‹ Histoire des Grecs depuis les temps les plus reculés jusqu'à la réduction de la Grèce en province romaineChapitre 69 sur 78 · u fi -O · texte numérisé non relu

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INSTITUTIONS GENERALES. 7tïi

Dans un passage de sa tragédie d'/on', Euripide décrit la décoration intérieure du Parthénon, ce qu'on a appelé la chambre de la Vîei^e. Une tapisserie merveilleuse à voir s'étend au-dessous du toit entr'ouvert et voici ce que représente le précieux tissu : Ouranos rassemble les astres au milieu de la voûte céleste. Le Soleil dirige ses coursiers vers le couchant, où se voient les dernières lueurs du jour, et

Appirition de VAurorc*.

il traîne à sa suite l'étoile brillante d'IIespéros. La Nuit, couverte de voiles sombres, presse son attelage : les étoiles font cortège à la déesse. La Pléiade s'avance à travers l'éther avec Orion, le porte-glaive; audessus d'eux, rOurse enroule sa queue lumineuse autour du pôle d'or. La lune, qui partage les mois, brille en son plein au haut du ciel; les Hyades, qui ne trompent jamais le nautonnier, annoncent l'orage, et l'Aurore, messagère du jour, chasse devant elle les astres de la nuit'.

' Versll«-1i65.

* Peinture sur le fond d'une coupe [d'apri's Gerhsrd, Getammetle Abkandlungen, Vl[[, 3). — Éos, le 9ceplreii la main et debout sur un cliar lire par des chevauï aili's, sort de l'Oci-aii. La lune et des étoiles brillent encore au ciel.

' De Roncliaud, La tapitterie dan» l'anliquilé. L'auteur croit que la décoration décrite par

Sur les murs du temple, des tapisseries représentent des barbares sur leurs galères bien construites aux prises avec celles des Grecs; puis des monstres, moitié hommes, moitié botes, des chasses à cheval, des poursuites de cerfs et de lions féroces. A l'entrée, Cécrops, près de ses filles, déroule ses replis tortueux : c'était l'offrande d'un citoyen d'Athènes*.

Le jour de la fêle de Minerve, les magistrats, gardiens des lois et des rites sacrés, ouvraient la marche; après eux venaient les vierges, chargées des vases nécessaires aux sacrifices, les jeunes filles portant h»s corbeilles sacrées, canéphores^j puis les victimes aux cornes dorées, toujours nombreuses, car chaque colonie d'Athènes envoyait un bœuf, pour que ses concitoyens eussent le droit de s'associer à la fête et an festin sacré, suivaient des musiciens jouant de la flùle et de la lyre, un groupe de beaux vieillards ayant tous à la main une branche d'olivier; les cavaliers, les chars et la foule immense du peuple portant des rameaux de myrte. Ce jour-là, les captifs eux-mêmes étaient libres, afin qu'il n'y eût personne dans la cité qui ne pût fêter la déesse chaste et libre, puisqu'elle était restée vierge.

Les Thesmophories ou la fête des législatrices, avaient un autre» caractère. L'idée de la cité particulière y cédait la place à celle (\v la commune société des hommes, la publicité au mystère, la foule à une troupe choisie d'officiants. Les Panathénées étaient la fête de Minerve et d'Athènes, les Thesmophories, celle de la famille et de la vie sociale, gouvernées par les saintes lois que « les grandes déesses « avaient fondées sur l'agriculture et la propriété. L'idtV si complexe de la fécondité avait, chez les anciens, bien des représentants. Tandis que Vénus avait été peu à peu réduite à n'exprimer que le plaisir, et Bacchus l'orgie, Déméter était restée la chasteté féconde, la déesse qui rendait les familles prospères par les mœurs honnêtes, et les champs fertiles par un travail réglé. Au fond de son

Euripide était permanente, on lui a répondu que, dans ce cas, l'obscurité aurait été complète dans le naos et que le poète, en racontant le sacrifice d'Ion, ne parle, très vraisemblablement, que d'une décoration temporaire, comme on en fiiit dans nos églises. Quoi qu'il en soit, le livre de M. de Ronchaud est très curieux; il a mis en pleine lumière une décoration et un art auxquels on ne donnait pas assez d'attention.

