu recours à l'oracle de Delphes, l-a pythie avait répondu : « Lydien, roi de plusieui's peuples, insensé Crésus, ne « demande pas d'entendre en ton palais la voix tant désirée de ton « (ils. Il commencera de parler le jour où commenceront les « malheurs. »
' fins-relier do Mpched-Hourgali id'aprês M. Diculnfoy, FAil a»Ui,tr île la Perte (1884), pi. XVII). — Le roi est coifTé d'une couronne ornëe d'ui'avt, el (t(> la niniii droite il ticul une statuette dont la roiffure osl également surmontée de Vunent. Tous ei-s nUrihuts sont empruntés à l'ÉgîT)te, comme \t» grandes ailes déployées sont empruntées à l'Assyrie.
c< Après la prise de la ville, un Perse allait liier Crésus sans le connaître. Ce prince le voyait fondre sur lui; mais, accablé du poids de ses malheurs, il négligeait de l'éviter, et peu lui importait de périr sous ses coups. A la vue du Perse qui se jetait sur son père, le jeune prince, saisi d'effroi, fit un effort qui lui rendit la voix. c( Soldat, s'écria-t-il, ne tue pas Crésus ! » Tels furent ses premiers mots; depuis il conserva pour le reste de sa vie la faculté de parler.
ce Crésus avait régné quatorze ans, soutenu un siège d'autant de jours et, conformément à l'oracle, détruit un grand empire. Les Perses qui l'avaient fait prisonnier le menèrent à leur roi. Cyrus le fit monter, chargé de fers et entouré de quatorze Lydiens, sur un bûcher, pour éprouver si Crésus, dont on vantait la piété, serait garanti des flammes par la divinité. Sur le bûcher, malgré l'excès de sa douleur, Crésus se rappela ces paroles de Solon : « Nul homme ne peut se dire heucc reux tant qu'il respire encore; » et il lui vint à l'esprit que ce sage ne les avait pas proférées sans la permission des dieux. Rappelé à lui-même par cette pensée, il sortit avec un profond soupir du long silence qu'il avait gardé et prononça par trois fois le nom de Solon. Cyrus, frappé de ces paroles, lui fit demander par ses interprètes quel était celui qu'il invoquait. Ils s'approchèrent et l'interrogèrent. Crésus ne répondit pas d'abord; forcé de parler, il dit: ce C'est un homme dont je préférerais l'entretien aux richesses de tous ce les rois. )> Ce discours leur paraissant obscur, ils l'interrogèrenl de nouveau. Vaincu par Timportunité de leurs demandes, il répondit qu'autrefois Solon d'Athènes était venu à sa cour; qu'ayant contemplé toutes ses richesses, il n'en avait fait aucun cas; que tout ce qu'il avait dit se trouvait confirmé par l'événement, et que les avertissements de ce j)hilosophe ne le regardaient pas plus, lui eu particulier, que tous les hommes en général et principalement ceux qui se croyaient heureux. Ainsi parla Crésus. Le feu était déjà allumé, el le bûcher s'enflammait par les extrémités. Cyrus, apprenant de ses interprètes la réponse de ce prince, se repentit de l'ordre cruel qu'il avait donné. Il songea qu'il était homme, que cependant il faisail brûler un homme qui n'avait pas été moins heureux que lui, que la vengeance des dieux viendrait peut-être, à son tour, le frapper. En conséquence il ordonna d'éteindre promptement le bûcher, et d'en faire descendre Crésus ainsi que ses compagnons d'infortune; mais les plus grands efforts ne purent surmonter la violence des flammes.
Alors Crésus, à ce que disent les Lydiens, instruit du changement
J'ilior du palais de Cvrus'.
de Cyrus et voyant la foide empressée à éteindre le feu sans pouvoir y
' D'apK's le Tour du Monde, t. XLVII, p. 199 (M"" Jane Dieulnfov). —Le pilier est en pierre ralcaire et porle à la parlie supérieure une inscription trilingue, en perse, inédiqne el nssyrien. On lit : i Soi Cyrus, roi Ahhéménide. » (Voy. U. Dieulafor, l'Art antique de la Perte, pi. XIV.)
Ex-volo à Apollon de IViènc*.
680 DE l/IiNVASION DORlENiNE AUX GUERRES MÉDIQUES (1104-4î)0).
réussir, implore à grands cris Apollon, le conjure, si ses offrandes lui ont été agréables, de le secourir, de le sauver d'un péril si pressant.
Ses prières étaient accompagnées de larmes. Soudain, au milieu d'un ciel pur et serein, des nuages se rassemblent, un orage éclate et une pluie abondante éteint le bûcher*.
Ce prodige apprit à Cyrus combien Crésus élait cher aux dieux. Il le Ht tlescendre du bûcher, et lui dit :
« Crésus, quel homme vous « a conseillé d'entrer sur <c mes terres avec une arec mée et de vous déclarer <( mon ennemi, au lieu (( d'être mon ami? — Voce tre heureux destin et mon infortune m'ont jeté, seigneur, dans (c cette malheureuse entreprise. Le dieu des Grecs en est la cause;
c< lui seul m'a persuadé de vous attaquer. te Eh! quel est Thomme assez insensé pour « préférer la guerre à la paix? Dans la paix, les enfants ferment les yeux à leui's pères; dans la guerre, les pères enterrent leurs enfants. >> <c Après ce discours, Cyrus commanda qu'on lui ôtàt ses fers; il le lit asseoir près de lui, le traita avec beaucoup d'égards el lui dit : ce Demandez-moi ce qu'il vous plaira, vous l'obtiendrez sur-le-champ. « — Seigneur, répondit Crésus, la plus grande faveur serait de me
* Celte liistoire du bûcher où Cyrus fit monter Crésus semble infirmée par Hérodote Juiniônie, lorsqu'il remarque que les Perses regardaient comme un sacrilège de brûler li»« corps.
* Lièvre en bronze, aujourd'hui conservé au musée Britannique; d'après Rœlil, Inscriplionés Gr. antiquissimœ, n* 585. — Le lièvre est représenté mort et pendu par les deux pattes do devant. Sur le cou, Tun des côtés et le ventre, on lit rinscription suivante : Toi 'A::oXXct>vi Try» npir,[v]^i (x' (xveOtjxsv 'HçaiTTiwv. « Uéphœstion m'a dédié à Apollon de Priènc. » Le graveur a omis l'un des jambages du nu «lans le mol ïlpiTjv^ï.
3 Lion dévorant un taureau. On a figuré seulement l'avant-corps des deux animaux. Le revers est formé par un carré creux. Poids : 8 gr. 10.
Monnaie d'ur de Crésus*.
