‹ Histoire des GrecsChapitre 112 sur 202 · LA TYRANNIE · texte numérisé non relu

LA TYRANNIE

Charondas, législateur de Gatane et des villes chalkidiennes de Sicile et d'Italie, qui paraît avoir été postérieur à Zaleucos de près d'un siècle. Les textes de loi et les préambules attribués à Zaleucos et à Charondas par Diodore et par Stobée sont généralement regardés comme des œuvres apocryphes' sorties de l'école pythagoricienne. Parmi les lois citées par Diodore comme étant de Charondas, il y en a une sur l'instruction gratuite et obligatoire, avec des maîtres payés par l'État. Il avait défendu, par une autre loi, d'assister en armes aux assemblées populaires; un jour, il entend du tumulte et court armé sur la place publique : On lui fait remarquer qu'il viole la loi ; il répond : w Je vais la venger ; » et il se perce de son épée. Ce fait a été mis aussi sur le compte de Dioclès, législateur des Syracusains.

Le législateur était quelquefois étranger à la cité ; ainsi Philolaos, un des Bacchiades de Corinthe, fit des lois pour les Thébains, Dèmonax de Mantinée en fit pour les Kyrènaiens. Les lois de Philolaos paraissent avoir eu pour objet d'affermir les privilèges de l'oligarchie; celles de Dèmonax, de restreindre le pouvoir royal qui s'était conservé dans la famille de Batlos, fondateur de Kyrène. D'après la constitution de Dèmonax {o43), le roi conserva seulement ses domaines territoriaux et les fonctions religieuses qui avaient appartenu à ses prédécesseurs.

La tyrannie, ses caractères, son instabilité. — On a peu de renseignements sur l'histoire intérieure des cités grecques pendant la période laborieuse de l'enfantement des républiques, mais on peut deviner la violence des passions politiques de cette époque par le serment que les aristocrates prêtaient dans quelques villes, selon Aristote : « Je jure d'être l'ennemi de la classe populaire et de lui faire tout le mal que je pourrai. » La lutte avait souvent pour résultat, comme dans les communes italiennes du moyen âge, l'expulsion générale du parti vaincu ; les exilés rentraient avec le secours de quelque cité rivale ou fondaient ailleurs un établissement nouveau. Dans les discordes civiles, chaque parti se croit seul dirigé par la justice et ne voit chez ses adversaires que des passions. Il pouvait arriver, cependant, que le droit fût des deux côtés. Les

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