INCENDIE DE PLATÉE ET DE THESPIES
sion de la Phokis; « il ne tiendrait qu'à nous, répondirent les Phokiens, de nous soumettre comme vous l*avez fait, mais jamais nous ne trahirons la Grèce. » Les Barbares traversèrent la Doris sans y faire de dégâts, car les Doriens s'étaient soumis, puis, guidés par les Thessaliens, ils parcoururent toute la Phokis, coupant les arbres et mettant le feu à toutes les villes le long du Kephisos. Le temple d'Apollon à Abai, célèbre par son oracle et ses trésors, fut pillé et brûlé. Xerxès, enti é en Boiotie, détacha jxn corps de troupes pour piller aussi le temple de Delphes, car on lui avait souvent parlé des richesses qu'il contenait, et surtout des offrandes de Groïsos. Les Delphiens demandèrent à l'oracle s'il fallait enfouir les trésors sacrés ou les emporter ailleurs. Le Dieu répondit qu'il protégerait lui-môme son temple; alors ils ne s'occupèrent que de leur propre sûreté ; ils envoyèrent leurs femmes et leurs enfants au delà du golfe de Gorinthe, en Achaïe, et se réfugièrent sur les sommets du Parnasse ou dans la Locris. Il ne resta dans la ville que l'interprète des prophéties avec soixante hommes. Mais quand les' Barbares venus pour piller le temple furent arrivés à l'enceinte d'Athènè Pronaia, la foudre tomba sur eux et des quartiers de rochers détachés de la montagne roulèrent avec un bruit horrible et en écrasèrent un grand nombre. Quelques-uns seulement s'échappèrent et s'enfuirent en Boiotie où ils racontèrent qu'outre ce prodige ils avaient vu deux guerriers d'une taille merveilleuse qui les poursuivaient et les massacraient. Les rochers tombés du Parnasse furent laissés à la place où ils s'étaient arrêtés, en témoignage de la vengeance des Dieux.
Incendie de Platée et de Thespies. Embarquement des Athéniens. — La flotte grecque avait quitté la station d'Artémision à la nouvelle du désastre des Thermopyles. A Chalkis, les Plataiens débarquèrent pour aller mettre en sûreté leurs femmes et leurs enfants ; la flotte n'attendit pas leur retour et continua sa route. On avait cru qu'une armée serait envoyée du Péloponnèse en Boiotie pour protéger l'Attique, mais on apprit que les Péloponnesiens travaillaient à fermer risthme par une muraille, sans s'inquiéter du reste de la Grèce. La flotte s'arrêta à Salamine à la prière des Athé-
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