* Cécrops était représenté moitié homme, moitié serpent. (Voyez la gravure de la page 52.1,'

* Les métèques avaient une place à part et des fonctions inférieures ; leurs filles portaient des ombrelles pour abriter les canéphores, et eux-mêmes étaient chargés des vases d'huile récompense des vainqueurs. Les vases panathénaiques étaient en argile, mais décorés de peintures. Plus tard on ajouta des courses de chars dans l'Hippodrome près du Pirée et des régates entre les trirèmes.

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AMPHORE PANATHÉNAïaUE

INSTITUTIONS GKNERALES.

culle se trouvait bien l'idée (Je la génération, mais selon la nature el la loi morale, non pour le désordre et l'emporlement des sens. Son surnom par excellence était celui de législatrice'.

Les Thesmophories se célébraient en beaucoup de pays, nulle part

bioiipos pt Dciiiélci' TliCBinoplioras '.

avec autant d'éclat qu'à Athènes. Elles avaient lieu à l'époque des semailles d'automne ; aussi les femmes mariées seules ofiiciaieul', après s'y èlre préparées, durant plusieurs jours, par le jeûne, l'abstinence et

' 'U Bio[ioï*fo; ou, uïtt l'roserpinc, tùj Sioiioçipu.

* Pcinlure de >ase (d'apri's Lenorniant cl de Witlc, Élite des Monument* crramographiqttei:., 111, pi. KL). — Démêler The smophuros esl assise àdi'uile, Iciinnlle rouleau sur lequel soiil tracées les lois. Devant elle se pi'ésente Dionysos, recoitnaissable â son thyrse el à sa <u>uroiiue de lierre; il lient di- la main droile une phiale et porle sur le corps une guirlande de perler, comme les iiiiliés. Proserpiiie npparait à une fen&lre cl regarde k jeune dieu. Uerriére Démêler esl un aulel chargé d'encens; dans le clinm)i sont seméi-s des branches de lierre.

1 Tous les citoyens d'Athènes possédant un bien de 3 lalents (environ IGOOO Trancs) étaieui obtigits de fournir à leurs feitimes l'argent nécessaire pour la célébnilion des Thesmophories.

dfs purifications qui donnaient un caractère chaste et pieux à des rites qu'il eût été facile de faire dégénérer en licence'; les hommes étaient rigoureusement exclus de certaines cérémonies qui s'accomplissaient la nuit.

La course des torches était une fête plus simple, mais d'un sens profond. Au feu de l'autel dressé à Prométhée dans l'Académie, on allumait des flambeaux, et la victoire restait à celui qui, après une course rapide, rapportait à l'autel sa torche enflammée. Cette fêle rappelait que le Titan avait donné aux hommes le feu, principe de tous lesarts, et qu'ils ne devaient pas le laisser s'éteindre. Il s'y mêlait un autre souvenir mythologique, la légende qui altribuail au Tilan, comme à Vulcain. le coup de hache frappé sur la tête de Jupiter d'où était sortie Minerve ou l'Intelligence qui éclaire*. La foule L'auici de Cérès=. "y voyait qu'uu spectacle, tout au plus un témoignage de reconnaissance envers celui à qui l'humanité devait des dons plus précieux que ceux de Lérès el de Baechus'; mais, pour quelques-uns, c'était la lumière que la Grèce avait reçue, qu'elle devait répandre et qu'en effet elle a partout répandtie.

m. - LKS HVSTËnES, L'ORPfllSHE

Certaines de ces fêtes ont eu une longue popularité et sont encore l'objet d'études persévérantes; je veux parler des mystères, surtout de ceux de Samothrace et d'Eleusis, renommés comme les plus anciens et les plus vénérables.