CRtSUS SUR SON BÛCHER
Huilée du Louvre
'< permettre d'envoyer au dieu des Grecs, celui de tous les dieux que "■ j'ai le plus honoré, les fers que voici, avec ordre de lui demander •< s'il lui est permis de tromper ceux qui ont bien mérité de lui. » l.e roi l'interrogea pour savoir quel sujet il avait de s'en plaindre, et quel était le motif de sa demande. Crésus répéta les projets qu'il avait formés, et l'entretint des réponses des oracles, de ses offrandes surtout et des [irédictious qui l'avaient animé à la guerre contre les Perses. Il finit en lui demandant de nouveau la permission d'envoyer faire.au dieu (les reproches. « Non seulement cette permission, « dil en riant " Cyrus, mais ce '( que vous sou- " hailerez désor- " mais, je vous " l'accorde. »Cré- sus envoya done (les Lydiens iiDel- |ihes, avec ordre de placer ses fers 5iwoiiim.deS.rte-.
sur le seuil du
temple; de demander au dieu s'il ne rougissait pas d'avoir, i)ar ses oracles, excité Crésus à la guerre contre les Perees, dans l'espoir dt; ruiner l'empire des Pei-aes; enfin de lui montrer ses chaînes, seul trophée qu'il |)ût lui offrir île celle expédition, en disant : « Est-il " dans l'usage des dieux de la Grèce de se montrer ingrats'.' ■>
« Les Lydiens exécutèrent, à leur arrivée à Delphes, les ordres de (irésus; on assure que la pythie leur lit cette réponse : « Il est impos- '■ sible, même à un dieu, d'éviter le sort marqué par les destins. -< Crésus est puni du crime de son cinquième ancêtre (Cygès), qui, '< simple garde du roi de la race des Héraclides, se prêta aux instiga- ■< lions d'une femme artificieuse, tua son maître et s'empara de la « couronne, à laquelle il n'avait aucun droit'. Apollon a mis loul en « usage pour détourner de Crésus le malheur de Sardes, et ne le faire
' BusIp à (Iroiic dp la ville pcrsonnillép, voilée el couronnée de tours. En légende : CAPilC ACIAC AVilAC E.\AAiOC A MIITPOnOAlC {Sarde*, première ntétropoir de PAtie, de la Lydie, de ta Grèce). ^ Le Soleil dans un char IraJiié p.ir deux dragons, moulant à l'horizon, de gauche à droite; près de la léte du Soleil, on lit n'AOC. En bas, la Terre couchai sur des épis el m tenant plusieurs dans la mnin gamhc: près d'elle, soji nom, l'H. Bn légende: KFI CT AVP nPAKAEldlANOr CAPilANQN B NEOKOPÛN (Soi» le tlratège Aarélim Heraclbtianm, monnaie det Sardient, deux foii nâoeore»}. Médaillon de bronze.
* Voyez, ci-dessus, le chapitre sur l'Envie des dieu».
« tomber que sur ses enfants; mais il ne lui a pas été possible de « fléchir les Parques. Tout ce qu'elles ont accordé à ses prières, il en '< a gratifié ce prince. Il a reculé de trois ans la prise de Sardes. Quf '< Crésiis sacbc donc qu'il a été fait prisonnier trois ans plus tard qu'il " n'était porté par les destins. En second lieu, le dieu l'a secouru '( loi-squ'il allait devenir la proie des flammes. Quant à l'oracle rendu, « Crésus a tort de se plaindre, .\pollon lui avait prédit qu'en faisant « la guerre aux Perses, il détruirait un grand empire. Pourquoi n'a-l-il M pas demandé au dieu de quel empire il s'agissait? N'aj;anl ni saisi « le sens de l'oracle ni fait interroger de nouveau le dieu, qu'il
Ituinps du lliL'Alre i\c Sardes*.
" ne s'en prenne qu'à lui-même. Il n'a pas non plu^, en dernier « lieu, compris la réponse d'Apollon rclalivement au mulet. Cyrus « était ce mulet, les auteurs de ses jours étant de deux nations '1 différenles : son père était d'une origine moins illustre que .sa " mère : celle-ci était Mèdc et fille d'Astyage, roi des Mèdes; l'au- « tre. Perse el sujet de la Médie; et, quoique inférieur en tout, il « avait cependant épousé sa souveraine. » Les Lydiens s'en relournèrent à Sardes avec celte réponse de la pythie et la communiquèrent à Crésus. Il reconnut alors que c'était sa faute, et non celle du dieu.
« Dès que la nouvelle de la prise de Sardes arriva aux Ioniens l'I aux Éoliens, ils envoyèrent des ambassadeurs à Cyrus, pour le prier de
■ D'après le Tour du Monde, 1. XI, p. 3G3.
les recevoir au nombre de ses Lujels aux mômes coiidilions qu'ils l'avaient élé de Crésus. Ce prince répondit à leur proposition par cet apologne : un joueur de flùle aperçut des poissons dans la mer; il joua de la tlùle, s'imnginant qu'ils viendraient à terre. Trompé dans son attente, il prit un filet, enveloppa une grande quantité de poissons qu'il lira sur le bord, et, comme il les vit sauter :
CuhjiLiies du Icniplc de Cylidlc, à Sardes'. ■
«Cessez, leur dit-il, cessez maiutenaot de danser, puisque vous " n'avez pas voulu le faire au son de la (lùte. »
« Il tint ce discours aux Ioniens et aux Kolicns, parce qu'ayant fait auparavant solliciler les Ioniens, par ses envoyés, d'abandonner le parti de Crésus, il n'avait pu les y engager, et qu'il ne les voyait disposés à lui obéir qu'après qu'il était venu à bout de toutes ses entreprises. Sur le rapport des députés, les Ioniens forlifièrerit leurs villes et s'assemblèrent au Panionion, à la réserve des Milésiens, les seuls
■ D'après E. Reclus, îiouveUe Géographie univirselle, l. IX, |). C07. — On n'est pas d'accord ir le nom donné au temple.
684 DE I/INVASION DORIENHE AUX GrERIlES MEDIQUES (1104-490).
avec qui Cyrus fit un traité aux mêmes conditions que celles qui leur avaient été accordées par Crésus. Il nomma le Perse Tabalos gouverneur de Sardes, chargea le Lydien Paclyas de transporter en Perse les lrésoi"s de Crésus et retourna à Ecbatane, pensant qu'il suffisail d'envoyer un de ses lieutenants contre les Ioniens.
« Il ne se fut pas plus tût éloigné, que Paclyas fil soulever [ly^ Lydiens. Comm'c il avait entre les mains de grandes richesses, il »>
rendit dans les cités grecques du bord de la mer, prit des troupes à si solde, engagea les habitants à s'armer en sa faveur, puis revint à Sardes, oi'i il assiégea Tabalos dans la citadelle.
« A cette nouvelle, Cyrus ordonna au Mède Mazarès d'aller à Sardes réduire en servitude ceux qui s'étaient ligués pour assiéger la citadelle et de lui amener Pactyas vivant.
'( A l'approche des Perses, Pactyas , pris d'épouvante , se sauva à Cymé. Mazarès fit d'abord exécuter à Sardes les ordres du roi, puis il somma les Cyméens de lui livrer le fugitif. Avant de répoii-
• D'apri's C. T. Newton, A HUlonj of ditcoveiiet al Ualimrnauiu, Cnidiit and Branchidtr. pi. LXXVI. — La Voie Sacréf conduisait du porl de Panormos au lemplc d'Apollon Itidyniéeii : elle était bordée de statues (vojez p. 685).
drc, ils consultèrent l'oracle des Branchldes sur le parti qu'il fallait prendre à l'égard de Paclyas, afin de se rendre agréables aux dieux, l/oracle répondit qu'ils devaient le livrer aux Perses. On se disposai! à obéir au dieu, quand Arislodicos, homme de distinction parmi les Cyméens, empêcha qu'on exécutât cette résolution jusqu'à ce qu'on
SiBluc découvcrlc sur la Voie Sacrùc des Brandi ides '.
eûl envoyé une seconde députation dans laquelle il fut admis, soil qu'il se défiât de l'oracle, soit qu'il soupçonnât d'infidélité le rapport des députés.
