‹ Histoire des GrecsChapitre 175 sur 202 · THÉÂTRE DE DIONYSOS · texte numérisé non relu

THÉÂTRE DE DIONYSOS

Epicharme de Cos, 30us les règnes de Gélon et d'Hiéron de Syracuse.

Le théâtre d'Athènes fut d'ahord en hoîs ; mais les gradins s'étant écroulés pendant une représentation, on construisit, sur le côté méridional de l'Acropole, un théâtre en pierre dont les restes ont été récemment retrouvés. Ce théâtre servit de modèle à ceux qui s'élevèrent successivement dans les principales villes de la Grèce. Il comprenait trois parties ; l'amphithéâtre composé de gradins en demi-cercle, creusés dans le roc, avec des escaliers et des couloirs, pouvait contenir plus de vingt mille speclaleurs. L'orchestre, c'est-à-dire la place des danses, était un espace circulaire entourant l'autel des parfums (euf*«Xr,), et servant aux évolutions des choristes, qui chantaient et dansaient par groupes sous la direction du coryphée. Les acteurs se tenaient sur une estrade appelée avant-scène (n^ooxivtcv) et plus élevée que l'orchestre. La scène proprement dite consistait en un mur destiné à recevoir les décors et terminé par deux ailes (icapaaxTivi*), que nous appellerions les coulisses. Les théâtres n'avaient pas de toit ; les représentations avaient lieu en plein jour, à des époques fixes, sous la direction de l'archonte éponyme, car elles faisaient partie du culte public. Le poète instruisait les acteurs et les choristes. Les frais étaient à la charge du chorège ou conducteur des chœurs ; la chorégie était une de ces fonctions onéreuses que le peuple imposait aux plus riches citoyens et qu'on nommait Liturgies. Un jury tiré au sort choisissait entre les pièces présentées. Contrairement à cet usage, dans le concours qui eut lieu après la prise de Skyros, l'archonte désigna comme juges Kimon et les autres généraux, que leurs succès récents rendaient très populaires (469).

Exil de Thémistocle. Trahison de Pausanias. — A mesure que la popularité de Kimon avait grandi, celle de Thémistocle avait baissé. Thémistocle s'en affligeait et rappelait ses services avec une insistance que ses adversaires retournaient contre lui. Ces revirements ne sont pas particuliers à la démocratie: les rois, les présidents, les assemblées souveraines changent de ministres selon les circonstances sans qu'on les accuse d'ingratitude. A Athènes, l'ostrakisme était une soupape

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418 TRAHISON DE PAÙSANÎAS.

de sûreté contre le danger qui pouvait résulter du conflit des ambitions personnelles. Thémistocle s'en était servi contre Aristide, Kimon s'en servit contre Thémistocle, et on vit plus tard Périclès s'en servir contre Kimon. Le peuple accordait ou retirait sa confiance selon Tidée qu'il se faisait de l'intérêt public, et pouvait, comme tout autre souverain, se tromper dans ses choix. Thémistocle se retira à Argos, et il y vivait tranquillement, avec les richesses qu'il s'était procurées par des moyens souvent équivoques, lorsqu'il fut accusé par les Spartiates d'avoir participé à la trahison de Pausanias.

Les Spartiates n'avaient pas la ressource de l'ostrakîsme, et Pausanias les embarrassait beaucoup. On le soupçonnait d'entrelenir des intelligences avec les Barbares, et quoiqu'on l'eût absous faute de preuves, on ne lui rendit pas le commandement. Mais il ne pouvait se résoudre à redevenir citoyen et à s'asseoir aux tables communes. Il s'embarqua sans permission ; forcé par les Athéniens de sortir de Byzance, il s'arrêta en Troas et renoua ses intrigues. Il écrivit à Xerxès pour lui demander sa fille en mariage, promettant de lui soumettre Sparte et toute la Grèce. Thucydide cite cette lettre et la réponse de Xerxès qui, sans rien dire du mariage proposé, l'engage à s'entendre avec Artabaze, offre de l'argent tant qu'il en faudra, et des troupes au besoin. Pausanias se voyait déjà satrape, il en prenait le costume, il s'entourait d'une garde barbare. Le luxe asiatique lui tournait la tête, comme plus tard à Alexandre. Les Ëphores lui envoyèrent l'ordre de revenir, et il revint, confiant dans la puissance de l'or. 11 ne se trompait pas tout à fait, à en juger par les ménagements qu'on eut pour lui. 11 essaya de soulever les Hilotes, fut dénoncé, et on le laissa libre, sous prétexte qu'on ne pouvait pas poursuivre un Hèracléide sur la déposition d'un esclave. Il put continuer à correspondre avec Artabaze ; mais le domestique chargé de porter la lettre, remarquant que les messagers précédents n'étaient jamais revenus, conçut des craintes, ouvrit la lettre et la porta aux Ephores. Cela ne suffit pas encore, on voulut avoir l'aveu du crime ; on dit à l'esclave de se réfugier au Ténare, comme s'il redoutait la colère de son maître. C'était avertir Pausanias de se tenir sur ses gardes : il ne comprit pas, il vint au Ténare et pressa son domestique d'accom-

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