LE SÉNAT ET L'ARÉIOPAGË
d'avoir une paire de bœufs, formait l'infanterie pesamment armée ; chacun devait servir avec une armure complète acquise à ses frais, landis que les Thètes ne servaient que comme troupes légères ou avec une armure fournie par l'État.
Les fonctions publiques n'étaient accessibles qu'aux cen- Mtaires, puisqu'elles étaient gratuites; quelques-unes même, comme celle de Triérarques, de Gymnasiarques, de Chorèges, entraînaient des dépenses et des embarras considérables ; on les appelait des Liturgies. L'archontat et les charges les plus onéreuses étaient réservées à la première classe. Toutes les fonctions étaient électives, et comme les Thètes étaient les plus nombreux, c'étaient eux qui faisaient les élections. Ce qui était encore plus important, c'est que toutes les magistratures étaient annuelles, et qu'après leur année de charge, les magistrats étaient soumis à une reddition de comptes devant l'assemblée générale du peuple, et punis en cas de mauvaise gestion.
Le Sénat. L^Aréiopage. — Le Sénat, que G rote regarde comme la création la plus importante de Solon, n'avait pas pour but de contenir la puissance populaire, mais d'en rendre l'exercice plus facile et plus régulier. Il était chargé de convoquer l'assemblée publique, de préparer ses délibérations et d'assurer l'exécution de ses décrets. Les sénateurs, au nombre de quatre cents, étaient élus -chaque année, en proportions égales, non dans les quatre classes, mais dans les quatre tribus athéniennes ; dans une période plus avancée de la démocratie, ils furent désignés parle sort. Quanta l'Aréiopage, qui était le tribunal suprême, c'était la seule fonction à vie. On en faisait remonter l'origine à l'époque mythologique. Solon lui attribua, outre les fonctions politiques et judiciaires qu'il avait déjà, la surveillance des mœurs et le devoir de punir les oisifs. Les Archontes entraient dans le Sénat de l'Aréiopage après avoir rendu leurs comptes devant le peuple. Solon considérait ces deux Sénats comme deux ancres pour mettre la république en état de résister à toutes les tempêtes. Sans croire sa constitution parfaite, il la regardait comme la meilleure possible dans les circonstances où on se trouvait. « J'ai donné au peuple autant de pouvoir qu'il était nécessaire, sans res-