' D'apri's une Jiliolographie. (Cf. 0. Rayet et A. Tliomas, Milel et le golfe Latmiqu), pi. Ï5.) — CeUe slalue est une de L-elles qui ornaient la Voie Sacrée des Brancliides Dii sont aujourd'hui conservées au musée Britannique ; de style unirorme, elles représentent, non des dieut ou des déesses, mais de:j hommes et des femmes, assis sur dus sièges à dossier élevé : les jambes sont rapprochées, les mains posées sur les genoux. L'inseription, gravée sur le siège de celle que nous i-eproduisons, est ainsi conçue : Xâpii; (ijif i KKt'.T.o;, Tst^ioiar.; ■PX^ti iï«).)»« ToC 'AKÔXXigyoi. n Je suis Chai-ès, fils de Klisis, archonte de Teichioussa. Offrande
686 DE L'INVASION DORIENNE AtX GlERRES MÉDIQUES {il04-490).
« Les députés arrivés aux Branchides, Aristodicos porta la parole pour eux, et dit : « Grand dieu, le Lydien Pactyas est venu chercher '< un asile parmi nous pour éviter la mort dont le menacent les " Pei-ses. Ceux-ci le redemandent et nous ordonnent de le remettre « entre leurs mains; mais, quoique nous redoutions leur puissance, " nous n'avons pas osé jusqu'ici leur livrer ce suppliant, que nous ■< n'ayons appris dé vous avec certitude ce que nous devons faire. » Le dieu Ht la même réponse. Alors Aristodicos alla autour du temple et chassa les oiseaux qui y avaient fait leur nid. On raconte que,
tandis qu'il exécutait son dessein, il sortit du sanctuaire une voix qui s'adressait à lui cl disait :
« 0 le plus scélérat de M tous les hommes! as-tu « bien la hardiesse d'ar- " racher de mon temple
Télradrndiine de Cymé*. « IIICS Suppliants? » et
qu' Aristodicos, sans se déconcerter, "répondit : « Quoi! grand dieu, vous jirotégez vous- « môme vos suppliants, et vous ordonnez aux Cyméens de livrer le " leur? — Oui, je le veux, reprit la même voix, ot c'est afin qu'ayant « commis une impiété, vous en périssiez plus tôt, et que vous ne « veniez plus consulter l'oracle pour savoir si vous devez livrer des « suppliants. »
« Sur le rapport des députés, les Cyméens envoyèrent Pactyas a Mytilènc, ne voulant ni s'exposer à périr en le livrant, ni se faire assiéger en continuant de lui donner un asile. Mazarès fit aussitôt réclamer Paclyas auprès des Mytiléniens, et ils se disposaient à le lui remettre nioyeimaut une somme d'argent, loreque les Cyméens, qui avaient appris ce marché honteux, envoyèrent à Lesbos un vaisseau pour transporter Pactyas à Chios.
« Mais les habitants de cette ile l'arrachèrent du temple de Minerve
Poliarchos et le livrèrent à Mazarès, à condition qu'on leur donnerait
il Apollon. » CeUe iiiscriplion el d'au Ires, gravées sur ces marbres, permelteiil de \es rapporter à In IjX* olympiade, environ au dernier tiers du sîïiénie siècle.
■ Tétc dtadéniéi' d'Apollon Gymi^ii, k droite. ^. KrMAlQN. Ctieval lournê k droite; sous ses pieds, un vase; à l'exergue, AHMHTPIOI, nom d'un magistrat ; le (oui dans une couronne <le laurier.
l'Atarnée, pays de la Mysie, vis-à-vis de Lesbos. Lorsque les Perses eurent Factyas en leur puissance, ils le gardèrent étroitement, à dessein de le présenter à Gyrus. Depuis cet événement, il se passa beaucoup de temps, sans que les habitants de Gliios osassent, dans les sacrifices, répandre sur la léte de la victime de l'oi^e d'Atarnée, ni offrir à aucun dieu des gàleaux laits avec de la farine de ce canton : on excluait des temples tout ce qui en provenait.
« Quand les liabitanis de Cliïos curent livré Pactyas, Mazarès marcha contre ceux qui s'étaient joints ix ce rebelle pour assiéger Tabalos. Il
Supplinnlo auprès de rautel'.
réduisit les Priéniens en servitude, lit une excursion dans la plaine du Méandre et permit à ses soldats de tout piller. Il traita de môme la Magnésie; après quoi, il tomba malade et mourut, llarpagos lui succéda.»
I,es Ioniens avaient décidé qu'ils demanderaient du secours à Sparte, lieui-s envoyés, arrivés à Lacédémone, firent parler un Phocéen qui, revêtu d'une robe de pourpre, débita un verbeux discours. Une si longue harangue déplut aux Spartiates; ils n'accordèrent rien et congédièrent les ambassadeurs. Mais, en môme temps, ils firent partir des émissaires, chargés d'observer l'état des choses. Ceux-ci virent sans doute trop de faiblesse d'un côlé, trop de force de l'autre, pour engager leurs compatriotes à intervenir. Les Ioniens, laissés à leur
< Peinture de raso, d'après Gerliard, Âutert. Vatenb.. Taf. CLXXXV. — Polyiène, poiirsuJTie par Achille et l'un de ses comparions, s'est rérugiée sur les degrés d'un aule'. Achille s'apprête à la frapper. (Cf. Achille et Troilos sur une peinlure' de vase, ci-dessus, p. 577).
688 DE L'INVASION DORIENNE AUX GUERRKS MÉDIQUES {H04-490}. sort, succombèrent. Ils devinrent Iribulaires de la l'erse qui, pour les mieux tenir dans sa dépendance, favorisa l'élévation, dans leurs cités, de chefs ambitieux qu'on appela des « tyrans», non pas qu'ils fusseni toujours oppressifs et cruels, mais parce qu'ils exercèrent un pouvoir que la loi ne reconnaissait pas.
Le peuple de Phocéc donna un grand exemple. Assiégés par Harpagos et près d'être forcés, les Phocéens montèrent sur leurs va'sseaux, emportant les images de leurs dieux, et firent voile vers l'ilc de Cliios. « Ils offrirent aux habitants une somme d'argent en échange des îles Œnusscs (ou riches m vignobles); ceux-ci n'y ayant pas consenti, dans la crainte de voir s'établir prés d'eux un commerce rival, ils se rembarquèrent pour se diriger vers la Coi-se, où ils avaient fondé Aléria, vingt ans auparavant. Mais, avant de prendre cette route, ils relounièrent à Phocée, y débarquèrent inopinément el massacnv renl la garnison qu'llarpagos y avait laissée. Ils prononcèrent ensuite des imprécations solennelles contre ceux qui abandonneraienl la fiotte;' el. jetant dans la mer une masse do fer rougie au feu, firent serment « qu'aucun Phocéen ne i-elourneraitdanssa ville avant que celle masse ne reparût sur l'eau '. » Pourtant, quand Uonnaie dEife (Vciiaj ». '^ flotto mit à la voîlc |)our la Corse, plus
de la moitié des citoyens, allendrJs par l'aspect des lieux et l'amour de la patrie, devinrent parjure, el rentrèrent dans Phocée. Les autres continuèrent leur navigation vers l'ouest el fondèrent, sur la crtle d'Italie, Kléc, dont la prospérité fui rapide el durable.
