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INTERVENTION DES SPARTIATES

TAllique, entra dans la ville, chassa sept cents familles, prononça la dissolution du sénat des cinq cents, et remit Fautorité enlre les mains de trois cents partisans d'Isagoras. Mais le sénat, qui n'était plus le même qu au temps de la tyrannie, refusa de se laisser dissoudre ; le peuple se souleva, Cléoménès, ses soldats et les partisans d'Isagoras furent assiégés dans la citadelle et forcés de capituler au bout de trois jours. Cléoménès, Isagoras et les Spartiates eurent la permission de se retirer en laissant leurs adhérents au pouvoir du peuple qui les punit de mort. Cleisthénès rentra avec les sept cents familles exilées.

En se retirant, Cléoménès trouva moyen de susciter aux Athéniens de graves embarras. Les Plataiens, ne voulant pas se soumettre à la suzeraineté que Thèbes s'attribuait sur toute la Boiotie, avaient profité du passage des Spartiates pour leur demander protection , offrant de leur livrer sans réserve la ville de Platée et son territoire. Cléoménès répondit que Sparte était trop éloignée, et que la protection d'Athènes serait plus efficace. Ils envoyèrent à Athènes des députés qui s'assirent en suppliants priés de l'autel un jour de sacrifice public, et le peuple accueillit leur demande. Les Thébains envahirent le territoire de Platée, une armée athénienne marcha pour le défendre, mais, avant la bataille, les Corinthiens offrirent leur médiation qui fut acceptée. Ils se prononcèrent contre les Thébains et ne leur reconnurent pas le droit de retenir Platée malgré elle dans la confédération boiotienne. Les Thébains refusèrent d'accepter cette décision, mais ils furent battus par les Athéniens qui, pour punir ce manque de foi, réunirent au territoire de Platée la portion du territoire thébain située à l'est de l'Asopos.

Luttes contre les Thébains, les Ghalkidiens, les Aiginétes. — Athènes avait désormais des ennemis à ses portes. Il était certain aussi que les Spartiates ne tarderaient pas à venger l'affront qu'ils avaient reçu. 11 fallait chercher un appui au dehors ; une ambassade fut envoyée à Sardes pour obtenir l'alliance du roi de Perse. Le satrape Artaphernès, après avoir demandé ce que c'était qu'Athènes, et où elle se trouvait, dit aux ambassadeurs que, pour obtenir un secours du roi, il

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328 COALITION CONTRE ATBÈNES.

fallait lui donner la terre et Teau : c'était chez les Perses la formule de la soumission. Les députés athéniens acceptèrent, mais à leur retour ils furent désavoués avec indignation par le peuple. Gurtius suppose qu'on appliqua alors à Gléisthénès, comme promoteur de cette ambassade, la loi d'Ostrakisme dont il était l'auteur ; celte conjecture repose sur une assertion d'Ailien, qui dit que Gléisthénès fut le premier exilé par un vote d'Ostrakisme, mais sans nous apprendre à quelle occasion.

Ainsi qu'on l'avait prévu, Gléoménès revint en Aitique avec des troupes réunies dans les parties di| Péloponnèse qui reconnaissaient la suzeraineté de Sparte. En môme temps, selon un plan concerté d'avance, les Thébains envahissaient l'Atlique parla frontière du nord, les Ghalkidiens par la côte. Les Athéniens marchèrent d'abord contre l'armée pélpponnésienne. Mais les Gorinthiens, qui probablement avaient ignoré le but de l'expédition, refusèrent de servir les rancunes de Gléoménès. Son collègue Dèmaratos, qui partageait avec lui le commandement de l'armée, lui relira son concours; ce fut à cette occasion que les Spartiates firent une loi défendant aux deux rois d'aller ensemble et la guerre. Les autres alliés, voyant ce dissentiment, suivirent l'exemple des Gorinthiens, et l'armée se dispersa. Les Athéniens se retournèrent alors contre leurs voisins de Thèbes et de Ghalkis. Ils battirent les Thébains et leur firent sept cents prisonniers. Le même jour ils traversent l'Euripe et battent les Ghalkidiens. Les terres des oligarques de Ghalkis, qu'on nommait Hippobotes ou éleveurs de chevaux, furent distribuées par le sort entre quatre mille citoyens d'Athènes, qui demeurèrent néanmoins attachés à la métropole; c'est le premier exemple d'une colonie militaire comme celles que les Romains établirent plus tard sur leurs frontières. Les prisonniers thébains et chalkidiens furent enchaînés ; on les relâcha pour une rançon de deux mines par tête, et le dixième de cette rançon fut consacré aux Dieux ; on eu fit un quadrige de bronze. Les chaînes furent suspendues aux murs de l'Acropole où Hérodote les vit après 1 incendie d'Athènes par les Mèdes. Les Thébains, irrités de leur défaite, demandèreni l'aide des Aiginètes, en alléguant une fraternité légendaire : Aigina et Thèbè étaient sœurs, filles toutes deux du (leuve

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