‹ Histoire des GrecsChapitre 176 sur 202 · FUITE ET MORT DE THÉMISTOCLE · texte numérisé non relu

FUITE ET MORT DE THÉMISTOCLE

plir sa mission. Les Ephores, cachés dans le temple^ avaient entendu Tentretien, la trahison était avouée, il fallait bien arrêter le coupable; mais sur un signe que lui fit un des Ephores, il courut vers le temple d'Athènè à la maison d'airain et s*y enferma. La porte fut murée pour le laisser mourir dé faim. Cornélius Népos ajoute au récit de Thucydide un détail emphatique : la mère de Pausanias apportant une pierre devant la porte.

Fuite de Thémistocle; sa mort chez les Perses. —- Les Spartiates prétendirent avoir trouvé chez Pausanias des lettres prouvant la complicité de Thémistocle et envoyèrent une députation à Athènes, pour demander qu'il fût mis en jugement. Thémistocle, alors retiré à Argos, se justifia par lettres, montrant l'invraisemblance de l'accusation, mais le parti aristocratique, qui lui était hostile, dominait alors à Athènes, et les amis de Thémistocle ne pouvaient guère s'opposer à un jugement qui devait faire éclater son innocence. Pour lui, sachant qu'on ne doit pas compter sur l'impartialité des juges dans un procès politique, il s'enfuit à Kerkyra, puis en Epire, et, échappant aux émissaires qui le poursuivaient, il alla demander asile à Admèlos, roi des Molosses, qui avait eu à se plaindre de lui autrefois. Il s'assit devant le foyer, tenant l'enfant du roi dans ses bras. Admètos oublia ses griefs, refusa de livrer le suppliant et le fit conduire à Pydna où il s'embarqua pour l'Asie. Xerxès venait de mourir assassiné par un de ses courtisans, et son fils Artaxerxès lui avait succédé. Thémistocle écrivit au roi la lettre suivante : « Moi, Thémistocle, je^ens à toi. Plus qu'aucun des Grecs, j'ai fait du mal à ta maison quand j'ai été forcé de me défendre contre l'invasion de ton père, mais je lui ai fait encore plus de bien quand je n'ai plus rien eu à craindre et que lui-même, à son retour, courait de grands dangers. Aujourd'hui, ayant d'importants services à le rendre, je viens chez toi, poursuivi par les Grecs comme étant ton ami. Je veux attendre un an pour te rendre compte moi-môme des motifs de ma venue ». Cette lettre, citée par Thucydide, prouve que Thémistocle n'avait pas eu jusqu'alors de relations avec la Perse, comme le prétendaient les Spartiates. La promesse vague de grands services à rendre était un prétexte pour obtenir un asile,

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