LA QUESTION SOCIALE
biens du peuple, ils pillenl el volent de tous les côtés et ne respectent pas les saintes lois de la Justice. Mais elle, silencieuse, sachant le passé et l'avenir, vient tout venger en son temps. C'est pourquoi un ulcère incurable envahit toute la cité, elle tombe tout à coup dans la dure servitude qui réveille la dissension endormie... » Solon énumère ensuite les maux de la guerre et conseille aux Athéniens de les éviter par de bonnes lois qui mettent un terme à la satiété, c'est-à-dire à l'excès des richesses, source de l'injustice et de la violence.
Lia question sociale résolae par Solon. — La crise qui se termina par rétablissement de la démocratie fut provoquée par ce qu'on appellerait aujourd'hui une question sociale. Les citoyens pauvres étaient obligés d'engager leurs champs, puis de se mettre au service de leurs créanciers el même de vendre leurs femmes et leurs enfants. « Le plus grand nombre et les plus animés d'entre eux, dit Plutarque, s'excitèrent les uns les autres à ne plus souffrir ces indignités. Ils résolurent de se donner pour chef un homme digne de leur confiance, d'aller sous sa conduite délivrer les débiteurs qui n'avaient pu payer aux termes convenus, de faire un nouveau partage des terres et de changer toute la forme du gouvernement. Dans cette i'ùcheuse conjoncture, les plus sages des Athéniens eurent recours à Solon, comme le seul qui ne fût suspect à aucun des partis, parce qu'il n'avait ni partagé l'injustice des riches, ni approuvé le soulèvement des pauvres; ils le prièrent de prendre en main les affaires et de mettre fin à leurs dissensions. » Solon fut investi d'une sorte de dictature, comme Piltacos à Mitylène, mais on ne créa pas pour lui un titre spécial, il fut seulement nommé archonte, avec une autorité indéfinie.
Il commença par rendre à la liberté les débiteurs réduits en esclavage par les usuriers, et força ceux-ci à dégager à leurs frais ceux qu'ils avaient vendus dans des contrées étrangères. Il prévint le retour d'un pareil abus en empêchant par une loi que le débiteur pût être vendu ou contraint de vendre ses enfants. La hberté individuelle fut garantie; personne ne put être mis en prison avant d'avoir été condamué par un jugement, excepté pcTur les crimes de péculat, de trahison ou de conspiration contre la république. Solon au- L. M. — HisT. DES GttËCs. 18