A Samothrace, on honorait les dieux Cabires, dont les vrais noms, cachés aux profanes, étaient révélés aux seuls initiés, pour que seuls ils pussent, dans le péril, invoquer ces divinités puissantes et secourables.

■ On y porlait pi-ocessionnullement le pkallot el le Kn{{. De là lus 1res légilimes accusalktiis des Pêrcs de l'Église, contre des désordres que ces soteiiiiilés semblaient antoriser.

' Voyez p. 195, la naissance d'Alhéna d'après une peinture de vase.

^ Autel avec une porte au centre; au-dessus, trois statues de Temmes portant des lorclics. De chaque c<)té de l'autel, une torche gigantesque autour de laquelle est enroulé un serpent. En légende : KrziKIINQN. (Revers d'un médaillon de tiroiize de Cyzique, à l'efligie de l'empereur Hadrien.)

* Le surnom lialiituel de Prométhée était celui de Porte-feu, S nifsjpc; Dû; Tirà npDjir.D»; (Sopliode, Œdijie à Colorie, 56). L'autel de l'Académie était commun à Prométhée et à Vulcain dont les images rt'-nnies s'élevaient au mtmc lieu. (Pausanias, L 30, 2 ; I, 5, 6.)

Un ancien nous les a pourtant livrés' :Axiéros,Axiokersos et Asiokersa, qui formaient une triade sainte, plus un quatrième dieu, Kasmilos. probablement leur (ils. Les trois premiers noms renferment los racines éro$, l'amour, et kersos, forme archaïque de x6^o: et de Ko'p», jeune garçon et jeune fille. Axioliereos et Axiokersa étaient donc le principe mâle et le principe femelle, atlirés l'un vers l'autre par l'amour, et leur culte, un de ceux au fond desquels se retrouve l'idée de génération

Aiiokersos, Aiiokcrsa et Kasmilos*.

el de production, qui a ]tant préoccupé l'antiquité païenne. L'enseignement donne aux initiés paraît avoir roulé sur des notions cosmogoniqucs où l'on s'efforçait bien plus de pénétrer la nature des choses que celle des dieux. C'est du moins l'avis de Gicéron*.

Tout le monde pouvait éti'o initié aux mystères de Samothrace, mais après des purifications qui expiaient les crimes et passaient pour garantir dans celte vie contre le danger, et pour assurer, au delà du tombeau, une existence meilleure. Une des conditions nécessaires était

' Le Sclioliasie <l'A]iollanius de Rhodes, Argonautii,-UFi, 1, 913.

* Triple hermës en marbre, conservé au Vatican (d'après Gerhard, Antike Bildwerke, Taf. XLI). — Les Irois divinités des mystères sont ici repn'senlées, Axiokersos sons les traits de Dionysos, Axiokersa sous ceui de Koré, et Kssniilos sous ceux d'Hermès. Sur 1rs trois faces, à la liase, se dètaclieni en reliefies diviiiilés grecques correspondant an^ trois divinités cabiriques, Apollon, Aplirodile cl Ëros. (Sur les Cabires voy. l'nrticle âv F. Lenormant dans le Dictionnaire de* anliquiUi grecqun et romainet, s. v.).

* Cicéron, dr nalura Deomm, 1. 43.

la confession faite au prêtre par le récipiendaire. Lysandre et Antalcidas s'y refusèrent. Lé prêtre les ayant sommés de confesser le plus grand crime qu'ils eussent commis : « Les dieux le savent, dit le second, c'est assez. » « Est-ce toi ou les dieux qui l'exigent? dit le premier. — Ce sont les dieux. — Alors retire-toi; s'ils m'interrogent, je répondrai. »

Les mystères d'Eleusis font involontairement penser à ces représentations théâtrales que le moyen âge appelait aussi, mais dans un tout autre sens, des mystères : car elles étaient la mise en scène de la belle et dramatique légende de . ,.^. . . Déméter et de Kora (Cérès et Proscrpine)