Les habitants de Téos imitèrent les Phocéens et allèrent fonder Abdère en Thrace, Mais ces deux peuples furent les seuls q<ii préférèrent l'exil à la servitude. Les autres, même ceux des îles voisines du
■ On a rclruuvé pK'S de Téos une inscription qui nous oITre nn exemple il'iinprécatioii solennelle. En voici un fragmeni d'après Rœlil, Intcripl. Gr. untiquUt., il' 437 : 'Onm çâpiuia 3t(XtiîiJ[Ji« Koiot ÏtJ: Tijîoniï, tô favoï ^ in' ÎÎkûit], xeIvov à):oTJ,'j30ai ut bÙtov xa\ fivot to u-mh. — "OTTtt t; if^v TÎjv Ttjtiiv xiuXùrii ijlTCiv liiffAi:, 7] tl'yuTi, î, [uiyav^, ^ x«ti Osilaaijiï ^ i«t' jj^ïiîov, q taa/Oe'vis av(uO(ci:i), xitvi» àirôl'^uaOai xa\ aûiov ta: ^im); tô t.î'.itrj. « Que celui qui voudrait empoisonner la cité de Téos ou quelque particulier, que celui-lit |térissc lui et sn famille. — Que celui qui, par quelque voie ou moyen que ce soit, empâchcrail l'imporiatioii de )!rains à Téos, soit par terre, soit par mer, que cclui-lâ périsse, lui et sa ramille. ■ L'inscription date de la première partie du cinquième siècle.
* Tête casquée de Pallas à gauche; le casque est orné d'un grifron. ^ VRAIITQN. Lion dévorant une tète de bélier. (Argent.)
continent et qui y avaient des domaines, comme Lesbos et Chios, consentirent à payer tribut.
« J'ai appris, dit encore Hérodote, que, dans une assemblée générale du Panionion, Bias de Priène avait ouvert un avis plein de sagesse : il conseillait aux Ioniens de réunir en une seule flotte leurs vaisseaux, de s'y embarquer tous, et de se rendre en Sardaigne, où ils fonderaient une cité unique qui comprendrait toute rionie. Il leur démontrait que, dans celle grande lie, ils seraient à
l'abri de la servitude, et fias-reiiei d'Abdére ■.
supérieurs en force à tous les autres insulaires. Thaïes de Milet leur avait aussi donné un très utile avis, avant que l'Ionie fût subjuguée. 11 leur proposait de n'avoir qu'un seul conseil général, ^ovktvzr.giov, qu'ils établiraient à Téos, ville située au contre de toute l'Ionie, ce qui
I ,1 . . Monnaie des treize villes
n empêcherait du panionion'.
pas que les autres villes ne continuassent
à se gouverner intérieurement par leurs lois particulières, comme des cités séparées. C'étaient là de sages conseils, mais les Ioniens
" Fragmeni d'une stùle en marbre, d"sprès le ButUUn de Corrupondance hellénique, IV (1880), pl. Vin (E. PoUier). — Le bas-rplief est de slyle aUique et peut ôlre attribué à la première (noitié du cinquième siècle. Les trous, praliquës sur la haudektle qui serre les cheveui et derrière la léte, marquent la place d'une couronne de mêlai.
« Tète casquée de Pallas, à droîle. ^. TridenI; à droite. HPIH (pour npi.lïi<ov), el nA£IKAEI[E), nom d'un magistrat. Autour du champ, les détours du Méandre. (ArgenI .}
» Hercule assis sur une peau de lion, sa massue posée à terre ; il tend la main à lole, debout
Monnaie de Priène >,
n'en profitèrent pas'. » S'ils eussent suivi celui de Bias, l'aveair du monde occidental pouvait^ètre changé.
La soumission des Grecs d'Asie au grand roi était un grave ési-
he Grand Roi luIUnt contre un Grec*.
nement, car elle conduisit leurs maîtres à rêver aussi la conquête de la Grèce d'Europe. Les guerres Médiqucs étaient donc là en germe avec toutes leurs conséquences ; l'empire d'Athènes, de Sparte, d'Alexandre, et la diffusion de la civilisation grecque sur l'Asie occidentale.
Il, - PROSPÉRITÉ DES INSULAIRES. .
La ruine des Ioniens du continent fil passer la puissance maritime
Coupe l(inglLudi[iaJe du tunnal.
Aqueduc et tunnel de Samos. (Voy. !.■> note, cl le plan de Samos, p. 699,}
à une ile voisine, à Samos. Polycrate, avec l'aide du tyran de Naxos,
devant lui et qui p.iralt s'enfuir ; à cbté de lole, un carquois rempli de flèches. En légende : KOINOS ri(13) nOAEQN ACIAC nPOTQN' {tic) E*ECIQN DEPrAMHNQN DPOM RA *PONTÛN. Monnaie de la communauté des treize premières villes de l'Asie, des Ëphésiens et des Pergaméniens, frappée sous l'autorité d'un magistrat nommé probablement lYomalhius Claudiauus Froiito. (Médaillon de bronze k J'elTigie de l'empereur Anlonin le Pieui.)
' Hérodote, 1, 1 70. Thaïes conseillai! donc aux Grecs asiatiques de faire dans Tlonie ce que, suivant la légende, Thésée avait fait dans l'Allique. (Voy. ci-dessus, p. 161.)
• Cylindre en calcédoine calcinée {d'après les Antiquili* du Botpkore Cimmirien, pi. Vil, S
Lygdamis, y avait usurpé le pouvoir entre les années 536 et 552, et l'avait d'abord partagé avec ses deux frères. Mais, se débarrassant de l'un par le meurtre et de l'autre par l'exil, il était resté seul maître et avait contracté une alliance avec Âmasis, roi d'Égjpte. Sa puissance s'accrut au point qu'il eut cent vaisseaux à cinquante rameurs et mille archers. Avec ces forces, il protégeait le commerce des Samiens el s'enrichissait lui-môme par des courses qui tenaient plus du pirate que du prince, il se rendit maître d'un grand nombre d'îles, même de plusieure villes du continent, et il fut, dit Hérodote, le premier des Grecs, après Minos, qui eût conçu le projet de saisir l'empire de la mer. Au reste, il employait ses richesses à orner Samos d'ouvrages utiles ou magnifiques, un aqueduc creusé à travers une montagne, un môle immense pour agrandir et protéger le port et le temple ionique de liera (Junon), qu'Hérodote comptait au nombre des merveilles de la Grèce. Pour Polycrate, ces travaux avaient un autre avantage, celui d'occuper le peuple et de lui faire oublier Anncréon*. la liberté. Mais il aimait les artistes et
les poètes, Ibycos et Anacréon furent ses hôtes; la cour du tyran de Samos rivalisait avec celle des Pisisiratides.
