LES LONGS MURS
et dans une direction parallèle, on en éleva un troisième. « L'objet de cette construction, dit Letronne, était de rendre plus assurée la communication des ports et d'Athènes, car l'espace qui les séparait se trouvait alors coupé en deux zones parallèles, de sorte que, si l'ennemi venait à s'emparer d'un des longs murs, et conséquemment à se rendre maître de Tune des deux zones, la seconde restait encore pour la communication ». Les longs murs, qui complétaient l'œuvre de défense de Tliémistocle , furent achevés par Périclès malgré l'opposition du parti aristocratique. Cette opposition peut surprendre, s'il est vrai, comme le dit Plutarque, que les premières assises de cette construction importante avaient été posées par Kimon. Mais il n'était plus là pour diriger et modérer ses partisans; ceux-ci ne voyaient de salut que dans l'alliance de Sparte, et Sparte qui avait considéré le mur de Thémîstocle comme une menace pour son hégémonie, devait s'inquiéter bien davantage des longs murs de Périclès. Comme la guerre de Messénie durait encore, les Spartiates n'osèrent pas rompre ouvertement avec Athènes ; mais une attaque des Phokiens contre la Doris offrait un prétexte pour faire sortir une armée du Péloponnèse. En apparence , il ne s'agissait que de porter secours aux Doriens, dont les Spartiates tiraient leur origine. En réalité, on voulait provoquer une révolution à Athènes avec l'appui du parti oligarchique. En môme temps, pour opposer une digue permanente aux ambitions athéniennes, les Spartiates rendirent à Thèbes, déconsidérée par son rôle dans la guerre médique, la suprématie qu'elle avait autrefois possédée sur la Boiotie. Une armée athénienne, renforcée par mille Argéiens et par des cavaliers thessaliens, vint à la rencontre des Spartiates sous les murs de Tanagra. Avant la bataille, Kimon se présenta, demandant à combattre dans les rangs de sa tribu. Le sénat des cinq cents lui en refusa la permission; cette défiance était injuste : ses amis le prouvèrent en se faisant tuer autour de son armure. La bataille n'en fut pas moins perdue, par la trahison de la cavalerie thessalienne. Les Spartiates s'en retournèrent en ravageant la Mégaris. Périclès demanda et obtint du peuple le rappel de Kimon (456).
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430 VICTOIRE DES OliNOPHYTES, ^
Victoire des Oinophytes. Revers en Egypte. ^ Les
Athéniens ne furent pas longtemps à réparer leur défaite. Soixante-deux jours après la bataille de Tanagra, ils marchaient contre les Boiotes sous la conduite de Myronidès et rempoF taient près des Oinophytes une éclatante victoire. Les murs de Tanagra furent rasés, les Opuntiens durent livrer cent de leurs plus riches citoyens comme otages, et pour assurer l'iotluence d'Athènes sur la Boiotie, la Locris et la Phokis, des gouvernements populaires furent établis dans toutes les villes^ Pendant Tannée 455, qui vit l'achèvement des longs mura^ d'Athènes et la capitulation d'Aigine, la flotte athénienno commandée par Tolmidès fit le tour de Péloponnèse, brûla les chantiers des Lakédaimoniens à G^theion et à Mothonè, enleva Ghalkis d'Acarnanie. aux Corinthiens, Naupactos aux "| Locriens Ozoles et attira dans Talliance d'Athènes les Achaieos | et les lies de Zakynthos et de Képhallènia. Les Messèniens assiégés depuis dix ans dans Ithômè ayant été obligés de capituler, Tolmidès les établit à^Naupactos, où leur présence devait être pour Sparte une perpétuelle menace. Athènes était arri?ée | à un degré de puissance qu'elle ne dépassa plus et qu'elle ne garda pas longtemps.
Gomme un avertissement de l'instabilité des choses, elle apprit l'issue désastreuse de son expédition en Egypte. Artaxerxès y avait envoyé Mégabaze avec une puissante armée. Les partisans d'Inaros et ses auxiliaires athéniens furent assiégés dix-huit mois dans l'Ile de Prosopitis. Les Perses détournèrent un des bras du Nil, mirent à sec la flotte athénienne et pénétrèrent dans l'île. Les Athéniens incendièrent leurs vaisseaux et se rangèrent en bataille ; la plupart périrent, quelques-uns seulement se sauvèrent à Kyrènè en passant par la Libye. Cinquante trirèmes athéniennes qui venaient renforcer l'expédition furgnt détruites dès leur arrivée. L'Egypte, dont Tinsurrection avait duré six ans, rentra sous le joug des Perses. Inaros, pris par trahison, fut mis en croix. Un autre chef, nommé Amyrlaios par les Grecs, parvint à se maintenir dans les marais du Delta.
Mort de Kimon. Fin de la guerre médique. — Kimon, rappelé de son exil, resta fidèle à sa politique : paix entre les
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