Monnaie d Eleusis*. ^ *^ '

qu'un hymne homérique nous a conservée*. En voici le résumé :

Proserpine, brillante de jeunesse et de beauté, jouait dans le champ Nyséen'avec les Nymphes, filles de l'Océan, et cueillait les fleurs parfumées de la prairie*, quand soudain la terre s'entr'ouvre, et le dieu des Enfers parait monté sur un char étincelant d'or. Il saisit, malgré ses pleurs, la vierge immortelle, et ses coursiers fougueux remportent à travers l'immensité. Sous leurs pas rapides, la terre fuit, et le ciel étoile, et la mer profonde, et la route embrasée du soleil. En vain Proserpine fait retentir de ses cris le sommet des montagnes et toute l'étendue de l'Océan, nul dieu, nul mortel n'entend sa voix. Cérès l'a reconnue; son cœur maternel est saisi d'un violent désespoir; elle arrache les bandelettes qui ceignaient sa belle chevelure; elle jette sur ses épaules divines un manteau d'azur et se met à la poursuite du ravisseur. Mais, parmi les dieux et les hommes, personne ne peut lui indiquer la route qu'il a suivie : Hécate seule et le Soleil avaient vu la violence, et ils n'osaient la révéler. La déesse interrogea le vol des

* Cérès assise sur un char traîné par deux dragons ailés. % EAErS. Porc debout, tourné à droite. (Bronze.)

* Cf. Guigniaut, Religions de Vanliquiié^ aux ÉclaircissemenU du t. III, part. II, sect. Il, p. 1098; et Maury, t. II, p. 468-476. Cel hymne n*a pas moins de quatre cent quatre-vingtseize vers. On suppose qu'il fut rédigé au septième siècle.

5 II y a beaucoup de localités du nom de Nyséen. On ne saurait dire de laquelle Thymne a parlé.

* Une fort jolie terre cuite de la Cyrénaïque est regardée comme représentant Proserpieie dans le champ Nyséen. Yoy. Hist, des Rom. , t. III, p. 481. Du reste, ce rapt se retrouve souvent sur les monuments antiques. Cf., p. 766, une peinture de vase ; ci -dessous, une monnaie, et Hist, des Rom,, t. III, p. 482, une peinture d'Ostie.

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oiseaux : l'augure resta sans réponse. Ainsi le voulait le maître des dieux, qui avait autorisé cet hymen de Pluton.

Durant neuf jours, la déesse vénérable parcourut la terre; durant neuf nuits, elle chercha sa fille, un flambeau à la main; et ni le nectar ni l'ambroisie n'approchèrent de ses lèvres*. Cependant, lorsque brilla la dixième aurore, Hécate lui dit enfin qu'elle avait vu passer Proserpine sur un char étincelant, mais sans pouvoir reconnaître le ravisseur. Le Soleil en savait davantage. « C'est Pluton, dit-il à Gérés, qui, par la permission de Jupiter, a ravi votre

,, ... 1 ■ 1 r. n I L'enlèvement de Proserpine '-

nlle. Nais le roi des Enfers a est pas un gendre indigne de vous, car une des trois parliesdu mondeobéit à ses lois. »

A. cette révélation d'un destin inexorable, Cérès est pénétrée de douleur. Elle quitte l'assemblée des dieux et l'Olympe; elle échange les traits d'une déesse contre ceux d'une vieille femme et descend sur la terre pour y chercher encore sa fille. Après de longues courses inutiles, elle s'arrête à Eleusis et s'assoit, abîmée dans ses pensées, à l'ombre d'un olivier, sur « la triste pierre, » au bord du chemin qui menait au puits de Parthénios, que Callimaque a chanté. Kéléos régnait alorsà Eleusis. Ses filles, en allant puiser de l'eau à la fontaine dans des vases d'airain, voient et interrogent l'inconnue, dont la tête est voilée en signe de deuil. « Mon nom est Déo', répond la déesse. Des pirates m'ont enlevée DemÉtei- Éieusinienne» en Crète ; je leur ai échappé pendant que, débarqués non loin de ces rivages, ils préparaient leur repas du soir.