et 3). — Le Grand Roi , \êtu d'une longue robe et coiffé d'une liare radiée, brandit de la main gauche une pique dont il menace le g:uerrier grec, reconnais sable à son casque. De la main droite le roi tient son arc el semble vouloir s'en servir pour parer le coup de son ennemi. Un guerrier grec est déjà étendu à terre. La Iriade divine plane au-dessus de la scène du combat. (Sur le casque du guerrier grec, ïoy. A. Furtwùngler, Die Bron:efunde aut Olympia, p. 5B, dans les Abhandlungen der ktrniijl. Akademie der Wimenteliaflm m Berlin, 1879.) Cf. deui pierres babyloniennes publiées par Raoul-Roclietle, itémoim d^ archéologie comparée, 1, pi. VI, n* 16; VU. n° à. Le cj-lindri! du Uusphon' sorïait de cacliet : tournant avec facililé autour de son axe, il |>ouvait être roulé sur ujic mati<Te tendre, comme de la cire en funion.
' Statue de la villa Borghése; d'après X Archûologitche Zeitung, 1884, Taf. XI. (Les bras el une partie de la jambe droite ont é\6. restaurés). — Un buste, découvert à Rome PU 1884 et qui porte l'iiiscHplion 'Avaxp^tgv [ô] XupiEo;, a permis à H. P. Wollers de donner son vrai nom à la statue de la^ill^ fiorglièse. Les deux létcs ofliunl, en effet, une res-
Cependant, à Samos comme à Athènes, il y avait des mécontents. Lorsque Cambyse envahit l'Egypte, Polycrate lui offrit quarante vais-
seaux; il eut soin d'y faire monter tous ceux qui lui étaient contraires, et il pria son allié de faire périr les équipages après s'en
semblancc Trappatile (voy. lebuslc dans leBultettino délia CommittionettrcliailogieaeoinBuuiale di Roma, 1884, Tnv. il-lU). Le pot-tc «st représenté debotil, jouant de la tjre.
■ D'après Fabricius, dans les SMMl. d. d. archxolog. ln*lU. in Atlim, IX (1884), Taf. VHI. — Après une lojigue digression sur Polycrate, llérodole conclut en ces tenues (m, 60) : * Je me suis étendu sur les Sainiens, parce qu'ils ont accompli les trois plus grands travaux qui aient été faits dans toute la Grèce. (I) Oans une montagne haute d'environ 150 brasses, ils ont creusé un tunnel qui la traverse de part on part. Le tunnel est long de 7 stades, haut et large de 8 pieds. Dans toute la longueur de ce tunnel a été civusé un canal profond de 20 coudées, large de 3 pieds, par lequel, au moyen de conduits, l'eau est amenée d'une grande source jusqu'à h ville. L'architecte de ce tunnel a été le Hégarien Eupalinos, fils (le ?Jaustrophos. » £n second lieu (11), Hérodote cite le môle construit pour abriter le port : il était long de plus de 'i stades et profond d'environ 20 brasses. £n dernier lieu (m), il cite le temple d'Uéra, le plus grand de tous les temples grecs. L'emplacement et les mines du temple sont bien connus (voy. Bull, de Corr. helUn., IV (1880) pi. Xll); il en est de même pour le môle (voy. la carte); mais c'est tout récemment, en 1884, que M. E. Fabricius a exploré l'aqueduc d'Eupalinos découvert au mois de juillet 1883. (Voy. les MilUuU., 1884, p. 183 et suiv.). La grande source mentionnée par Hérodote est celle d'Haghiadès. De la source au tunnel a été creusé un passage souterrain assez élevé et lai^e pour qu'un homme puisse s'y tenir debout. On y a retrouvé de nombreui fragments de conduits en argile. Hérodote distingue du tunnel proprement dit un canal profond où étaient posés
être servi. De tyran à roi fou, un pareil arrangement n'était qu'un échange de services. Par malheur, les victimes, soupçonnant le danger, se saisirent de la flotte et revinrent sur Samos pour exciter un soulèvement. Repoussés, ils implorèrent le secours des Spartiates, qui se faisaient alors volontiers les redresseurs des torts, surtout quand il s'agissait de renverser quelque tyran puissant au profit d'une oligarchie. Corinthe, qui avait eu à se plaindre des pirateries de Polycrate, donna aussi des secours.
Les alliés restèrent quarante jours devant Samos. Le tyran était sur ses gardes, l'ien ne bougea dans l'inexpugnable ville: il fallut se retirer (625). On prétend que Folvcrate avait pavé la retraite des alliés
* " Monnaie de Siphnos '.
avec une monnaie de plomb doré, que
les Spartiates, dans leur inexpérience, avaient prise pour de l'or au meilleur titre. Les Samiens, qui les avaient appelés, pillèrent Siphnos, Hydrea, et descendirent en Crète, à Cydonia, où cinq ans après ils furent battus, pris cl vendus tous comme esclaves,
Polycrate se trouva plus fort après cette épreuve. Sa fortune était au comble; il commença à tremblei-, se souvenant qu'Amasis n'avait pas voulu de son alliance, parce qu'il l'esliniail trop heureux, c'est-àdire trop près de quelque misère éclatante. Pour conjurer la colère et l'envie des dieux, on conte qu'il se décida de faire un sacrifice. Il monta sur un vaisseau, se rendit en pleine mer et y jeta un anneau très précieux. Puis il revint dans son palais pour se livrer au chagrin que lui causait la perte qu'il venait de faire, il croyait avoir acheté du bonheur pour longtemps et fait avec la fortune un bail sûr. Trois jours après, un pêcheur prend un magnifique poisson, l'apporte au
Ifs conduits. Ce canal en forme lie Itiiiiiel (car Hérodote emploie pour le désigner le miime mot que pour le tunnel proprement dit. ÔpuTE") aboutit au-dessous du tunnel, h peu de distance de l'entrée N. Le sol du canal est de plus du 2 mètres au-dessous du sol du tunnel, et la dislance va toujours en augmentant, car le canal suit une ligue oblique ainsi qu'on peut le voir sur le plan. Quant au tunnel proprement dit, il esl formé de deuï galeries (galerie S, et galerie S.) qui se rejoignent en un point maniué sur le plan (poi«i de jonction). Quelle était l'utilité de cette double consiruction, tunnel el canal? Faut-il admettre une erreur de la pari d'un architecte asï«z habile pour faire joindre deux galeries à l'intérieur d'une montagne haute de 227 mèlres, et croire que, le tunnel ne s'élant pas trouvé de niveau avec la source, il lui fallut creuser un canal au-dessous ? C'est ce que nous ignorons. Nous renvoyons d'ailleurs, pour de plus amples délails, à l'article de M. K. Fabricius ; il n'esl pas sans intérêt de contrôler le^ chiffres donnt*'s par Hérodote.
' Tète d'Apollou à droite. Style arcliaique. ^. Sl<l>. iSi^v^v}. Colombe, vue de face, les ailes éploVées; dans le champ, à gauche, un grain de blé. Carré creux. Argent.
