‹ Histoire des GrecsChapitre 177 sur 202 · EMPIRE MARITIME D^ATHÈNES · texte numérisé non relu

EMPIRE MARITIME D^ATHÈNES

et le délai d'un an qu'il demandait laissait place à rimpréTu. Selon Tusage des Perses, le roi lui donna le revenu de trois villes, Magnésie, Lampsakos et Myous. Thucydide ne parle pas de son séjour à la cour de Perse, ni des détails donnés par Plutarque sur la fin de sa vie; il dit seulement que Thémistocle mourut de maladie, et que le bruit courut qu'il s'était empoisonné parce qu'il lui était impossible de tenir les promesses qu'il avait faites au roi.

La fédération de Délos se change en empire athénien. — La prolongation de la lutte contre les Barbares commençait à fatiguer les confédérés de Dèlos, et malgré les serments prêtés sur les masses de fer, plusieurs auraient voulu se retirer de la ligue. Mais les Athéniens, qui en étaient les chefs, regardaient comme un devoir de la maintenir dans sonintégrité et s'attribuaient le droit de punir les défections. L'île de Naxos, la plus importante des Kyclades, essaya de se détacher de l'alliance. Après un siège dirigé par Kimon, la ville fut prise, ses fortifications rasées, et les Naxiens cessèrent d'être considérés comme alliés pour devenir sujets et tributaires d'Athènes. « Ce fut, dit Thucyjiide, la première ville alliée qui fut réduite à la condition de sujette. D'autres eurent ensuite le même sort, suivant les circonstances. Les défections des alliés eurent différentes causes. Les principales furent le refus de contributions en argent ou en vaisseaux, et pour quelques-unes le refus de servir dans les armées ; car les Athéniens exigeaient ces tributs à la rigueur, et ils faisaient ainsi des mécontents en obligeant aux fatigues des gens qui n'avaient ni l'habitude ni la volonté de les supporter. En outre, ils ne commandaient plus avec la même douceur, ils ne se montraient plus les égaux de leurs compagnons d'armes, et ils avaient moins de peine à réduire ceux qui les abandonnaient. On pouvait en accuser les alliés euxmêmes : paresseux à faire la guerre et à s'éloigner de leurs foyers, la plupart, au lieu de fournir leur contingent en vaisseaux et de les monter eux-mêmes, s'étaient imposé des taxes proportionnées à la dépense. Comme ils contribuaient aux frais, les Athéniens augmentaient leur marine, et les alliés, quand il leur arrivait de tenter une défection, se trouvaient sans préparatifs et sans ressources pour la soutenir. » C'est ainsi que la

Page 1