* De là, la course auï flambeaux el le jeune.

■ Pluton debout dans uu cliar, saisissant Proserpine, qui se renverse en arrière, en faisant le geste du désespoir. Sur le devant du cbar, Cupidon tenant deui torches, éclaire la marche des chevaux sous lesquels on voit un vase lenversé. Légende fruste. (Rever$ d'un médaillon de bronze d'ionie, à l'effigie d'Antonin le Pieiii.)

* Figurine en terre cuile, de style sévère, provenant d'Eleusis et conservée au musée du Louvre. — La déesse, coiffée d'une haute Stéphane en forme de kalatkoi, tient le porc et le flambeau allumé. (Cf. Heuzey, Lei figurinei aniiqait d^ terre cuile au muiée du Louvre, pl.XVmt«, n-2.)

* Ailui, probablement de 3r[(iv, chercher.

J'ignore où je suis. Prenez pitié de moi, chères enfants, et trouvez pour moi quelque charge à remplir dans le palais de votre père. » Kallidice, la plus belle, lui répond avec bonté et lui montre la demeure des héros du pays, du sage Triptolème. du juste Eumolpos et de Kéléos, son père. « Les épouses de ces héros, lui dit-elle, veillent avec diligence sur leur demeure; aucune ne vous repoussera avec mépris. Notre mère, Métanire, vous donnera sûrement asile dans son palais, et vous garderez notre jeune frère, que nos parents

Triptolème*. .11 • • %»r. •

ont eu dans leurs vieux jours. » Métanire y consent. Quand, au seuil du palais, Cérès laisse enfin tomber son voile, un rayon divin brille à travers les traits que la vieillesse et la misère semblent avoir flétris. Métanire se lève instinctivement de son siège royal

et veut y faire asseoir l'inconnue. Elle refuse et demeure triste, silencieuse, jusqu'à ce que la jeune lambée lui ait présenté un siège couvert d'une blanche toison, et ait amené par de joyeux propos un sourire sur ses lèvres. Métanire lui offre alors une coupe de vin ; elle ne veut accepter que le breuvage consacré, le cycéon^ mélange d'eau et d'un peu de farine, parfumé avec de la menthe.

La reine lui confie son fils Démophoon. Elle ne le nourrit d'aucun des aliments que prend une bouche mortelle, ni lait ni pain ; mais elle oint son corps d'ambroisie, répand dans sa poitrine un souffle divin et le berce sur le sein d'une immortelle. La nuit, elle le plaçait au milieu d'un foyer ardent, pour détruire ce qui restait en lui de corruptible.

Cependant Démophoon grandissait en force et en beauté. Sa mère veut surprendre le secret de cette éducation merveilleuse. Une nuit, elle voit son fils au milieu des flammes et jette un grand cri. La déesse aussitôt se révèle et punit le doute qu'elle inspire : « Insensés et aveugles, qui ne connaissez ni les biens ni les maux que le destin vous réserve! Je voulais affranchir Démophoon de la mort; maintenant il mourra, et parce que vous n'avez pas eu confiance, la discorde et la

' Triptolème dans un char trainé par deux dragons ailés. En légende : NIKUEÛN. (Revers d'un médaillon de bronze de Nicée de Bithynie, à Teffigie de Garacalla.)

* Déniéter marchant à droite, tenant dans chaque main une torche allumée. Légende : RTZIRH^ÛN. (Revers d'une monnaie de bronze de Cyzique, frappée sous ]*empire romain ; d'après Daremberget Saglio, Dicl, des Antiq. gr. et rom,^ t. I, p. 1054.) :

Gérés à la recherche de sa lille *.