694 DE L'INVASION DORIENNE AUX GUERRES MÉDIQl'ES (1104-490).
roi; on l'ouvre : ù prodige! on y trouve l'anneau. Ainsi l'offrande de Polycrate était rejetée. Quelque temps après, le satrape Orétès, qu'il avait offensé, l'attira sur le continent, sous prétexte qu'il l'aiderait danssesprojctsdedominalion, et le lit mettre en croix (522). Hérodote nedoute pas de la vérité de toute cette légende, dont s'amusait l'esprit des Grecs, et qui, d'ailleurs, était d'accord avec leui"s sentiments religieux les plus intimes, lis croyaient les dieux jaloux de toute prospérité trop grande pour un mortel; derrière !e bonheur, ils voyaient Némésis armée de ses vengeances et prête à frapper, pour abaisser l'orgueil de celui qui oubliait l'infirmité de la nature humaine. Tel est aussi le fond, bien plus moral qu'historique, de la belle et tragique histoire de Crésus, telle qu'Hérodote nous l'a donnée.
Avec Polycrate tomba la puissance de Samos. Méandrios, qu'il avait laissé gardien de l'acropole et de ses trésors, voulut abdiquer la tyrannie. Au lieu d'applaudir à ce désintéressement, on lui demanda des comptes, on l'injuria. Il ressaisit ce qu'il abandonnait. a Les Samiens, dit avec tristesse lléro- « dote, ne voulurent pas être libres. » Attaqué par une armée persique que conduisait Syloson, frère de Polycrate.
Méandrios s'enfuit avec ses richesses.
Les Perses tuèrent jusqu'au dernier homme dans Samos. Otanès la repeupla dans la suite et la laissa sous le dur gouvernement de Syloson, devenu le tributaire du Grand Roi.
Trois îles mériteraient encore d'être citées : Naxos, alors 1res puissante, mais dont je parlerai en racontant la révolte des Ioniens: Lemnos, où les Grecs, pour expliquer les éruptions volcaniques, avaient placé les ateliers de Vulcain et où ils entendaient, dans les grondements du sol, le bruit des marteaux des Cyclopes forgeant la foudre
< Gonialiiie orieiKule, lailléc eu foruie de scarabée, mais oflraiil, il sa [)arlin ronvi'ie. la figure d'un lion couché. Sur la parlie plane se voit un tropliée. (D'après les AnliquiUt du Bnphore Cimméiitn, pi. XVI, H et 12.)
' Télé de Bacchus à droite, couronnée de pampre et de ticrrc. S). NAZI. CanUiare et lliyrse orné de bandelettes; dans le obamp AEQKP (pour .^EUHpirout), nom d'un magistral. (Argent.)
Monnaie de Naios'.
Hwtnirft des Opecjs — T.l.
co]lo:nies ojrecçu-ES
expi.icatjo:n des cocrj:uRS
Colonies Eplksmes et Achéeiuies id lonieniies
id Doriennes
Echelle
^imvm»^t
GrawparErhardFT* 3ô^ftuf JVenferlBodiereâu .Paris .
HadwtlfelCT^Parl
ASSERVISSEMENT DES COLONIES GRECQliES, ETC. 691.
de Jupiter; enfin Lcsbos, que Plttacos, un des Sages, que ses musiciens el ses poètes, Terpandre, Arion, Alcée, Sappho avaient rendue célèbre. La légende savait bien pourquoi toute cette veine de poésie y coulait : après qu'Orphée eût été mis en pièces par les Bacchantes furieuses, sa tète et sa lyre, jetées
dansl'Hèbre, rendaient encore des sappbo sur uncmonnuc de nytiiènei.
sons harmonieux, et furent roulées par les flots jusqu'aux rivages de Mélhymne. Les Lesbiens enseve-
Canc de l'Ile de Lcsbos.
lirent la tète du poèteet suspendirent sa lyre dans le temple d'Apollon. I.* dieu récompensa leur piété en leur donnant le don de la musique et de la poésie. On vantait aussi .la beaulé de ses femmes et leur adresse à filer la laine*.
' lOr nPOK.V\ HPÛIAA. Busle Hf Jiilia Procla. héroïne de Lesbos, inconnue, i^. EHI CTPA AdO.UQN wn\. Sappho assisA el jouanl de la lyre. (Monnaie de hronze frap]»^ à IVpoque des Anlonins, sous l'autorité du strati'pe Apollonius.)
* Quand Agamfmnon énumére les présents qu'il promet de Taire à Achille pour apaiser sa colère, il cite les esclaves de Lesbos, aussi belles qu'habiles à tisser la laine. Une ancienne tradition Toulail que Lesbos eut été séparée du continent asiatique à l'époque où l'Euxiu, jusqu'alors un lac, rompit ses digues et fit irruption dans la Méditerranée. Lesbos n'est, en
6tf6 ni-: [/INVASION DORIKSNE AUX GL'ERRES MÉDIQUES (1104-490).
Lesbos, «une des ^'randcs iles de la mer Egée, renfermait quatre États. Mytilène' et Mélhjmne y tenaient le premier rang, et firent de longues guerres où la première l'emporta; mais sa rivale asservie se vengea par de fréquentes révoltes et de constants appels à l'étranger. Mytilène avait deux ports ', une marine puissante et des possessions dans laTroade pour dominer le comraèrto&jde l'Hellespont.Cetleprétention devint une cause de guerre avec Athènes, qui s'empara de Sigée et aurait voulu expulser tout à fait les Mytiléniens de celte côte. Pillacos, nommé leur chef, provoqua le général ennemi, Phnnon, à un combat singulier. Ces défis, communs au moyen âge, sont rares dans l'histoire de la Grèce. Phrynon, qui avait été plusieurs fois vain- Téie dun vainqum- «u. jeu< Olympiques'. queur auxjeus Olympiques,
accepta, mais fut tué. Pittacos l'avait enveloppé d'nn filet qu'il tenait caché sous son bouclier. Les Mytiléniens furent pourtant battus, et dans la fuite Alcée abandonna son bouclier, dont les Athéniens firent le principal ornement de leur trophée. Le poète osa chanter sa honte; Horace, qui l'a imité, eut au moins l'excuse d'une flatterie obligée envers Auguste. Le tyran
effel, qu'à une faible dislance de la cdtf asiatique, el l'étroit canal qui l'en sépare esl semé d'Iles.
■ La vue de Hjlilènc (p. 697) a été prise du sud. Au Tond esl la presqu'île sur laqu?ll<^ s'élevait en partie la villo antique el qui séparait les deui poris. A l'horiion, on aperçoit la côte d'Asie.
• Le port du nord esl aujourd'hui ensablé, et celui du midi ne leçoil plus que des navires marchands d'un faible tonnage. Les bateaux k vapeur mouillent en dehors et, loi'sque la mer est houleuse, n'osent s'arrêter sur eetle c4te autrefois si animée et maintenant si inhospitalière, (Boulan, Mémoire mr ta topographie el l'Iiiiloiie de Letbo*, 1855; Archiv. de* mUàoM. t. V, p. 275.)
