‹ Histoire des GrecsChapitre 187 sur 202 · LA TRÊVE DE TRENTE ANS · texte numérisé non relu

LA TRÊVE DE TRENTE ANS

nomme aujourd'hui les fonds secrets. Le peuple comprit et ratifia sans demander d'explications.

La trêve de trente ans. — La défaite des Athéniens à Coronée leur fit perdre tout le fruit de la victoire, des Oinophytes. Par le traité conclu pour trente ans en 445, ils durent abandonner Troizen et les points qu'ils occupaient en Achaïe, ainsi que les ports de Pègai et de Nisaia qu'ils ne pouvaient plus garder depuis la défection de Mégare, mais ils conservèrent les îles d'Aigine et d'Euboia. En limitant leur influence sur la Grèce continentale, ce traité les obligeait à concentrer toute leur activité sur leur empire maritime. La guerre contre les barbares étant terminée, il n'était pas facile de maintenir ce groupement hiérarchique de vassaux et de tributaires qu'on nommait l'alliance athénienne. L'hégémonie, ou suzeraineté militaire de Sparte semblait moins onéreuse, car Sparte n'avait pas de flotte à entretenir ; ses alliés lui fournissaient des soldais en temps de guerre, mais en temps de paix ils ne payaient pas de tribut et gardaient toutes les apparences de l'autonomie. Parmi les alliés d'Athènes, les îles de Chios, de Lesbos, de Samos, qui fournissaient des vaisseaux et des troupes, étaient à peu près dans la situation des Tégéates ou des Oorinlhiens parmi les alliés de Sparte ; mais ceux des confédérés qui, dès le temps d'Aristide et de Kimon, avaient préféré s'imposer un tribut, les Naxiens et les Thasiens qui avaient essayé de se séparer de la ligue athénienne, les Aiginèles qui n'y étaient entrés que par force, étaient moins des alliés que des sujets ; leur condition peut se comparer, non pas à celle des Hilotes et des Messéniens, car ils conservaient leur liberté individuelle, mais à celle des Périœkes laconiens. Pour les Grecs d'Asie, l'autonomie communale n'était plus qu'un souvenir ; le tribut qu'ils ne payaient plus au roi de Perse, il fallait le payer à la République d'Athènes. Ce système, qui faisait de la démocratie athénienne une aristocratie à l'égard de ses alliés, ne pouvait manquer d'exciter bien des colères. Si Paris, qui n'a que le privilège inutile d'être le siège du gouvernement, soulève par cela seul la jalousie des provinces, on peut se figurer quelle irritation devait produire l'idée d'uno L. M. <- HisT« DBS GftSGS. 25

dbyGoogk

dbyGoogk

DÉMAGOGIE DE PÉRICLÉS. 435

jours, un Athénien n'avait au-dessus de lui que rassemblée de ses égaux, parce que le tout est supérieur à chacune de ses parties. Le peuple délibérait sur les mesures proposées par le Sénat, ou conseil des Cinq-cents, volait les dépenses et ratifiait les comptes, recevait les ambassadeurs, nommait des fonctionnaires toujours révocables, comptables et responsables, soutenait les guerres qu'il avait décrétées et obéissait aux lois qu'il avait faites. Pour le diriger, il fallait commencer par le convaincre, et si Périclès fut un puissant ministre, c'est parce qu'il était un grand orateur. Sa puissance, comme autrefois celle de Solon, était purement morale. Solon avait été le père de la dénriocratie : Périclès en fut l'amant ; il voulut en faire une idole parfaite, pour l'offrir à l'admiralion du monde, et il y réussit ; l'Athènes de Périclès, qui a mérité d'être appelée la Grèce de la Grèce, occupe le zénith de la civilisation. On pourrait sans doute rêver quelque chose de plus, une large extension du système démocratique à toutes les parties d'un vaste territoire; on pourrait préférer à cette cité reine une fédération égalitaire de cités libres. Mais Périclès n'était pas un rêveur: la Ligue de Dèlos n'existait plus, il n'essaya pas de la ressusciter. Ce qu'il voulait, c'est que le peuple-roi fût digne de commander à des hommes libres, qu'il fût l'arbitre de leurs différends, le prolecteur de leur commerce, assez fort pour les défendre par ses vaisseaux et ses armées. Dans une monarchie, on trouve naturel que le roi ait une liste civile, et de magnifiques palais pour y donner des fêles brillanles : Périclès, qui prenait au sérieux la souveraineté du peuple, voulait, par un emploi large mais judicieux des revenus publics, attribuer à ce souverain collectif tous les privilèges de la royauté. Les Clèrouchies. — Le développement rapide de l'empire maritime d'Athènes surexcitait les espérances ; on parlait de conquérir la Sicile, l'Étrurie, Carthage. Périclès combattait ces ambitions téméraires, trouvant que les Athéniens n'avaient pas trop de toutes leurs forces pour conserver ce qu'ils possédaient. 11 envoyait chaque année en course soixante galères, montées par un. grand nombre de citoyens qui, soudoyés huit mois de Tannée, se formaient à toutes les connaissances de la marine. Ces expéditions maritimes montraient la puissance

dbyGoogk

dbyGoogk

Page 1