‹ Histoire des Grecs depuis les temps les plus reculés jusqu'à la réduction de la Grèce en province romaineChapitre 70 sur 78 · Scène de purificalion · texte numérisé non relu

Scène de purificalion

rituel soigneusement caché aux profanes, et par un jeûne d'un jour, qui n'était rompu que le soir.

La plus touchante de ces cérémonies était celle où soit un jeune garçon', soit une jeune fille de pur sang athénien, et qu'on appelait « l'enfant du foyer » parce qu'il se tenait le plus près de l'autel et de la tlamme du sacrifice, accomplissait certains rites d'expiation au nom de ceux qui demandaient à être admis aux mystères. Il semblait que

> Sophocle, Œdipe à Colone, 1051. Les deux familles des Eumolpides el des Céryces se partageaient le sacerdoce des grandes déesses.

* Peinture sur un lécyllie athénien (d'après H. HeydeniaDu,Crin:Aûc/i« Vatenbi\der,'{»!S.W,â]. — L'artiste a représenté les préparatifs d'une scène de purification. Une femme, peut-être utie prêtresse, dépose à terre un petit porc; de la main gauche, elle porte une corbeille qiii renferme sans doute Torge du sacrifice. Devant elle brûlent trois torches posées à terre.

' Voy., Hitl. det Rom., t. IV, p. 4SU, la représentation de « l'Initié de l'autel », avec la uote explicative, p. 419.

INSTITUTION GblNEttALES. 777

CCS supplications, passant par des lèvres innocentes, en seraient plus agréables aux dieux : c'était le rachat de tous par la prière d'un enfant. Le 20, la partie de la fête qui se passait à Athènes était finie, et par la voie Sacrée partait la grande procession qui portait à Eleusis l'image d'Iacchos, qu'on donnait pour iils à Cérès, et dont le nom était le cri

IiiitiDiion d'Ilcraklos aui petits mystères*.

d'allégresse des initiés. La route n'était que de cent cinquante stades' environ, mais on y faisait de nombreuses stations pour les sacrifices.

* Pf'iiilure de vase (d'apn'-s !« Compte rendu de la CommUiion ardifohyiqitc de Saint-Pétertbourg, ISàO, pi. II}. — Au cenlrc sont Démêler et Pcrséplioiié. Dûriiéter est assise, coilTée du kalalbo» et tient son sceptre a h\ lUiiiti. l*erséphoné est debout, appuyé sur une colonne et porte une longue torclie. Entre les deux divinités, lu jeune l'Ioulos, le dieu de la ricliesse, tient une corne d'abondance. Aphrodite, assise à g;iuclie, à côté d'Ëi-os, une nuire rumine, dont le iiotn est incertain, assise à droite, complètent le pi'emier plan. Au second plan est Dionysos, reconnaissable à son lliyi'se et à sa couronne de lierre: plus loin, Triplolème sur son char ailé. Le Jeune dieu revient de sn.^ longues courses pour assister à l'iiiitialion d'Uéraklés. Le héros s'approche de Démêler, guidé par un personn.ige richement vêtu qui tient deux torches : c'est le myttagogot, l'introducteur des mystcs, peut-être ici le dadouque. De la main droite Iléraklés tient sa niassue, son attribut ordinaire ; de In gauche il tieni la branche on pix/oi, que portaient les initiés. Il est aussi, comme les initiés, couronné de myrte. C'est aux petits mystères que Tut initié le héros : on lui atlriliuait même l'institution de celle fêle qui se cëlébrail à Athènes, sur les bords de l'ilissos, dans le quartier nppelé Agrœ. {Voy. G. Strube. Sludien Bber deii Bîlderkreù von Eleiuû, Kap. lu, p, 49.)

* Un cheval de voyage marchant au pas fait cette route en quatre heures.

778 DE L'INVASION DOUiENNK AUX GUERRES MÉDIQUES {H04-490).

les ablutions el les chants. An pont du Céphise, de gais propos, échanges entre les pèlerins allant au temple et la foule courant aux r^lcs, rappelaient ceux d'Iambé qui avaient un moment distrait la déesse de ses tristes pensées'. On n'arrivait à Eleusis que le soir, aux flambeaux, et on y demeurait plusieurs jours : la foule livrée aux diverlissemeiils qu'elle cherche dans ces solennités, les initiés tout entiers aux actes religieux qui s'accomplissaient pour eus seuls. Le héraut, avant de leur ouvrir les portes saintes, s'écriait : << Loin d'ici les profanes, les impies, les magiciens et les homicides. » Un de ceux-là, Iroiivé dans le sanctuaire, au milieu des initiés et des mystes, eût été puni de mort. La même peine, avec la confiscation des biens, fi-appait ceux qui révélaient les mystères.

Le temple s'élevait au-dessus d'Eleusis, sur le penchant d'une colline. Un mur, qui renfermait un espace long décent trente mètres et large de cent, interdisait aux profanes l'approche et la vue de l'enceinte sacrée*. Les initiés s'y rendaient velus de longues robes de lin, les cheveui relevés par des cigales d'or el ceints d'une couronne de myrte. Ils rappelaient, par des cérémonies symboliques, le rapt de Proser- ^. , . . . ,. ^ „, , pine et son séjour aux Enfers, la douleur de

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