* Bronze découvert à Otympie (d'après Die Amgrabungen lu Olympia, V, Taf. XXII). — A en juger par la déformation des oreilles lumédées, c'est le portrait d'nn pugiliste ou d'un pancraljaste. La tête portait une couronne d'olivier sauvage (xôtuo;} : sur l'original, une des feuilles de la couronne ett encore visible à la tempe droite. (Voy. ci-dessus, p. 618.)
Si
de Corinthe, Périandre, pris pour arbitre entre les deux peuples, laissa à chacun ce qu'il possédait (612).
Ce Pittacos, aidé des frères d'Alcée, avait tué le tyran Mélanchros, mais non l'anarchie. Des dissensions continuelles désolaient la cité; un parti chassa l'autre, et les bannis tinrent la ville comme assiégée. Pittacos fut enfin élu étymnète pourdix ans a-
vee un pouvoir „^^ .„ , „ .,, .
illimité. Nous
ignorons quelles mesures il prit, mais nous savons que cet ami de Solon sut, comme lui, rétablir le calme et, comme lui aussi, résister à ta tentation de garder le pouvoir. Au bout de dix ans, il s'en démit et redevint simple citoyen. On s'étonnait de ce désintéressement inaccoutumé. «J'ai été effrayé, répondil-il, de voir Périandre, à Corinthe, devenir le tyran de son peuple. Il est trop difficile de garder toujours la vertu. » Quand la domination des Perses s'approcha d'elle, Lesbos traita avec Cyrus; après la défaite des Ioniens à Ladé en 494, elle partagea leur sort.
Cyrène, en Afrique, perdit aussi sa liberté et eut les mêmes maîtres. Composée d'éléments contraires, la population grecque de Cyrène fut agitée de révolutions qui ne lui laissèrent jamais de repos. La famille de Battos y domina pendant plusieurs générations. Sous Bat- 5,^^^^^ ^^ cyiènc*.
tos m l'Heureux (de 574 à 554), l'oracle
ordonna d'accueillir indistinctement les Grecs de toute tribu : ainsi s'accumula dans toute la ville, qui renfermait déjà beaucoup de Libyens, une multitude considérable et hétérogène. Pour donner
' ZErC BOITAMOC. Buste de Jiipiler BulaPiis, à gauche, i^. EIIE CTP B VA APlCTOMAXOr MÏTrAtlNAION HEPrA^niNÛS E*i:CIÛX. CjW'le, toiipelér, assise de face sur un Irtne, tenaiil une patêre et une corne d'abondance ; à sa droîle, E^iculape. dieu particulif r de PiTgame ; à sa gauche, Diane d'Épliése ; dans le champ, OMONOIA. (Médaillon de bronze Trappe sous l'auforilé du slralège Valerius Arislomaclius, au nom des trois villes alliées.Hytiléne, Pei^amc et £phêse.)
' Jupiter Ammon, debout de face, la tâte radiée, tenant un sceptre et une petite Victoîrf!; à sa gauche, un bélier. ^. Déesse (probablement la nymphe Cyrène) conduisant un quadrige au trot ; eu légende : KrPANAION. (Or.)
les terres promises aux nouveaux venus, il fallut déposséder les Libyens du voisinage, qui invoquèrent l'assistance du roi d'Égjpte, Apriès. 11 leur envoya une nombreuse armée; elle fut détruite et celte défaite .causa une révolution en Egypte, où Apriès fut renversé du trône. Amasis , son successeur, fit la paix avec les Cyrénéens et épousa une femme de la famille de leurs rois.
Arcésilaos II régna ensuite (554 Monnaie de. Libyens'. ^ ^^^)- ^^^ns unc guerre Contre les
Libyens, il laissa sur le champ de bataille sept mille de ses hoplites. Jamais une ville grecque n'avait subi pareil désastre. Cyrène parut à peine le sentir, mais Arcésilaos n'y survécut pas. A son retour, il fut assassiné par son frère Léarchos : sa femme le vengea en tuant le meurtrier.
Sous Battos le Boiteux, on fit ve- Honnaie de ta Cyi-énaique<. tiir de Mantinée, par ordre de la
Pythie, ie législateur Démonax, qui partagea les habitants en trois tribus contenant, l'une les Théréens, l'autre les Péloponnésiens et les Cretois, la troisième les Grecs insulaires. Ensuite, ne réservant au roi que le sacerdoce et les terres consacrées, Démonax rendit au peuple le reste des propriétés et des fonctions publiques (545). Ces réformes ne donnèrent pas le repos à Cyrène. Arcésilaos III, fils de Battos le Boiteux, réclama les privilèges perdus par la royauté, et, pour se procurer des appuis au dehors, paya tribut aux Perses, qui venaient de conquérir l'Egypte. ElTrayc par un oracle qui lui avait recommandé, sous peine de grands malheurs, un gouvernement paternel, il quitta Cyrène, où il avait versé trop de sang et se retira à Barcé, dont les habitants l'assassinèrent. Sa mère Phérétime se rendit alors cd Egypte, auprès du satrape Aryandès, et obtint de lui une arméo formidable, qui s'empara de Barcé après un siège difficile. Par l'or-
' Tète d'Hercule iraljerbp, coiffée de la peau de lion, à gauche. ^. lion marchant à droite; dans le champ, la lellre grecque M, el la leltre phéiiicienue équivalente, marques d"atelicr; à l'exergue AIBVQN. (Didrachme phénicienne.)
' Télé imberbe et diadéméc du fleuve Lathon, avec de petites cornes sur le front, à droite; en légende EinEPI|TQN] Evaperù. ^. Daim à droite; dans le champ, deux tiges de stipbium el le nom du magistrat TlMArOPA[S]. (Didrachme.)
dre de Phérélime, on mil en croix autour de la ville tous ses ennemis; on coupa le sein à leurs femmes et on borda les murailles de ces trophées sanglants. I.e reste des Barcéens fut envoyé à Darius, qui leur donna des terres dans la Bactriane.
Les Battiades étaient rétablis, mais les Cyrénéens étaient tributaires du Grand
n . . , 111 Hoiiiiaie d'un salranc inconnu'.
Koi, qui emmena leurs soldats dans
son expédition contre la Grèce. Cyréne ne retrouva que vers 450 son
gouvernement . ., .
républicain.
En regard de ces " révolutions et de ces malheurs nés de la division, mettons la sagesse et l'obscure prospérité d'un petit peuple qui entrevit dès l'antiqtiitéles avantagesdu système politique que pratique l'Europe moderne, le gouvernement représentatif. Les Lycicns avaient fait trois classes de leurs vingttrois cités; celles de la pre- U nvmphc Cyrè..c couronnée par la Libye'.
mière possédaient chacune trois voix à l'assemblée générale; celles de
* Le satrape velu du coslumi^ pprsp, sur un clievitl au galop, à droilp. i^, Gucrrii^r agenouillé à gaurhe el combattanl, armé du casque, du la lance et ilu bouclier; en légende araméenne, TTTl, nom de la ville de Tarse. (Argenl.)
