‹ Histoire des GrecsChapitre 137 sur 202 · INCENDIE DE SARDES · texte numérisé non relu

INCENDIE DE SARDES

avant le coucher du soleil. » 11 essaya de la séduction : il offrit dix talents, augmenta la somme et vint peu à peu jusqu'à cinquante (270,000 fr.)> La petite Gorgo, fille de Gléoménès, âgée de huit à neuf ans, assistait à Tentretien : « Père, dit-elle, va-t'en, ou cet étranger te corrompra. » Cléoménès se leva, et Aristagoras dut quitter Sparte.

Incendie de Sardes. — - 11 se rendit k Athènes où il eut plus de succès. Il rappela les liens qui unissaient Athènes aux villes d'ionie. Les Athéniens étaient d'ailleurs très irrités contre Artapherne qui avait accueilli Hippias avec faveur et répondu à leurs réclamations en les sommant de i'ecevoir leur ancien tyran. Ils envoyèrent vingt vaisseaux, auxquels les Ërétriens en Joignirent cinq, en souvenir de l'appui que les Milésiens leur avaient prêté autrefois dans la guerre contre Chalkis. Cette flotte fut le commencement des maux pour les Grecs et les barbares, dit Hérodote, rappelant l'expression d'Homère à propos des vaisseaux qui transportèrent Paris sur la mer Egée. Les troupes débarquèrent sur le territoire d'Éphèse cù elles reçurent un puissant renfort d'Ioniens ; puis elles remontèrent la vallée du Caystros, franchirent le mont Tmôlos et s'emparèrent de Sardes, dont la garnison se retira dans la citadelle. Les maisons de Sardes étaient construites en bois ou en briques avec des toitures de roseaux, à cause des tremblements de terre. Un soldat ayant mis le feu à une de ces maisons, l'incendie se communiqua à toute la ville. Le temple de Kybèlè, Déesse du pays, fut réduit en cendres, et cet incendie servit plus tard de prétexte aux Perses pour brûler les temples de la Grèce. La population rassemblée sur la place publique, aux bords du Pactole, se disposait à une vigoureuse défense; les Ioniens et leurs alliés se retirèrent. Ils venaient de quitter Sardes quand toutes les forces de la province, rassemblées à la nouvelle de l'invasion, les poursuivirent dans leur retraite et les battirent près d'Éphèse. Évalkis, chef des Érétriens, fut tué en combattant. Les Ioniens se dispersèrent dans les villes; leurs alliés se rembarquèrent. En apprenant l'incendie de Sardes, Dareios, moins irrité contre ses sujets rebelles que contre les étrangers qui étaient venus l'attaquer sans provocation de sa part, lança une flèche contre le ciel en L. M. — HisT. DES Grecs. 20

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