‹ Histoire des GrecsChapitre 118 sur 202 · LOIS DE DRAGON · texte numérisé non relu

LOIS DE DRAGON

monarchie à la république avait été ménagé par une Iransilion Ires lente. L'archontat à vie, qui, après la mort de Codros (1045), avait remplacé la royauté, devint décennal en 752. Puis en 714 il cessa d'être réservé aux descendants de Codros, pour devenir accessible à tous les nobles ou Eupatrides, issus dos anciennes familles autochlhones et de quelques familles venues du Péloponnèse après la conquête dorienne. Entin, en 683, l'Archontat fut partagé en Ire neuf citoyens nommés pour un an. Ce partage permettait de satisfaire un plus grand nombre d*ambitions, en même lemps qu'il appliquait le principe républicain de la division du pouvoir. Le premier des neuf archontes se nommait Ëponyme, parce qu'il donnait son nom à Tannée. Il représentait la majesté de TÉtat et exerçait une juridiction qui avait appartenu au roi comme père du peuple : il était le tuteur des orphelins, le prolecteur des veuves et réglait les questions d'héritage. Le second archonte gardait le titré de roi et les fonctions de grand prêtre, un des attributs de la royauté. 11 présidait aux cérémonies du culte public et prononçait sur les causes qui concernaient la religion. Le troisième archonte s'appelait Polémarque, ou ministre de la guerre, et jusqu'à la réforme de Cleisthénès il eut le commandement de l'armée. Les six autres archontes portaient lé titre commun de Thesmothètes, qu'on traduit par législateurs, mais qui a plutôt le sens de juges, car le mot ôiafAo';, analogue au mot homérique 6gp.'.(jrg;, représente des règles idéales de justice, tandis que le motvop.G;, qui est plus moderne, désigne les lois écrites. Les Thesmothètes jugeaient les nombreuses causes qui n'étaient pas du ressort des trois premiers archontes.

Dracon. Kylon. Epiménide. •— Les Eupatrides, seuls en possession du pouvoir judiciaire, s'en servaient arbitrairement et dans l'intérêt de leur classe. Les jugements étaient rendus d'après des coutumes traditionnelles. Le peuple réclama une règle fixe, un Code de lois écrites. Ce Code fut rédigé par Dracon (614), quarante ans après le Code de Zaleucos à Locres. Les lois de Dracon étaient d'une sévérité excessive et probablement calculée pour maintenir l'obéissance par la terreur. Le mécontentement du peuplenefll qu'augmenter. Un riche Enpatride nommé Kylon, gendre de Théagénès lyran de

dbyGoogk

310 KYLON. ÉPIMÉNIDE.

Mégare, crut Toccasion favorable pour usurper le pouvoir. Son beau-père l'y encourageait et promettait de l'aider. II consulta l'oracle de Delphes sur Topportunité de rentreprîsc. La Pythie lui conseilla de choisir le jour de la plus grande fêle de Zeus. On ignore si cette réponse était accompagnée d'un blâme, mais à cette époque, la tyrannie paraissait le seul remède aux excès de l'oligarchie, et l'expérience n'avait pas encore montré que ce remède était dangereux et pire que le mal. Kylon, qui avait remporté une victoire à Olympie, crut que le retour des jeux Olympiques était l'époque désignée par l'oracle, sans se rappeler, dit Thucydide, qu'à Athènes, la plus grande fête de Zeus était la fête des Diasia. Il s'empara de la citadelle et s'y établit avec ses partisans et les auxiliaires que lui avait fournis son beau-père. On les y bloqua et on les prit par la famine. Kylon parvint à s'échapper, on ne sait pas ce qu'il devint. Les autres demandèrent à capituler et s'assirent en suppliants devant l'autel d'Àlhènè. On leur dit de se soumettre au jugement du peuple. Pour ne pas perdre leur droit d'asile, ils descendirent en tenant une corde attachée à la statue de la Déesse. Lorsqu'ils furent près de l'autel des Euménides, la corde se rompit. L'archonte Mégaclès s'écria qu'Athènè leur refusait sa protection. On les massacra, méqfie ceux qui embrassaient l'autel des Graves Déesses.

Ce sacrilège produisit sur l'opinion publique une impression sinistre. Toute la famille des Alcmaionides, dont Mégaclès était le chef, fut considérée comme impure. Ils essayèrent de braver cette réprobation, puis, sur le conseil de Solon, ils consentirent à être jugés par un tribunal de trois cents Eupatrides qui les condamnèrent à l'exil. Les ossements des membres de la famille qui étaient morts depuis le sacrilège furent déterrés et jetés hors du territoire. Cela ne suffit pas pour calmer les terreurs religieuses. On fit venir le Cretois Epiménide, qui avait la réputation d'un prophète et passait pour avoir été nourri par les Nymphes ; ou racontait que, dans sa jeunesse, il s'était endormi dans une caverne et y était resté cinquantesept ans sans se réveiller. Il connaissait les vertus des plantes et passait pour un grand médecin; c'était surtout un médecin des âmes. 11 fit partir de l'Aréiopage des brebis blanches et dos

dbyGoogk

Page 1