* Pour la légende, ïoyei p. 575. La gravure représente un bas-relief de la Cyrénalque, d'après Smith el Porcher, Hisloi-y of Ihe récent diicoveriet at Cgrene, pi. 76. — La nymphe Cyréne,
ia seconde deux, celles de la dernière une. Mais chacune contribuait aux dépenses publiques dans la même proportion. Cette assemblée de députés, qui décidait de la pais, de la guerre et de tous les grands intérêts de la nation ne se tenait pas en un lieu fixe, de sorte qu'il n'y avait pas de capitale qui absorbât toute la vie de la nation. Un magistrat suprême et quelques chefs secondaires étaient élus pour tout le corps lyciaque , et un tribunal supérieur jugeait les causes que les membres de la confédération avaient à débattre. Chaque cité avait, dans la Domination aux charges de Tadministration et de la justice , la part que lui assignait son rang. La Grèce connut mal celte sage organisation, dont la ligue achéenne ne fut qu'une faible et trop tardive image.
Ce petit peuple grec, perdu au milieu des barbares, donna, dans la conquête de l'Asie Mineure par les Perses, un autre exemple. Lorsque Harpagos parut sous les murs de Xanthos, les habitants sortirent à sa rencontre; repoussés dans la place, ils jetèrent dans un bûcher leurs
traitée en Diane chasseresse, est représenlêe terrassant un lion qu'elle élreinl de ses deui bras. La Libye, n droilc, dépose une couronne sur sa tête. On lit, à la partie inférieure du bas-relief, l'inscriplion métrique suivante :
Tj^iii'puiv AiSûii Tpi^agv l);^guaa xUo;, ÈvQaS' linip [icXiîOpoio XeovTOfKjvov 6^to Kip:ca:,
(I C'est Karposqui,en souvenir de la généreuse hospilalité[qu'ila reçue] a placé, au-dessusde celte arcbilrave, Cyréne tuant un lion : [Cyrène, métropole de tanl| de villes, est couronnée par la Libye, qui a, elle, la gloire de trois conlinenls. u Ces derniers mots font sans doute allusion à la triple population de la Libye: Africains, colons d'Europe et colons d'Asie.
■ Têle de DdenevelAs, coiiTée de In tiare perse, a droite. ^. Télé casquée de Pallas à droite: en caractères lyciens, le nom du dynaste : iiESEFE.\,.. (Argent.) Ddenevelés parait avoir élf dynaste d'Antiphellos vers 305 avant notre ère (J. P. Six, dans la Revue numitmaliqiie, 1886, p. 185).
' Partie antérieure de sanglier, !i gauche; sur le liane de l'animal, un manogramme composé des lettres KÏB, initiales du nom de Kubemitcot. (Kuberniscos, fils de Stcas, fui satrape de Lycie, sous le règne de Xerxés, de 50O à 480 environ). 4. Carré creut. Flan globuleux.
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femmes, leurs enfanis, leurs trésors, et allèrent mourir les armes à la main, au plus épais de l'armée persique. Léonidas et ses trois cents Spartiates sont plus célèbres, mais non plus héroïques.
Plus loin encore que la Lycie, Cypre avait été tour à tour soumise aux Phéniciens, à l'Égjpte et aux Pei-scs; sa populalion, formée de
' D'après Fellows.j) journal writlen during an exairtion in Atia Winûi(l838) ; Tronlispicti. — Le tombeau est en marbre, el rinscriplion gravée au-dessu$ du bas-relief principal est en caractères lycieas. Sur les lombes de la Lycie, voy. Reiien in Lijkien und Karien, par 0. Benndorfet G. Niemann, 18)ii, cli. it.
704 DF, LINVASION OORIENNE AUX GIIKRRES MEDIQIJES (1IU4-4'J0|.
plusieurs races étrangères, avait à peine quelques gouttes de sang grec dans les veines. Salamine pourtant se souvenait de son origine hellénique et le montrera par ses efforts répétés pour secouer le joug persique.
Au milieu de celle mer el du
monde grec, nous avons oublié la
Monnaie cvprioïc'. Crète, à qui sa fécondité avait mérilé
le surnom de Vîle da bienheuretu. et
dont Âristote disait que jamais position ne fut plus favorable pour
l'établissement d'un grand empire'. Elle se rapproche, en cfTt'I.
par un côté de l'Asie, par l'autre du Péloponnèse, et elle commande les communications de la Grèce avec l'ÉgypIe, de la Thrace avec la cùle de Phénicie. Du haut de ses promontoires se déroule au regard une immense étendue de mer :
c'est une des citadelles de la Méditerranée. Vaste, il le semblait alors, comme un continent, elle avait les beautés sauvages d'un pays alpestre avec les fertiles vallées Tiie cïpiioieî d'une tcfre féconde, el,
sur ses côtes du nord, tournées vers la Grèce et l'Asie, des ports nombreux et sùi-s; mais.
< Monnaie d'ËvanlIiès, roi de Salamine de 410 & 430 environ. Bélier couché à gauche: en légende cypriole : Ei«[v]9E0î. ^. Têle de bélier à gauche; en légende cypriote : BM<[3io;]. Argent. [Voyei J. P. Six, dans la Bn-xie numitnrnlique, 1883, p. 277.)
' Polit., H, u.
> Télé en pierre calcaire, de la collection E.Piot; d'après Perrot et Chipiei, HUloire de Cari, t. 111, flg. 386. p. S40. — Comme bien d'aulres monuments cyprioles, cette lêle trahit, par tout le détail de l'exécution el parle caractère du style, l'influence des sculpteurs grecs. Vojei.i ce sujet, les très justes observations de H. Ueuiey dans le CaUtlogw da figurine* ùnlique» en terre cuite du mutée du Loutre, l, p. 155.
ASSEltVlSSEMKM DKS COLOMKS fiRKCOlES. ETC. 705
au sud, elle se lerininait, comme Malto, par des précipices. Cepeiiilant, sauf à une cpoquo, la plus ancienne, les hommes ont ici fait mentir la nature. Les Phéniciens y abordèrent de bonne beure : Europe, la Sidonicnne, que le taureau, image du soleil ou de Zeus, transporte à Iravere les ilols, (Je Phénicie en Crète, est le symholo de leurs antiques voyages. Ils y fondèrent des villes, cl y établirent leurs dieux, Astartéou Vénus, même le farouche Molocti, dont la statne d'airain, rougie par un feu intérieur, brûlait les victimes qu'une |)iét('> ati"oce plaçait entre ses bras. Toutefois ils ne purent prévaloir sur la population indigène, qui, fortifiée par de nouveaux venus arrivés dos côtes d'Asie, resta grecque de langue, d'esprit et de courage. Sa grande divinité était le dieu des Pélasges helléniques, celui qui aime les cimes neigeuses et l'air pur des hauts sommets, le Zens de comc (pcui-êu-e zi-us) dé-
)'Ug rouveri dans la groltcde
Xi'i»>, sur le ntont Ida'.
Le lieu le plus célèbre de l'Hurope, aux anciens joui-s, a élé la Crète aux cent villes. C'étail, il est vrai, dans l'âge héroïque, aux temps fabuleux de Minos et d'Idoménée. Quand la Grèce commença à s'éclairer aux yeux de ^" l'Histoire, la Crète
retomba dans Tom- . ~