TYRANNIE D'HIPPIAS
complot fut tramé par deux jeunes gens, Harmodios et Arislogeiton, aidés de quelques amis. Ils avaient choisi le jour des Panathénées, parce qu'à l'occasion de la fêle ils pouvaient être armés sans exciter les soupçons. Ils avaient (în outre des poignards cachés sous des branches de myrte. Au moment d^agir, les conspirateurs virent un d'entre eux s'entretenir familièrement avec Hippias ; ils se crurent trahis, et pour se venger au moins d'Hipparchos, auteur de l'insulte qu'ils voulaient punir, ils le frappèrent de leurs poignards. Harmodios fut tué sur-le-champ par les gens de l'escorte. Aristogeiton s'échappa. La nouvelle parvint à Hippias qui passait une revue dans le quartier du Céramique. Avec un rare sang-froid, il dit aux citoyens de déposer leurs armes et de s'assembler sur un point qu'il leur désigna ; alors il fit saisir les armes par ses gardes. On s'empara des gens suspects et on mit à mort ceux sur lesquels on trouva des poignards. Aristogeiton fut mis à la torture. On essaya de lui faire nommer ses complices, il désigna successivement les meilleurs amis du tyran qui furenl aussitôt exécutés. « En reste- t-il d'autres? » demanda Hippias. Il répondit : « Il n'y a plus que toi. »
Tyrannie d*Hippias. Sa chute. — A partir de ce moment, Hippias régna par la terreur. Pour se ménager un refuge et une alliance, il donna sa fille au fils d'Hippoclos, tyran de Lampsaque, qui était en faveur auprès du grand roi de Perse. Mais ses exactions et ses violences le rendaient de plus en plus impopulaire et relevaient les espérances de ses ennemis les Alcmaionides. Ils s'armèrent dans l'exil et tentèrent une invasion en Attique. On a conservé une sorte de chant funèbre sur leur défaite à Leipsydrion : « Ah! Leipsydrion, traître aux amis! Quels hommes tu as détruits, braves au combat et de bonne race, et qui ont montré alors de quels pères ils étaient nés! » Pour se ménager l'appui d'Apollon, ils rebâtirent à leurs frais le temple de Delphes détruit par un incendie, et la Pythie leur procura l'appui de Sparte ; chaque fois qu'un Spartiate venait la consulter, elle terminait sa réponse par ces mots : « Il faut délivrer Athènes. » Les Spartiates, malgré les liens d'amitié qui les unissaient aux Pisistratides, finirent par céder aux injonctions réitérées de l'oracle. Ils envoyèrent des
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RÉFORMES DE CLEISTHÉNÉS. 3255
troupes qui furent battues par les cavaliers thes^alieus, alliés d'Hippias. Ils revinrent avec des forces plus considérables commandées par leur roi Cléoménès. La cavalerie thessalienne lâcha pied, et Hippias s'enferma dans la citadelle qu'il avait approvisionnée pour soutenir un long siège. Mais ses enfants, qu'il avait voulu envoyer en lieu sûr, tombèrent entre les mains de ses adversaires, et pour se les faire rendre il fut obligé de quitter l'A tlique dans cinq jours.
Il se retira avec ses partisans dans la ville de Sigeion en Troas, possession athénienne qu'il considérait comme un fief de sa famille. Un décret condamna les Pisislratides à un bannissement perpétuel. Le peuple, oubliant qu'il ne devait sa délivrance qu'à l'intervention de Sparte, en reporta l'honneur sur les meurtriers d'Hipparchos, quoiqu'ils n'eussent obéi qu'à une vengeance particulière ; on a conservé un chant populaire en leur honneur : « Dans la branche de myrte je cacherai le glaive, comme Harmodios et Aristogeiton, lorsqu'ils tuèrent le tyran et rétablirent l'égalité dans Athènes. Cher Harmodios, non, tu n'es pas mort; tu es dans les îles des . heureux, où sont, dit-on, Achille aux pieds légers et Diomèdès fils de Tydeus. Dans la branche de myrte, je cacherai le glaive, comme Harmodios et Aristogeiton, lorsqu'aux fêtes d'Alhènè , ils tuèrent le tyran Hipparchos. Toujours votre gloire vivra sur la terre, chers Harmodios et Aristogeiton, parce que vous avez tué le tyran et rétabli l'égalité dans Athènes. »
Réformes de Gleisthénés. — La famille des Alcmaionides avait alors pour chef Gleisthénès, fils de Mégaciès et petitfils, par sa mère, de Gleisthénès, tyran de Sikyone. Pour lutter avec avantage contre Isagoras, chef de la noblesse, il se tourna vers le peuple et entreprit de le fondre avec la bourgeoisie. 11 n'y avait rien à changer à la constitution de Selon, mais ce n'était qu'une lettre morte, et elle n'avait pas gêné les Pisistralides. Le suffrage universel est une arme inutile entre les mains du peuple, s'il laisse diriger ses votes par le gouvernement ou par les grandes familles. Il fallait changer les cadres de la population, pour l'empêcher de se partager en factions locales. Gleisthénès remplaça les quatre tribus ionien- L. M. — HisT. DES Grecs. 19
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CKEISTHÉNÈS.
l chacune dix,Dèmes, c*est-àmr mêler les habitants de la ans l'unité de la Cité, pour en aine, de la montagne et du rint répartis dans des tribus dif- Altique une foule d'étrangers, Tses industries, les uns riches, elait Métœkes, c'est-à-dire do^
que Cleisthénès en incorpora s dix tribus. Cela introduisait >uveaux, cela le soulageait du
Nulle part les races n'étaient ciment de la démocratie leur l'y a pas d'autre exemple en
porté à 500 ; chaque tribu en en remettre l'élection au peulencer par des intrigants, on ididats soumis à un examen endit'peu à peu à la plupart Itribue à Cleisthénès l'institupar coquilles, qui servait de its populaires en imposant un it la présence paraissait dan- 11 fallait au moins six mille que la sentence d'exil fût vadésuétude environ un siècle
Bs. — Les Spartiates avaient 3rlé ; ils la dispensèrent de la ui imposer le joug de la fac- ' Isagoras. Le roi Cléoménès, !>agoras, fit sommer les Âthélite des Alcmaionides. Aussient d'Athènes, soit pour éparens, soit pour leur fournir le ses adversaires. £n effet, a ce qu'il demandait, envahit
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