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INSTITUTIONS GËNËRALGS. 773

guerre désoleront Eleusis. Je suis la glorieuse Uéméter, la joie des dieux et des hommes. Qu'un temple s'élève ici pour moi, et j'y enseignerai les mystères qui permettront aux hommes de se racheter de la faute qui vient d'être commise. »

Le temple s'éleva, et la déesse y fixa sa demeure; mais, toujours inconsolahle et irritée, elle refusa sa bénédiction à la terre. Lesgermes restaient sans vie, les plaines sans moissons. Le genre humain allait périr. Zeus envoya, pour fléchir la déesse. Iris aux ailes d'or, sa messagère, puis tous les dieux. Elle demeura implacable. Alors Hermès

Zcua, Ucrniès et Iris'.

descendit aux Enfers, et, au nom de Jupiter, demanda au sombre monarque de laisser sa jeune épouse revenir au ciel embrasser sa mère. Pluton y consent, et Proserpine s'élance avec joie sur le' char élincelant de son époux. Arrivée au temple d'Eleusis, elle se jette dans les bras de sa mère qui, de bonheur, pleure et ne peut parler. Gérés craint que sa fille, retrouvée, ne lui soit encore ravie, car elle sait le secret terrible, inviolable : si Proserpine n'a pris aucune nourriture auprès de son époux, elle ne lui reviendra jamais, mais si elle a goûté, aux Enfers, à quelque aliment, elle appartiendra à Pluton un tiers de l'année, et ne pourra passer que les deux autres sur la terre et aux cieux. Symbole charmant du germe qui doit s'unira la terre durant les sombres mois, pour reparaître et s'épanouira la douce lumière de la saison chaude et féconde, sa première mère.

* Peinture de, va^, ait Miis^e du Louvre. — Zeus a le sceptre et le Toudrc eu main. Ses deux messagers, armés du caducée, s'éloignent rapidement, porteurs des ordres que le dieu Tient de leur donner. Cf. Goieltc archéologique, I (1875), p. 03 et pi. XIV-XVl.

774 av. L'INVASION DORIENNE AUX GUERRES HËDIQliES {1104-490).

Cérès interroge sa fille avec anxiété : « Chère enfant, as-tu goûté à quelque nourrilure? » Proserpine a mangé un pépin de grenade; il faut donc que les deslins s'accomplissent. Bhéa, l'antique déesse, descend,-par l'ordre de Jupiter, à Rliarios, champ autrefois fertile, où, par la colère de Gérés, le grain reste inerte dans les sillons, et elle annonce la volonté du dieu inexorable. La déesse se résigne. Elle rend

fteiour de ProBeirnne '.

aux campagnes leur fertilité; elle enseigne à Triptoléme et à Eumolpos les secrets de l'agriculture' et les rites, sacrés par lesquels elle \'eul

* Peinture dt' vase (d'api'és Slrube, Supplément lu dm Sitidien ùber den BitdfrkreU ton Eleu- <.t. Taf. III). — Kora-Persêptionâ (PEP^Q4>ATA) sori desentraillKs de la lem', guldi^c pnr lleniiès (llPIUlIf) fI précédée par llékaté (DKATE), qui lient deux lorclies dans ses mains. L'aUilude de la déesse, ses bras rejelés en arriéi-c. expriment l'étonnement qn'elle éproure, à la me d<' lu lumière du jour. Sa mère (AEMETHP), deboul à droite, l'attend paisiblenienl, appuyée sur son scppire.

■ Voyez, p. i2\ , sur le bas-relief d'Eleusis, Cérès confiant h Triplolèine le grain de Ué.

Data leatina jutiil Spargere kumo.

Otiiw, Méfam., V, 615-U.

