IMPOPULARITÉ DES PHILOSOPHES
Xénophanes, Parménides et Empédocle écrivireat en vers.
Répugnance des philosophes pour la religion populaire et la démocratie. — C'est en 556, peu de temps après la soumission de Tlonie par les Perses, que Xénophane de Colophon vint s'établir à Elée ou Hyélè, colonie des Phokaiens dans l'Italie méridionale, et y fonda l'école qui prit le nom d'Éléalique. Au lieu de chercher le premier principe dans la nature comme les philosophes ioniens, les Ëléates le cherchèrent dans les abstractions. Leur panthéisme absolu les rendait 1res hostiles à la mythologie populaire. Xénophane reproche aux poètes d'attribuer aux Dieux tout ce qui est honteux parmi les hommes, le vol, l'adultère, les tromperies réciproques. 11 trouve ridicule et impie de les représenter sous des formes humaines : « Si les bœufs et les chevaux savaient peindre, ils donneraient aux Dieux des formes de chevaux et de bœufs. » Pythagore de Samos, fondateur d'une troisième école de philosophie, l'école italique, n'était pas plus bienveillant pour les poètes ; on racontait qu'il avait vu châtier dans l'enfer l'âme d'Homère et ccUe d'Hésiode pour les fubles qu'ils avaient racontées sur les Dieux. Le peuple, dout la religion était celle des poètes, renvoyait aux philosophes l'accusation d'impiété. Mais la liberté de la pensée était absolue. Si les Pythagoriciens n'avaient pas formé une association politique, ils auraient pu sans danger croire à la métempsycose et à la vertu des nombres, et s'abstenir de poissons et de fèves. Mais ils formèrent dans les villes de la Grande-Grèce une confrérie qu'on a comparée à la Société de Jésus, et dont les allures sacerdotales ont fait croire que Pythagore avait voyagé en lïgyple, en Chaldée et en Inde. Môles à la lutte ardente des partis politiques, ils en subirent les vicissitudes et furent balayés par un ouragan populaire.
Hérodote ne parle pas du rôle des Pythagoriciens dans les révolutions de la Grande-Grèce. Nous savons très peu de chose sur Pythagore lui-môme, qui parait avoir combiné le caractère d'un philosophe aVec celui d'un initiateur religieux. Il est assez difficile de distinguer ses véritables doctrines de celles qui lui ont été attribuées plus tard II quitta Samos, sa patrie, vers j3'i, à l'époque ou l'Ionie fut soumise par les Perses, et vint
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