BATAILLE DE MARATHON
Pentélique, et bornée à ses deux extrémités par des marais. En face des barbares qu'Hippias avait fait ranger le long du rivage, les Athéniens se postèrent dans un champ consacré à Héraclès, aux pieds de Tamphithéâtre de montagnes qui borde la plaine. Pendant qu'ils étaient là en ordre de bataille, il virent venir à eux un renfort d'environ mille soldats. La petite ville de Platée, qu'ils avaient délivrée de la suzeraineté de Thèbes, envoyait spontanément à leur secours toutes les forces dont elle disposait. C'était bien peu de chose devant Tinnombrable armée qu'on avait à combattre, mais l'eifet moral fut immense: on n'était pas abandonné de tout le monde, on avait des amis qui venaient, sans être appelés, partager le péril. Athènes n'oublia jamais ce secours inattendu; dans les prières publiques, le nom des Plataiens fut toujours associé à celui des Athéniens. Tous les récits portent l'armée athénienne à dix mille hoplites, mais on ne sait pas si les Plataiens sont compris dans ce chiffre. Le nombre des barbares n'est pas donné par Hérodote ; les historiens postérieurs l'ont sans doute exagéré. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'ils étaient beaucoup plus nombreux que les Grecs. Miltiade développa sa petite armée sur un front égal à celui de l'ennemi en donnant peu de profondeur au centre. L'aile droite était commandée, suivant l'usage, parle polémarque Callimachos; les Plataiens furent placés à l'aile gauche. Selon Cornélius Népos, Miltiade avait fait abattre des arbres pour gêner les manœuvres de la cavalerie des Perses. Les présages étant favorables, les Grecs entonnèrent le Paian, ou hymne à Apollon, qui était leur chant de guerre, et la bataille commença.
Bataille de Marathon. — « Un intervalle de huit stades séparait les deux armées. Au premier signal, les Athéniens franchirent en courant cet espace. Les Perses les voyant accourir se disposaient à les recevoir; mais remarquant que, malgré leur petit nombre et l'absence de cavaliers et de gens de traits, ils pressaient leur marche, ils les prirent pour des insensés qui courent à une mort certaine. Les barbares s'en faisaient cette idée ; mais les Athéniens les ayant joints, leurs rangs serrés, firent des actions mémorables. Ce sont, autant que nous avons pu le savoir, les premiers de tous les Grecs
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BATAILLK DE MAHATMON. 3o0
qui aient élé à Tennemi en courant, qui aient envisagé sans effroi rhabillement des Mèdes, et qui aient soutenu la vue de leurs soldats, quoique jusqu'alors le seul nom des Mèdes eût inspiré de la terreur aux Grecs. Après un combat long et opiniâtre, les Perses et les Sakas, qui composaient le centre de l'armée ennemie, enfoncèrent celui des Athéniens, et, profilant de leur avantage, poursuivirent les vaincus du côté des terres. Cependant les Athéniens et les Plataiens remportèrent la victoire aux deux ailes, mais laissant fuir les barbares, ils réunirent en un seul corps l'une et l'autre aile, attaquèrent les Perses et les Sakas qui avaient rompu le centre de leur armée et les battirent. Les Perses ayant pris la fuite, les Athéniens les poursuivirent, tuant et taillant en pièces tous ceux qu'ils rencontraient, jusqu'à ce qu'étant arrivés aux bords de la mer ils demandèrent du feu et s'emparèrent de quelques vaisseaux. Il périt à la journée de Marathon environ 6,400 hommes du côté des barbares et 192 de celui des Athéniens. Le polémarque Galli machos fut tué à cette .bataille, après avoir fait des prodiges de valeur : Stésilaos, fils de Thrasylaos, un des généraux, y périt aussi; Kynègeiros, fils d'Euphorion, ayant saisi un vaisseau par la partie élevée de la poupe, eut la main coupée d'un coup de hache. » Ce Kynègeiros était frère d'Aischyle, le grand poète tragique, qui fut lui-même un des combattants de Marathon. L'épitaphe d'Aischyle ne parle pas de ses tragédies, mais rappelle son rôle de patriote et de soldat : « S'il fut brave, la plaine de Marathon peut le dire, et le Mède à l'épaisse chevelure le sait bien. »
Trahison déjouée. — « Ce fut ainsi, continue Hérodote, que les Athéniens s'emparèrent de six vaisseaux ennemis. Les barbares se retirèrent avec le reste de leur flotte, sans revirer de bord; et ayant repris] les captifs d'Érétrie dans l'île d'Aigilia où ils les avaient laissés, ils doublèrent le cap Sounion, dans le dessein d'arriver avant eux. On prétend à Athènes qu'ils conçurent ce projet par l'artifice des Alcmaionides qui, selon les conventions faites avec eux, leur montrèrent un bouclier. » Hérodote trouve peu vraisemblable cette accusation contre les Alcmaionides, qui n'avaient pas à se plaindre du peuple et n'auraient rien gagné au rétablissement de la tyran-
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