On a trouvé, en 1858, une curieuse inscription contenant le programme des cérémonies qui accompagnaient la célébration des mystères à Andanie, en Hessénie. Elle commeoci' par ta formule du serment que deTaient prêter les prêtres et les prétresses, celles-ci detanl jurer qu'elles avaient vécu honnêtement avec leurs maris. Elle règle ensuite la transmission des objets sacrés : la couronne et le costume que les initiés devaient porter, le serment de la directrice des femmes {gyniconome), l'ordre de la procession, la manière de dresser

être honorée, puis rcmonle vers TOlympe. Maïs elle et sa fîlle veillent désormais sur la terre, et accordent une vie heureuse à ceux qui les invoquent après s'être fait initier à leurs mystères'.

Les fêtes d'Eleusis étaient la mise en action de cette légende sous la direction des Ëumolpides, à qui, dit le poète, était remise la clef d'or des mystères.

Le i5 du mois boédromion, le premier pontife d'Eleusis, l'hiérophante, , . , ^ . ,, . toujours choisi dans celle famille, et dont le sacerdoce était à vie, à condition qu'il gardât le célibat, se

Adoration dea épis à Eleusis'.

rendait au Pœcile d'Athènes, la tête couverte du diadème, et y procla-

les tenten ; elle établit des peines sévères conire ceux qui troubleraient la cérémouie, et nomme à cet elTel TÎngt ofllciers de police dont elle trace les devoirs ; elle rê(rfe la iioinination des receveurs pour les oITrandes, confère à Hnésislmte, qui piiralt èlre l' Il îé repliante, le soin de la Tontaiiie sacrée i elle pourvoit à tout ce qui se rapporte au:i bains, et ordonne h tous les orticiers qui auraient quelque part dans la direction de la cérémonie, de faire le rapport de leur gestion aui prjlanes. (Cr., sur cette inscription, le coimneii taire deM. Foucarl, Le Bas et Foucart, Intcr. du Péloponnéw, p. 164.)

> H est à noter que le nom de Dionysos ne se ti'ouvc pas dans cet hymne à Démêler, nouvelle preuve de la venue tardive de Bacclius en Grèce, voy. ci^dessus p. 197, n. 1.

• Pierre gravée (d'après Cerliaivl, Aiitike Bildwerke, Taf. CCCXI, n' 1 5). — Triplolème, debout sur un char traîné par des serpents, remet à un autre persoimagc le rouleau de ses lois. Sur les lois de Triptolènie et sur Démétcr Thesmoplioros, voy. F. Lenoriiiant, dans le Dielionnair.' du antiquilét grecque» ft romaiiiei, au mot Cera, p. 1043.

' Peinture de vase (d'après Minervini, Monumenti inedili poueiliiU da Raffaetle Bai-OHf, pi. XXII, n* 1). — La vue des épis moissonnés (ttOtpitipiyo: otb/u;) était « le grand, le merveilleux, le plus parfait mystère de l'époptie », ainsi que le dit l'auleur des Philotophoumenu (V, 8, p. 115, éd. Uiller). Elle couronnait le spe<tacle de la veillée mystique (;:*ïyu/!'îi di' Démêler et de sa tille. Sur le vase de Ruvo, dont nous reproduisons une partie, les épis sont placés sous une sorte d'édicule, et des initiés de l'un et l'autre s<<<te viennent y apporter des offrandes diverses. (Voy. F. Legomiaut dans la GaicUe aichiologique, V (1879), p. 511 et

mait l'ouverture de la solennité, ainsi que les obligations imposées aux initiés et aux mysles : ceux-ci étaient les novices qui s'étaient longuement préparés, sous la direction d'un Ëumolpide, à recevoir l'initiation'. Les barbares et les meurtriers, même involontaires, étaient exclus; mais tout homme de sang hellénique « qui avait l'âme el les mains pures » pouvait être admis. Le lendemain, les mystes allaient faire à la mer des purifications qui étaient renouvelées plus tard sur la route d'Eleusis. Le 17, le 18 et le 19, ils préludaient à l'initiation par des sacrifices, des cérémonies expiatoires et des prières, selon un

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