‹ Histoire des GrecsChapitre 125 sur 202 · FACTIONS POLITIQUES · texte numérisé non relu

FACTIONS POLITIQUES

furent gravées sur des tables de pierre (wp^giç), les lois civiles sur des pyramides de bois tournant sur un axe (âÇovsç). Les lignes étaient tracées alternativement de gauche à droite et de droite à gauche. Ce procédé primilif, qui montre que Tusage de l'écriture était encore peu répandu, s'appelait Boustrophédon, parce qu'il rappelait la marche d'un attelage de bœufs traçant des sillons dans un champ. Tout le monde pouvait consulter les lois au milieu de la place publique. Solon fit jurer aux Athéniens d'observer ses lois pendant dix ans, puis il leur demanda la permission de voyager. Il visita l'Egypte, où les prêtres lui racontèrent la submersion de la grande île d'Allantis et la guerre soutenue neuf cents ans auparavant par les ancêtres des Athéniens contre les Atlantes; il commença un poème sur ce sujet. Il alla ensuite dans l'île de Kypros et fut reçu par Philokypros, roi de la ville d'Aipeia, fondée jadis par un fils de Thèseus. Il persuada au roi de quitter cette ville, dont la position était peu avantageuse, et d'en bâtir une un peu plus loin. Il fit des règlements pour la nouvelle cité qui prospéra très rapidement et prit le nom de Soloi en l'honneur de Solon. On place ensuite une entrevue entre Solon et Croisos, roi de Lydie, racontée d'une façon très intéressante au début de l'histoire d'Hérodote (1), uiais qui, d'après la chronologie, est inadmissible, car Croïsos était né en 595, un an avant la législation de Solon, et ne succéda à son père qu'à l'âge de trente-cinq ans, en 560.

Factions politiques. — Usurpation de Pisistrate. — Les meilleures lois ne suffisent pas pour donner à un peuple le sens politique ; il faut les leçons de l'expérience. Ce que Solon vit à son retour dut le jeter dans un découragement profond. Il avait cru que les Alliéniens étaient mûrs pour la liberté, il s'était trompé. Les discordes civiles avaient recommencé après son départ; non pas entre les riches et les pauvres, la loi de soulagement et l'impôt progressif y avaient mis bon ordre, et la question sociale était résolue : mais il y avait des divergences d'intérêts locaux, et les grandes familles les exploitaient au profit de leurs ambitions. 11 y avait trois partis,

(1) J'ai résumé cette légende dans VHistoire des anciens peuples de l'Orient.

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