‹ Histoire des GrecsChapitre 126 sur 202 · USURPATION DE PISISTRATE · texte numérisé non relu

USURPATION DE PISISTRATE

dont chacun avait son chef, recrutant des clients dans les diverses classes de la population. Lycurgue s'était mis à la tôle des Pédiaiens, ou habitants de la plaine aux environs d'Athènes. Les Diacriens, qui cultivaient le sol plus pauvre de la région nnontagneuse au nord de TAttique, se groupaient autour de Pisistrate. Les Paraliens, ou habitants des côtes, avaient pour chef l'Alcmaionide Mégaclès, petit-fils de celui qui avait réprimé la tentative de Kylon, car après l'établissement de la constitution de Solon, les Alcmaionides étaient rentrés à Athènes. Le vieux législateur essaya de mettre la paix entre les factions rivales et ne fut pas écouté. L'issue de la querelle dépendait maintenant de l'habileté ou de l'auddce des chefs. Pisistrate employa le moyen qui avait réussi à Théagénès de Mégare; il se fit quelques égratignures, déclara qu'on avait voulu l'assassiner parce qu'il aimait le peuple, et aussitôt le Sénat, où il avait beaucoup d'amis, lui fit donner une garde. Solon avait inutilement averti ses concitoyens du danger. Quand le mal fut consommé par l'occupation de l'Acropole il essaya d'exciter url soulèvement général : « Il eut mieux valu, disait-il, prévenir l'usurpation ; mais il sera plus glorieux de la détruire après qu'elle s'est établie. » Personne ne l'écouta ; la faction oligarchique de la plaine se tint à l'écart; les Alcmaionides, chefs du parti moyen, s'exilèrent, et les montagnards virent une victoire pour eux dans l'usurpation de leur chef. Solon mit ses armes devant sa porte : « Si vous portez la peine de vos fautes, dit-il aux Athéniens, n'en accusez pas la destinée des Dieux ; vous-mêmes, par vos dons, avez grandi ceux qui vous oppriment, et voilà pourquoi vous subissez la dure servitude. »

Pisistrate ne fit pas de mal à Solon, sachant bien qu'il n'y avait aucun danger à laisser ce vieillard mourir en paix. Par une tactique habile, qui fut imilée à Rome par Auguste, il conserva les formes extérieures de la république, seulement il fit élire ses amis aux fonctions importantes. On s'accorde à dire que sa tyrannie ne fut pas oppressive. Cependant, avant d'avoir pu asseoir solidement son usurpation, il fut chassé d'Athènes par la coalition de ses deux rivaux Lycurgue et Mégaclès. Mais leur alliance ne dura pas longtemps. Mégaclès, qui était gendre

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